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jeudi 13 janvier 2011

Ben Heppner en Lohengrin à l'Opéra de Munich

Le ténor canadien Ben HEPPNER, l'un des meilleurs Heldentenor de notre temps, sinon le meilleur, incarnera Lohengrin au Staatstheater à partir de ce dimanche 16 janvier.

Il est né dans une famille modeste d'immigrants russes passionnés de musique. Très jeune, il apprend le cor, la trompette, le trombone et l'euphonium. Après ses études au Canadian Bible College de Regina, il poursuit des études de chant (1975-1979), à l'Université de la Colombie Britannique. En 1981, il s'établit à Toronto pour suivre des cours d'opéras à l'Université de la ville. En 1982, il entre au Studio Ensemble de la Compagnie d'Opéra canadienne. Il chante Lohengrin en 1989 à Stockholm , se produit au Bolschoï, en 1991, il chante dans Idomeneo au Metropolitan Opera. C'est alors le succès et les plus grands opéras du monde le demandent.

Élève de Jon Vickers, il est considéré comme son héritier, tant du point de vue physique, massif, que de l'émission vocale (puissante et capable de toutes les nuances), du point de vue de la présence scénique (un grand talent d'acteur) que du répertoire (Tristan, Peter Grimes, Énée). De fait, Ben Heppner est le Heldentenor le plus demandé de notre temps.

Plus d'infos sur le site de l'artiste et sur le site du Bayerische Staatsoper

A noter un enregistrement de Lohengrin dans sa discographie (RCA, 1995).

Représentations de Lohengrin au Nationaltheater les 16, 20, 23, 26 et 30 janvier et le 3 février. puis, pendant le festival d'opéra cet été (Opernfestspiele) les 2 et 6 juillet. Attention: en juillet, le rôle de Lohengrin est chanté par Peter Seiffert. Infos et réservations: cliquer ici.
Sources: le site de l'artiste et Wikipedia

mardi 16 novembre 2010

Ce jeudi, un concert de l'Opéra Studio au Théâtre Cuvilliés

Le nouvel Opéra Studio se présente ce jeudi soir à 20H au Théâtre Cuvilliés. Il interprétera des airs et des ensembles vocaux extraits, entre autres, des oeuvres de Georg Friedrich Haendel, Charles Gounod (Roméo et Juliette), W. A. Mozart (Le Nozze di Figaro) et Gioachino Rossini (Il barbiere di Siviglia) .
C'est une occasion de découvrir le chant d'opéra pour une somme modique: les places vont de 8 à 24 euros (et il en reste). C'est aussi l'occasion de s'installer pour une couple d'heures dans un des plus beaux théâtres munichois. Le Cuvilliés est une bonbonnière roccoco du plus bel effet! Pour les mélomanes plus avertis et les aficionados du Bayerische Staatsoper, c'est enfin l'occasion d'aller applaudir et encourager les futures divas et les gloires lyriques de demain.
Une bonne soirée en perspective pour oublier la grisaille automnale!
Où et quand? ce jeudi 18 novembre au Cuvilliés-Theater, dans la Résidence
Places: à réserver on line, cliquer ici puis sur Karten en bas de page.
Pour en savoir plus
  • L'Opera studio (Opernstudio): le nouvel Opéra Studio a été fondé lors de la saison 2006/2007 à l'initiative du Directeur général de la musique, le chef d'orchestre Ken NAGANO. L'Opéra Studio a pour vocation de sélectionner et de former des jeunes talents particulièrement prometteurs pour les préparer au métier de chanteur d'opéra. Dans une grande Maison d'Opéra, il s'agit d'un secteur-clé: il s'agit d'assurer l'avenir de l'Opéra. Le nouvel intendant Nikolaus Bachler y attache bien entendu une importance particulière. La formation d'un chanteur d'opéra comporte l'étude des rôles, les cours de chant, des cours de théâtre et d'expression corporelle ainsi que des cours de diction. La formation s'étale sur trois saisons, pendant lesquelles les jeunes chanteurs participent déjà, pour des rôles mineurs, aux productions de l'Opéra et donnent des concerts. Ces jeunes chanteurs reçoivent une rémunération mensuelle ainsi qu'une rémunération participative pour les concerts qu'ils donnent. (Source: Bayerische Staatsoper)
  • Le Théâtre Cuvilliés: Le théâtre Cuvilliés est un bâtiment jouxtant la Résidence de Munich. Il fut construit entre 1751 et 1753 sur des plans de François de Cuvilliés en style roccoco. La construction a été réalisée par Johann Baptist Straub.
    Maximilien III Joseph ordonna la construction de ce nouveau théâtre après l'incendie de la salle Saint-Georges, alors utilisée pour des représentations théâtrales et musicales. Plusieurs opéras ont été présentés pour la première fois dans ce théâtre, notamment Idomeneo, re di Creta de Mozart, en 1781.
    Pendant la Seconde Guerre mondiale, le théâtre Cuvilliés fonctionne jusqu'en 1944. Ensuite, l'intérieur est démonté et les sculptures en bois, les balustrades sont mises à l'abri. De ce fait, seul le bâtiment se trouve détruit par les bombardements alliés. Il est reconstruit à l'identique à quelques mètres de son emplacement d'origine, il rouvre ses portes le 12 juin 1958 dans le cadre des festivités du 800e anniversaire de la ville de Munich. Il faut attendre 1985 pour le voir totalement achevé.
    En 2004, il ferme pour une rénovation complète. Il rouvre ses portes le 14 juin 2008 avec une représentation de Idomeneo de Mozart sous la direction de Kent Nagano. (Source: Wikipedia)
  • Le clin d'oeil chauvin: l'architecte, Jean François Vincent Joseph Cuvilliés , est un allemand né en Belgique, à Soignies dans le Hainaut, qui faisait alors partie des Pays-Bas espagnols. De là à dire que c'est d'avoir respiré le bon air hennuyer qui a contribué à développer le génie architectural de Cuvilliés, il y a un pas (une enjambée) que nous ne ferons pas...Pour en savoir encore plus, cliquer ici.

