vendredi 29 octobre 2010

Dance- Festival 2010: la compagnie Iwanson à la Muffathalle

Iwanson International à Munich est une des académies les plus réconnues de la danse contemporaine en Europe . La compagnie attire depuis plus de trente ans des étudiants venus du monde entier. Elle offre une éducation de base dans la danse contemporaine, des cours de danse classique, jazz, hip-hop et cours de théorie de la danse.Le festival DANCE 2010 présente pendant deux soirées le travail de jeunes chorégraphes exécuté par des étudiants de la compagnie Iwanson, avec notamment deux créations remarquables de Hannes LANGOLF (photo): Games of solitaire, qui a été interprété hier soir, et Miniature, qui sera présenté ce soir à la Muffathalle à 19H30.
Infos et réservations: cliquer ici

mardi 26 octobre 2010

Nymphenburg, couleurs d'un canal automnal

Colverts, foulques et poules d'eau,
Un cygne!
Dans les eaux froides et automnales
Du canal.
Le sculpteur de chapiteau a posé un oiseau au coeur des volutes.
Un signe?

Les feuillages s'éteignent de plus en plus tôt...
Mais la nuit, au château,
Des nymphes boivent le champagne en flûtes





















































lundi 25 octobre 2010

Opéra: ne dites plus la Traviata, dites Anja Harteros

Hier soir, les amis de l'Opéra de Munich ont assisté à une représentation de la Traviata de bonne tenue, malgré une mise en scène et des décors quelconques. Tant qu'à jouer la Traviata, si on ne prend pas le parti de l'inventivité ou de la modernité, pourquoi ne pas miser sur un facsimilé du luxe des hôtels particuliers dans lesquels les riches bourgeois de la seconde moitié du XIXème siècle entretenaient leurs maîtresses?

De cette production, on retiendra surtout l'exquise performance de la soprano allemande Anja Harteros, qui a incarné Violetta de manière accomplie. Harteros sait retransmettre toute l'ampleur du désastre de cette femme en fin de vie. Elle en exprime la vulnérabilité et cette force d'âme, ce sens moral admirable qui conduit la condamnée à opter pour l'abnégation.On retrouvait aussi toute la luminosité vocale qu' Anja Harteros avait fait briller en incarnant Elsa dans Lohengrin pendant le festival d'été de l'Opéra de Munich.

Une voix élégante aux tons sombres, un soprano fluide mais suffisamment solide pour exprimer une présence intense même dans le pianissimo, du raffinement dans le colorature et de la puissance dans l'aigu, une voix accomplie qui peut exprimer les changements d'humeur de Violetta, passant d'un état émotionnel à un autre fort différent du premier avec l'apparence d'une aisance déconcertante, dont on sait qu'elle est plutôt le signe d'une technicité du plus haut niveau.

Toutes ces qualités ont pu trouver leur apothéose dans les duos avec le père Germont porté par le très applaudi Andrzej Dobber. L'Alfredo d'Eric Cutler, de très belle tenue, a pu faire valoir la magie de la voix d'Anja Harteros, sans pour autant que l'on ait assisté à des duos inoubliables.

Mais Anja Harteros vaut à elle seule le déplacement. On pourra à nouveau l'entendre ce mercredi 27 octobre au Bayerische Staatsoper de Munich.

Dance 2010: la biennale de danse de Munich, du 22 octobre au 6 novembre




Dance 2010
Du 22 Octobre au 6 Novembre

Un festival de danse contemporaine qui présente le travail tant local qu'international de jeunes choprégraphes. Ce qui est aujourd'hui remarquable, c'est la recherche d'intégration de systèmes et de méthodes en provenance d'autres disciplines. L'accent de cette biénnale est mis sur les rapports entre le travail sur le corps et notre monde digitalisé.
Outre les performances des danseurs, le festival propose aussi des soirées cinématographiques centrées sur le thème de la danse, des conférences et une exposition de photographie intitulée "Body Languages" , qui rend compte de la collaboration entre le choréographe Raimund Hoghe et la photographe Rosa Frank.
Plus d'infos et programme sur le site de dance2010.de.

dimanche 24 octobre 2010

Rusalka: la musique triomphe au Staatsoper mais le public boude une mise en scène géniale.

C'est la première fois que le chef d'orchestre tchèque Tomas Hanus (photo) dirigeait Rusalka, l'oeuvre la plus connue de son compatriote Antonion Dvorak. Il s'y était toujours refusé parce qu'il attendait que des conditions d'excellence soient remplies avant de s'attaquer à la direction d'un des plus beaux opéras du vingtième siècle, un opéra qui avait ouvert ce siècle puisque Rusalka a connu sa première représentation en 1901.

Le Bayerische Staatsoper a répondu aux exigences du maestro et lui a offert un orchestre renommé qui a su interpréter les douceurs subtiles et la précision de ses indications : on a senti comme une histoire d'amour au service de la musique entre l'orchestre et son dirigeant, avec des choeurs au métier assuré tant dans la maîtrise vocale que dans le jeu théâtral, et enfin un plateau de chanteurs exceptionnels. Le public a été maintenu sous le charme de cette magie musicale synchrone pendant les trois heures de la représentation.

