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jeudi 30 octobre 2014

Mireille Mathieu pour un concert unique le 9 mars au Deutsches Theater


Mireille Mathieu fête cette année ses cinquante ans de présence sur scène. A cette occasion paraît demain son nouvel album de ses meilleures chansons.

Pour son jubilé la chanteuse française donne trois concerts exceptionnels dans la mythique salle parisienne de l'Olympia. Les Munichois ne seront pas en reste puisqu'ils pourront participer à sa joie et venir l'applaudir le 9 mars 2015  pour un seul concert au Deutsches Theater. 

Il faut se précipiter pour retenir un billet car il ne reste vraiment plus beaucoup de places! Cliquer ici ici pour effectuer vos réservations en ligne.

A l'occasion du jubilé, le rossignol d'Avignon a enregistré un nouveau CD et un DVD. En voici la couverture  en allemand. Mireille Mathieu chante en onze langues, dont l'allemand.


Les Ballets russes au Ballet d'Etat de Bavière


Le Bayerisches Staatsballett a repris en octobre son spectacle inspiré des ballets russes qu'il avait monté en 2008. Il se décline en trois chorégraphies qui, si elles s'échelonnent dans le temps, s'harmonisent dans l'esprit des Ballets russes, la compagnie qui avait renouvelé l'art du ballet au début du vingtième siècle: en ouverture, le célèbre Shéhérazade de Michel Fokine sur une musique de Rimski-Korsakov, suivi des Biches de  Bronislawa Nijinska, sur une musique de Francis Poulenc, et pour terminer la soirée en beauté  Once Upon An Ever After de Terence Kohler sur la sixième symphonie de Tchaïkovski. 

Nikolaï Rimski-Korsakov avait composé sa suite symphonique Shéhérazade ( Шехерезада, op. 35.) en 1888. En 1910, Michel Fokine créera sur cette musique un ballet pour les Ballets russes, avec notamment Vaslav Nijinski dans l'un des rôles principaux, celui de l'esclave doré, l'amant de Zobéide,  ainsi que des décors et des costumes de Léon Bakst. Le ballet, tiré du conte oriental Shahryar et ses frères qui fait partie des Mille et Une Nuits. a été créé en 1910 à l'opéra de Paris par le chorégraphe russe Michel Fokine, pendant les Saisons russes des ballets de Diaghilev.

Ce ballet,  qui au début du siècle passé avait contribué à transformer en profondeur l'art chorégraphique, a sans doute perdu de ses aspects avant-gardistes, mais sa reconstitution rend hommage à un événement fondateur qui a ouvert la voie au  ballet moderne. Le Bayerisches Staatsballett nous offre la reconstitution minutieuse de cette oeuvre opulente et colorée avec l'imagerie exubérante de son charme oriental. La passion tragique de Zobéide et de l'esclave doré était rendue hier soir par un couple mythique de Ballet d'Etat de Bavière, Lucia Lacarra et Marlon Dino qui en ont donné une interprétation d'une intensité aussi parfaite qu'éblouissante, avec à leurs côtés, pour y  assurer un  côté humoristique, l'excellent Grand Eunuque de Vittorio Alberton.  La reconstitution des décors est l'oeuvre d'Ulrich Franz, et les très beaux costumes, créés eux aussi par Léon Bakst, sont parfaitement restitués par Astrid Eisenberger.

Le deuxième ballet de la soirée nous fait progresser dans le temps. Avec Les biches, on se retrouve dans le monde léger et éthéré des riches oisifs de la Côte d'Azur des années 1920. De jeunes femmes légères et de rose court-vêtues, arborant des diadèmes surmontés d'une plume d'autruche rose elle aussi, paradent et s'efforcent d'aguicher de beaux baigneurs musclés our des alours sans doute éphémères. La musique est de Francis Poulenc, que les Ballets russes avaient fasciné et qui fut ravi d'en recevoir la commande. Le ballet de Bronislawa Nijinska est d'une superficialité charmante et divertissante, les tons pastels des toiles de scène de Marie Laurencin conviennent bien à l'atmosphère dilettante et printanière qui rappelle les scènes de Watteau. Stephanie Hancox incarne avec talent et un zeste d'humour l'hôtesse, et Séverine Ferrolier donne une belle interprétation de la dame à la veste de velours bleu.

Sur le plan chorégraphique, le meilleur est pour la fin. Le ballet Once Upon An Ever After de Terence Kohler met en scène les personnages les plus connus des ballets russes sur la symphonie pathétique de Tchaïkovski. On retrouve Giselle (Ilana Werner) et Albrecht (Lukáš Slavický), Barberousse (Vittorio Alberton) et la Princesse Aurore (Séverine Ferrolier)qui peine à se réveiller dans les bras du Prince Désiré (Maxim Chashchegorov) ou encore Odette (Daria Sukhorukova) et Myrtha Emma Barrowman). On oublie la complexité du propos en admirant le talent de ces grands solistes qui évoluent dans les décors de l'artiste rosalie à laquelle le thème de l'éternité inspire d'intéressants jeux 
d'installations lumineuses. Les solistes réinterprètent les figures connues des personnages archétypes classiques au regard de l'esthétique contemporaine de la chorégraphie de Terence Kohler.

L'ensemble donne une délicieuse et agréable soirée où le temps semble passer comme dans un rêve insouciant. Vakery Ovsianikov y a larement contribué par son direction de l'excellent Orchestre d'Etat de Bavière.

Prochaines représentations le 26 avril et les 5 et 7 juin 2015. Pour réserver en ligne, cliquer ici.

mercredi 29 octobre 2014

Le Theater-am-Gärtnerplatz reprend Aïda de Verdi

Gaston Rivero (Radamè)s, Sergii Magera (Ramphis),
Holger Ohlmann (Roi d'Egypte), Monika Bohinec (Amneris).
© Christian Zach
Reprise du célèbre opéra de Verdi pour trois représentations seulement, les 8, 10 et 12 novembre, au Prinzregententheater, dans la mise en scène de Torsten Fischer qui faisait ses débuts au Theater-am-Gärtnerplatz et a remporté un grand succès à la fin de la saison dernière. Le metteur en scène y fait le portrait, hélas toujours d'actualité, d'un grand amour dont la réalisation est rendue impossible à cause d'un régime totalitaire, et dont la seule issue possible reste la réunion des amoureux dans la mort. Avec Sae Kyung Rim dans le rôle-titre, Gaston Rivero en Radamès et Monika Bohinec en Amneris, L'orchestre et les choeurs du Staatstheater am Gärtnerplatz sont placés sous la direction de Michael Brandstätter.

L'opéra est chanté en italien avec surtitrage en allemand.

Réservation des billets par internet soit via le site du théâtre: www.gaertnerplatztheater.de, soit par téléphone (Tel. 089 2185 1960) ou par courriel tickets@gaertnerplatztheater.de

Annonce étoilée au Bayerisches Staatsballett: Lucia Lacarra et Marlon Dino attendent un heureux événement!


Hiier soir au Théâtre national. Après une prestation éblouissante dans Shéhérazade, la première chorégraphie des Ballets russes,  Lucia Lacarra et Marlon Dino, le couple mythique d'étoiles du Ballet d'Etat de Bavière, ont tenu à partager leur joie en annonçant la naissance prochaine d'une petite fille. Lucia Lacarra et Marlon Dino, tous deux premiers solistes au Bayerisches Staatsballett, sont partenaires dans la vie comme ils le sont sur la scène. Une scène qui rayonnait d'une aura particulière. Jamais autant qu'hier soir l'amour qui unit Zobéide et l'esclave doré n'a été exprimé avec une telle intensité et une telle perfection chorégraphique. La naissance est prévue pour dans un peu moins de vingt semaines.