mercredi 20 octobre 2010

Bambi assassiné: le metteur en scène de Rusalka introduit l'abattoir à l'opéra de Munich

Voile rouge sur la première de Rusalka de Dvorak qui aura lieu samedi prochain au Bayerische Staatsoper. Selon l'Abendzeitung, le metteur en scène de Rusalka, l'Autrichien Martin Kušej , veut transformer l'opéra en abattoir. Trois heures avant chacune des présentations, un chevreuil serait tué pour un effet de scène que l'on ne pourrait obtenir qu'avec un animal à qui l'on vient de donner la mort. Douze représentations, douze mises à mort*. Les organisations de défense des animaux sont scandalisées et étudient les recours juridiques possibles.
Au moins un animal a déjà été exécuté pour les besoins de la séance de photos de presse.
La nouvelle fait la une de l'Abendzeitung de ce mercredi matin et a aussitôt été reprise par Focus online, puis, avec un titre plein d'humour, par le Sueddeutsche Zeitung: Oper setzt auf Re(h)produktion (un délicieux jeu de mots: Reh, c'est un chevreuil, le titre veut à la fois dire L'opéra mise sur la reproduction, le simulacre/la production d'un chevreuil)...
L'opéra d'Antonin Dvořák s'inspire de l'histoire de la petite sirène d'Andersen. Une rusalka,- en tchèque cela signifie une nymphe des eaux-, tombe amoureuse d'un prince et pour le renconter et prendre une apparence humaine, accepte de devenir muette en échange d'une paire de jambes. La rencontre a lieu lorsque le Prince est en train de chasser un chevreuil et s'égare près d'un lac. La nymphe ira vivre avec le prince mais se rendra vie compte que les humains sont cruels et haineux et ne sont pas des personnages de contes de fées. Au second acte, Rusalka contemple avec dégoût le cadavre du chevreuil qui a été tué peu avant la représentation et qui est suspendu par les pieds au moyen de crochets de boucherie. Il sera par la suite décapité sur scène, un "tableau vivant" qui est supposé métaphoriser l'ampleur de l'humaine cruauté.
Le cadavre du chevreuil est frais, pour des "raisons d'hygiène", et, pour ces mêmes raisons, il sera jeté après la représentation, car impropre à la consommation.
Mise à jour: la direction de l'opéra vient de faire savoir qu'il n'y aurait plus de tuerie de chevreuil. L'émoi populaire et les protestations ont sans doute été tels que l'opéra a dû faire machine arrière et remplacer les animaux par un simulacre.
L'effet de publicité a été obtenu. Le metteur en scène, qui n'en est pas à sa première provocation, est conforté dans sa réputation, et le public est horrifié. On peut douter que la musique en sorte grandie.
Mise à jour:
  • Voici la traduction du communiqué de presse officiel du Bayerische Staatsoper (l'opéra de Munich) qui prend position sur la question du chevreuil: Le fait est que pas un seul animal n'a été tué ni ne le sera sur base d'une commande du Bayerische Staatsoper. L'opéra aurait acheté les animaux en boucherie, après qu'ils aient été tué des jours auparavant. Ainsi la question d'une contravention au regard de la loi de protection des animaux ne se pose pas et ne s'est jamais posée. En raison de l'émoi de ces derniers jours, l'Opéra de Munich a décidé, en accord avec le metteur en scène Martin Kusej, d'utiliser la reproduction d'un chevreuil. Le directeur Nikolaus Bachler: "Sur scène, il en va du contenu et de l'expression artistique de l'interprétation. La chasse au chevreuil est un motif important de l'opéra Rusalka. C'est pourquoi nous utilisons des moyens, qui ne permettent pas à la presse à sensation de détourner l'attention de l'Art.