Le public a ovationné l'interprétation de la jeune soprano lettone Kristine Opolais qui a su exprimer avec délicatesse et pathos toute la palette des souffrances du personnage, même si ses graves ne passaient pas toujours l'orchestre. Opolais a de plus un art consommé de la scène, dont on sent qu'elle apprécie le jeu. Au dernier acte elle a enfin pu donner toute sa force vocale, avec des talents de tragédienne contemporaine. L'Ondin était porté par la voix puissante et chaude de la basse Günther Groissböck, le Prince du ténor Klaus Florian Vogt résonnait avec force et clarté, deux grandes voix wagnériennes qui confinent au sublime, deux talents d'acteur . Les rôles secondaires ont contribué de faire de cette soirée un hymne à la Musique.

Le public dans sa grande majorité n'a pas apprécié les choix du metteur en scène Martin Kusej*, qui a été copieusement hué. On se serait cru à la première de Hernani, dans une querelle des Anciens et des Modernes. Personne n'est resté indifférent dans la salle mais les bravos enthousiastes d'un petit nombre n'ont pu compenser le brouhaha général de la désapprobation.


On se rappelera que le livret Rusalka est largement inspiré de la Petite Sirène d'Andersen. Et Kusej a relu le conte en actualisant les horreurs qu'il contient. Dans le conte, la nymphe des eaux, la sirène, appartient au Monde souterrain des eaux qui est régi par des règles strictes et despotiques que nul ne peut transgresser. Pour sortir de son confinement, pour accéder au monde supérieur des humains, il faut endurer des pertes et des souffrances incommensurables: accepter la mortalité, la douleur intense de la naissance des jambes, accepter de devenir muette, sans espoir de retour. Naître à l'humanité est un accouchement extrêmement douloureux au résultat plus qu'incertain. Le prince dont est amoureuse la sirène s'en désintéressera et la laissera sur ses jambes traversées de la douleur de mille poignards, le coeur transpercé, sans qu'un cri libératoire ne puisse sortir de sa gorge condamnée.


Kusej a actualisé ce monde souterrain en s'inspirant de tragédies sinsitres de l'actualité : le monde souterrain devient une vaste cave aux gigantesques tuyauteries pourries qui laissent fuir l'eau. Des enfants et des femmes y sont confinées et y pateaugent. L'Ondin qui règne sur le monde souterrain, le père de Rusalka, est transformé en un monstre pédophile incestueux qui abuse de sa fille et des autres nymphes, violente femmes et enfants, et les maintient en captivité les nourrissant de nourritures chichement achetées dans un supermarché discount. Cela évoque aussitôt les affaires Dutroux, Fourniret ou Fritzl. On repense aux prêtres catholiques pédophiles qui usent de leur influence pour contraindre des enfants à leurs abominations. On pense peut-être que l'on a fermé les yeux dans sa famille proche. Rien d'étonnant à ce que Rusalka essaye d'échapper à un tel univers.




Mais à l'étage supérieur, la société des humains vue par Martin Kusej n'est pas plus engageante: le Prince ne comprendra pas l'amour délicat d'une nymphe rendue muette et Kusej continue dans l'art de la provocation en le faisant copuler sur scène. Le Prince de Kusej plaquera la Princesse étrangère contre un mur et la fornique à souhait sous les yeux désespérés de Rusalka qui n'a que son corps torturé pour exprimer son désespoir et les tourments de son âme à l'agonie. Ailleurs, le garde forestier abuse sexuellement du garçon de cuisine, ou de la fille de cuisine puisque le rôle est ici confié à une femme.



La presse avait déjà monté le public contre Kusej cette semaine en l'accusant à tort de maltraitance envers les animaux: un chevreuil, celui-là même que le prince poursuit lors d'une partie de chasse lorsqu'il rencontre Rusalka pour la première fois, devait être dépiauté sur scène. Un élément que nous avions sorti de son contexte, à tort, il convient tant de le reconnaître que de le souligner. Oui Kusej baigne sa mise en scène dans le sang, ou pour rassurer le lecteur, dans de l'hémoglobine de théâtre: des reproductions de chevreuils sont dépiautés sur scène, les mains du garçon boucher et de la fille de cuisine sont plongées dans de sanguinolentes viscères synthétiques, Kusej organise une valse de figurants et de figurantes en robes blanches de mariées, qui dansent tenant dans leurs bras autant de chevreuils dépiautés, les robes et les visages se couvrent de sang et les mariées en folie se mettent à dévorer la chair cue des chevreuils. Tout ce sang finira par disparaître quand plus tard on retrouvera les enfants dans une chambrée de lits de fer blancs, habillés de vêtements blancs purifiés de leurs souillures. Nos hôpitaux et nos orphelinats sont les lieux où l'on va oublier et laver les corps, redonner une apparence de propreté. Mais les âmes?



Oui nous nous sommes trompés: ce que Kusej dénonce, c'est la perte de l'innocence d'une société carnassière qui tue des animaux fragiles, violente les femmes et abuse sexuellement de ses propres enfants. Exactement le contraire de ce que l'Abendzeitung et une nombreuse presse à sa suite a dénoncé. Non Kusej ne fait pas tuer des chevreuils pour le plaisir d'un acte provocateur gratuit et insensé. Kusej dénonce , pointe du doigt l'inadmissible et, de même que Rusalka crèvera le décor idyllique des montagnes en lacérant la toile qu'elle traverse, Kusej brise nos apparences si bien construites et nous confronte au miroir de nos problèmes sociétaux.



