Comme une bénédiction du ciel pour la prochaine gay pride munichoise
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lundi 30 juin 2014
Concert gratuit ce dimanche: Gärtnerplatz Open Air 2014

Ce dimanche 6 juillet à 19H30, concert gratuit par l'orchestre et les solistes du Gärtnerplatztheater sur la Gärtnerplatz. La direction musicale est assurée par Marco Comin.
Exposition de photographies de l'Empereur François Joseph et de François Ferdinand à la Maison des Sudètes de Munich

Les archives photographiques de l'historien de la photographie Pavel Scheuflers comprennent plus de 30 000 photographies. Il s'agit de prises de vue qui datent essentiellement de l'époque de la monarchie des Habsbourg jusqu'en 1918. Une grande partie de ces prises de vue ont été réalisées par Rudolf Bruner-Dvořák (1864-1921), le photographe de la cour de l'Archiduc François-Ferdinand, héritier du trône. Bruner-Dvořák était originaire de la Bohême de l'Est (Přelouč), il a reçu sa formation photographique en 1887 auprès du prestigieux photographe de cour munichois Carl Teufel.
Les motifs de Bruner-Dvořák comportent tant des photos de chasses ou de manœuvres avec François Ferdinand et François Joseph que des prises de vue du domaine privé de la famille impériale, comme par exemple des moments de détente à Saint-Moritz, la station suisse à la mode de Saint-Moritz. Les visites que fit l'Empereur François Joseph en Bohême en 1891, 1901 et 1907 sont elles aussi bien documentées.
L'exposition présente une sélection de ces photographies.
Adresse et horaire
Forum culturel dans la maison des Sudètes, Hochstr.8, Munich
Jusqu'au 25 Juillet, 2014
Horaires d'ouverture du lundi au vendredi de 9H à 19H (sauf les jours fériés), entrée libre
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| François Ferdinand d’Este et le photographe Rudolf Bruner-Dvořák en manoeuvres près de Strakonitz. Photo de Jaroslavon Bruner-Dvořák. Septembre 1905 |
Ma ville: Munich. un docu sur la Kunstareal de Munich sur Arte+7

A voir sur internet sur la page ARTE+7 d'Arte: cliquer ici.
Rediffusion samedi 05.07 à 5h00
L'architecte Jacob Dunkl découvre la Kunstareal, le quartier muséal et universitaire de Munich. La Lenbachhaus, haut lieu de l’art moderne, s'est enrichi d’une aile dessinée par Norman Foster. Futuriste, le musée de l’Égypte antique est installé dans le nouveau bâtiment de l’École de cinéma et de télévision. Enfin, visite du centre paroissial Saint-Nicolas rénové, dans la banlieue de Munich.
Jacob Dunkl se fait une joie de découvrir la Kunstareal, le quartier muséal et universitaire de Munich. Première étape à la Lenbachhaus, haut lieu de l’art moderne : fermée durant trois ans pour travaux, elle a rouvert en mai 2013, enrichie d’une aile harmonieusement dessinée par Norman Foster et son équipe. Futuriste, le musée de l’Égypte antique est installé depuis l’an dernier au sous-sol du nouveau bâtiment de l’École supérieure de cinéma et de télévision. Enfin, Jakob retrouve les représentants de l’épiscopat de Bavière, qui ont également fait preuve d'audace en rénovant le centre paroissial Saint-Nicolas, à Neuried, dans la banlieue de Munich.
dimanche 29 juin 2014
Sa Majesté le roi Louis II de Bavière par Marianne Wörwag-Parizot

La vie et la mort d'un "prince de la paix" vaincu par les intrigues 1845 - 1886.
WORWAG-PARIZOT, Marianne*
Ed. du Montsalvat, 1996
*historienne, éditrice et conférencière spécialisée sur la question de Louis II de Bavière, sa vie et son époque.
samedi 28 juin 2014
Ouverture du Festival munichois d'opéra: Guillaume Tell de Rossini en public viewing et en live stream
Opéra pour tous! Guillaume Tell, le dernier opéra de Gioachino Rossini, fait ce soir le lever de rideau de l'édition 2014 du Festival d'opéra munichois (Münchner Opernfestspiele). Le jour de la soirée d'ouverture, ce samedi 28 Juin, le Bayerische Staatsoper présentera la huitième retransmission de la saison sur STAATSOPER.TV. et, pour les Munichois, en retransmission directe sur écran géant.
Avec cette première, le jeune metteur en scène Antu Romero Nunes (31 ans) fait ses débuts dans la Maison. Il s'agit aussi de sa première mise en scène d'opéra. Michael Volle sera de retour à la scène dans le rôle-titre. La soprano lettone Marina Rebeka chantera la Princesse Mathilde de Habsbourg. Son amant Arnold est joué par Bryan Hymel qui, comme Michael Volle, chante le rôle pour la première fois. La partie de son adversaire Gesier est chantée par la basse Günther Groissböck, qui fait ses débuts dans le rôle. Dan Ettinger est au pupitre.
La retransmission audiovisuelle en direct débutera à 18H (CET) sur www.staatsoper.de/tv. Le service est gratuit pour les téléspectateurs. Au même moment, le public munichois pourra assister à la retransmission sur écran géant sur la place Max-Joseph, devant le Théâtre national où se donne la représentation.
L'opéra est chanté en français, avec surtitrage en allemand.
L'opéra est chanté en français, avec surtitrage en allemand.
vendredi 27 juin 2014
Fermeture temporaire du Deutsches Theater à Munich
Catastrophe technique au Deutsches Theater qui vient à peine de réouvrir ses portes il y a quelques mois après des années de restauration. Pour des raisons qui n'ont jusqu'ici pu être justifiées, le système de gicleurs des extincteurs automatiques s'est subitement déclenché avant-hier soir, 25 Juin, peu après 22 heures sur la scène du Deutsches Theater . La représentation de "The Wiz" était déjà terminée à ce moment, et le public n'était plus dans la salle. Une enquête technique est en cours pour déterminer les raisons du déclenchement soudain du système.
Malheureusement, les dégats sont considérables: selon les premières constatations, une partie des systèmes de contrôle et l'équipement de la salle sont affectés, de même que certains systèmes de sécurité dont entre autres l'alarme incendie. Les experts estiment que la salle ne pourra être utilisée pendant au moins quatre semaines. Toutes les représentations de "The Wiz" et les représentations de trois des productions à venir ,"Forever Young", "Dylan" et "Alice" doivent être annulées.
Le public pourra bien entendu se faire rembourser les tickets déjà achetés au bureau de réservations. Voir le site du Deutsches Theater.
Source: bureau de presse du Deutsches Theater.
Christopher Street Day München 2014 / Gay Pride Munich / Marche des fiertés 2014 à Munich
Tout le programme de la Gay pride munichoise 2014 se trouve sur le site CSD München 2014.
Le cortège aura lieu le samedi 19. Clubbing le 19 au Rathaus. Fête de rue et animations les 19 et 20 autour de la Marienplatz.
jeudi 26 juin 2014
Football et photographie: la Villa Stuck présente les photos de la Mannschaft par Regina Schmeken

La représentation du mouvement est un axe majeur du travail de création de Regina Schmeken. Ses photographies séquentielles sont concentrées sur le moment décisif où l'immobilité bascule vers l' action dans des domaines tels que le football, la danse, le saut à la perche ou le saut d'obstacles. Elle travaille en noir et blanc, ce qui, combiné avec des effets inhabituels d'éclairage, confère une qualité sculpturale aux corps hyper entraînés des sportifs.
Regina Schmeken a photographié les footballeurs de la ligue allemande de football (la Mannschaft) et leurs matchs internationaux depuis 2004. L'accent est mis sur les joueurs, sur des symboles graphiques clairs et des moments spécifiques isolés des rebondissements complexes et des tournants des matchs de football.
Les footballeurs et leurs fans, le public habitué des matchs seront surpris par la vision alternative de l'artiste. Depuis mars 2011, la photographe a accompagné l'équipe nationale lors de matches internationaux et au Championnat d'Europe en Pologne et en Ukraine en 2012. Les photographies exposées ont été prises entre Mars 2011 et Juin 2012.
Regina Schmeken a photographié en noir et blanc depuis 1976. A partir de 1980 elle expose régulièrement son travail et a reçu des prix nationaux et internationaux, dont, entre autres, le Prix de la Critique der Rencontres Internationales de la Photographie en 1978 à Arles et en 1996 le Prix Erich-Salomon de la Deutsche Gesellschaft für Photographie.
On peut notamment voir ses œuvres photographiques à la Bibliothèque Nationale de Paris, au Musée d'Art Moderne de New York, à la Pinakothek der Moderne et le Lenbachhaus à Munich, ainsi qu'au Museum für Fotografie à Berlin. Elle a documenté l'actualité dans la Süddeutsche Zeitung depuis 1986.
L'expo peut se voir jusqu'au 14 septembre à la Villa Stuck à Munich. Plus d'infos en allemand, renseignements et horaires sur le site de la Villa Stuck.
Photo: Regina Schmeken, Deutschland-Belgien, Düsseldorf, 11.10.2011, 3:1, Manuel Neuer, photo de la série "Unter Spielern – Die Nationalmannschaft", © Regina Schmeken
mercredi 25 juin 2014
Le Kabaret de Warlikowski décoiffe