Tous nos voeux de bonheur aux futurs parents!

lundi 27 octobre 2014

Grande rétrospective Georg Baselitz à la Haus der Kunst de Munich

L'oeuvre inaugurale:
La grande nuit dans le seau
Le peintre Georg Baselitz avait fait scandale au début des années soixante avec une oeuvre intitulée 
Die große Nacht im Eimer. L'oeuvre, qui se trouve aujourd'hui au musée Ludwig de Cologne représente un enfant ou un nain qui tient son sexe surdimensionné dans sa main. D'aucuns avaient interprété cette attitude comme masturbatoire, d'autres y avaient vu un nain au pénis grotesque et avec une coupe de cheveux à la Hitler. L'oeuvre se voulait agressive et provocatrice, ce qui conduisit le peintre au procès pour immoralité mais fit aussi le début de sa renommée*. Cette oeuvre fondatrice est la grande absente de l'exposition.

Par la suite, Georg Baselitz continua à attirer l'attention sur son travail en produisant au début des années septante ses fameux  portraits renversés. Aujourd'hui, Georg Baselitz est reconnu comme un des artistes majeurs du monde contemporain. Il vient de célébrer  son 75e anniversaire, et c'est à cette occasion que la  Haus der Kunst de Munich lui consacre  une vaste rétrospective. Le lieu, avec ses salles au volume impressionnant, est particulièrement propice à l'exposition de grands tableaux et de grandes sculptures, la taille importante des oeuvres de Baselitz nécessitant ce type d'espace.

On y retouve les grands thèmes baselitziens. Une des caractéristiques de l'artiste est la récurrence des thèmes  de ses oeuvres (l'inversion du motif, l'aigle, sa femme Elke, la provocation, la paire ou le couple) qu'il a revisité sa vie durant en les soumettant à un travail d'autocritique et de dépassement dans l'acte créatif. Les organisateurs de l'exposition ont bénéficié d'une collaboration étroite avec l'artiste. A l'occasion de cette exposition, l'artiste  a placé certaines de ses oeuvres comme en miroir ou en conversation, ce qui permet au public de comprendre le dialogue que l'artiste a pu mener avec lui-même au cours de son processus  créatif. On voit ainsi sur le même motif des oeuvres aux couleurs denses et franches, avec des opacités de matière, faire face à des oeuvres aux couleurs plus passées et plus lumineuses qui ont davantage de légèreté et de transparence. Dans une période plus récente, Baselitz a exploré la couleur noire qui envahit ses tableaux, les recouvre, les fait disparaître par pans entiers. Le noir se retrouve dans les grandes sculptures noires qu'il produit depuis 2011, avec leurs beaux effets d'enlacement, car elles aussi sont placées sous le signe de la paire.

Une fois n'est pas coutume, à la demande expresse de l'artiste, le public est invité à photographier ses oeuvres. Ne vous étonnez pas si un gardien du musée vous demande pourquoi vous ne prenez pas de photos! Ultime et gentille provocation.

*Cette oeuvre n'a pas été retenue pour l'exposition munichoise, mais en cherchant bien, on finit par trouver dans une des salles une paire d'hommes aux pénis en érection.

www.hausderkunst.de

Vidéo de présentation

dimanche 26 octobre 2014

Cirkus Krone: les affiches de la saison d'hiver à Munich


Le Cirque Krone sera bientôt de retour de sa grande tournée d'été et se réinstallera pour sa saison d'hiver dans ses beaux bâtiments munichois. La saison commence traditionnellement le jour de Noël, le 25 décembre, et se décline en trois spectacles intitulés cette année Les géants du manège, Les jeunes sauvages et Moments fantastiques. On aura l'occasion d'y admirer les exploits d'une pléiade d' artistes internationaux de tout premier plan. Rien que du bonheur en perspective!

Renseignements et réservations: voir le site du Cirkus Krone.

vendredi 24 octobre 2014

La soirée de gala Echo Klassik 2014 aura lieu ce dimanche à Munich

Rolando Villazon et Nina Eichinger


La cérémonie  de remise des prix Echo Klassik 2014 aura lieu ce dimanche à partir de 16H45 au Gasteig, un événement qui n'avait plus eu lieu à Munich depuis cinq ans, le gala ayant eu lieu au Konzerthaus de Berlin ces trois dernières années. Le tapis rouge sera bien sûr déroulé à partir de 15H30  pour accueillir les célébrités du monde de la musique classique. Le gala a lieu à guichets fermés à la philarmonie, la grande salle de concerts du Gasteig. La liste des lauréats est déjà connue. Quarante d'entre eux ont confirmé leur présence à la remise de ces prix prestigieux. Au cours de la soirée, on pourra entendre des artistes  de tout premier plan comme Anna Netrebko, Jonas Kaufmann, Anne-Sophie Mutter, Diana Damrau, David Garrett, Piotr Bezcala, le corniste Felix Klieser et le pianiste Igor Levit.  L'Orchestre philarmonique de Munich (Münchner Philharmoniker) sera placé sous la direction de Yannick Nézet-Séguin. La soirée sera animée par Nina Eichinger et Rolando Villazón, qui feront office de présentateurs. 

Retransmission à la télévision

La chaîne de télévision publique ZDF retransmettra la cérémonie en différé ce dimanche soir à partir de 22H. Pour plus d'infos sur cette retransmission, cliquer ici.

Au programme du gala

Le Münchner Philharmoniker sous la direction de Yannick Nézet-Séguin jouera en ouverture la „Polonaise“ extraite d'Eugène Onéguine de Tchaïkosky.
Le ténor Jonas Kaufmann interprétera "Freunde, das Leben ist lebenswert" de la Giuditta de  Franz Lehár.
Anna Netrebko, chanteuse de l'année 2014, donnera  l'aria  „La luce langue“ du Macbeth de Verdi.
La violoniste Anne-Sophie Mutter interprétera ensuite la romance pour violon et orchestre de Dvořák.
Le pianiste Igor Levit jouera le préambule et la courante de la Partita n°5 de Bach.
Diana Damrau chantera  „Wäre det nich wundascheen“ et „I could have danced all night“, deux airs de  My fair Lady de Frederick Loewe.
David Garett interprétera ensuite "Ti penso amore" de Niccolò Paganini.
Le chanteur de l'année Piotr Beczala chantera "Pourquoi me réveiller“ extrait de l'opéra Werther de Jules Massenet.
On pourra ensuite écouter l'espoir de l'année, le corniste Felix Klieser, dans la romance op. 36 de Camille Saint-Saëns.
Et en clôture le chef d'orchestre de l'année, Yannick Nézet-Séguin, dirigera le Münchner Philarmoniker qui interprétera le prélude du troisième acte du Lohengrin de Wagner.