C'est ce que le public n'a pu entendre. Pour ce public, la petite sirène est un dessin animé des studios Disney, le public veut du rêve teinté à la fleur bleue. La musique le lui procure . Mais la grande majorité du public n'a pas voulu de ce miroir tendu par le metteur en scène. Dans la ville opulente de BMW et de Siemens, des fins de semaine à la campagne sur fond idyllique du paysage alpin, on ne veut pas se sentir corresponsable des inégalités femmes-hommes, ni, pire encore, des violences sexuelles contre les enfants et contre les femmes. Le rôle d'un metteur en scène n'est plus d'être un amuseur public, d'ailleurs il y en a plein. Kusej ne provoque pas, il dénonce, il fait prendre conscience, c'est inconfortable et dérangeant, très dérangeant, et la plupart ne sont pas prêts à payer jusqu'à deux cents euros pour être confrontés à cette part de nous que nous occultons si volontiers.




Martin Kusej, un grand metteur en scène, dont la Bavière a eu l'intelligence de se doter pour diriger le théâtre d'Etat, le Bayerisches Staatsschauspiel. Sans doute est-ce une question de temps et d'éducation, mais le public finit toujours par reconnaître le génie.




Dates des représentations:



Octobre 26/28/31 2010
Novembre 4 2010
Mai 22/25/29 2011
Juin 1 et 4 2011

Et dans le cadre du festival d'opéra de Munich: les 15 et 18 juillet 2011

Réservations: cliquer ici

*Photo Peter Uhan

vendredi 22 octobre 2010

Expo Gabriel von Max à la Kunstbau: entre darwinisme et ésotérisme



GABRIEL VON MAX (1840–1915)
ARTISTE, DARWINISTE, COLLECTIONNEUR ET SPIRITE
KUNSTBAU
OCT 23, 2010 - JAN 30, 2011 Mardi à dimanche et jours fériés, de 10-18H


Gabriel von Max (1840–1915), qui fut tout à la fois artiste, spirite et darwiniste, fut à maints égards une figure marquante et charismatique à la fin du dix-neuvième siècle. Il se passionna pour l'histoire du développement de l'humanité et s'interrogeant tant sur ses origines que sur son futur. L'exposition d'automne de la Lehnbachhaus et du Kunstbau présente une rétrospective exhaustive de l'oeuvre de von Max. Elle présente les diverses facettes de la personnalité de ce peintre à l'imagination créative extrêmement riche. Les intérêts de Gabriel von Max englobaient tant la peinture que l'histoire naturelle, l'ethnologie et l'ésotérisme. L'homme était aussi collectionneur et avait acquis une connaissance encyclopédique de l'art, de la culture et de la science de son temps. Dans son oeuvre picturale, on retrouve ces différents intérêts. Ainsi de ce tableau d'un singe qui considère un squelette.

Gabriel von Max, qui a vécu ses années de formation à Prague, Vienne et Munich, a connu le succès dès 1867 avec sa peinture intitulée "Le martyr chrétien". Il devint alors ne des personnalités artistiques les plus influentes dans les cercles praguois et munichois.
Son oeuvre comporte une perspective historique et mythique, -il peint des scènes chrétiennes, littéraires ou mythologiques. Il se fera une réputation de peintre des âmes, avec une peinture qui aborde la thématique de l'amour, de la religion, de la mort et de l'au-delà. Mais il développa aussi un langage pictural qui lui est propre avec une iconographie qui inclut les études anatomiques, la vivisection et les théories darwiniennes de l'évolution. vers la fin du siècle, il se concentra de plus en plus sur les sujets scientifiques. C'est de cette dernière période que datent ses fameux portraits de singes qui connurent un succès immédiat.

Max fut en même temps un collectionneur assidu: il rassembla une collection centrée sur les objets anthropologiques, zoologique, préhistoriques et et ethnologiques qui comporte plus de 60000 pièces. Sa collection est aujourd'hui essentiellement préservée au musée Reiss-Engelhorn de Mannheim.
Une visite à l'intérêt artistique et éducatif remarquable!
Plus de reproductions de ses peintures: cliquer ici.


(Largement traduit et inspiré du texte de présentation de l'exposition par Madame Karin Althaus, conservateur)

mercredi 20 octobre 2010

Bambi assassiné: le metteur en scène de Rusalka introduit l'abattoir à l'opéra de Munich