L'Opéra d'Etat de Bavière propose dans le cadre de son festival d'été (Münchner Opernfestspiele) de faire l'expérience du Cabaret varsovien (Kabaret Warszawski) de Krysztof Warlikowski, une production présentée pour trois soirées à la Reithalle de Munich.
Même si ce Kabaret est parfois chanté, il n'appartient pas au genre de l'opéra. Il s'agit d'un spectacle total de théâtre, de musique et de danse avec des projections vidéos parfois simultanées. Et s'il est présenté dans le cadre du festival d'opéra, c'est sans doute dû au fait que Krystoff Warlikowki est un des metteurs en scène vedette de la maison.

Même s'il y a des superpositions, le spectacle se déroule en deux temps et sur deux époques: la fin des années 20 de l'Adieu à Berlin et le début du 21ème siècle de Shortbus. Quatre heures et demi d'un spectacle déjanté où, si l'on retrouve bien l'action et l'inspiration des deux oeuvres, on trouve aussi et surtout la signature de Warlikowski et de la troupe du Nowy Teatr Warszawa qui les portent à un degré d'exaspération parfois quasi insoutenable, violent et extrêmement dérangeant, encore amplifié par la longueur du spectacke.
C'est que la distance littéraire ou cinématographique, c'est que le charme des chansons de la comédie musicale ont disparu pour faire place à du théâtre d'intégration. A la Reithalle, il n'y a pas de feux de la rampe entre le public et les acteurs, on est en prise directe et on se sent très vite participer à l'action . Les effets du jeu théâtral évoquent très vite ceux d' Antonin Artaud ou d'Arrabal, la violence, la nudité, le sexe sur scène, les scènes sado-masochistes, les coups donnés ou reçus, les viols rappellent l'actionnisme viennois.
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| Jacqueline Bonbon pleure le départ de son Juif aimé |
Dans la première partie on retrouve Sally Bowles et Christopher Isherwood, les cabarets berlinois et la montée du nazisme. L'aspect historique du récit permet encore une certaine distance, mais les images fortes et rapides de Warlikowski la réduisent rapidement. Un décor de couloir de métro ou de toilettes publiques, avecs des parois de petites briques vernissées blanches, une toilette entièrement vitrée avec sa cuvette et son lavabo avec un aspect surréaliste à la Bunuel et une cabine vitrée elle aussi nous font vite comprendre qu'on nous montrera tout et que rien ne nous sera épargné. Fraulein Schröder a disparu pour faire place à Jacqueline Bonbon, une vieille pouffiasse aux graisses boursouflées dans un costume de cabaret à la coiffure de plumes d'autruches à qui son partenaire juif fait l'amour. Un nazillon fera partir le Juif et Jacqueline Bonbon nous offre en direct le spectacle de son suicide en se plaçant un sac en plastique sur la tête. Isherwood compose une croix gammée géante avec les feuilles du manuscrit de son roman. Tout cela avec une frontalité et une exaspération qu'une partie du public ne supportera pas. La salle se vide à l'entracte, un bon tiers de l'assistance s'en va. On est confrontés aux horreurs du nazisme, on se sent désespérés devant ce monde de souffrance et de mort, et l'actualité récente des montées de l'extrême-droite un peu partout en Europe fait qu'on prend le spectacle de Warlikowski en plein dans la gueule, l'assitance est sinistrée. Et le public allemand, confronté à l'histoire de son peuple, l'est sans doute doublement.

Un entracte et 70 ans ont passé, la distance temporelle a disparu, un animateur au genre hybride nous présente le monde contemporain de Shortbus. Un couple d'homos consulte une sexologue sur l'opportunité d'une relation ouverte. La sexologue n'a jamais connu l'orgasme. un des deux gays est un fou de caméra vidéo et filme tout ce qui bouge dans des plans rapporchés, la vidéo est projetée en simultané sur la paroi du fond de scène. Beaucoup de sexe, beaucoup d'alcool et de drogue. Des personnages qui vivent notre monde, un monde sans valeurs et sans repères qui se cherche en déconnant, en se droguant, en se nourrissant de théories pseudo-quantiques traitant de l'infinité des mondes, de la théorie des cordes, d'univers créés par la seule pensée, de bulles égotiques. On se cherche dans des formes d'excitation qui ne peuvent connaître de limites. Le spectacteur finit par s'identifier à l'action car en son âme et conscience il la comprend bien. Des musiques de Radiohead sont jouées à fond la caisse. Les acteurs crient, hurlent, font violemment l'amour, à la limite du viol, à deux ou à plusieurs, la sexologue finit par connaître l'orgasme, un couple sado-maso arrive à connaître la tendresse après avoir ôté ses oripeaux fétichistes. On fume de la marie-jeanne, l'animateur transgenre fume un joint qu'il passe au public, le spectacle est dans la salle, de nombreux spectateurs demandent qu'on leur passe le joint pour y tirer une bouffée. Hallucinant.

Hallucinant et complètement réussi pour ceux qui sont restés jusqu'à la fin!
Fabuleux Warlikowski, fabuleuse troupe avec les performances quasi surhumaines des acteurs/actrices/danseurs/danseuses/chnateurs/chanteuses qui atteignent aux paroxysmes de l'expression théâtrale et corporelle.
Ah, c'était joué et chanté en polonais (français, anglais, allemand) avec un surtitrage en allemand? Qu'importe, on a été pris, enfin pas tous, juste ceux qui ne se sont pas enfuis et ont pu faire face à la violence de ce miroir sociétal, on a été emportés, lavés, lessivés. Catharsis.
Et on reste curieusement avec un message d'espoir. Là où il y a le non sens, là où on ne comprend plus rien et où l'on n'a pas de réponses, là où tout se déglingue, il est urgent de créer, il est urgent d'aimer!
Crédit photographique: Magda Hueckel (2013)
lundi 23 juin 2014
La soprano Tamar Iveri perd deux engagements importants suite à des propos homophobes sur son facebook
Un article publié par Julien Massillon sur YAGG.com
Après des propos homophobes sur Facebook, une chanteuse d’opéra ne se produira pas à Sydney
Publié par Julien Massillon
La soprano Tamar Iveri assure toutefois que c'est son mari qui est à l'origine des commentaires homophobes.