Les prix seront remis par des artistes de renom international comme, pour ne citer qu'eux, José Carreras, Maxim Vengerov et Senta Berger.

mercredi 22 octobre 2014

Première de Peter Grimes de Benjamin Britten au Prinzregententheater


Belle entrée de saison pour le Theater-am-Gärtnerplatz  avec la brillante mise en scène de Peter Grimes de Benjamin Britten par Balázs Kovalik, qui  rend compte de la complexité de l'oeuvre sans jamais nous cloisonner dans une lecture unique et réductrice. Kovalik ne tombe pas dans le piège de réduire l'oeuvre à un miroir de la personnalité de Britten, dont il énonce cependant certains éléments. Sa mise en scène approche les tours et les détours du personnage gravement perturbé de Peter Grimes, les déchirements qui l'agitent, et son incapacité à communiquer. L'ostracisme que subit le pêcheur est aussi en partie l'émanation de son être propre, comme l'évoque la belle scène de flash back où Grimes voit apparaître son père en train de le corriger et de la battre. Ellen vient de découvrir les marques de maltraitance sur le corps du deuxième mousse et Grimes se rend compte que son apprenti a parlé. Kovalik évoque par touches suggestives  la psyché de Peter Grimes et de son rapport à l'enfant: l'enfant battu qu'il a été, les enfants que peut-être il désire avoir avec Ellen, qui est prête à l'épouser alors même qu'il accumule les prétextes pour retarder le mariage, les enfants mousses dont il abuse en les abrutissant de travail et peut-être aussi en les utilisant sexuellement, ces enfants qu'il maltraite comme il fut maltraité mais dont il voudrait paradoxalement  être aimé.



Dans sa mise en scène, Kovalik étudie minutieusement le phénomène de la constitution d'un bouc émissaire, la manière dont la rumeur s'installe et enfle, la manière dont certaines personnes s'en emparent, et leur excitation à la transmettre. C'est extrêment bien réalisé et extrêmement dérangeant car on ne peut s'empêcher de se reconnaître au moins en partie  dans la foule haineuse, qui ne se résout pas à accepter le verdict de la justice (-Grimes a été innocenté des soupçons qui pesaient sur lui suite à la mort de son premier apprenti-), qui insulte, tabasse et isole celui qu'elle a condamné. A diverses reprises, Kovalik fait exécuter à la foule des mouvements mécaniques qui la dépersonnalisent, et  lui fait revêtir des costumes uniformes, conçus par Mari Benedek: ainsi des femmes qui ont toutes un gros chignon-boule placé au-dessus de la tête, des hommes qui revêtent un moment des uniformes cagoulés de type milice, ou des villageois endimanchés tout de noir vêtus qui se rendent en masse à l'office du dimanche, ou encanaillés tout de rouge vêtus pour les orgies du samedi soir. La foule des villageois n'est pas moins complexe que celui qu'elle rejette et persécute. Tout cela donne l'image d'un monde hideux. Dans le dépotoir des âmes, la fraîcheur de l'amour d'Ellen pour Grimes ou l'humanité de Balstrode ne font pas le poids face à la vindicte populaire et n'ont pas non plus de pouvoir de transformation suffisant pour exorciser les démons qui hantent Grimes. 

La mise en scène utilise des éléments de décors, dus à Casaba Antal, aussi sobres qu'efficaces et qui évoquent la vie d'un petit port de pêche: deux passerelles mobiles, un container qui remplira plusieurs fonctions (- cela va de l'église à la boîte de nuit-), un grand cercle métallique suspendu  auquel est accroché un immense rideau de plastique transparent qui suggérera tantôt la mer et les vagues, tantôt les voiles des bâteaux et le vent, tantôt la falaise  dont le mousse tombera en hurlant, un rideau qui miroite au soleil dont il accueille la lumière, un petit bateau de plexiglas transparent, le bateau de Peter Grimes, qui disparaîtra sous la scène pour suggérer le suicide de Grimes à la fin du troisième acte.

Le plastique et la transparence sont partout: du grand rideau au petit bateau, des imperméables en plastique transparent que revêtent les villageois aux mètres de  cellophane qu'on utilise pour se protéger comme pour contraindre, pour baîllonner à la limite de l'étouffement, pour emballer les corps lors de jeux sexuels. Mais la transparence du plastique, de la cellophane ou du plexigas n'est qu'un leurre: Peter Grimes, le propriétaire du bateau transparent,  est opaque, et les villageois, malgré leurs imperméables, sont contamment mouillés, ne fût-ce que parce que sous le plastique s'accumule la sueur des corps.  Balázs Kovalik réalise ici avec succès un  travail de réflexion et de modulation de deux élements, le plastique et l'eau, qu'il combine tout au long de sa mise en scène. C'est théâtralement interpellant et très réussi. Un voile de plastique peut aussi signifier la barrière entre la mort et la vie. Ainsi voit-on l'apprenti-mousse, après sa chute fatale, venir se coller contre le rideau de plastique sans plus pouvoir le traverser. Il se couche ensuite au travers des corps alllongés côte à côte d'une série d'hommes qui, en roulant sur eux-mêmes, feront progresser le coprs de l'enfant-mort, comme s'il était emporté par les flots, un tableau très bien mené.

Le rôle de Peter Grimes demandait un ténor d'exception que le Theater-am-Gärtnerplatz a trouvé en la personne de Gerhard Siegel, qui a accepté de relever le défi du rôle. Gerhard Siegel est un Heldentenor, qui a au cours de sa carrière abordé la plupart des rôles pour ténor wagnériens. Il fait ici ses débuts dans le rôle de Grimes, qu'il rêvait de pouvoir aborder. Edith Haller dispose d'une voix claire avec une émission très pure. Le rôle d'Ellen, la maîtresse d'école au grand coeur amoureuse de Peter Grimes, lui va comme un gant. Ashley Holland remporte lui aussi un beau succès pour son interprétation du capitaine Balstrode. Marco Comin et l'orchestre du Theater-am_Gärtnerplatz rendent bien la progression et la tension dramatique de l'oeuvre, avec un beau travail des choeurs, démultipliés pour cet opéra au plateau imposant. A signaler encore, la qualité du travail d'acteur de Rafael Schütz, qui joue le rôle du 'boy', le mousse de Peter Grimes.

Prochaines représentations

Les 23, 27, 29 et 31 octobre 2014,
Le 2 novembre 2014

Tickets en ligne: cliquer ici puis sur la date souhaitée

Post de présentation: cliquer ici

Crédit photographique: Thomas Dashuber

mardi 21 octobre 2014

Art lesbien: Expo Hanny Zhytar chez LeTRa/ Ausstellung von Hanny Zhytar


Text auf Deutsch hierunter

Hanny Zhytar appelé Annia, est âgée de seulement 22 ans et a jusqu'ici connu une vie difficile. Née à Kiev, il lui faut partir pour la Belgique à huit ans pour suivre  sa mère qui a épousé un Belge. Elle y restera dix ans. Lorsque sa mère apprend que Annia est lesbienne, elle la renvoie chez son père biologique en Ukraine. Son beau-père belge la soutient, mais ce n'est pas le cas de son père biologique. 

La société ukrainienne a des difficultés à accepter les lesbiennes, les gays et les transgenres. L'exclusion et la haine sont monnaie courante; les gens en savent trop peu sur l'amour entre personnes du même sexe. Le dessin a aidé la jeune artiste à chasser ses idées noires. «J'étais tellement en colère contre mon père et j'ai passé toute la nuit à  me dire que personne ne me blesserait plus jamais de cette manière. Et le matin, j'ai trouvé que je me sentais mieux parce que j'avais dessiné. C'est ainsi que l'encre noire et le papier sont devenus mes meilleurs amis "dit-elle aujourd'hui. 

Les dessins de  Zhytar montrent à première vue  des motifs qui semblent impénétrables, des figures psychédéliquesravissantes. Mais  Annia y est présente avec toute sa personnalité. L'art est devenu le moyen d'expression de la jeune femme. Dans le labyrinthe des symboles et des mots, elle raconte sa vie. 

Le vernissage de l'exposition des oeuvres d'Hanny Zhytar aura lieuy le 30 octobre chez LeTRa, Angertorstrasse 3. L'artiste y parlera de son travail et évoquera  la vie de la communauté LGBT en Ukraine après la révolution. Une traduction vers l'allemand est prévue. 