Voile rouge sur la première de Rusalka de Dvorak qui aura lieu samedi prochain au Bayerische Staatsoper. Selon l'Abendzeitung, le metteur en scène de Rusalka, l'Autrichien Martin Kušej , veut transformer l'opéra en abattoir. Trois heures avant chacune des présentations, un chevreuil serait tué pour un effet de scène que l'on ne pourrait obtenir qu'avec un animal à qui l'on vient de donner la mort. Douze représentations, douze mises à mort*. Les organisations de défense des animaux sont scandalisées et étudient les recours juridiques possibles.
Au moins un animal a déjà été exécuté pour les besoins de la séance de photos de presse.
La nouvelle fait la une de l'Abendzeitung de ce mercredi matin et a aussitôt été reprise par Focus online, puis, avec un titre plein d'humour, par le Sueddeutsche Zeitung: Oper setzt auf Re(h)produktion (un délicieux jeu de mots: Reh, c'est un chevreuil, le titre veut à la fois dire L'opéra mise sur la reproduction, le simulacre/la production d'un chevreuil)...
L'opéra d'Antonin Dvořák s'inspire de l'histoire de la petite sirène d'Andersen. Une rusalka,- en tchèque cela signifie une nymphe des eaux-, tombe amoureuse d'un prince et pour le renconter et prendre une apparence humaine, accepte de devenir muette en échange d'une paire de jambes. La rencontre a lieu lorsque le Prince est en train de chasser un chevreuil et s'égare près d'un lac. La nymphe ira vivre avec le prince mais se rendra vie compte que les humains sont cruels et haineux et ne sont pas des personnages de contes de fées. Au second acte, Rusalka contemple avec dégoût le cadavre du chevreuil qui a été tué peu avant la représentation et qui est suspendu par les pieds au moyen de crochets de boucherie. Il sera par la suite décapité sur scène, un "tableau vivant" qui est supposé métaphoriser l'ampleur de l'humaine cruauté.
Le cadavre du chevreuil est frais, pour des "raisons d'hygiène", et, pour ces mêmes raisons, il sera jeté après la représentation, car impropre à la consommation.
Mise à jour: la direction de l'opéra vient de faire savoir qu'il n'y aurait plus de tuerie de chevreuil. L'émoi populaire et les protestations ont sans doute été tels que l'opéra a dû faire machine arrière et remplacer les animaux par un simulacre.
L'effet de publicité a été obtenu. Le metteur en scène, qui n'en est pas à sa première provocation, est conforté dans sa réputation, et le public est horrifié. On peut douter que la musique en sorte grandie.
Mise à jour:
  • Voici la traduction du communiqué de presse officiel du Bayerische Staatsoper (l'opéra de Munich) qui prend position sur la question du chevreuil: Le fait est que pas un seul animal n'a été tué ni ne le sera sur base d'une commande du Bayerische Staatsoper. L'opéra aurait acheté les animaux en boucherie, après qu'ils aient été tué des jours auparavant. Ainsi la question d'une contravention au regard de la loi de protection des animaux ne se pose pas et ne s'est jamais posée. En raison de l'émoi de ces derniers jours, l'Opéra de Munich a décidé, en accord avec le metteur en scène Martin Kusej, d'utiliser la reproduction d'un chevreuil. Le directeur Nikolaus Bachler: "Sur scène, il en va du contenu et de l'expression artistique de l'interprétation. La chasse au chevreuil est un motif important de l'opéra Rusalka. C'est pourquoi nous utilisons des moyens, qui ne permettent pas à la presse à sensation de détourner l'attention de l'Art.

On le voit, l'opéra de Munich conteste l'info de l'Abendzietung. Il ne s'agissait pas de faire tuer un chevreuil trois heures avant la représentation, mais d'acheter des chevreuils morts que les boucheries mettent normalement en vente en automne, période de chasse...Sur facebook, on lit aussi dans les commentaires d'internautes que l'Abendzeitung a simplement cherché à faire du sensationalisme.

Mais bien, place à la musique!

mardi 19 octobre 2010

le GAY OUTDOUR CLUB, la section gay et lesbienne du Club alpin allemand

Le Club alpin allemand (Alpenverein) va sortir en fin de semaine ses catalogues d'activités pour l'hiver 2010-2011. Il y a autant de catalogues d'activités qu'il a de sections. C'est donc aussi le cas de sa section gay et lesbienne, le Gay Outdoor Club, qui, comme toutes les autres sections de cette immense association, présentera sa brochure hiver ce jeudi au restaurant gay munichois le Deutsche Eiche, ce jeudi 21 octobre à 20 heures.
Le Gay Outdoor Club compte pas moins de 850 adhérents et a déjà près de 25 ans d'existence. Comme toutes les sections du club alpin, il propose des balades en montagne, du VTT et de l'escalade dans les pré-alpes et les alpes voisines de Munich, et précise pour chaque activité le degré de difficulté technique et le degré de condition requis pour participer à l'activité, sur une échelle qui va de 1 à 5, du facile à l'extrême. En hiver, il organise des activités de ski alpin et de snowboard, du ski de fond ainsi que des promenades en raquettes. Ces activités peuvent se dérouler en ne journée ou un week-end, ou encore sur des périodes plus longues. Des voyages de randonnée ou de VTT sont aussi organisés à plusieurs moments de l'année, tant en allemagne qu'à l'étranger.
Le Club se distingue par sa convivialité et sa jovialité: un excellent moyen de faire des rencontres et de se faire de nouveaux amis en partageant une passion commune. Chacun est bienvenu et on est très vite intégré.

Il y a plusieurs sections du Club Alpin sur Munich: outre le Gay outdoor Club, signalons surtout la très importante section München-Oberland, qui a un catalogue d'activités impressionant, avec une offre complète, notamment pour les familles, les seniors, les jeunes, etc.

A noter que lorsqu'on est membre d'une section, on dispose d'un accès à tous les services généraux: bibliothèque, accès aux refuges ou chalets de montagne. Si l'on veut se faire membre dans deux sections, on payera une cotisation complémentaire pour participer aux activités de la deuxième section. Il y a des tarifs dégressifs pour les cohabitants et pour les familles (hétéro comme homoparentales).