On le voit, l'opéra de Munich conteste l'info de l'Abendzietung. Il ne s'agissait pas de faire tuer un chevreuil trois heures avant la représentation, mais d'acheter des chevreuils morts que les boucheries mettent normalement en vente en automne, période de chasse...Sur facebook, on lit aussi dans les commentaires d'internautes que l'Abendzeitung a simplement cherché à faire du sensationalisme.

Mais bien, place à la musique!

vendredi 15 octobre 2010

Opéra: le Barbier en version commedia dell'arte

Un des avantages de l'Opéra de Munich, le Bayerische Staatsoper, est la variété et la richesse de l'offre de ses productions. C'est ainsi que durant toute l'année, à côté des nouvelles productions, la maison propose aussi un théâtre de répertoire. C'est au répertoire qu'appartient la production du Barbier de Séville de Rossini qui vient d'être présentée et qui sera à nouveau à l'affiche au mois de mars prochain.

La mise en scène de Ferruccio Soleri date de 1989 et exploite l'art de la Commedia dell'Arte: les pantomimes sont réussies, les caractères typés jusqu'à la caricature, les costumes emphatiques, et notamment ceux du Docteur Bartolo, correspondent bien à l'esprit du livret original de Sterbini. Le metteur en scène cultive l'art du tableau vivant. Soleri a fait ses débuts au Piccolo Teatro di Milano comme acteur sous la direction de Giorgio Strehler, et l'on sent encore le génie du maître à l'oeuvre dans la mise en scène. L'influence du théâtre italien est manifeste, et notamment celle de la pratique des oeuvres de Goldoni. Le décor à plateau tournant reconstitue la maison sévillane d'un riche patricien: à la façade avec balcon qui donne sur la place succède l'intérieur de la maison du Docteur Bartolo où il tient sa pupille Rosina sous séquestre, qui ne peut communiquer que par son chant et des billets vite passés comme les copions d'un élève qui craint le châtiment.


La production du mois de mars présentera sous la baguette du Maestro Marco Amiliato un casting différent de celle qui vient se terminer. On aura plaisir à découvrir ou à redécouvrir le Barbier au printemps dans une nouvelle interprétation musicale et avec de nouvelles prouesses vocales dans cette mise en scène qui a fait ses preuves depuis 20 ans.


Le Barbier de Séville est une oeuvre facile d'accès pour des spectateurs qui aimeraient découvrir l'opéra: l'enjouement de la musique et de l'action, une mise en scène qui rend la compréhension de l'oeuvre aisée , beaucoup d'humour et la possibilité d'apprécier en life les prouesses des professionnels du bel canto. Une excellente soirée à programmer dans le cadre fastueux de l'Opéra de Munich.




5, 8 et 11 mars 2011 au Bayerische Staatsoper.


Note pratique: les places vont de 9 à 99 euros, pour tous budgets donc. A noter que les places les moins chères sont des places debout (avec accoudoirs et banc de miséricorde cependant). Certaines d'entre elles offrent une vision complète de la scène, et l'acoustique est parfaite au pigeonnier. Certains mélomanes les privilégient tant le son est étonnat près du plafond!