Hanny Zhytar et le public discuteront à propos des expériences de vie de beaucoup de personnes homosexuelles. . Comment gèrent-ils le rejet et - dans le cas de la jeune ukrainienne - le manque d'intérêt des parents? Comment vit une jeune lesbienne  en Ukraine, et particulièrement en ces temps de conflit? 

Hanny Zhytar, genannt Annia, ist erst 22 Jahre alt und hat schon ein schweres Leben hinter sich. In Kiew geboren zieht sie mit acht Jahren nach Belgien, weil ihre Mutter einen Belgier heiratet. Zehn Jahre verbringt sie dort. Als ihre Mutter erfährt, dass Annia lesbisch ist, schickt sie sie zu ihrem leiblichen Vater in die Ukraine zurück. Ihr belgischer Stiefvater unterstützt sie stets, ihr Vater nicht.

Die ukrainische Gesellschaft tut sich schwer mit Lesben, Schwulen und Transgender. Ausgrenzung und Hass gehören zum Alltag; die Menschen wissen zu wenig über die gleichgeschlechtliche Liebe. Das Zeichnen hat der jungen Künstlerin geholfen, ihre düsteren Gedanken zu vertreiben. "Ich war so wütend auf meinen Vater und verbrachte die ganze Nacht damit, mir zu sagen, dass mich nie wieder jemand so verletzen würde. Und am Morgen stellte ich fest, dass es mir besser ging, weil ich gezeichnet hatte. So wurden schwarze Tinte und Papier zu meinen besten Freunden", sagt sie heute.

Zhytars Graphiken zeigen auf den ersten Blick undurchdringliche Muster, psychodelisch anmutende Figuren. Doch ist Annia mit ihrer ganzen Persönlichkeit präsent. Die junge Frau hat die Kunst zu ihrer Sprache gemacht. Im Labyrinth aus Symbolen und Wörtern erzählt sie von ihrem Leben. Vernissage am 30. Oktober von 19 Uhr bis 22 Uhr bei LeTRa, Angertorstraße 3. Die Künstlerin spricht über ihre Werke und berichtet über das Leben der ukrainischen LGBT-Community nach der Revolution. Moderation: Naomi Lawrence. Die Veranstaltung wird übersetzt.

Hanny Zhytar und das Publikum diskutieren über Lebenserfahrungen vieler homosexueller Menschen. Wie verarbeiten sie Zurückweisung und - im Falle der Kiewerin - das mangelnde Interesse der Eltern? Wie ist es überhaupt, als junge Lesbe in der Ukraine zu leben - gerade in diesen konfliktreichen Tagen.

Vernissage le 30 octobre à partir de 19H chez LeTRa, Angertorstrasse, 3 à Munich
Vernissage 30.Oktober. LeTRa, Angertorstrasse, 3

Source du texte: groupe de contact Munich Kiev Queer / pour leur page facebook, cliquer ici

lundi 20 octobre 2014

Tomáš Hanus et Nadja Michael, le duo gagnant de l'Affaire Makropoulos de Leoš Janáček à l'Opéra de Bavière

Nadja Michael et Pavel Černoch 
Emilia Marty, née Makropoulos, a disposé de plus de 300 années pour se former au métier de chanteuse. On peut imaginer qu'avec une telle expérience combinée à une éternelle jeunesse (on lui a fait boire toute petite un elixir de jouvence) elle ait eu le temps d'accéder aux cimes himalayennes de son art et qu'elle dispose d'un organe à déplacer les menhirs. 

Pour aborder ce rôle d'exception, il faut une chanteuse exceptionnelle dont la voix et la présence tiennent la scène et le public en haleine pendant toute la durée de ce spectacle d'une heure quarante-cinq minutes, une chanteuse assez puissante pour rendre le conte de l'immortalité crédible, pour exprimer les tourments psychiques que cette survie génère, jusqu'à l'aboutissement du choix délibéré de la mort. 

Cet opéra en trois actes est présenté sans entracte au Bayerisches Staatsoper, et c'est là la meilleure option, tant il est important de ne pas interrompre la progression de la tension dramatique et de son expression musicale. C'est Nadja Michael qui a été retenue pour incarner la présence impériale et froide de l' immortelle cantatrice, une femme puissante et sarcastique qui dévore les hommes qu'elle fascine tous sans exceptions, parce qu'elle ne peut ni les aimer ni recevoir l'amour qu'ils sont toujours prêts à lui offrir. La belle Saxonne remplit toutes les conditions du rôle: une beauté énergique et rayonnante, la résistance et l'endurance d'une athlète, une voix puissante qui passe l'orchestre du début à la fin du spectacle, et un jeu théâtral capable d'exprimer l'évolution tragique d'un personnage qui passe de la domination cynique à l'acceptation de la mortalité. Nadja Michael a tenu le public captif pendant toute la durée de l'opéra, sa performance a été saluée de salves d'applaudissements, de bravi et de trépignements. Une grande actrice au soprano vibrant et chaleureux, qui s'investit totalement dans le rôle qu'elle incarne avec une force de pénétration psychologique qui laisse pantois. L'interprétation de l'oeuvre de Leoš Janáček implique la capacité à traduire vocalement l'état psychologique du personnage représenté, ce en quoi Nadja Michael excelle. 

Nadja Michael est adamantine, et ses brillances se marient à la musique d'un orchestre et de choeurs qui semblent rendus extatiques de pouvoir exprimer l'alchimie de la rencontre d'une telle cantatrice et d'un tel chef d'orchestre. Tomáš Hanus est devenu le maître incontesté de la direction des opéras de Leoš Janáček, et plus spécialement de l'Affaire Makropoulos dont il vient de publier une nouvelle édition critique. Il en a la connaissance intime, et en rend compte avec une congénialité passionnée, avec précision et délicatesse, sans jamais jouer l'orchestre contre les chanteurs, mais en en soutenant attentivement les voix. On est bouleversés d'avoir le privilège d'être là en train d'écouter ce qui pourrait bien être la résurrection de l'oeuvre telle que Leoš Janáček l'avait conçue et lui-même dirigée. Tomáš Hanus et l'orchestre recevront une immense ovation.

Face à une telle force , la distribution est heureusement excellente, avec le beau Pavel Černoch, un ténor tchèque natif lui aussi de Brno, comme  Leoš Janáček et le Maestro Tomáš Hanus. Il interprète le rôle d'Albert Gregor avec la force passionnelle du désespoir. Tara Erraught rend bien compte de la folie inconsciente et juvénile de Krista qui rêve de gloire et est prête à se damner pour y accéder: elle revêt les somptueuses fourrures d'Emilia Marty avant de connaître une apothéose.