[mise à jour, 17h05] Ajout du communiqué de la Monnaie de Bruxelles (merci à Luc Lebelge pour l’info).
C’est d’un commun accord que la soprano Tamar Iveri et l’Opéra d’Australie sont parvenu.e.s à annuler le contrat qui liait la chanteuse à la compagnie. La Géorgienne devait se produire dans le rôle de Desdemona dans Otello à Sydney, mais un message publié sur sa page Facebook en mai 2013 a refait surface il y a quelques jours. Des propos violemment homophobes y figuraient. Le message a été supprimé depuis, mais plusieurs milliers de personnes ont signé une pétition pour protester contre sa venue en Australie. La polémique croissant, elle a jugé qu’il valait mieux renoncer à se produire sur scène.
FAUT-IL CÉDER LA GÉORGIE AUX HOMMES «AVEC DES SACS LOUIS VUITTON»?
L’an dernier, la lettre ouverte adressée au président géorgien que l’on pouvait trouver sur le profil Facebook de Tamar Iveri avait beaucoup intéressé la presse locale. Officiellement signé par la chanteuse, ce courrier aux relents nationalistes et farouchement orthodoxes comportait des mots très durs à l’encontre des homos et particulièrement des gays. Il a été publié le 18 mai, au lendemain d’une Gay Prideémaillée de violences à l’encontre des participant.e.s. En voici quelques extraits.
«J’ai été particulièrement fière de voir comment la société géorgienne a craché sur le cortège. […] Arrêtez ces tentatives effrénées de faire venir les “masses fécales” de l’Occident dans les mentalités des gens par de la propagande! N’essayez pas d’envelopper tout cela dans de beaux emballages ou de verser du Chanel dessus pour le présenter aux gens comme si c’était quelque chose de sain ou de divertissant. Quel que soit le degré de désespoir que l’Occident si tolérant peut connaître, par chance, le peuple géorgien sait faire la différence entre les fruits offerts par l’Ouest qu’il faut consommer et ceux qu’il faut rejeter. Mon petit chien aussi l’a compris.»
«L’homme géorgien a toujours été un symbole de courage et ses inséparables attributs ont été la “chokha” [une robe traditionnelle] et l’épée. Si vous tuez cela, à quel résultat souhaitez-vous parvenir? […] Devrons-nous à l’avenir céder Tbilissi aux hommes qui se promènent avec des sacs Louis Vuitton? Avec des chaussures Dolce&Gabbana? Avec des chemises Christian Audigier? Avec du vernis et du gel L’Oréal dans les cheveux? Et en accroissant le nombre de ces gens, comment comptez-vous renforcer l’armée, gagner des matches de rugby, concourir aux Jeux olympiques, envoyer des troupes en Afghanistan et reprendre Soukhoumi et de Tskhinvali [des régions séparatistes]? Vous savez très bien que cette catégorie de garçons préfère aller à Saint-Tropez et se détendre sur les plages de Nice plutôt que de se battre pour Soukhoumi.»
«LA GÉORGIE NE DOIT PAS RESSEMBLER À AMSTERDAM»
«Mes amis gays géorgiens sont totalement acceptés par moi et par la société. On ne leur interdit rien. De plus, ils sont beaucoup plus subtils, raffinés et délicats que les garçons géorgiens, mais… C’est une déviation sexuelle et dans notre pays orthodoxe, qui a une longue et profonde histoire, il n’y a pas besoin de parades, de ballons, d’agitation, de propagande et de slogans pour montrer que nous sommes des gens civilisés, modernes et COOL. La nature fragile des enfants s’en trouve dévastée, particulièrement d’un point de vue médical alors que sur 50 personnes, au maximum, trois sont nées homos. Pour les autres, c’est quelque chose qu’elles acquièrent en suivant la mode ou en étant en contact avec certains groupes de personnes.»
«Le fait est que les métastases d’un cancer doivent être éradiquées au début du processus et tout est fait en médecine pour y parvenir. Si on l’ignore aujourd’hui… Demain, ces personnes demanderont le mariage de couples de même sexe, le surlendemain, elles voudront le droit d’adopter. Et je ne veux pas que la Géorgie, un endroit que je visite toujours avec plaisir, ressemble à certains quartiers d’Amsterdam. M. le président, vous êtes le père de deux garçons et vous souhaitez probablement qu’ils vous rendent fier de façon virile (ou pardonnez-moi, mais qui sait, peut-être avez voyagé aux Pays-Bas avec votre famille et que vous avez vu si souvent les lumières rouges d’Amsterdam que vous pourriez accepter calmement et avec une pleine tolérance la décision de vos garçons d’être “déviants”).»
«Votre famille, c’est votre domaine, bien entendu, mais les familles traditionnelles de Géorgie ne l’entendent pas de cette oreille, alors s’il vous plaît, ne heurtez pas les mentalités des gens et ne les aspergez pas des masses fécales venues de l’Ouest. Certaines personnes ont obtenu ce qu’elles désiraient. À cause des 50 participant.e.s de la “Pride”, des gens ont commencé à écrire des commentaires inappropriés sur Facebook, comme: “Je ne veux pas être orthodoxe”, “Je n’irai pas dans une église avec de tels prêtres”, “Je devrais devenir catholique” et d’autres choses encore.»
SILENCE ET DISCRÉTION
Après la publication de ce message en mai 2013, Tamar Iveri a présenté des excuses à la communauté LGBT de Géorgie, rapporte Same Same. Lorsque cette lettre a été de nouveau évoquée un an plus tard, elle a fourni d’autres justifications, expliquant que c’est son mari qui était à l’origine de ce message, un élément qu’elle n’avait précisé à l’époque. Elle avait commencé à écrire un message pour faire part de quelques réserves sur le parcours du défilé. Son mari a profité de son absence pour «modifier considérablement» le message en question et le publier. «Mon mari est un homme très religieux qui a une attitude très dure contre les homosexuel.le.s», décrit-elle. Lui-même a reconnu être l’auteur du message homophobe, en indiquant que son meilleur ami, un militaire, avait été tué en Afghanistan et enterré la veille de la Pride. Il aurait été choqué que le défilé passe aussi près de l’église où ont lieu les funérailles de son ami défunt et a utilisé la page Facebook de son épouse pour exprimer sa rancœur. Sur Facebook, il précise en outre qu’il n’a pas changé d’avis: la société doit être tolérante, mais les personnes LGBT ne devraient pas manifester, appuie-t-il sans présenter d’excuses. «Aujourd’hui encore, je pense que la société géorgienne n’est pas prête à partager le quotidien de la vie culturelle européenne et que la Géorgie n’est pas encore prête à entrer dans l’Union.»
Ce lundi 23 juin, Tamar Iveri s’est à son tour exprimée: «Je chante pour toutes les personnes qui souhaitent m’entendre et je n’ai jamais souhaité exclure qui que ce soit», a-t-elle souligné avant d’annoncer qu’elle se retire de la distribution et qu’elle ne chantera donc pas en Australie. Elle ne manque toutefois pas de de rappeler qu’à ses yeux, le message qu’elle voulait initialement publier était légitime: «Ma réserve était fondée sur mes craintes que le défilé suscite des réactions violentes de la part de la communauté religieuse de Géorgie. Ce qui fut malheureusement le cas, et les participant.e.s de la marche ont été attaqués par cette communauté.»Face aux violences dont sont victimes les LGBT, elle prône donc le silence et la discrétion, plutôt que la répression à l’encontre des auteur.e.s des attaques.
La présence de Tamar Iveri à Paris en novembre et décembre 2013 puis à Toulouse en mars 2014 n’avait pas suscité une telle controverse. La Monnaie de Bruxelles, elle, vient d’annuler les engagements de Tamar Iveri pour 2014-2015. Elle devait interpréter Amelia dans Un ballo in maschera de Giuseppe Verdi. L’opéra bruxellois a préféré mettre fin immédiatement à la collaboration, comme l’explique un communiqué de son directeur général Peter de Caluwé.
Photo Capture
Le Cabaret varsovien de Warlikowski à la Reithalle: Kabaret warszawski.

