mercredi 25 avril 2018

Metamorphosen à Garmisch le Festival Richard Strauss 2018 fait peau neuve


Alexander Liebreich, le nouveau Directeur artistique du Festival Richard Strauss, a présenté hier à la presse le coeur de projet de l'édition 2018 du Festival Richard Strauss de Garmisch. Le festival, qui se déroulera du 22 juin au 1er juillet 2018 à Garmisch et dans ses environs immédiats est placé sous le signe des Métamorphoses (Metamorphosen), cette oeuvre pour 23 instruments à cordes que Richard Strauss acheva le 12 avril 1945, sous le coup de l'émotion causée par la dévastation d'une partie de l'Allemagne lors de la Seconde Guerre mondiale. Métamorphoses: sorti de son beau cocon soyeux, la chenille du festival est devenue un papillon qui a pris son envol pour aller déposer ses somptueuses ailes musicales dans les plus beaux lieux de la région. Doté d'un budget plus important que les années précédentes, le festival s'élargit dans l'espace comme dans le temps puisque cette année, il durera dix jours.

Métamorphoses, le titre du festival, est sans doute à interpréter de manière plus large. Peut-être peut-on y voir aussi les transformations visionnaires que le nouveau directeur artistique veut apporter au festival,qui va faire peau neuve notamment par son essaimage vers de nouveaux lieux, parmi les plus beaux de la région. On le sait, depuis des années, les organisateurs du festival et la ville de Garmisch se plaignent des possibilités restreintes de la ville en matière d'organisation de spectacles. Le festival 2018 répond à cette problématique en essaimant la zone festivalière dans des lieux mythiques de la région: des concerts seront aussi organisés à l'Abbaye d'Ettal, au château d'Elmau et, à 1780 mètres, sur la montagne Wank qui domine Garmisch. Des métamorphoses qui ouvrent de nouvelles perspectives, également par le choix élargi des musiques qui seront mises en résonance avec la fabuleuse nature du pays de Werdenfels: on jouera du Prokofiev et du Janacek à Ettal, et le programme met également en relation la musique de Richard Strauss avec la musique baroque.


Alexander Liebreich

En ouverture du festival, Liebreich a invité l'Akademie für Alte Musik Berlin qu'il dirigera lui-même à Garmisch dans Les Métamorphoses, la dernière grande oeuvre de Strauss, et dans le Didon et Enée de Purcell, une manière de mener la réflexion sur les relations entre les deux oeuvres. C'est l'excellent Choeur de la Radio bavaroise qui chantera les choeurs, avec, en solistes, Marie-Claude Chappuis (Didon), Matthias Winckhler (Enée), Robin Johanssen (Belinda) et Katharina Magiera dans le rôle de la sorcière.

Huit cornistes de l'Orchestre d'Etat de Bavière donneront le concert en montagne, sur la terrasse du Wank, avec des oeuvres qui relient la renaissance à Strauss. Deux soirées sont organisées au Château d'Elmau, un concert de piano avec Olli Mustonen et un récital de la mezzo-soprano Okka von der Damerau, une des meilleures chanteuses wagnériennes de notre époque. En collaboration étroite avec la grande exposition annuelle du Land de l'Etat de Bavière qui ouvre ses portes la semaine pürochaine, deux concerts sont organisés en plein air dans la grande cour de l'abbaye d'Ettal dans lequel la musique de Strauss, interprétée par l'Orchestre philarmonique de Brno, entrera en dialogue avec celle de Janacek pour le premier , puis de Prokofiev, pour le second. D'autres concerts, des concerts-promenades, des master classes et de nombreuses autres activités sont organisées dans le cadre de ce festival qui s'annonce comme un grand cru!

Notre suggestion: combiner les délices musicales du Festival avec la visite de Mythos Bayern (Le mythe bavarois), l'exposition annuelle du Land de Bavière à Ettal et avec celle du château de Linderhof et d'Oberammergau.

Réservations et plus d'informations sur le site du Festival: http://richard-strauss-festival.de/


Frontispice pour "The Meister", quarterly journal of the London Branch of the Wagner Society.