La mise en scène d'Árpád Schilling travaille une approche métaphorique de l'oeuvre dont il respecte l'esprit, tout en laissant l'interprétation de sa vision ouverte, car les métaphores de Schilling ne sont pas toujours accompagnées de leurs clés de lecture, si ce n'est au moment du tableau final. Schilling et son décorateur Márton Ágh utilisent le grand plateau tournant, qui rend aisés et rapides les changements de lieux entre les actes. Sur le plateau ils érigent une structure conique tronquée, noire et marmoréenne au premier acte, avec en son centre un entassement de sièges et de chaises imbriqués les uns dans les autres, où est ménagée ici et là une ouverture insoupçnnable qui livre passage à un chanteur. Les sièges symbolisent peut-être le pouvoir de tous ces hommes assis et installés qui malgré leur puissance n'ont pu résister aux charmes d'Emilia, comme pourrait le faire penser une scène postérieure où un fauteuil de bureau s'effondre entraînant la chute de celui qui y est assis. Kafka et le Château ne sont peut-être pas loins. Les murs de marbre noir céderont la place à des murs élevés décorés de grands carrelages à l'uniformité froide et ennuyeuse, au centre desquels s'élèvent un moment une série d'escaliers de secours comme ceux qu'on voit sur les brownstones new-yorkais. Les carrelages ont le côté glacé d'Emilia Marty qui a perdu son coeur au cours de siècles emplis de sexe et de séductions stériles. La bonne balaye des monceaux de roses blanches, cadeaux rejetés de ses adorateurs. Marty promène son charme indifférent dans de voluptueuses fourrures. Des floconnements blancs entourent le plateau, ouates neigeuses blanches comme les fleurs dédaignées ou comme la robe de soirée de la cantatrice, qu'elle arbore avec une sensualité aguichante lorsqu'elle ne revêt pas des tenues noires plus dominatrices. Les costumes sont eux aussi signés Márton Ágh. Les décors ont la force du symbole, et si tout n'est pas toujours lisible au premier degré, la mise en scène est sobre, cohérente, et place avec une insistance heureuse le personnage de la cantatrice au centre de l'action, et généralement de la scène.

La mise au tombeau, Les cimes descendent vers Krista (Tara Erraught)
Le jeu des métaphores connaît une solution de continuité au moment des scènes finales  où l'on se voit balancer une série d'évidences qui jusque là avaient été plus finement suggérées. La mise en scène sombre dans un kitsch hallucinant: après une  scène de flagellation SM, une tombe héllénistique aux colonnes corinthiennes  surgit de terre (bon sang mais c'est bien sûr, Emilia Marty, EM, n'est autre que Elina Makropoulos, et elle accepte de mourir, il lui faut donc un mausolée), Krista en fourrures accepte le cadeau empoisonné de la potion magique, et parade en fourrures sur la tombe tandis que du cintre descend un plateau des montagnes enneigées, percé d'un grand trou qui viendra s'enfiler sur l'infortunée avide de gloire, mais  désormais seule, et pour l'éternité, dans les solitudes glacées des cimes.

Comme c'était la fin de l'opéra, le public subjugué par la magie musicale de l'interprétation de l'oeuvre, et par la performance de Nadja Michael, s'est contenté d'applaudir moins intensément le metteur en scène et son équipe, et a consacré un grand moment musical.

Distribution

Emilia Marty               Nadja Michael
Albert Gregor              Pavel Černoch
Vítek                            Kevin Conners
Krista                           Tara Erraught
Jaroslav Prus                John Lundgren
Janek                            Dean Power
Dr Kolenatý                 Gustav Beláček
Machiniste de théâtre   Peter Lobert
Femme de ménage       Heike Grötzinger
Hauk-Schendorf           Reiner Goldberg
Femme de chambre      Rachael Wilson

Prochaines représentations

Les 22, 26, 29 octobre et le 1er novembre 2014
Le 2 juillet 2015 (pendant le festival d'été)
Quelques places restantes. Cliquer ici puis sur Karten.
Le 1er novembre, la représentation est retransmise en direct à 18H sur internet (Staatsoper TV, sur le site du Bayerische Staatsoper)
Crédit photographique Wilfried Hösl,

dimanche 19 octobre 2014

L'époustouflante Dame aux camélias de Lucia Lacarra

L'affiche de Hisashi Okawa et ses modèles  Giuliana Bottino et Nikita Korotkov 
Crédit photographique: Day Kol
Pour la première de la reprise de La Dame aux camélias de John Neumeier, Lucia Lacarra et son partenaire Marlon Dino, deux danseurs étoiles du Bayerisches Staatsballett,  nous ont à nouveau donné une démonstration éblouissante de leur maîtrise de l'art du ballet (Voir le post de présentation).

Lucia Lacarra,
 émouvante en Madeleine Gautier
La Dame aux camélias, sur des œuvres de Chopin, est un ballet aux exigences extrêmes pour les protagonistes, d''abord par l'endurance physique qu'il exige, le spectacle dure trois heures et demande la présence en scène quasi permanente  de la Dame, Marguerite Gautier, et de son amant, Armand Duval. Comme il s'agit d'un ballet narratif, il faut que les danseurs déploient des talents d'acteurs égaux à leurs talents de danseurs: la gestuelle, l'expression corporelle, l'art du regard sont essentiels à la compréhension de l'oeuvre. La danseuse-étoile doit se faire tragédienne. Hier soir, Lucia Lacarra semblait possédée par le génie des trois Muses: Terpsichore, Polymnie et Melpomène s'êtaient  donné rendez-vous pour habiter son  corps de leur présence inspirée. On a rarement pu voir sur scène un tel art de la transformation, l'expression de la progression de la maladie et de la dégradation des fonctions vitales par la danse, la pantomime et le théâtre confinaient au sublime. Et l'exploit est d'autant plus notable que le chorégraphe a poussé le personnage aux extrêmes possibles de la danse et de l'expressivité. Et il ne s'agit là encore que du travail sur scène, en coulisse la danseuse doit encore se soumettre aux soins diligents des habilleuses et des maquilleuses, elle change treize fois de costume au cours de la soirée, et les retouches du maquillage doivent souligner la progression inéluctable des maux physiques et moraux qui rongent l'infortunée héroïne. En outre, il faut encore que pendant les nombreux portés acrobatiques elle songe à ramener  avec élégance ses jupons parfois encombrants qui ont une fâcheuse tendance à recouvrir la tête de son partenaire, au risque de l'aveugler un moment. S'il ne s'agit là que d'un  détail qui ne manque pas de faire sourire le public, c'est une tâche supplémentaire pour l'artiste, qui l'exécute avec une grâce toute aristocratique. Lucia Lacarra et Marlon Dino, partenaires à la scène comme dans la vie, ont atteint le sommet de leur art avec une maîtrise technique, une fiabilité et une assurance rares dans la coordination gestuelle. Un régal!

Trente-six ans après sa création à Stuttgart, le ballet de John Neumeier n'a pas pris une ride. Les musiques de Chopin sont combinées à la chorégraphie dont elles soulignent le romantisme de la progression dramatique, et parfaitement jouées par un orchestre dirigé avec compétence par Michael Schmidtsdorff, un chef d'orchestre spécialisé dans la direction de la musique de ballet, et qui a souvent travaillé en collaboration avec John Neumeier. Deux pianistes, Wolfgang Manz  dans la fosse et Simon Murray sur scène, exécutent avec talent les parties si essentielles du piano

Si le premier acte relève davantage de la narration théâtrale pour exposer les données de l'action, le deuxième et le troisième actes recourent aux découpes classiques,  avec un langage chorégraphique qui, s'il exige de la virtuosité, sait introduire un tension et un approfondissement psychologique grandissants, qui prennent  à chaque scène davantage aux tripes des spectateurs. On oublie vite ce qui pouvait paraître conventionnel dans l'installation de l'action durant le prologue et le premier acte, et on est bientôt emportés par l'intensité des sentiments exposés.

Lors de la première, on a pu apprécier plusieurs prises de rôle: le Monsieur Duval de Cyril Pierre, la Nanina d'Elaine Underwood et le Comte N. d'Ilia Sarkisov. Pour les représentations suivantes, Lucia Lacarra, Poliona Semionova et Daria Sukhorova interprétent en alternance le rôle de Marguerite Gautier, celui d'Armand Duval étant confié à Marlon Dino et Matej Urban. Pour Daria Sukhorova et Matej Urban, il s'agit d'une prise de rôle, à laquelle on pourra assister ce 24 octobre. 

