jeudi 21 février 2019

La naissance d'un roi béni du ciel, un tableau de Franz Xaver Nachmann


C'est sans doute sur commande du roi Louis Ier de Bavière, le grand-père du roi Louis II, que le peintre Franz Xaver Nachtmann représenta en 1845 la naissance de son petit-fils comme un cadeau venu du ciel. Deux anges sont sur le point de déposer un prince héritier béni de Dieu et placé sous la protection de la Vierge Marie, patronne de la Bavière, dans un somptueux berceau blanc et or, surmonté de la couronne royale bavaroise. Un troisième ange agenouillé présente le berceau royal et tient à la main une couverture verte prête à recouvrir le précieux corps du nouveau-né. La scène se déroule dans une magnifique chapelle néo-gothique décorée de trois blasons aux losanges bleus et blancs, les couleurs de la Bavière.

Ce magnifique tableau vient d'être étudié dans une monographie de Christoph Kürzeder que publie Allitera Verlag. La traduction littérale du titre donne : " Déposé dans le berceau. Louis II - le roi de contes de fées donné par Dieu."

Christoph Kürzeder (Hrsg.), In die Wiege gelegt. Ludwig II. – der gottgeschenkte Märchenkönig, Allitera Verlag, München, 172 Seiten, 24,90 Euro. ISBN 978-3-96233-059-0

Source de l'information : Bayerische Staatszeitung.
Crédit photographique : Musée diocésain de Freising.


mercredi 20 février 2019

Le Roi Louis de Marian Pankowski, une pièce de théâtre oubliée

Marian Pankowski, né le 9 novembre 1919 à Sanok et décédé le 3 avril 2011 à Bruxelles est un philologue, écrivain, poète, critique et traducteur polonais. Résistant, il fut interné à Auschwitz par les nazis. Après la guerre, il émigra en Belgique où il passa son doctorat en littérature polonaise et enseigna à l'Université libre de Bruxelles. (Voir sa biographie sur Wikipedia).

Le Roi Louis est une pièce de théâtre (1964, 1971) qui met en scène Louis II de Bavière, de son accession au trône à son arrestation. On y trouve les principaux personnages qui ont gravité autour de lui : Wagner, Sissi, Richard Hornig, Sophie-Charlotte, Mme von Leonrod, etc.

La pièce fut mise en scène à la Comédie de Genève en 1973 par Jean Monod, qui créa aussi l'environnement scénique.

Marian Pankowski est un écrivain de l'indignation, de la révolte intérieure contre toutes les injustices sociales, morales ou sexuelles. Son roman homosexuel Rudolf illustre bien cette révolte.

mardi 19 février 2019

Hommage à Karl Lagerfeld, l'auteur de l'Achilleion

Grand couturier, mais aussi photographe, Karl Lagerfeld avait consacré un ouvrage à l'Achilleion de Corfou (Gerhard Steidl, 1997). Que le Kaiser de la Haute Couture repose en paix !




Kirill Petrenko dirige la Missa solemnis de Beethoven à Munich. Une audition inoubliable !

Joseph Karl Stieler, Beethoven composant la
Missa Solemnis
C'est à  une oeuvre gigantesque, colossale et de toute beauté que Kirill Petrenko s'est confronté avec l'Orchestre national de Bavière et les Choeurs de l'opéra de Munich. Un véritable affrontement, parce que dans cette oeuvre de sa "dernière manière", Beethoven a réuni toutes les ressources de sa science et de son puissant génie, parvenant à porter l'expression de sa spiritualité au plus haut point de l'expression musicale ; un affrontement, parce que les difficultés de son exécution sont souvent présentées comme insurmontables. Pour le remporter, il faut que les meilleures conditions soient réunies : l'intelligence et la maestria du chef d'orchestre, des instrumentistes de premier ordre, un chœur qui atteigne à la perfection et des solistes hors pair. L'intelligence et la maestria ne suffisent pas encore, il faut  y ajouter la vision et y apporter le coeur : Kirill Petrenko a relevé ce défi et l'a remporté haut la main, littéralement à la sueur de son front, et l'audition de ce chef d'oeuvre actuellement joué à Munich est inoubliable !