Remarque militante: coup de chapeau au Gay Outdoor Club qui a su s'imposer au sein du Club Alpin qui avait autrefois une solide réputation conservatrice (et je pèse mes mots...). Imaginez qu'il y a 25 ans ce ne fut pas une mince affaire. J'ai consulté le site du Club alpin français et n'y ai pas trouvé de section LGBT. Si je fais erreur, merci de me le signaler pour rectification!
Adresses utiles:
  • Le GOC a son adresse postale au Centre gay et lesbien de Munich, la SUB, Müllerstrasse, 43
  • DAV München Oberland: quasi en face de la gare de Munich, Bayerstrasse, 21, au 5ème étage

Remarques pratiques

A noter qu'on peut se joindre à une activité d'un jour sans encore être membre, à titre d'essai. Il suffit de contacter le responsable de la journée dont le nom et le téléphone sont repris dans la catalogue en ligne. On pourra alors vous demander des frais minimes (assurance p.ex.).
L'encadrement est assuré par des bénévoles chevronnés, qui ont suivi des formations.
Par rapport aux services proposés, le coût est réellement dérisoire: la cotisation s'élève à peu près à 50 euros par an. Un exemple: le GOC propose une randonnée dans les Alpes, on se retrouve à la gare de Munich, à 10, 20 ou 30 randonneurs, c'est selon, le chef de groupe prend des tickets de groupe régionaux, on est dans les Alpes en 1H ou 1H30 de train, le voyage permet d'établir des contacts, on fait un dénivellé qui va de 300 à 1200 mètres, selon le niveau de difficulté, souvent on prend son pique-nique ou alors ceux qui le désirent vont s'attabler à un resto d'altitude. Coût de la journée, hors cotisation et pique-nique: 6 euros.

Bien sûr les activités qui nécessitent du matériel sont plus coûteuses: location de raquettes ou de skis, remontées mécaniques, etc.

lundi 18 octobre 2010

Echo Klassik a remis ses prix

La Phono Akademie a remis hier soir à Essen ses prix dans la section Echo Klassik: Joyce DiDonato, une mezzo-soprano américaine, est élue chanteuse de l'année, le ténor munichois Jonas Kaufmann que l'on a pu entendre cet été à plusieurs reprises pendant les Opernfestspiele de Munich (il fut notamment Cavaradossi dans Tosca) et à Bayreuth, dans Lohengrin, a été élu chanteur de l'année. Paavo Järvi est le meilleur dirigeant. Le prix du meilleur orchestre va à l'orchestre symphonique de la Radiodiffusion bavaroise ( Bayerischer Rundfunk). Au choeur Norddeutscher Figuralchor va le prix du meilleur ensemble vocal. Quant aux instrumentalistes: le piano va à Lang lang, le hautbois au bavarois franconien Albrecht Mayer, le violon à Tabea Zimmermann. La soprano bavaroise Christiane Karg reçoit le prix dans la catégorie prometteuse des jeunes talents. Enfin Kurt Masur a reçu un prix pour l'ensemble de sa carrière.

On le voit, de nombreux grands talents bavarois ont été distingués lors de cette remise de prix.

Source et plus d'infos sur le site d' Echo-Klassik

Eve Ruggieri a récemment consacré sur Radio Classique une émission à Joyce DiDonato, la voici sur Youtube:



Eve Ruggieri raconte... la mezzo-soprano Joyce DiDonato

dimanche 17 octobre 2010

Typisch: une expo sur les stéréotypes au Musée juif

Le Judisches Museum de Munich présente jusqu'au 6 mars Typisch une exposition temporaire consacrée aux stéréotypes notamment raciaux ou sexistes , avec un accent particulier concernant les stéréotypes qui sont ou ont été véhiculés à propos des Juifs. Cette exposition itinérante a déjà été présentée dans les musées juifs de Vienne et de Berlin et au Spertus Institute de Chicago.



Outre son intérêt de documentation historique, l'expo a un but didactique évident. Elle vise à nous faire prendre conscience de la manière dont les clichés sont construits et véhiculés, et aussi comment NOUS les propageons, bien souvent inconsciemment, "à l'insu de notre plein gré", et combien dès lors il convient que nous fassions un effort d'attention et de discernement pour les éviter. Ce type d'expo nous donne accès à un monde plus riche, plus complexe et moins simplificateur.

Une exposition pour petits et grands. Je la recommande particulièrement aux familles, tant il est vrai que les clichés s'inscrivent dès la tendre enfance. Il suffit d'être attentif aux insultes que les bambins se lancent dès la maternelle...

Un regret: j'avais en son temps visité l'expo de Berlin, qui était plus étendue que celle de Munich. Les curateurs de l'expo de Munich disposant de moins de place ont dû sélectioner les objets présentés: les stéréotypes concernant les homosexuels ont été passés à la trappe. Il y a moyen de remédier à cela en consultant le catalogue de l'exposition qui reprend tous les objets de l'expo originale.
Infos pratiques:

Musée juif de Munich
St.-Jakobs-Platz 16
80331 Munich

e-mail juedisches.museum@muenchen.de

Téléphone +49-89-233-96096

Heures d'ouverture: mardi à dimanche 10 am-6 pm

samedi 16 octobre 2010

Medea in Corinto: l'Opéra de Munich réussit le pari de ressusciter une oeuvre oubliée de Giovanni Simone MAYR

Pari réussi pour l'Opéra de Munich qui a confié à Hans Neuenfels la mise en scène du Medea in Corinto de Giovanni Simone Mayr. Cet opéra avait été récemment monté au Théâtre de Sankt Gallen en Suisse. Le Bayerische Staatsoper a réuni un plateau de chanteurs exceptionnels pour interpréter l'oeuvre de Mayr, un enfant du pays qui a connu sa période de gloire à Bergamo, dans la proche Italie.