Agenda et réservations

Les 18, 24 et 25 octobre 2014
Les 22, 23 et 29 novembre 2014
Les 9, 13 et 15 février 2015

au Théâtre national de Munich.

Pour réserver en ligne, cliquer ici.


vendredi 17 octobre 2014

Bregenz: grande vente de costumes et d'accessoires de la Flûte enchantée


Les 25 et 26 octobre, le Festival de Bregenz met en vente les costumes et accessoires de la production de la Flûte enchantée qui a fait les beaux soirs du lac de Costance ces deux derniers étés. Des costumes enchanteurs, des perruques ou un magnifique ange bleu. Les techniciens sont en train de démonter les derniers éléments de la scène de la superproduction du plus célèbre opéra de Mozart, et les travaux de montage des décors du Turandot de Puccini de l'été prochain vont bientôt commencer. 

Pour faire de la place, on liquide!  Les samedi 25 et dimanche 26 octobre, les acteurs amateurs, les fous de carnaval et les fans de technologie pourront peut-être réaliser leurs rêves et acquérir souvent au prix coûtant des costumes, des perrruques et des équipements techniques de la dernière production d'opéra.



Il est aussi possible pour certains objets de participer à des enchères en ligne. On peut par exemple faire une offre pour le masque et le costume de Sarasthro, pour ceux de la Reine de la nuit. Les enchères se clôtureront le 22 octobre à midi. Pour voir les costumes et accessoires en vente, cliquer ici.


Source de l'article et plus d'infos en allemand: cliquer ici


Grande rétrospective Canaletto à l' Alte Pinakothek de Munich

CANALETTO
BERNARDO BELLOTTO  PEINT L'EUROPE 
17.10.2014-18.01.2015 

Le basssin de Saint Marc le jour de l'Ascension, Venise, c. 1739/1740
108 x 152.5 cm © Collection du Castle Howard

Bernardo Bellotto (1722-1780) a travaillé sous le pseudonyme de Canaletto. Bernardo Bellotto  et son oncle et professeur Giovanni Antonio Canal (1697-1768), dont il fut autorisé à porter le nom agrémenté du diminutif, ont porté la tradition vénitienne de peintures de paysages urbains et de vues architecturales vers de nouveaux sommets. Les vues finement observées de Bellotto - de Venise à Dresde, Vienne et Varsovie - sont des icônes de l'art et de l'histoire du dix-huitième siècle. L'interaction fascinante entre la précision documentaire et la liberté créatrice continue de captiver le spectateur. Les architectures de fantaisie sont tout aussi intéressantes que les vues urbaines.

'Le château de Nymphenburg vu depuis le parc', 132 x 235 cm
© Bayerische Schlösserverwaltung
Pour réaliser la perspective de ce tableau, une tour de 15 mètres
de hauteur avait été construite à l'usage de l'artiste

L'Alte Pinakothek, qui pour cette exposition a bénéficié de nombreux prêts internationaux, présente la première exposition complète consacrée  à Bernardo Bellotto en Allemagne en près de cinquante ans. Des peintures significatives de toutes les périodes de l'œuvre de l'artiste offrent une occasion unique de suivre le peintre lors de ses voyages à travers l'Europe au Siècle des Lumières. En 1761, il a visité Munich, où il a produit une somptueuse vue panoramique  de la ville et deux peintures du château de Nymphenburg pour l'Electeur de Bavière. La restauration récente de ces grands et ambitieux tableaux permet aux visiteurs d'apprécier la brillance originale de leur luminosité  Ces vues de Munich constituent le coeur d'une exposition qui comporte   plus de soixante-cinq peintures, dessins et gravures, parmi lesquels de nombreux paysages d'une grande finesse  et des fantaisies architecturales virtuoses qui invitent le spectateur à jeter un  regard neuf sur les aspirations et les pratiques créatives de Bellotto. Toutes les périodes de l'activité de Canaletto sont représentées, depuis les premières oeuvres italiennes jusqu'aux dernières oeuvres polonaises en passant par les périodes viennoises, dresdoise et munichoise.

'Munich vue de l'est' une peinture réalisée en 1761
depuis la colline du Gasteig. 134 x 236.5 cm.
© Bayerische Staatsgemäldesammlungen, Alte Pinakothek, Munich




jeudi 16 octobre 2014

Nymphenburg rorschach and upside down

















Le dieu Pan joue du syrinx dans le parc du château de Nymphenburg







Crédit photographique: Luc Roger (15 octobre 2015)

Au coeur ombragé du château de Nymphenburg, sur le chemin du Badenburg, on tombe sur le dieu Pan qui se repose en jouant du syrinx. A ses côtés, un bouc attentif. La statue date de 1815 et est due au sculpteur Peter Simon Lamine, qui reprend ce motif qu'il avait déjà traité en 1774 pour  les jardins du château de Schwetzingen . Le Pan munichois a été exécuté en marbre de Carrare et placé sur un socle de rochers artificiellement surélevés, sous lesquels jaillit une source elle aussi artificielle.

Le Pan des jardins de Schwetzingen


mercredi 15 octobre 2014

Expo Florine Stettheimer au Kunstbau


Andy Warhol aimait son art, et Marcel Duchamp avait organisé sa rétrospective au Musée d'Art Moderne: l'artiste Florine Stettheimer (1871-1944) est l'une des figures les plus intrigantes du monde aristique newyorkais  au cours de la première moitié du XXe siècle. Ses photos et poèmes, ses créations pour les salons et les scènes de théâtre constituent une synthèse moderne des arts et une chronique de la vie urbaine. Stettheimer a peint des concours de beauté et les fêtes des célébrités, les gratte-ciel, Wall Street et la culture de consommation, anticipant les sujets d'intérêt qui allaient plus tard provoquer l'engouement des artistes du Pop Art. Son œuvre est une source d'inspiration pour quelques-uns des artistes les plus fascinants qui travaillent aujourd'hui. 

La présentation du travail de Florine Stettheimer au Kunstbau de  la Lenbachhaus constitue la première exposition personnelle de son art en dehors des États-Unis. L'exposition présente une sélection représentative des grandes peintures réalisées à partir de 1915 qui illustrent son style arrivé à maturité.  Un deuxième axe est centré sur ses créations pour la scène: de nombreux dessins, maquettes, figurines illustrent sa vision tant pour le ballet »Orphée des Quatz'z'Arts« que pour l'opéra de Virgil Thomson, dont Gertrud Stein avait écrit le livret, »Four Saints in Three Acts«. A l'occasion de cette exposition l'artiste Nick Mauss a également consacré un espace à la poésie de Florine Stettheimer.

A voir jusqu'au 4 janvier 2015 au Kunstbau.

Source: traduction livre de la présentation du Kunstbau.

Expo photos: 'Pas le droit d'être soi-même' au Gasteig / Fotoausstellung 'Kein Recht sie selbst zu sein' im Gasteig



Text auf deutsch: siehe unten

La photographe et activiste LGBT ukrainienne Natalia ROI (39 ans) a mis en scène des couples de lesbiennes et des femmes célibataires  installées au sein d'une société homophobe. Nous nous aimons, mais nous n'avons pas le droit de montrer nos sentiments en public, disent par exemple Oksana et Zhenia, pour qui la vie n'est pas facile.

En ces temps de profonde mutation politique, la situation des minorités ne s'est pas améliorée en Ukraine. Les femmes photographiées n'ont aucune possibilité d'exprimer publiquement leurs problèmes et leurs soucis. Mais elles ne veulent pas se laisser faire. Elles mènent un combat pour pouvoir être elles-mêmes. Et tout va dépendre de la direction que va prendre l'actuel gouvernement.