Willkommen, bienvenue, welcome au Kabaret Warsawski de Krysztof Warlikowski. Dans le cadre du Festival d'été de l'Opéra munichois (Münchner Opernsfestspiele), le Bayerische Staatsoper nous convie à une soirée de cabaret varsovien mis en scène par le metteur en scène polonais qui a déjà pour les uns scandaluesument défrayé la chronique, pour les autres apporté un vent d'air extrêmement rafraîchissant sur la grande scène munichoise.
Pour son Kabaret warszawski, Warlilowski a puisé son inspiration à deux sources principales, deux oeuvres majeures de l'art du vingtième siècle dont il combine et superpose les effets. D'abord la pièce de John Van Druten, I Am a Camera (1951), basée sur la fameuse nouvelle de Christopher Isherwood L'adieu à Berlin, qui a elle-même inspiré la célèbre comédie musicale Cabaret, notamment interprétée par l'inoubliable lisa Minelli, et le film éponyme réalisé par Bob Fosse en 1972. Ensuite un film plus récent, Shortbus, réalisé par John Cameron Mitchell en 2006 et présenté au festival de Cannes. Le film de Mitchell avait été inspiré par Tango, l'autobiographie d'un transsexuel avant-gardiste américain, Justin Vivian Bond. Tous ces éléments vont se retrouver dans les quatre heures trente de spectacle, entracte compris. Warlikowski y dresse un parallèle entre le Berlin de la fin des années 1920 et le monde contemporain.
Le spectacle a été présenté en France l'an dernier dans le cadre du Festival d'Avignon.
Distribution
Stanisława Celińska, Magdalena Cielecka, Ewa Dałkowska, Małgorzata Hajewska-Krzysztofik, Maja Ostaszewska, Magdalena Popławska, Claude Bardouil, Andrzej Chyra, Bartosz Gelner, Wojciech Kalarus, Redbad Klijnstra, Zygmunt Malanowicz, Piotr Polak, Jacek Poniedziałek, Maciej Stuhr.
Paweł Bomert, Piotr Maślanka, Paweł Stankiewicz, Fabian Włodarek.
Agenda
Les 24, 25 et 26 juin à la Reithalle de Munich. Quelques places restantes.
Crédit photographique: Magda Hueckel
Crédit photographique: Magda Hueckel
mercredi 18 juin 2014
Les sculptures de Louis II de Bavière par Elisabeth Ney
| Miss Ney peinte par Friedrich Kaulbach en train de réaliser un buste du Roi Georges V de Hanovre (1860) |
Francisca Bernardina Wilhelmina Elisabetha Ney (née à Münster en Westphalie en 1833- † 1907 à Austin Texas) fut une femme sculpteur germano-américaine. Forte personnalité, elle dut lutter contre la volonté de ses parents pour pouvoir réaliser son rêve: devenir sculpteur. A 19 ans, après avoir entamé une grève de la faim, son père consentit à lui laisser entreprendre des études artistiques à Munich. A l'Académie des Beaux-Arts, Wilhelm von Kaulbach voulut bien l'accepter dans une classe de peinture, mais non aux cours de sculpture. Elle obtint cependant gain de cause. Elle suivit ensuite les cours de Christian Rauch à Berlin.
Elle se fit appeler Elisabeth Ney à partir de 1856. De 1858 à 1870 elle fut très active comme sculpteur en Europe où elle sculpta le portrait de nombreuses personnalités dont notamment Schopenhauer, Garibaldi, Bismarck, et le Roi de Bavière Louis II dont elle fit le portrait en pied, une statue qu'on peut voir notamment au Château de Herrenchiemsee. Elle épousa un médecin écossais avec lequel elle émigra aux Etats-Unis en 1871. Son atelier à Austin (Texas) fut transformé en musée après sa mort.
Elle fit le portrait de Louis II alors qu'il était âgé de 23 ans. Après avoir réalisé le portrait de Bismarck, elle eut l'audace d'écrire à Louis II pour lui proposer de réaliser son portrait. Le roi s'enthousiasma pour ce projet au point de faire venir Elisabeth Ney à Munich en lui offrant une villa de style toscan (Maria-Josepha-Strasse 8) et un atelier dans la Résidence, son palais munichois dans la salle Ulysse (Odysseus-Saal der Residenz). Les séances de pose du buste étaient rendues difficiles à cause de la présence des visiteurs du Roi qui faisaient leurs commentaires. Pour le portrait en pied, ce fut différent, elle fit la statue du Roi revêtu de l'uniforme de Grand Maître de l'Ordre des Chevaliers de Saint-Hubert. Pendant les séances de pose, elle devait porter des vêtements à la grecque, elle ne pouvait regarder le Roi et devait se tenir coite si ce n'est pour lire des extraits de l'Iphigénie de Goethe au Roi. Le Roi tenait à ce que l'atelier d'Elisabteth fut abondamment fleuri. Une relation complice s'établit entre Elisabeth et le Roi et on leur prêta une liaison. Lorsqu'elle devint enceinte en 1870, on crut aussi que c'était dû aux oeuvres de Roi. En fait, elle avait très discrètement épousé son mari, avec qui elle émigra aux Etats-Unis, à l'âge de 39 ans. Ney ne put que réaliser la sculpture en plâtre du Roi Louis II. Un marbre fut exécuté par un sculpteur allemand d'après la statue en plâtre huit ans après la réalisation du plâtre. La sculpture d'Elisabthe Ney est la seule sculpture en pied de Louis II réalisée en présence du modèle.
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| Buste du Roi Louis II au Musée national bavarois. |
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| Statue en pied du Roi Louis II |
mardi 17 juin 2014
Les Ballets russes au Théâtre national pour trois soirées et en live stream le 21 juin
Les Biches (1924) / L'Après-midi d'un faune (1912) / Shéhérazade (1910)
Musique Francis Poulenc / Claude Debussy / Nikolai Rimski-Korsakow
Originaire de Paris en 1909, la danse d'avant-garde a conquis le monde sous la forme des Ballets Russes. L'Allemagne les avait alors accueillis à bras ouverts. En 1912 déjà, Vaslav Nijinski, célèbre danseur et chorégraphe du groupe, a dansé au Théâtre national de Munich. La variété stylistique, le mélange mystérieux d'une actualité audacieuse et d'une opulence à l'attrait exotique demeurent tout aussi efficaces aujourd'hui. Le Ballet d'État de Bavière s'est efforcé de reconstituer le monde presque complètement perdu de la riche imagerie de Shéhérazade, une tragique histoire d'amour et de mort. Dans le cadre accueillant de la Côte d'Azur, les Biches viennent émoustiller leurs homologues masculins avec l'humour léger des années 20. Enfin, on verra L'après-midi d'un faune, qui a provoqué une immense tollé dans le public en 1912 en raison de son contenu ouvertement sexuel.
C'est grâce au travail de Claudia Jeschke et d'Ann Hutchinson-Guest qu'on peut voir le ballet L'après-midi d'un faune. Ensemble elles ont pu reconstituer cette miniature fragile à l'aide de croquis et de notes de Nijinski, et cela avec un grand souci du détail.
Agenda
Les 21 et 22 juin et le 14 juillet au Théâtre national de Munich. Cliquer ici pour réserver, puis sur la date choisie (quelques cartes restantes).
La performance du 21 juin sera retransmise en direct sur STAATSOPER.TV.
lundi 16 juin 2014
Ballet-découverte: le Sacre du printemps de Mary Wigman par le Bayerisches Staatsballett

Il y a 100 ans, le Sacre du printemps d'Igor Stravinsky faisait scandale à Paris. Comme le rapportent ses Chroniques, Stravinsky avait imaginé « le spectacle d'un grand rite sacral païen : les vieux sages, assis en cercle, et observant la danse à la mort d'une jeune fille, qu'ils sacrifient pour leur rendre propice le dieu du printemps». Lors de la première au Théâtre des Champs-Elysées en 1913, le spectacle fut l'objet d'un énorme chahut, dès les premières notes de l'oeuvre. On ne comprenait pas alors que le rythme puisse être l' élément principal de l'œuvre, qui reçut le triste sobriquet de Massacre du printemps.
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| L'élue, la victime propitiatoire |
Pourtant, l'histoire ne donna pas raison aux détracteurs réactionnaires de Stravinsky et de nombreux chorégraphes ont tenu à monter ce ballet. Récemment encore Sasha Walz a chorégraphié le Sacre (2013). Aussitôt après Wigman c'était au tour de Maurice Béjart de monter le Sacre à Bruxelles (en 1959). De grands chorégraphes comme Pina Bausch ou Mats Ek se lancèrent également dans l'aventure du Sacre.
Ce fut aussi le cas de Mary Wigman, la pionnière de la danse expressioniste. Quand on sait que les compositions de Wigman ne se faisaient au départ que sur des percussions ou sans musique, et que ses chorégraphies étaient d'un expressionisme violent, on comprend qu'elle ait été attirée par la musique anti-symphonique de Stravinsky. Ses chorégraphies ne seront accompagnées de musique qu'après la guerre (Gluck et Carl Orff). Les images rythmiques de Stravinsly, l'accumulation des lignes individuelles des mouvements conduisent à un crescendo rythmique soutenu, avec des rythmes parfois répétitifs et parfois dynamiques qui ont dû séduire la chorégraphe allemande.
La chorégraphie de Wigman date de septembre 1957 et avait été perdue, elle n'avait pas été filmée et il n'y a pas de notations de danse, mais grâce au Fonds pour l'héritage de la danse ( Tanzfonds Erbe) de la Fondation culturelle fédérale allemande, la reconstruction de cette a été rendue possible. Grâce à un projet de coopération entre le théâtre d’Osnabrück et le théâtre de Bielefeld, la pièce « Le Sacre du printemps » de Mary Wigman a été reconstruite par une équipe de spécialistes dirigés par la chorégraphe Henrietta Horn, avec la collaboration de Katharine Sehnert et de Susan Barnett
C’est une des dernières œuvres de la chorégraphe, qu’elle créa à l’âge de 70 ans. Sa chorégraphie fut présentée le 24 septembre 1957 à la Städtische Oper, dans le cadre des Berliner Festwochen: 45 danseuses et danseurs avec Dore Hoyer dans le rôle principal. Wigman considérait qu'il s'agissait peut-être de sa meilleure création. Le travail de reconstruction d'Henrietta Horn et de ses collaboratrices s'est voulu fidèle à l'original, même si ses conceptrices sont bien conscientes qu'il ne s'agira jamais que d'une approche. L'équipe avait à sa disposition des photos, des descriptions et des notations de Wigman, des programmes, des notes du journal intime de la chorégraphe. Elle a aussi eu à coeur d'interroger d’anciennes danseuses de la chorégraphe comme Emma Lewis Thomas et Brigitta Hermann.
A Munich, le choix musical s'est porté sur la version pour deux pianos du Sacre du printemps, un arrangement que l'on doit à Igor stravinsky lui-même. La seule exécution musicale vaut le déplacement, l'oeuvre est admirablement interprétée par Myron Romanul et Simon Murray. Un grand moment musical! Les étoiles et le corps de ballet du Bayerisches Staatsballett interprètent magnifiquement les scènes hiératiques de ce ballet à la violence contenue et au recueillement mystique.
Le ballet bavarois propose au cours la même soirée de redécouvrir Das Mädchen und der Messerwerfer de Simone Sandroni, une belle chorégraphie intense, aux violences beaucoup moins contenues, qui rend parfaitement l'atmosphère d'une plaine de jeux pour enfants squattée par des jeunes désoeuvrés de milieux multi-culturels sans doute défavorisés. Des ados garçons et filles qui s'exercent aux jeux du pouvoir et de la séduction à l'ombre de balançoires ou de tobogans, près d'un bac à sable. Ils s'apostrophent en italien ou en russe. L'adrénaline monte vite dans le corps des danseurs qui figurent des adolescents toujours sur le qui-vive, avec des mouvements empruntés à la break dance ou au hip-hop. Deux hip-hoppers russes dansés par Ilia Sarkisov et Dustin Klein (photo) donnent le numéro inénarrable et parfaitement exécuté d'un pas de deux masculin parodiant l'amour. A mourir de rire. Emma Barrowman et Nikita Korotkov tiennent les rôles-titres.
Un spectacle de ballet à ne pas manquer. A la Reithallle de Munich.
Réservations
chaque soir à 19H30. Quelques places restantes.
Crédit photographique: Wilfried Hösl
Crédit photographique: Wilfried Hösl
dimanche 15 juin 2014
Torsten Fischer met en scène Aïda au Prinzregententheater