L'oeuvre et la vie de Johannes Simon MAYR (1763-1845) sont généralement ignorées du grand public, et, quand on découvre l'immensité de la production du compositeur et le rôle clé qu'il a pu jouer dans l'histoire de l'opéra, - il a notamment découvert et lancé Donizetti-, on ne peut qu'être étonné d'un si grand oubli.

Hans Simon Mayr est davantage considéré comme un compositeur italien que comme un compositeur allemand, l'histoire de la musique le désigne d'ailleurs par son prénom italianisé Giovanni Simone. Il est né en Bavière: son père, qui est maître d'école et organiste, lui enseigne très tôt la musique. A neuf ans, Hans Simon est déjà un pianiste confirmé. Parallèlement à ses études musicales, il est un brillant élève: boursier chez les Jésuites d'Ingolstadt, il est remarqué par un baron qui va sponsoriser ses études universitaires très éclectiques: de la rhétorique à la médecine en passant par le droit.
Mais c'est la carrière musicale qui l'attire et Johannes Simon suivra son baron en Suisse puis dans le Nord de l'Ialie, à Venise et à Bergame, des villes où il continuera sa formation musicale. Il se sent rapidement attiré par la musique lyrique et surtout par l'opéra pour lequel il composera pas moins de 70 oeuvres, qui seront représentées dans toute l'Italie, mais aussi en France, en Allemagne et en Grande-Bretagne. Le plus célèbre de ses opéras est précisément Medea in Corinto qui sera créé au San Carlo de Naples en 1813.
Son lieu d'ancrage est Bergame, où il sera Maître de chapelle à partir de 1803. Il deviendra la référence musicale de la ville où son influence culturelle deviendra prédominante. Il organise des concerts, fait connaître la musique de Haendel, de Mozart et de Beethoven. Il met aussi sur pied une action sociale d'importance: il organise gratuitement la formation d'enfans démunis mais doués pour la musique. C'est ainsi qu'il décrouvrira et formera Donizetti, qui lui restera reconnaissant jusqu'à sa mort.
Le livret de Medea in Corinto

Il est dû à la plume d'un des plus grands librettistes du début du XIXème siècle, Felice Romani. Romani s'est basé sur le mythe grec de Médée et sur les oeuvres qu'Euripide et de Corneille en ont écrites. Le titre délimite précisément un épisode du mythe: il s'agit de l'épisode final de l'épopée mythique. Dans une Grèce où les villes sont en perpétuel conflit d'influence, Jason et Médée, et leurs deux enfants, ont trouvé asile à la cour du roi de Corinthe, Créonte, qui, vieilli et affaibli, décide de donner la main de sa fille à Jason, un héros prestigieux qui pourra ainsi présider aux destinées de la cité et la défendre.
Mais voila, Médée est l'épouse de Jason, et la fille de Créonte, Créuse, est promise au roi d'Athènes, Egée, et leurs noces sont déjà annoncées... Créonte veut bannir Médée. Jason quant à lui consent aux désirs de Créonte et est prêt à se séparer de sa compagne.
On organise les noces de Jason et de Créuse. Médée rencontre les hommes d'Egée et une alliance naturelle s'installe entre Médée et Egée, qui ont été tous deux trompés. Une bataille aura lieu qui verra le triomphe des troupes de Créonte.
Médée, dont on sait qu'elle est magicienne, prépare sa vengeance de sa prison et convoque les forces infernales. Elle tuera Créuse en lui offrant une robe magnifique empoisonnée qui tuera la belle Corinthienne dès qu'elle l'aura revêtue, et finit par devenir folle et exécuter ses propres enfants pour punir Jason, leur père, par un tourment éternel. Elle s'enfuira dans un chariot tiré par des dragons volants. Jason tente de se suicider.
Dans une des dernières répliques de Médée de la pièce homonyme de Corneille, la magicienne dévoile l'horreur de son geste assassin: elle a détruit les 'gages de leurs feux', ses propres enfants (Acte V, scène 6).

Médée

Lâche, ton désespoir encore en délibère ?
Lève les yeux, perfide, et reconnais ce bras
Qui t’a déjà vengé de ces petits ingrats ;
Ce poignard que tu vois vient de chasser leurs âmes,
Et noyer dans leur sang les restes de nos flammes.
Heureux père et mari, ma fuite et leur tombeau
Laissent la place vide à ton hymen nouveau.
Rejouis-t’en, Jason, va posséder Créuse:
Tu n’auras plus ici personne qui t’accuse ;
Ces gages de nos feux ne feront plus pour moi
De reproches secrets à ton manque de foi.