Beethoven avait pris le temps de la perfection dans l'écriture de l'oeuvre dont il avait commencé la partition en 1818. La première exécution de la Messe en ré n'eut lieu que le 7 mai 1824, au Théâtre de la Porte de Carinthie à Vienne. Schindler, qui avait vu  commencer la partition de cette Messe en automne 1818 en a témoigné dans son Histoire de la Vie et de l'Oeuvre de Beethoven. A l'origine, l'oeuvre aurait dû être exécutée à l'occasion du sacre de l'archiduc Rodolphe, frère de l'empereur d'Autriche, François II, qui  venait d'être nommé à l'archevêché d'Olmütz. L'archiduc avait bénéficié du rare privilège d'être l'élève de Beethoven. Mais en cours de composition, l'oeuvre prit des proportions qui dépassèrent largement le projet initial et elle ne put être terminée pour la date de celle cérémonie. Beethoven renonça alors à l'écrire pour l'église et l'oeuvre devint une composition lyrique écrite en vue du concert seul. Sa durée, près d'une heure trente, fait qu'elle est le plus souvent jouée en concert.

Si dans le concert munichois d'hier soir, le travail de tous les interprètes et du maestro confinaient à la perfection , c'est au choeur et aux solistes qu'il convient de rendre le plus grand hommage, tant leur partie est rendue particulièrement difficile en raison de leur traitement instrumental. On est subjugué par le chant dont les interprètes ont su rendre tout le pathos ; c'est d'une telle force, d'une telle beauté qu'on est tout étonné d'entendre s'élever les dernières reprises du "Dona nobis pacem" dans le Sanctus, et de se rendre compte que l'exécution va bientôt prendre fin. Après les chants de gloire et les chants de triomphe, après la fugue héroïque, quasi hallucinée de la fin du Credo, le magnifique solo pour quatre voix du Sanctus, la plainte et les supplications de l'Agnus dei, Beethoven nous mène doucement vers l'apaisement final dans le calme d'une phrase qui annonce en la célébrant la paix universelle. Le déchaînement final des cuivres vient mettre hélas un terme à une soirée vécue comme un rêve musical éveillé.

Aux merveilleux solistes les palmes qui leur reviennent pour avoir évité avec brio toutes les embûches dont est hérissée la partition et pour avoir réussi l'indispensable travail d'équipe qu'elle exige tant dans le dialogue à deux ou à quatre voix que dans le dialogue avec les choeurs. Le Sanctus à quatre voix est de toute beauté, suivi par le célèbre solo pour violon du prélude du " Benedictus " brillamment interprété par David Schultheiß. Au mariage des voix de l'incomparable soprano Marlis Petersen et des magnifiques intonations plus sombres d'Okka von der Damerau répond celui de la basse Tareq Nazmi qui rencontre les ardeurs vibrantes du ténor de Benjamin Bruns. Le concours de ces quatre grands artistes  est du plus bel effet dans les fugues et les canons.

L'auditoire, transporté et ému, a rendu un vibrant hommage à tous ces merveilleux interprètes et particulièrement aux choeurs, entraînés par Sören Eckhoff,et à ce maître de la précision qu'est le grand Kirill Petrenko qui a su rendre avec une conscience scrupuleuse tous les honneurs à la Missa Solemnis, une oeuvre définitive !

lundi 18 février 2019

L'allemand pour les (moins) nuls : weinen oder heulen wie ein Schlosshund / pleurer comme une Madeleine

Pleurer comme un chien de château, la jolie expression que voilà et qui est propre au génie de la langue allemande. En français, pour exprimer qu'une personne pleure abondamment et / ou bruyamment, on dira qu'elle pleure comme une Madeleine ou comme un veau / comme une vache.

Die Redewendung heulen wie ein Schlosshund bezieht sich auf den bildlichen Vergleich eines heulenden Hundes, dessen lang gezogenen Laute - von der Anhöhe eines Schlosses aus - auch in weiter Ferne hörbar sind.

Mais pourquoi pleure-t-on ou hurle-t-on comme un chien de château, c'est que les châteaux sont souvent situés sur des hauteurs et que lorsqu'un chien de château hurle, par exemple à la lune, cela s'entend au loin. Ou peut-être sont-ce les féroces chiens de garde du château qui contribuent à la défendre de visiteurs importuns ...