A partir du 18 juin on pourra voir le célèbre opéra de Giuseppe Verdi dans le bel amphithéâtre du Prinzregententheater de Munich. Torsten Fischer connu pour ses mises en scène tant de théâtre que d'opéra est l'invité du Theater-am-Gärtnerplatz pour la réalisation de ce spectacle que dirigera Marco Comin. Pour Aïda, Fischer dresse le portrait d'une actualité hélas toujours très présente d'un grand amour contrarié par un régime totalitaire et qui ne trouve son aboutissement que dans la mort.
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| © Barbara Braun |
Torsten Fischer a déjà mis en scène de nombreux opéras: »Jakob Lenz« de Rihm à l'Opéra de Francfort, »L'affaire Dreyfus« de Meier au Deustche Oper de Berlin, »La Bohème« à l' Opéra National du Rhin in Strasbourg, »Die Entführung aus dem Serail« et »Don Carlos« à l'Opéra de Cologne, une ville où il dirigea également un théâtre, »Daphne« de Strauss au Semperoper, »Hölderlin. Eine Expedition« de Ruzicka à l'Opéra Unter den Linden de Berlin. A Vienne il collabore régulièrement avec le Theater an der Wien: »Faust« de Spohr , Massenets »Don Quichotte« de Massenet, »Dalibor« de Smetana , »Médée« de Cherubini, et récemment un cycle Gluck avec »Telemaco«, »Iphigénie en Tauride« et »Iphigénie en Aulide«. A Munich, il s'agit d'une première collaboration avec le Gärtnerplatztheater.
Distribution
Aida Sae Kyung Rim / Tamara Haskin Aida,
Gaston Rivero / Angus Wood Radames
Monika Bohinec / Dubravka Mušović Amneris
Francesco Landolfi Amonasro
Sergii Magera Ramphis
Holger Ohlmann / Martin Hausberg Roi d'Egypte
Elaine Ortiz Arandes Thermouthis
Stefan Thomas Un messager
Figuration, orchestre et choeurs du Theater-am-Gärtnerplatz
Agenda
Huit représentations du 18 au 29 juin au Prinzregententheater de Munich.
Pour réserver en ligne, cliquer ici puis sur la date choisie.
Pour réserver en ligne, cliquer ici puis sur la date choisie.
vendredi 13 juin 2014
Le sacre du printemps / Das Mädchen und der Messerwerfer par le Ballet d'Etat de Bavière à la Reithalle

Première munichoise du Bayerisches Staatsballett. Le Ballet d'Etat de Bavière a travaillé en collaboration avec les Compagnies de ballet de Bielefeld et d'Osnabrück (Städtischen Bühnen Osnabrück und Bielefeld) pour reconstituer la chorégraphie conçue par Mary Wigman pour le Sacre du printemps sur la musique d'Igor Strawinsky. On verra ici le résultat d'une recherche scientifique rendue possible par un financement de la Fondation fédérale pour la Culture. Les chercheurs qui n'ont pu s'aider d'un film, inexistant, de la production de Mary Wigman ont dû se baser sur les notes et les dessins trouvées dans journal intime de Mary Wigman pour reconstituer la chorégraphie. Le spectacle est présenté comme à l'origine par 45 danseurs et danseuses.

En seconde partie du spectacle, on pourra voir la reprise de Das Mädchen und der Messerwerfer de Simone Sandroni, une chorégraphie basée sur un recueil éponyme de 35 poèmes de Wolf Wondratschek, paru en 1997. Simone Sandroni a créé son ballet sur l'arrangement musical de 48nord. Le style de Simone Sandroni s'inspire des techniques de combat, un style extrêmement physique qui place les danseurs en état d'alerte permanent, exige un haut degré de concentration et entraîne une forte dépense d'énergie. Les poèmes évoquent l'histoire d'une jeune fille sans foyer et cependant fière et résolue. Elle place sa vie entre les mains d'un lanceur de couteaux. Elle affronte le danger soir après soir, ce qui rend ses émotions et ses pensées plus intenses.
A la Reithalle de Munich, tous les jours du 14 au 19 juin 2014. Horaires et réservations sur le site du Bayerisches Staatsballett (cliquer sur la date de représentation choisie).
Une pièce commémorative de 10 euros pour marquer le 150ème anniversaire de la naissance de Richard Strauss