L'exposition est placée sous le patronage de la bourgmestre Christine Strobl et est organsiée en collaboration avec  Munich Kiev Queer et New Wave. 

Agenda

L'exposition est installée dans le foyer de la petite salle de concert du Gasteig et peut se visiter jusqu'au 22 octobre 2014 tous les jours entre 8 et 23 heures. L'entrée est gratuite.

Die ukrainische Fotografin und LGBT-Aktivistin Natalia Roi (39) inszeniert Lesbenpaare und Single-Frauen, die sich in einer homophoben Gesellschaft eingerichtet haben. »Wir lieben einander, aber wir haben kein Recht, unsere Gefühle in der Öffentlichkeit zu zeigen«, sagen zum Beispiel Oksana und Zhenia – kein leichtes Leben.

In Zeiten des politischen Umbruchs ist die Situation für gesellschaftliche Minderheiten im Land nicht leichter geworden. Die porträtierten Frauen haben keine Möglichkeit, in der Ukraine öffentlich über ihre Probleme und Sorgen zu sprechen. Aber sie wollen nicht still halten. Sie kämpfen dafür, sie selbst zu sein. Alles wird davon abhängen, in welche Richtung die jetzige Regierung geht.

Ausstellung: 27.09.14 – 22.10.2014 / 08:00–23:00 Uhr / Foyer Kleiner Konzertsaal (Gasteig)

Munich Kiev Queer, New Wave, Gasteig, LesKult, KR
(CSD München GmbH)




mardi 14 octobre 2014

La Dame de pique de Tchaïkovsky au Gasteig de Munich- Mariss Jansons - Orchestre symphonique de la radiodiffusion bavaroise

Hermann (Misha Didyk)  et Lisa (Tatiana Serjan)
Trois ans après un mémorable Eugène Onéguine,  Mariss Jansons a magistralement dirigé  une Dame de Pique qui devrait elle aussi  venir s'inscrire dans la mémoire mélomane munichoise. On rentrait avec un chausse-pied au Gasteig qui a fait salle comble pour les deux concerts. C'est que le Maestro jouit d'une excellente réputation dans la capitale bavaroise, tout comme l'excellentissime Orchestre symphonique de la radiodiffusion bavaroise (Symphonieorchester des bayerischen Rundfunks) . C'est aussi que des moyens hollywoodiens ont été utilisés: grand orchestre par 80, les Choeurs de la radiodiffusion bavaroise eux aussi par 80, entraînés par Martin Wright, à qui il faut ajouter une quarantaine de choristes enfants issus du Choeur d'enfants de l'Opéra d'Etat de Bavière, entraînés par Stellario Fagone, et une distribution de chanteurs russes ou ukrainiens de tout premier plan, que l'on a rarement l'occasion d'entendre à Munich où, à l'exception remarquable de Boris Godounov ou d'Eugène Oneguine au Bayerische Staatsoper, le répertoire russe n'est pas très représenté. Le meilleur s'ajoutant au meilleur, un public aux anges s'est vu convier à une soirée musicale somptueuse. Le concert avait également été retransmis samedi sur BR-Klassik, il est encore disponible à l'écoute pour le moment sur le site BR-Klassik.

Comme l'opéra était radiodiffusé en direct  et enregistré en vue de la production éventuelle d'un CD, le dispositif scénique était nécessairement réduit. Cependant, grâce à la mise en scène réduite a minima et aux lumières de Christoph Schletz, on a aisément pu suivre les différentes scènes de l'action. La disposition y aidait: les chanteurs étaient placés sur un podium pacé derrière et en surplomb de l'orchestre, avec, derrière eux, les gradins recevant les choeurs. Dans la grande salle du Gasteig, cet ensemble d'environ deux cents artistes, et parmi les meilleurs qui soient, était impressionnante à contempler.

La distribution russophone est impeccable. Le ténor ukrainien Misha Didyk  s'est fait une spécialité du rôle de Hermann (qu'il a chanté entre autres à Lyon et Barcelone en 2010, à Zurich et Munich en 2014, et reprendra à Strasbourg en 2015). C'est sans doute un des meilleurs interprètes actuels de ce rôle long, exigent et difficile, dont il rend admirablement la tension extrême, sans tomber jamais dans le travers de l'exagération pour exprimer la psychologie complexe du personnage. Il incarne à la perfection les incertitudes et les doutes d'Hermann, et en souligne les aspects romantiques torturés tout comme la progression vers la folie obsessionnelle. Il joue à la fois des cordes lyriques et dramatiques de son ténor puissant, auquel il peut donner les couleurs de plus en plus sombres dans le déroulement de l'action. Un travail immense couronné de succès pour un des rôles les plus difficiles du répertoire russe! 

La soprano Tatiana Serjan, soliste au Mariinsky de Saint-Pétersbourg depuis cette année,  une chanteuse dotée d'une belle voix au timbre clair,  traduit avec finesse la palette des sentiments d'une femme amoureuse avec une montée progressive en intensité dramatique  qui culmine au troisième acte où la chanteuse est bouleversante et sublime dans l'expression de son désespoir, avec un jeu d'actrice stupéfiant. Une autre étoile du Mariinsky, la mezzo Larissa Diadkova, donne toute sa dimension au personnage de la comtesse, avec une interprétation extrêmement poignante de la nostalgie parisienne de celle qui fut dans sa jeunesse célébrée comme la Vénus de Moscou. Son air de Laurette « Je crains de lui parler la nuit » extrait de l'opéra, Richard Cœur de Lion d'André Grétry, avec ce français prononcé avec les roucoulements de l'accent russe est aussi émouvant que délicieux! 
La mezzo biélo-russe Oksona Volkova est elle aussi remarquable dans son interprétation vibrante et talenteuse de Pauline, la confidente de Lisa. Elle interprète également Milovzor. Le baryton Alexej Markov séduit avec sa voix puissante, fort bien projetée, dans le rôle du Prince Yeletski, un rôle qu'il a déjà interprété à Lyon dans cet opéra qu'il maîtrise bien, pour avoir également déjà chanté Tomski. Ce dernier personnagé est ici incarné par l'excellent baryton Alexej Shishlayev, lui aussi très applaudi.

On doit la présence de ce plateau de chanteurs exceptionnels au Maestro Mariss Jansons, qui réside à Saint-Pétersbourg. Le chef russe d'origine lettone est depuis 2003 le chef d'orchestre principal de l'Orchestre symphonique de la radiodiffusion bavaroise. Il s'est vu décerner l'an dernier le prestigieux pris Ernst von Siemens pour ses importantes contributions dans le domaine de la musique. Il a su communiquer son amour de la musique de Tchaïkovsky au travers de sa direction attentive et passionnée du grand compositeur russe dont l'esprit s'est incarné à Munich, l'espace de deux soirées.

Distribution

Misha Didyk, ténor (Hermann)
Alexej Markov, baryton (Prince Yeletzki)
Larissa Diadkova, mezzosoprano (Comtesse)
Tatiana Serjan, soprano (Lisa)
Alexej Shishlayev, baryton (Tomski, Slatogor)
Oksana Volkova, mezzosoprano (Pauline, Milovzor)
Tomasz Slawinski, baryton-basse (Surin)
Anatoli Sivko, basse (Narumov)
Vadim Zapletchny, ténor (Tschekalinski)
Mikhail Makarov, ténor (Tschaplitzki)
Olga Savova, mezzosoprano (Gouvernante)
Pelageya Kurennaya, soprano (Prilepa)



lundi 13 octobre 2014

Le pianiste français Philippe Entremont le 28 octobre à Munich

Le mardi 28 octobre à 20H, le pianiste français Philippe Entremont interprétera des quintette pour piano de Mozart et de Brahms avec des musiciens de l'Orchestre symphonique de Munich à l'Allerheiligenhofkirche de la Résidence. 