Medea in Corinto au Bayerische Staatsoper

Le metteur en scène Hans Neuenfels est une des maîtres allemands de la mise en scène d'opéra, un art qu'il pratique depuis 1974. Pour Medea, il a opté pour une mise en scène qui souligne la misère et les horreurs de la vie des gens en temps de guerre et de dictature. Il comprend bien ansi le rôle prépondérant des choeurs dans l'écriture de l'opéra. Les choeurs, c'est le peuple, c'est la soldatesque, ce sont les esclaves , autant de gens qui sont de la chair à canon, des personnes taillables et corvéables à merci, qui n'ont pas le statut d'humains. Les puissants ne s'inquiètent ni de leurs souffrances ni de leurs morts, parfois ils s'en amusent et les provoquent, ils jouent avec ces corps qu'il leur arrive d'assassiner de manière aléatoire, ces cadavres qu'ils font enlever d'un claquement des doigts après les avoir enjambés.

C'est particulièrement évident dans la mise en scène de Neuenfels qui campe le personnage de la fille du roi, Créuse, sensible à sa seule beauté et à ses attiffements (elle mourra de son goût pour la parure en acceptant le vêtement d'apparat que lui envoie Médée), inquiète seulement de savoir si Jason l'aime. Elle ne voit pas le peuple que l'on torture et assassine sous ses yeux, elle le toise du haut de sa supériorité. Elena Tsallagova interprète remarquablement le personnage avec toute la froideur qui convient au monstrueux égocentrisme d'une personne inquiète d'elle seule. Créonte, vieillard agonisant, puissant, calculateur et amer, est incarné par un coutumier du rôle, Alaistair Miles. Iano Tamar, que l'on pourra entendre en Tosca en avril à l'Opéra Bastille, a toute la maturité de voix nécessaire pour porter le rôle de Medea, un rôle qu'elle interprète avec de grandes qualités d'actrice, elle incarne la femme trompée, le passage à la folie et au meurtre de la chair de sa chair avec brio. Seul bémol à mon sens: le ténor Ramon Vargas, malgré sa virtuosité et sa maîtrise technique, son timbre équilibré et la sobriété de son expression musicale, ne parvient pas à habiter la complexité du personnage de Jason, héros finissant qui est partagé entre des considérations politiques et guerrières et les restes de sa passion pour Médée, qu'il entend protéger malgré sa trahison. Le Jason de Vargas m'a paru sussurant et mondain, un bellâtre trop souriant invraisemblable face aux jeux théâtraux admirables de Tsallogava, de Tamar et de Miles.


Prochaine représentation le mardi 19 octobre à 19H au Bayerische Staatsoper

vendredi 15 octobre 2010

Opéra: le Barbier en version commedia dell'arte

Un des avantages de l'Opéra de Munich, le Bayerische Staatsoper, est la variété et la richesse de l'offre de ses productions. C'est ainsi que durant toute l'année, à côté des nouvelles productions, la maison propose aussi un théâtre de répertoire. C'est au répertoire qu'appartient la production du Barbier de Séville de Rossini qui vient d'être présentée et qui sera à nouveau à l'affiche au mois de mars prochain.

La mise en scène de Ferruccio Soleri date de 1989 et exploite l'art de la Commedia dell'Arte: les pantomimes sont réussies, les caractères typés jusqu'à la caricature, les costumes emphatiques, et notamment ceux du Docteur Bartolo, correspondent bien à l'esprit du livret original de Sterbini. Le metteur en scène cultive l'art du tableau vivant. Soleri a fait ses débuts au Piccolo Teatro di Milano comme acteur sous la direction de Giorgio Strehler, et l'on sent encore le génie du maître à l'oeuvre dans la mise en scène. L'influence du théâtre italien est manifeste, et notamment celle de la pratique des oeuvres de Goldoni. Le décor à plateau tournant reconstitue la maison sévillane d'un riche patricien: à la façade avec balcon qui donne sur la place succède l'intérieur de la maison du Docteur Bartolo où il tient sa pupille Rosina sous séquestre, qui ne peut communiquer que par son chant et des billets vite passés comme les copions d'un élève qui craint le châtiment.


La production du mois de mars présentera sous la baguette du Maestro Marco Amiliato un casting différent de celle qui vient se terminer. On aura plaisir à découvrir ou à redécouvrir le Barbier au printemps dans une nouvelle interprétation musicale et avec de nouvelles prouesses vocales dans cette mise en scène qui a fait ses preuves depuis 20 ans.


Le Barbier de Séville est une oeuvre facile d'accès pour des spectateurs qui aimeraient découvrir l'opéra: l'enjouement de la musique et de l'action, une mise en scène qui rend la compréhension de l'oeuvre aisée , beaucoup d'humour et la possibilité d'apprécier en life les prouesses des professionnels du bel canto. Une excellente soirée à programmer dans le cadre fastueux de l'Opéra de Munich.




5, 8 et 11 mars 2011 au Bayerische Staatsoper.