© Bundesamt für zentrale Dienste und offene Vermögensfragen (BADV)
Suite à une décision du gouvernement fédéral allemand, une pièce commémorative a été frappée à l'occasion du 150èeme anniversaire de la naissance de Richard Strauss (1864-1949), compositeur allemand né le 11 juin 1864 à Munich..
jeudi 12 juin 2014
Le Festival Richard Strauss s'est ouvert hier à Garmisch: ambiance!
Le Festival Richard Strauss s'est ouvert à ce 11 juin à 11 heures à Garmisch sous un soleil éclatant et une chaleur caniculaire. En ouverture du Festival, l'Orchestre radiophonique symphonique de Prague placé sous la direction de Tomas Brauner a interprété la Danse des sept voiles extraite de l'opéra Salomé, avant de laisser la place aux discours politiques.
| Le Ministre-Président du Land de Bavière |
Quoi qu'il en soit, ces escarmouches tournent au tour d'un problème bien réel. La ville de Garmisch-Partenkrichen, un des hauts lieux bavarois du tourisme et du sport, une ville de villégiature des plus agréables qui attire un nombreux public, ne dispose pas d'une bonne salle de spectacles. La grande salle de la Kongresshaus (Maison des Congrès) où s'est déroulée la cérémonie d'ouverture n'est pas adaptée au théâtre ou à l'opéra, on ne peut y monter un décor et comme le faisait remarquer le Ministre-Président, elle est fort sombre, et autant ne pas trop évoquer la patinoire (Eisstadion) où fut représenté hier soir en version concertante L'Amour de Danaé de Strauss, une salle qui a sans doute connu de meilleurs jours, et qui ne brille en aucun cas par ses qualités acoustiques.
| Juliane Banse |
| Michelle Breedt |
| La Kammersängerin Brigitte Fassbaender |
A noter que les rapports ou la collaboration qu'entretint, ou dut entretenir Richard Strauss avec les autorités national-socialistes, pour pénible que cette évocation soit, ne fut pas passée sous silence. Ainsi le coffret contient-il un Lied composé pour Goebbels. La Kammersängerin avoue se consolee de la présence nécessaire de ce Lied (il s'agit d'une intégrale!) en avançant qu'il lui semble musicalement rapidement composé et bâclé, et est une des compositions les moins intéressantes du coffret.
En soirée de cette journée exceptionnelle, on a eu l'occasion d'entendre un opéra rarement joué de Richard Strauss, L'Amour de Danaé, l'avant-dernier opéra du compositeur. Il a été interprété par l'orchestre et les choeurs de l'Opéra de Francfort en version concertante, placés sous la direction de Sebastian Weigle, que l'on retrouvera cet été à Munich pendant le Festival d'opéra pour diriger La femme sans ombre. L'oeuvre a été jouée dans les conditions acoustiques difficiles déjà évoquées. La soprano Anne Schwanemils interpréta le rôle-titre avec sa voix aux dorures métalliques qui convient parfaitement au rôle de la princesse Danaé, l'amante de la pluie d'or de Jupiter. Alejandro Marco-Buhrmester (Jupiter) et plus encore Lance Ryan (Midas) parvinrent à remplir l'espace sonore indéfini de la patinoire de leurs belles voix puissantes. Une performance très applaudie qui clôture la première journée d'un festival au programme alléchant.
mercredi 11 juin 2014
Ornithologie munichoise: la mue des oies dans le parc de Nymphenburg et au jardin anglais

En se promenant ces jours-ci au jardin anglais ou aux abords du jardin de Nymphenburg, on peut observer la présence de très nombreuses oies. Ce phénomène tient au fait que lors de la mue ces oiseaux perdent leurs rémiges primaires et secondaires simultanément et sont incapables de voler pendant près d'un mois. De nombreuses oies venues de Bavière et d'autres Länder ou de pays avoisinants viennent effectuer leur mue sur le sol munichois. Plusieurs espèces d'oies sont présentes dont des oies naines et des bernaches à cou roux. D'autres oiseaux aquatiques peuvent également être observés, entre autres des cygnes tuberculés, des harles, des goélands méditerranéens ou des canards mandarins, et d'autres encore.
Des visites guidées (en allemand) sont proposées au jardin anglais le jeudi 19 Juin à 11 heures (Rendez-vous près du lion devant l'Académie catholique, durée 2 heures 30 minutes) dans le parc du château de Nymphenburg le vendredi 20 Juin à 16H, le samedi 28 Juin, à 15H et le vendredi 18 Juilletà 15H (RV devant le château de Nymphenburg à droite), durée 3 heures.
Le tarif est de 5 euros. Il est conseillé d'apporter une paire de jumelles. Pour plus d'informations: Tél (089) 30 600 618 ou silke.sorge @ yahoo.de
Source: les journaux toutes boîtes munichois
mardi 10 juin 2014
L'Opéra de Bavière a fêté les 150 ans de Richard Strauss
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| Franz Welser-Möst dirige l'Orchestre d'Etat de bavière |
Le Bayerische Staatsoper a fêté hier le 150ème anniversaire de la naissance d'un des dieux de la maison, Richard Strauss. Hausgott (dieu lare), un titre prestigieux décerné à trois compositeurs et dont Strauss a été honoré à l'instar de Mozart et de Wagner. Protectrices de la grande maison d'opéra munichoise, leurs trois têtes sculptées accueillent le public dans le second hall d'entrée.
Il était prévu que Kirill Petrenko, le Directeur général de la musique du BSO, soit au pupitre de cette soirée. C'était sans compter avec les implications de la préparation des Soldaten de Zimmermann qui a sollicité la présence du Maestro bien au-delà de ce qui était prévu, avec le magnifique résultat que l'on connaît. De nombreux spectateurs ont comme on pouvait s'y attendre regretté son désistement. Mais quand on saura qu'il a été remplacé par un chef issu du panthéon de la direction musicale d'opéra, rien moins que le Directeur général de la musique de l'Opéra de Vienne, Franz Welser-Möst, on comprendra que le public a tôt fait de ravaler sa déception pour se mettre à l'écoute d'une des plus belles soirées straussiennes que Munich ait jamais connues! Faire l'expérience de la direction d'orchestre de Welser-Möst, qui, on le sait, dirige aussi le prestigieux Cleveland Orchestra, c'était une opportunité rare dont les quelques pauvrets qui ont à la hâte tenté de revendre leurs billets sous le parvis du Théâtre national n'ont sans doute pas saisi la portée. C'était la première fois qu'on avait l'occasion de le découvrir à Munich! Et quelle découverte, rien que du bonheur!
Une soirée vraiment exceptionnelle avec l'Orchestre d'Etat de Bavière et ses merveilleux musiciens qui ont répondu avec un art consommé aux indications d'une précision minutieuse d'un Maestro rompu tant à la fougue qu'aux nuances et aux subtilités du langage straussien.
La soirée commence avec les seules cordes par la triste musique de ce long adagio parfois tourmenté que sont les Métamorphoses, une oeuvre du dernier Strauss, qui lui aurait été inspirée par la destruction de Munich à la fin de la deuxième guerre, et notamment par celle du Théâtre national en 1943. Welser-Möst et les 23 instrumentistes à cordes sont parvenus par leurs harmonies exquises à rendre toute la délicatesse de cette oeuvre si poignante.
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| Soile Isokoski chante les 4 derniers Lieder de Richard Strauss |
L'Orchestre au grand complet accompagne ensuite la soprano finnoise Soile Isokoski qui chante une seconde oeuvre crépusculaire de Strauss, les Vier letzte Lieder. Une pure merveille que le Maestro autrichien a dirigé avec un doigté ineffable avec une parfaite connaissance de cette musique straussienne qui passe des majestueux mouvements d'ensemble de l'orchestre à un traitement similaire à celui d'un orchestre de chambre, dans lequel des instruments isolés se répondent çà et là, et qui laisse la pureté du chant s'élever dans l'allegretto printanier. Printanier comme l'est Soile Isokoski qui nous gratifie d'une robe noire aux larges fleurs rouges imprimées avec une étole de gaze verte sur les épaules, et surtout de la ligne si pure d'un chant qui semble onduler au-desuus d'un champ de coquelicots. Dans le deuxième Lied, sa voix semble suivre l'âme libérée et l'accompagner en lévitant dans les airs, Isokoski donne de telles nuances qu'on peut presque suivre le chemin coloré et psychédélique de ses sonorités aux ailes fluides et dorées (Und die Seele unbewacht will in freien Flügen schweben...). Enfin, dans Im Abendrot, elle parvient à rendre quelque peu moins tragique le Ist dies etwa der Tod? en laissant planer comme un parfum d'espérance dans le sérieux de l'évocation crépusculaire de la mort. Voilà une chanteuse débordante de gentillesse souriante et d' amour et qui accompagne son chant d'un coeur sur la main! Cette attitude de simplicité et de don, ce service de l'art lyrique, cette modestie à l'heure du succès et de la maturité sont assez rares pour mériter d'être soulignés. Le nom de Soile Isokoski signifie lumière du nord, et quelle lumière cette aurore boréale nous apporte-t-elle dans la richesse colorée de ses inflexions et de ses intonations musicales! Merci, Madame!