Le célèbre pianiste français, également bien connu pour son travail de chef d'orchestre, vient de fêter son quatre-vingtième anniversaire. Il compte 65 années de présence en scène. Philippe Entremont est né le 7 juin 1934 au sein d'une famille de musiciens, il reçut  ses premières leçons de piano de sa mère et entra à 12 ans au Conservatoire de Paris. Il remporta à 16 ans le concours international Long-Thibaud et  fit ses débuts à Barcelone. Il donna ensuite de nombreux conbcerts en Europe et aux Etats-Unis, avec un premier grand succès à 18 ans au prestigieux Carnegie Hall de New York avec le concerto n°1 de Liszt.  En 1958, à l’âge de 23 ans  Philippe Entremont enregistre son premier album pour Columbia, où sont captés le concerto pour piano en la mineur de Grieg et la rhapsodie sur un thème de Paganini de Rachmaninov.  Les tous premiers enregistrements d’Eugene Ormandy et Philippe Entremont, 4ème concerto pour piano de Rachmaninov – 2ème concerto de Saint-Saëns - 4ème concerto de Ravel - et 1er concerto de Liszt, ont été une référence pour des générations de mélomanes américains. Il a par la suite collaboré avec Leonard Bernstein dans plusieurs enregistrements avec l’orchestre philharmonique pour New York et de Philadelphie, et reste encore aujourd’hui l’un des plus grands pianistes vivants.


En janvier de cette année, à l'occasion de son quatre-vingtième anniversaire, Sony Classical vient d'éditer un coffret de 17 CDs avec l'ensemble de ses concertos pour piano. 

Dans les années 70, il entama sa carrière de chef d'orchestre. Il est aujourd’hui chef invité principal de l’orchestre symphonique de Shanghai, chef lauréat de l’orchestre de chambre de Vienne, et ici à Munich chef d'honneur du Münchner Symphoniker. En septembre de cette année, il fit partie du jury du 63ème Concours international de musique ARD dans la catégorie piano. Une tournée est prévue en novembre aux Etats-Unis avec l'Orchestre symphonique de Munich qu'il y dirigera.

Programme du concert du 28 octobre

W. A. Mozart: Quintette pour piano et vents en mi bémol majeur KV 452
Philippe Entremont, Piano
Uwe Stransky (Hautbois), Nicola Hartwig (Clarinette), Hongjia Cui (Basson), Mattias Krön (Cor)

Johannes Brahms: Quintette pour piano et cordes en fa mineur, op. 34
Philippe Entremont, Klavier
Marian Kraew (Violon), Ulrike Collins (Violin), Maria Hristova (Alto), Philippe Wiede (Violoncelle)

dimanche 12 octobre 2014

Ma fin m'appartient! Une campagne pour le droit à l'euthanasie en Allemagne: Letzte-Hilfe.de


La Fondation Giordano Bruno a lancé une campagne pour le droit à mourir dans la dignité. On peut soutenir la campagne notamment en postant sa photo les yeux fermés sur le site letzte-hilfe.de.

Le dessinateur de bandes dessinées gay Ralf König, membre de la fondation, a aussi soutenu la campagne en réalisant un dessin caricaturant la relation soignant-malade dans un hôpital chrétien. 


Le mourant: "Je...ne veux...plus..."
La soignante: "La vie est un don de Notre-Seigneur Jésus, Il faut souffrir jusqu'au bout!"




Le Simon Boccanegra de Dmitri Tchernakiov avec une nouvelle distribution au Bayerische Staatsoper

Simon Boccanegra (Dimitri Platanias) et Amelia (Serena Farnocchia)
Crédit photographique: Wilfried Hösl
L'Opéra d'Etat de Bavière a reprogrammé le Simon Boccanegra dans la mise en scène récente de Dmitri Tchernakiov (2013) avec un plateau complètement renouvelé, l'occasion de découvrir quelques belles voix verdiennes dans cet opéra que Riccardo Muti a  qualifié de chef d'oeuvre absolu alors qu'il ouvrait la saison romaine avec cet opéra en 2012. A Munich, on a retrouvé avec bonheur la direction musicale de Bertrand de Billy qui avait déjà dirigé la nouvelle production en 2013. Le maestro nous plonge d'emblée dans la tension dramatique de cette musique aux couleurs aussi sombres que somptueuses, empreinte d'une émotionnalité intense et profonde, une direction précise, raffinée et délicate, qui obtient le meilleur de l'excellent orchestre et des choeurs. 

Dimitri Platanias, qui a toutes les qualités d'une grande voix verdienne, incarne avec charisme le personnage complexe du pirate devenu doge. Platanias est familier de l'oeuvre, il avait déjà revêtu les habits d'un autre personnage de l'opéra, Paolo Albiani, à Covent Garden. On sait que Rigoletto a fait la réputation du baryton grec. En Boccanegra il émeut avec sa voix riche, profonde, puissante et sombre, et son beau jeu d'acteur qui sait rendre les transformations de Simon Boccanegra: le pirate qu'il fait ressembler à un parrain de la pègre se transmue en un doge tourmenté certes mais qui sait porter avec force la dignité de sa fonction. Platanias dispose aussi d'une expressivité émotionnelle rare pour évoquer les déchirements et les doutes intérieurs de Simon Boccanegra. 

Face à lui le Fiesco de la basse Dmitry Belosselskiy est d'une puissance virile redoutable, avec une voix vibrante et volumineuse pour évoquer la grandeur et la noblesse du personnage. Belosselskiy, très connu pour son Zacarria dans Nabucco, est tout aussi grandiose en Fiesco. Avec Platanias, il se livre sur scène à un combat de géants. Le duo final où les deux hommes s'affrontent une dernière fois avant de se réconciler est un des grands moments de la soirée. 

Si le jeu  trop outré de Markus Eiche dans son interprétation de Paolo ne parvient pas à convaincre, il dispose cependant  d'une forte présence scénique et d'un baryton puissant. En contrepoint de la noirceur de ce personnage haineux, le ténor solaire de Wookyung Kim en Gabriele Adorno a déchaîné les bravi avec un timbre lumineux et glorieux de ténor lyrique italien, une voix en pleine maturité qu'on pourra retrouver dès janvier en Rodolfo dans la Bohême à l'Opéra d'Etat de Bavière.

Le rôle d'Amelia, le seul grand rôle féminin de cet opéra d'un monde machiste, exige une voix exceptionnelle. En 2013, Kristine Opolais avait relevé le défi de remplacer  Krassimira Stoyanova, souffrante, et avait habité le personnage avec force et talent. Malgré ses nombreuses qualités, Serena Farnocchia, qui a chanté Amelia pour la reprise de ce début de saison, n'atteint pas à la dimension tragique du personnage: si la voix est lumineuse et pleine d'ardeur, elle semble souvent s'épuiser à donner du volume pour tenir sa place face aux protagonistes masculins, et cela au détriment de l'expression  dramatique, qui en devient trop linéaire, avec un jeu d'actrice trop univoque.

Dans les rôles secondaires, signalons encore le Pietro de Peter Lobert, qui avait cet été donné un excellent jardinier dans les Noces, et la belle interprétation du capitano par Matthew Grills.