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dimanche 14 juin 2020
mercredi 20 octobre 2010
Bambi assassiné: le metteur en scène de Rusalka introduit l'abattoir à l'opéra de Munich
Voile rouge sur la première de Rusalka de Dvorak qui aura lieu samedi prochain au Bayerische Staatsoper. Selon l'Abendzeitung, le metteur en scène de Rusalka, l'Autrichien Martin Kušej , veut transformer l'opéra en abattoir. Trois heures avant chacune des présentations, un chevreuil serait tué pour un effet de scène que l'on ne pourrait obtenir qu'avec un animal à qui l'on vient de donner la mort. Douze représentations, douze mises à mort*. Les organisations de défense des animaux sont scandalisées et étudient les recours juridiques possibles.Au moins un animal a déjà été exécuté pour les besoins de la séance de photos de presse.
La nouvelle fait la une de l'Abendzeitung de ce mercredi matin et a aussitôt été reprise par Focus online, puis, avec un titre plein d'humour, par le Sueddeutsche Zeitung: Oper setzt auf Re(h)produktion (un délicieux jeu de mots: Reh, c'est un chevreuil, le titre veut à la fois dire L'opéra mise sur la reproduction, le simulacre/la production d'un chevreuil)...
L'opéra d'Antonin Dvořák s'inspire de l'histoire de la petite sirène d'Andersen. Une rusalka,- en tchèque cela signifie une nymphe des eaux-, tombe amoureuse d'un prince et pour le renconter et prendre une apparence humaine, accepte de devenir muette en échange d'une paire de jambes. La rencontre a lieu lorsque le Prince est en train de chasser un chevreuil et s'égare près d'un lac. La nymphe ira vivre avec le prince mais se rendra vie compte que les humains sont cruels et haineux et ne sont pas des personnages de contes de fées. Au second acte, Rusalka contemple avec dégoût le cadavre du chevreuil qui a été tué peu avant la représentation et qui est suspendu par les pieds au moyen de crochets de boucherie. Il sera par la suite décapité sur scène, un "tableau vivant" qui est supposé métaphoriser l'ampleur de l'humaine cruauté.
Le cadavre du chevreuil est frais, pour des "raisons d'hygiène", et, pour ces mêmes raisons, il sera jeté après la représentation, car impropre à la consommation.
Mise à jour: la direction de l'opéra vient de faire savoir qu'il n'y aurait plus de tuerie de chevreuil. L'émoi populaire et les protestations ont sans doute été tels que l'opéra a dû faire machine arrière et remplacer les animaux par un simulacre.
L'effet de publicité a été obtenu. Le metteur en scène, qui n'en est pas à sa première provocation, est conforté dans sa réputation, et le public est horrifié. On peut douter que la musique en sorte grandie.
Photo: Marek Szczepanek
Mise à jour:
- Voici la traduction du communiqué de presse officiel du Bayerische Staatsoper (l'opéra de Munich) qui prend position sur la question du chevreuil: Le fait est que pas un seul animal n'a été tué ni ne le sera sur base d'une commande du Bayerische Staatsoper. L'opéra aurait acheté les animaux en boucherie, après qu'ils aient été tué des jours auparavant. Ainsi la question d'une contravention au regard de la loi de protection des animaux ne se pose pas et ne s'est jamais posée. En raison de l'émoi de ces derniers jours, l'Opéra de Munich a décidé, en accord avec le metteur en scène Martin Kusej, d'utiliser la reproduction d'un chevreuil. Le directeur Nikolaus Bachler: "Sur scène, il en va du contenu et de l'expression artistique de l'interprétation. La chasse au chevreuil est un motif important de l'opéra Rusalka. C'est pourquoi nous utilisons des moyens, qui ne permettent pas à la presse à sensation de détourner l'attention de l'Art.
On le voit, l'opéra de Munich conteste l'info de l'Abendzietung. Il ne s'agissait pas de faire tuer un chevreuil trois heures avant la représentation, mais d'acheter des chevreuils morts que les boucheries mettent normalement en vente en automne, période de chasse...Sur facebook, on lit aussi dans les commentaires d'internautes que l'Abendzeitung a simplement cherché à faire du sensationalisme.