Après l'entracte, place à la fête de l'amour. Au Strauss sérieux et grave de la maturité succède le Strauss plus léger, plus primesautier et plus brillant de la jeunesse avec son Don Juan: son premier mouvement si joyeux et ce tendre dialogue amoureux entre un hautbois et une clarinette dans le deuxième mouvement, deux instruments délicatement détachés par Franz Welser-Möst et superbement interprétés. Le Maestro rend parfaitement le silence du dernier mouvement avec un bel arrêt du geste pour rendre le silence de la mort du séducteur, que le public attentif a bien perçu en retenant lui aussi son souffle, avant le crépitement des applaudissements.
Enfin, en apothéose, le somptueux tercet final du Rosenkavalier, interprété par Soile Isokoski en Maréchale, Golda Schultz (photo) en Sophie von Faninal et la mezzo Michelle Breedt en Octavian. Soile Isokoski qui est une des grandes Maréchales de ce début de siècle a déjà chanté le rôle en mars, on la réentendra en juillet lors des Münchner Opernfestspiele. La sud-africaine Golda Schultz donne une délicieuse et ravissante Sophie, avec une voix chaude, riche et nuancée, on la retrouvera aussi avec plaisir en juillet au festival d'été. Munich la connaît depuis ses débuts dans la maison en Comtesse en 2012. Elle a fait ses débuts en Sophieau Théâtre de Klagenfurt, où elle fait partie de la troupe. Michelle Breedt donne un bon Octavian dont elle arbore le costume masculin avec une rose rouge à la boutonnière. On s'amuse beaucoup pendant ce final!Un véritable ballet de fleurs clôture cette représentation festive: après que les protagonistes ont été dûment fleuris, Soile Isokolski remet son bouquet au premier violon, Welser-Möst à la deuxième violoniste avec un geste à l'orchestre, pendant que Michelle Breeedt détache une rose de son bouquet pour la déposer sur le pupitre du chef qui s'en saisit pour la donner à la soprano finnoise. Des gestes élégants à l'image d'une soirée fabuleuse et de son inspirateur, le plus grand des compositeurs munichois, Richard Strauss!
Crédit photographique des photos de la soirée: Wilfried Hösl /Bayerische Staatsoper
dimanche 8 juin 2014
Les Soldats de Bernd Aloïs Zimmermann à l'Opéra de Munich: la Rédemption par l'Art
Avec Les Soldats de Bernd Alois Zimmermann, le Bayerische Staatsoper signe un spectacle du superlatif qui tend à la perfection du genre. La réussite en est totale, en tout et en partie: la direction musicale de Kirill Petrenko, l'orchestre et le plateau de chanteurs, la mise en scène d'Andreas Kriegenburg, le décor, les costumes, les lumières, la régie sonore, tout concourt au succès d'un spectacle total dont on sort ravagés en raison du contenu et émerveillés par la réalisation artistique visionnaire. Il s'agit là d'un projet gigantesque qui ne peut aboutir que par le travail à l'unisson de tous les acteurs du projet. Et cela donne un des meilleurs spectacles que l'Opéra d'Etat de Bavière, qui n'est pourtant pas en reste de succès retentissants, ait jamais produit.
L'opéra prend place entre deux apocalypses sonores, le cataclysme sonore du prélude se révélera n'être cependant qu'un léger ouragan au regard du cyclone assourdissant qui met fin au spectacle, à moins que ce ne soit au monde lui-même. Si le monde que décrivent Zimmermann et Kriegenburg et que l'interprètent Petrenko et l'Orchestre de Bavière, si ce monde est notre monde, on ne peut qu'être pétrifiés à la fin du spectacle et on ne peut s'en sortir que par l'explosion d'applaudissements aussi frénétiques qu'impuissants. Ce monde est un monde sans résurrection ni rédemption.

Au commencement était la Croix. Le metteur en scène Andreas Kriegenburg et Harald B.Thor pour les décors ont conçu une gigantesque croix plus large que haute qui architecture et la scène et le spectacle, une croix constituée de huit espaces cubiques (cinq sur trois) et de deux parallélipipèdes étroits aux deux extrémités de la partie vertale de la croix. Tous ces espaces dans lesquels sont enfermés ou évoluent les protagonistes du plus horrible et du plus désespéré des drames sont le plus souvent grillagés de treillis comme des clapiers à lapins. Sous les bras de la croix viennent au gré des scènes coulisser des éléments de décor, dans des symétries du plus bel effet, essentiellemnt de longues tables derrière lesquelles les soldats alignés s'enivrent en trinquant à la suprématie du mal et de la déchéance. La croix elle-même coulisse en tout ou en partie, créant de superbes perspectives architecturées lorsqu'elle s'éloigne vers le fond de scène. Les éclairages inouïs de Stefan Bolliger contribuent à la grammaire scénique en créant les changements d'atmosphères dans un jeu de déclinaisons lumineuses complexes extrêmement efficaces.
La première partie de l'opéra installe les conditions de la banalité du Mal après l'ébranlement sonore de l'ouverture où l'orchestre joue devant un rideau de scène gris et nu comme un bunker. On découvre l' histoire hélas des plus simples d'un amour véritable, celui qui unit Marie et Stolzius (Michael Nagy), et qu'elle abandonne pour l'illusion d'un amour de contes de fées avec Desportes (Daniel Brenner), une relation approuvée et encouragée par le père de Marie, Wesener (Pavel Daniluk), qui nourrit l'espoir d'une promotion sociale. Tout cela sur fond de soldatesque et de dictature: le monde appartient aux soldats qui tabassent, emprisonnent, torturent, ensanglantent et violent. La soldatesque est anonyme. Andrea Schraad crée de remarquables costumes militaires qui rappellent ceux du Troisième Reich, mais l'uniforme, la forme unique, s'étend au-delà des costumes, les grimages et les coiffures des soldats sont tous identiques, au point qu'on ne peut distinguer un soldat d'un autre soldat, cheveux noirs et gominés plaqués vers l'arrière, coupés au bol, avec une raie centrale rasée, faces blanchies comme des sépulcres. Les femmes sont pour la plupart des filles à soldats anonymes tout aussi interchangeables, qui portent toutes de longs cheveux dénoués, ont les mêmes bas résilles et les mêmes corsages ou la même nudité. Dans tous les clapiers de la Croix, derrière les grilages en treillis, se répètent les mêmes scènes dans lesquelles des soldats massacrent et mutilent la chair et l'âme des femmes, partout le sang coule, partout les longs cheveux sont empoignés, partout les sexes des hommes sont des armes qui déchirent le corps des femmes. Les cases de la Croix permettent aussi de rendre compte de la destruction des références temporelles voulue par Zimmermann: plusieurs scènes qui se déroulent à des moments différents doivent être représentées en même temps, le passé, le présent et le futur s'entremêlent, la machine à broyer l'humanité est hélas intemporelle.
Dans ce monde complètement déshumanisé, la violence et l'atrocité sont répétitives et banalisées, et on sort de la première partie du spectacle un peu groguis et désenchantés, - n'est-ce pas là le monde de violence et de haine que nous connaissons déjà?- , nous comprenons la folie de l'aumonier Eisenhardt et du capitaine Pirzel, nous ne pourrons pas plus qu'eux combattre l'immoralité, les excès et la dépravation. Bien sûr il y a l'Art et la représentation, il nous reste à célébrer la perfection de la direction musicale, l'intelligence de la partition de Zimmermann et le plateau tout simplement fabuleux des interprètes.
Certains quittent la salle, trop choqués ou dégoûtés. Ils n'assisteront pas à la crucifixion. La seconde partie du spectacle resserre tous les éléments longuement introduits dans les premiers actes et conduit à une concentration et à une culmination de l'horreur et de l'abomination. Marie est devenue une fille à soldats, une 'Soldatenmensch' comme lui lance sa soeur, Desportes l'a abandonnée après l'avoir séduite et elle devient la pute de la soldatesque dans une crucifixion sexuelle répétée qui ne peut conduire qu'à l'anéantissement, et pour laquelle il n'y plus d'espoir ni de salut. Ni les efforts de la soeur de Marie, ni ceux d'une comtesse qui essaye de la recueillir parce que son fils s'est épris de la pauvresse et également par compassion, ne réussiront à la sauver. Marie n'est plus Marie, elle tombe dans l'anonymat. Après le meutre de Desportes par Stolzius, suivi par son suicide, Marie devenue une mendiante sans nom aborde un jour Wesener dans la rue, mais le père ne reconnaît pas sa propre fille.
Andreas Kriegenburg lors de l'Apocalypse finale de la partition, amène au centre de la Croix un crucifié nu quoique cagoulé. Il n'y aura pas de résurrection, il n'y a pas de rédemption, le salut n'existe pas, le Mal a triomphé et règne à jamais sur le Monde.
Vraiment? Une transmutation alchimique et cathartique s'est pourtant produite, et c'est elle qui provoque un déluge d'applaudissements, la Rédemption est artistique, ce sont la Musique, la mise en scène, l'orchestre, la direction musicale et les chanteurs qui sauvent. C'est l'exquise et précise peinture des fleurs du mal qui nous permet de résister et de continuer à vivre, à défaut de ressusciter.