Note pratique: les places vont de 9 à 99 euros, pour tous budgets donc. A noter que les places les moins chères sont des places debout (avec accoudoirs et banc de miséricorde cependant). Certaines d'entre elles offrent une vision complète de la scène, et l'acoustique est parfaite au pigeonnier. Certains mélomanes les privilégient tant le son est étonnat près du plafond!


























mercredi 13 octobre 2010

Soins de santé: la carte bleue européenne d'assurance maladie, cela marche

Visiteur fréquent à Munich, je viens de faire une première expérience du système médical allemand. Bonne nouvelle, tout va bien, tout médecin, tout centre médical est tenu d'accepter la carte européenne maladie. Il s'agit de la 'carte bleue' que votre mutuelle vous délivre pour couvrir vos soins en cas de maladie ou d'accident dans un des pays de l'Union. Il suffit qu'elle soit valide et que vous soyez aussi muni de votre carte d'identité.
Comment cela marche: vous vous rendez dans un hôpital allemand ou chez un médecin, vous présentez votre carte bleue européenne. On établira une fiche de renseignements qui reprennent les seuls renseignements repris sur votre carte bleue et sur votre carte d'identité et on vous fera payer dix euros par trimestre pour l'ensemble des soins de santé dont vous avez besoin. Si vous devez consulter un second médecin, il faut que vous le signaliez au premier. Il vous remet un document vous envoyant chez le second médecin, qui, muni de ce document, ne devra plus vous réclamer les dix euros de droit d'inscription. Si vous n'avez pas ce document, vous devrez repayer les dix euros.
Ce qui restera à votre charge, ce sont les médicaments ou les soins que les caisses allemandes ne remboursent pas.
Voila une nouvelle rassurante pour tout touriste qui doit se faire soigner en Allemagne.
PS: on vous fera en principe aussi remlir une déclaration sur l'honneur qui précise la durée prévuede votre séjour en Allemagne et dans laquelle vous déclarez ne pas vous être rendu dans le pays dans le but de vous faire soigner.

Un prêtre de l'évêché de Essen renonce à ses fonctions en raison de ses pratiques homosexuelles

Un prêtre catholique de l'évêché de Essen, qui avait été identifié sur un site homosexuel de rencontres il y a quelques mois, a demandé à être déchargé de ses fonctions. Il aurait fait savoir à son évêque que le mode de vie lié à la prêtrise ne lui convient plus.
L'évêché l'avait suspendu au mois de mars, dès qu'il avait eu connaissance des contacts gay que le prêtre faisait sur internet. L'évêché lui avait alors proposé une place d'aumonier dans un hôpital, mais le prêtre l'avait refusée. Il lui avait aussi été demandé de réfléchir à son engagement dans une vie de célibat.
On ne sait pas encore si ce prêtre demandera sa réduction à l'état laïc, une demande qui doit être introduite au Vatican.
Sans préjuger des difficultés que rencontre ce prêtre, il s'agit d' une nouvelle bien anecdotique sur le plan de l'information mais qui est fort répercutée dans les médias allemands. Cela pose question: ces mêmes médias évoqueraient-ils avec le même empressement les cas de prêtres héréros qui battraient en brèche leur obligation de célibat? Et la hiérarchie catholique tance-t-elle de la même manière les prêtres hétéros qui vivent, parfois au grand jour, leur sexualité? Ou assiste-t-on à une chasse aux prêtres gays?
Plus loin, sous ce type d'info c'est toute la question de la gestion de la sexualité par cette église qui est à nouveau posée.

samedi 9 octobre 2010

Les Verts allemands veulent l'égalité totale pour les gays et les lesbiennes



Le groupe parlementaire des Verts ( Bündnis 90/Die Grünen) a introduit un nouveau projet de loi au Parlement allemand (Deutscher Bundestag), qui tend à rendre le Partenariat enregistré ( Eingetragene Lebenspartnerschaft) équivalent au mariage. Volker Beck (photo), le porte-parole des Verts en matière de politique des droits humains, considère que la coalition au pouvoir (les libéraux du FDP et les chrétiens démocrates de la CDU/CSU) ne respecte pas la Constitution allemande lorsqu'elle refuse d'accorder aux gays et aux lesbiennes pacsé.e.s* les mêmes droits qu'aux couples hétérosexuels mariés en matière de fiscalité. Ainsi les Verts ne peuvent-ils comprendre pourquoi le couple sans enfants marié de la Chancelière Merkel (CDU) est soumis à un régime fiscal meilleur que le couple sans enfants du Ministre des Affaires étrangères Guido Westerwelle , qui a récemment fait enregistrer son partenariat avec son compagnon de vie Michael Mronz. Par ailleurs, de nombreux couples gays et lesbiens pacsés* ont des enfants, et sont fiscalement moins bien traités que des couples avec enfants hétérosexuels. Voila pourquoi les Verts estiment que leur proposition de loi est nécessaire.
La coalition au pouvoir avait elle aussi promis d'introduire cette égalité des droits dès cette année. Mais Wolfgang Schäuble, l'actuel Ministre des Finances, a rompu cet engagement. Selon les Verts allemands, le FDP devrait se poser la question de savoir s'il peut accepter une telle rupture des accords de coalition gouvernementale. La Cour constitutionnelle a pourtant à diverses reprises qu'une différence de traitement ne peut être justifiée par le fait qu'un couple a des enfants ou non. Il y a des partenaires enregistrés qui ont des enfants, comme il y a des gens mariés sans enfants. Discriminer les couples enregistrés ne peut se justifier en droit.
Une affaire à suivre attentivement.

Note: je traduis parfois Eigentragene Partnerschaft, Partenariat enregisté, par Pacs, pour la commodité.