Le Wiktionary donne deux phrases en exemples : 
  • Das Kind heulte wie ein Schlosshund, als man ihm sein Spielzeug wegnahm.
  • Nachdem ihr Freund sich von ihr getrennt hatte, heulte sie den ganzen Abend wie ein Schlosshund.
En français, l'expression pleurer comme une Madeleine remonte à Marie la Magdaléenne (ou encore Marie-Madeleine ou tout simplement Madeleine), qui évoque le personnage néo-testamentaire de cette une ancienne prostituée qui, envahie par le remords, a tellement pleuré devant Jésus en lui confessant ses péchés, qu'elle a pu lui laver les pieds de ses pleurs, avant de les sécher au moyen de ses cheveux. Quant aux veaux, ils ne pleurent pas amis peuvent être extrêmement et longuement bruyants, notamment au moment du sevrage.

Une jeune poétesse allemande, Amarenolie, a écrit un joli poème sur le Schlosshund. Pour le lire, cliquer ici.

dimanche 17 février 2019

Siegfried dessiné par Franz Stassen

Un dessin à la plume de Franz Stassen illustrant une édition de Der Nibelungen Not de Hans von Wolzogen.

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NOUVEAUTÉ
Des fleurs pour le Roi Louis II de Bavière,
Textes de G.-L. Schauenberg, J.Baltz, J. de la Faye et K.-H. Ulrichs 
recueillis par Luc Roger.

Des offrandes de fleurs par des femmes amoureuses et de rameaux de cyprès élégiaques par un homme qui aimait les hommes sont au coeur de ces textes qui nous rappellent que le roi Louis II aimait les fleurs : les lis qu'il associait aux Bourbons qu'il adulait, les roses qui embaumaient son île du lac de Starnberg, et les gentianes et les roses des Alpes, ces fleurs de montagne qu'il appréciait le plus. Des textes dans lesquels l'amour rencontre la tragédie et la mort, celle d'une jeune femme qui s'est sacrifiée pour sauver ce roi qu'elle aimait, et la fin funeste d'un roi interdit d'amour parti bâtir de nouveaux rêves dans les champs élyséens.

La traduction française des poèmes latins que Karl-Heinz Ulrichs consacra au roi est publiée pour la première fois en ces pages.

Pour commander le livre, adressez-vous à votre libraire (en lui donnant le numéro d'ISBN 9782322134755) ou directement chez BoD (cliquer ici commande internationale). 

Couverture souple
132 pages
ISBN : 9782322134755
Date de parution : 13/02/2019
Langue: français

Le drame de Mayerling

Marie Vetsera, Archiduc Rodolphe, Comtesse Larisch,
in New York Tribune, Mai 1913.

NOUVEAUTÉ
Des fleurs pour le Roi Louis II de Bavière,
Textes de G.-L. Schauenberg, J.Baltz, J. de la Faye et K.-H. Ulrichs 
recueillis par Luc Roger.

Des offrandes de fleurs par des femmes amoureuses et de rameaux de cyprès élégiaques par un homme qui aimait les hommes sont au coeur de ces textes qui nous rappellent que le roi Louis II aimait les fleurs : les lis qu'il associait aux Bourbons qu'il adulait, les roses qui embaumaient son île du lac de Starnberg, et les gentianes et les roses des Alpes, ces fleurs de montagne qu'il appréciait le plus. Des textes dans lesquels l'amour rencontre la tragédie et la mort, celle d'une jeune femme qui s'est sacrifiée pour sauver ce roi qu'elle aimait, et la fin funeste d'un roi interdit d'amour parti bâtir de nouveaux rêves dans les champs élyséens.

La traduction française des poèmes latins que Karl-Heinz Ulrichs consacra au roi est publiée pour la première fois en ces pages.

Pour commander le livre, adressez-vous à votre libraire (en lui donnant le numéro d'ISBN 9782322134755) ou directement chez BoD (cliquer ici commande internationale). 

Couverture souple
132 pages
ISBN : 9782322134755
Date de parution : 13/02/2019
Langue: français