The Meister : quarterly journal of the London Branch of the Wagner Society.
Auteur : Wagner Society. London Branch.
Édité par George Redway à Londres de  1888 à 1895. Huit volumes,

mardi 24 avril 2018

Daniel Barenboim restitue ses prix Echo-Klassik

Source de la photo: Wikipedia

Le scandale ECHO Klassik, que nous avons évoqué précédemment, continue de faire des ravages. Ce lundi, ce fut au tour de Daniel Baremboim, qui dirige la Staatskapelle de Berlin et est également directeur musical du Staatsoper Unter den Linden,  de restituer sa pléiade de prix Echo-Klassik, dont  le prix 2006 du directeur de l'année et le ECHO Klassik Lifetime Achievement Award 2012, qui récompense l'ensemble d'une carrière . Entre 2000 et 2013, le grand chef israélo-argentin fut honoré huit fois de la prestigieuse récompense.

Voici deux phrases significatives de sa déclaration, dans laquelle Daniel Barenboim s'est dit extrêmement préoccupé et consterné: "Les intérêts commerciaux ne doivent pas prévaloir sur les questions essentielles de décence et d'humanité: antisémitisme, misogynie, homophobie et mépris ouvert pour les soi-disant plus faibles et les minorités constituent un abus de liberté que notre société ne peut jamais tolérer." ("Kommerzielle Interessen dürfen nicht überwiegen, wenn es um so essenzielle Fragen des Anstands und unserer Menschlichkeit geht. Antisemitismus, Frauenfeindlichkeit, Homophobie und die offene Verachtung von vermeintlich Schwächeren und Minderheiten seien ein Missbrauch von Freiheit, "den wir als Gesellschaft niemals tolerieren dürfen".)

Press clipping: Europe's Royal Maniac - Chicago Daily Tribune - 2 May 1886.


THE CHICAGO TRIBUNE - 2 MAY 1886 - p. 25















Rheingold, une pyrogravure de Carl Pauer Arlau

in Österreichische Illustrierte Zeitung du 19 février 1933

lundi 23 avril 2018

Richard Wagner, Stick von Johann Lindner (1871)


Johann Lindner (1839–1906), deutscher Kupferstecher

La galerie des glaces de Valery Afanassiev. "Je ne suis pas Louis II de Bavière...".

Citations

"Ce n'est pas une autobiographie, ni une confession imprudente : je ne suis pas Louis II de Bavière et je ne me prends pas pour un fou qui se croit Louis II de Bavière. Ce n'est pas un roman historique non plus. Peu de faits "réels" ponctuent ce monologue de la folie. D'ailleurs, je n'ai vu de Neuschwanstein que les façades disneyennes. Flaubert aurait sans doute désapprouvé ce manque de curiosité "scientifique". Mais il aurait approuvé la durée de mon travail – treize ans. J'ai commencé ce roman en 1982. Deux versions parfaitement autonomes – française et anglaise – résultent de ce travail acharné et délicieux. La fragilité de notre identité, la facilité du meurtre, la peur de la mort, la peur de l'immortalité, l'inceste à la mode de Chateaubriand, Musil et Nabokov, le temps, l'éternel retour, la mémoire – voici les thèmes principaux de ce roman. Les sept romans que j'ai écrits depuis 1974 n'ont en fait qu'un seul sujet, un seul décor : la mythologie humaine."

 «Je trace une ligne sur le parquet et je note dans mon journal qu'il m'est défendu de m'approcher de cette ligne à moins de trois pas.» 

«Si une ligne ne suffisait pas, Louis traçait deux, trois, quatre, cinq, six et même sept lignes sur le parquet de sa chambre. Si sept lignes ne suffisaient pas, il s'enfermait dans un cercle. Les douves. Huit cercles de douves.» 



Valery Afanassiev 

Valeri Pavlovitch Afanassiev (en russe : Валерий Павлович Афанасьев) est un pianiste et un romancier russe né à Moscou le 8 septembre 1947. Outre ses activités musicales, Afanassiev est aussi l'auteur de neuf romans, écrits en français ou en anglais, de poésie, et de pièces de théâtre qu'il a lui-même interprétées. La galerie des glaces, publié chez José Corti en 1995,est son quatrième roman.

Résumé et commentaire

La fragilité de notre identité, la facilité du meurtre, la peur de la mort, la peur de l'immortalité, l'inceste à la mode de Chateaubriand et Nabokov, le temps, l'éternel retour, la mémoire, sont les thèmes principaux de ce quatrième roman de V. Afanassiev.

Avec ce quatrième roman, longuement mûri, Valery Afanassiev renoue avec la polyphonie de Disparition [...]. Nous avons franchi le pont et les fantômes viennent à notre rencontre, réfléchis à l’infini par des changements incessants de perspective qui font vaciller la réalité au point que, tel un détective, le lecteur devra tenter de démêler le vrai du faux – si l’un ou l’autre existent.

Afanassiev -Wagner - Elégie pour piano