Mais bien, place à la musique!
vendredi 15 octobre 2010
Opéra: le Barbier en version commedia dell'arte
Un des avantages de l'Opéra de Munich, le Bayerische Staatsoper, est la variété et la richesse de l'offre de ses productions. C'est ainsi que durant toute l'année, à côté des nouvelles productions, la maison propose aussi un théâtre de répertoire. C'est au répertoire qu'appartient la production du Barbier de Séville de Rossini qui vient d'être présentée et qui sera à nouve
au à l'affiche au mois de mars prochain.La mise en scène de Ferruccio Soleri date de 1989 et exploite l'art de la Commedia dell'Arte: les pantomimes sont réussies, les caractères typés jusqu'à la caricature, les costumes emphatiques, et notamment ceux du Docteur Bartolo, correspondent bien à l'esprit du livret original de Sterbini. Le metteur en scène cultive l'art du tableau vivant. Soleri a fait ses débuts au Piccolo Teatro di Milano comme acteur sous la direction de Giorgio Strehler, et l'on sent encore le génie du maître à l'oeuvre dans la mise en scène. L'influence du théâtre italien est manifeste, et notamment celle de la pratique des oeuvres de Goldoni. Le décor à plateau tournant reconstitue la maison sévillane d'un riche patricien: à la façade avec balcon qui donne sur la place succède l'intérieur de la maison du Docteur Bartolo où il tient sa pupille Rosina sous séquestre, qui ne peut communiquer que par son chant et des billets vite passés comme les copions d'un élève qui craint le châtiment.
La production du mois de mars présentera sous la baguette du Maestro Marco Amiliato un casting différent de celle qui vient se terminer. On aura plaisir à découvrir ou à redécouvrir le Barbier au printemps dans une nouvelle interprétation musicale et avec de nouvelles prouesses vocales dans cette mise en scène qui a fait ses preuves depuis 20 ans.
Le Barbier de Séville est une oeuvre facile d'accès pour des spectateurs qui aimeraient découvrir l'opéra: l'enjouement de la musique et de l'action, une mise en scène qui rend la compréhension de l'oeuvre aisée , beaucoup d'humour et la possibilité d'apprécier en life les prouesses des professionnels du bel canto. Une excellente soirée à programmer dans le cadre fastueux de l'Opéra de Munich.
5, 8 et 11 mars 2011 au Bayerische Staatsoper.
Note pratique: les places vont de 9 à 99 euros, pour tous budgets donc. A noter que les places les moins chères sont des places debout (avec accoudoirs et banc de miséricorde cependant). Certaines d'entre elles offrent une vision complète de la scène, et l'acoustique est parfaite au pigeonnier. Certains mélomanes les privilégient tant le son est étonnat près du plafond!
La production du mois de mars présentera sous la baguette du Maestro Marco Amiliato un casting différent de celle qui vient se terminer. On aura plaisir à découvrir ou à redécouvrir le Barbier au printemps dans une nouvelle interprétation musicale et avec de nouvelles prouesses vocales dans cette mise en scène qui a fait ses preuves depuis 20 ans.
Le Barbier de Séville est une oeuvre facile d'accès pour des spectateurs qui aimeraient découvrir l'opéra: l'enjouement de la musique et de l'action, une mise en scène qui rend la compréhension de l'oeuvre aisée , beaucoup d'humour et la possibilité d'apprécier en life les prouesses des professionnels du bel canto. Une excellente soirée à programmer dans le cadre fastueux de l'Opéra de Munich.5, 8 et 11 mars 2011 au Bayerische Staatsoper.
Note pratique: les places vont de 9 à 99 euros, pour tous budgets donc. A noter que les places les moins chères sont des places debout (avec accoudoirs et banc de miséricorde cependant). Certaines d'entre elles offrent une vision complète de la scène, et l'acoustique est parfaite au pigeonnier. Certains mélomanes les privilégient tant le son est étonnat près du plafond!
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