Et quelle peinture! Zimmermann a composé un Gesamtkunstwerk en ayant recours à tous les moyens d'expression et à un florilège de styles musicaux avec une complexité des références musicales qui s'étalent du chant grégorien aux chorals de Bach et du jazz combo à la musique électronique, et un recours systématique à toutes les techniques d'émissions vocales, la démultiplication physique de l'orchestre étant encore accentuée par le recours aux hauts-parleurs. Andreas Kriegenburg fait un clin d'oeil aux années de composition de l'oeuvre en habillant les musiciens du jazz combo en costumes bleu électrique flashy années 60 et en les coiffant à la Beatles. Ce petit orchestre est placé dans le casier le plus à gauche du bras de la croix, les autres étant occupés par des filles à soldats qui attendent la clientèle dans leurs clapiers-boudoirs. Kirill Petrenko et l'impressionant orchestre rendent l'oeuvre de Zimmermann avec une précision qui laisse pantois. Le Maestro a un respect absolu de la parole et du chant et transforme l'orchestre en une conque sonore au sein de laquelle le chant peut s'élever dans tout son orient perlé. Kirill Petrenko a su relever le défi de cet opéra si difficile à exécuter (un Maestro comme Sawallisch avait dans un premier temps considéré l'opéra comme injouable) et mérite aujourd'hui le titre de Primo Maestro assolutissimo. Ce respect des chanteurs est d'autant plus important que Barbara Hannigan qui donne une Marie théâtralement et musicalement parfaite a une voix aussi sublime que subtile, qu'un orchestre non maîtrisé ne manquerait pas de couvrir. Barbara Hannigan porte une grande partie de la réussite de la soirée: un jeu théâtral remarquable tant dans l'expression de la légèreté de la femme amoureuse séduite que dans la désolation de la femme abandonnée, crucifiée de douleur, qui porte ce prénom marial bien choisi, avec des souffrances qui atteignent à l'incommensurable d'une pietà, une intensité de présence scénique rare, une voix au legato enfilé comme un collier de perles du plus bel orient, une compréhension rare de la musique contemporaine qui semble se jouer de ses difficultés au point de les rendre simples et naturelles avec sa belle voix légère de soprano lyrique, sans oublier son agileté et sa souplesse de danseuse qui sait se plier aux impératifs d'une mise en scène exigeante! Une prima donna contemporanea assolutissima. Toute la distribution est à l'aune de la direction musicale et de ce premier rôle si bien porté, avec un plateau de très grands chanteurs. Particulièrement remarquée, Okka von der Damerau incarne la soeur de Marie, Charlotte, avec une puissance dramatique de tout premier plan et de magnifiques variations d'octaves. Le rôle de Charlotte pourrait bien marquer un tournant décisif dans la carrière de cette grande chanteuse de la troupe munichoise. La mezzo wagnérienne qui s'est déjà vu décerner le Prix du Festival d'été munichois en 2013 pour ses prestations dans la saison atteint ici une dimension inégalée. Dans la deuxième partie du spectacle, Barbara Hannigan, Okka von der Damerau donnent avec Nicola Beller Carbone qui chante la Comtesse un admirable trio féminin d'une intense et poignante beauté.
Face à l'horreur aux abominations d'une société déshumanisante qui manipule, torture et conduit au désespoir, au suicide et à la mort, la création artistique constitue une forme de résistance. Au moment où montent à nouveau les nationalismes et les droites extrêmes, la programmation réussie de manière si éclatante par le Bayerische Staatsoper arrive à point nommé. Puisse-t-elle contribuer à nous réveiller!
Prochaines représentations: les 31 octobre, 2 et 4 novembre 2014 au Théâtre national de Munich.
Crédit photographique: Wilfried Hösl / Bayerische Staatsoper

Au commencement était la Croix. Le metteur en scène Andreas Kriegenburg et Harald B.Thor pour les décors ont conçu une gigantesque croix plus large que haute qui architecture et la scène et le spectacle, une croix constituée de huit espaces cubiques (cinq sur trois) et de deux parallélipipèdes étroits aux deux extrémités de la partie vertale de la croix. Tous ces espaces dans lesquels sont enfermés ou évoluent les protagonistes du plus horrible et du plus désespéré des drames sont le plus souvent grillagés de treillis comme des clapiers à lapins. Sous les bras de la croix viennent au gré des scènes coulisser des éléments de décor, dans des symétries du plus bel effet, essentiellemnt de longues tables derrière lesquelles les soldats alignés s'enivrent en trinquant à la suprématie du mal et de la déchéance. La croix elle-même coulisse en tout ou en partie, créant de superbes perspectives architecturées lorsqu'elle s'éloigne vers le fond de scène. Les éclairages inouïs de Stefan Bolliger contribuent à la grammaire scénique en créant les changements d'atmosphères dans un jeu de déclinaisons lumineuses complexes extrêmement efficaces.
La première partie de l'opéra installe les conditions de la banalité du Mal après l'ébranlement sonore de l'ouverture où l'orchestre joue devant un rideau de scène gris et nu comme un bunker. On découvre l' histoire hélas des plus simples d'un amour véritable, celui qui unit Marie et Stolzius (Michael Nagy), et qu'elle abandonne pour l'illusion d'un amour de contes de fées avec Desportes (Daniel Brenner), une relation approuvée et encouragée par le père de Marie, Wesener (Pavel Daniluk), qui nourrit l'espoir d'une promotion sociale. Tout cela sur fond de soldatesque et de dictature: le monde appartient aux soldats qui tabassent, emprisonnent, torturent, ensanglantent et violent. La soldatesque est anonyme. Andrea Schraad crée de remarquables costumes militaires qui rappellent ceux du Troisième Reich, mais l'uniforme, la forme unique, s'étend au-delà des costumes, les grimages et les coiffures des soldats sont tous identiques, au point qu'on ne peut distinguer un soldat d'un autre soldat, cheveux noirs et gominés plaqués vers l'arrière, coupés au bol, avec une raie centrale rasée, faces blanchies comme des sépulcres. Les femmes sont pour la plupart des filles à soldats anonymes tout aussi interchangeables, qui portent toutes de longs cheveux dénoués, ont les mêmes bas résilles et les mêmes corsages ou la même nudité. Dans tous les clapiers de la Croix, derrière les grilages en treillis, se répètent les mêmes scènes dans lesquelles des soldats massacrent et mutilent la chair et l'âme des femmes, partout le sang coule, partout les longs cheveux sont empoignés, partout les sexes des hommes sont des armes qui déchirent le corps des femmes. Les cases de la Croix permettent aussi de rendre compte de la destruction des références temporelles voulue par Zimmermann: plusieurs scènes qui se déroulent à des moments différents doivent être représentées en même temps, le passé, le présent et le futur s'entremêlent, la machine à broyer l'humanité est hélas intemporelle.
Dans ce monde complètement déshumanisé, la violence et l'atrocité sont répétitives et banalisées, et on sort de la première partie du spectacle un peu groguis et désenchantés, - n'est-ce pas là le monde de violence et de haine que nous connaissons déjà?- , nous comprenons la folie de l'aumonier Eisenhardt et du capitaine Pirzel, nous ne pourrons pas plus qu'eux combattre l'immoralité, les excès et la dépravation. Bien sûr il y a l'Art et la représentation, il nous reste à célébrer la perfection de la direction musicale, l'intelligence de la partition de Zimmermann et le plateau tout simplement fabuleux des interprètes.
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| Barbara Hannigan, Daniel Brenna, Okka von der Dameau |
Andreas Kriegenburg lors de l'Apocalypse finale de la partition, amène au centre de la Croix un crucifié nu quoique cagoulé. Il n'y aura pas de résurrection, il n'y a pas de rédemption, le salut n'existe pas, le Mal a triomphé et règne à jamais sur le Monde.
Vraiment? Une transmutation alchimique et cathartique s'est pourtant produite, et c'est elle qui provoque un déluge d'applaudissements, la Rédemption est artistique, ce sont la Musique, la mise en scène, l'orchestre, la direction musicale et les chanteurs qui sauvent. C'est l'exquise et précise peinture des fleurs du mal qui nous permet de résister et de continuer à vivre, à défaut de ressusciter.

Et quelle peinture! Zimmermann a composé un Gesamtkunstwerk en ayant recours à tous les moyens d'expression et à un florilège de styles musicaux avec une complexité des références musicales qui s'étalent du chant grégorien aux chorals de Bach et du jazz combo à la musique électronique, et un recours systématique à toutes les techniques d'émissions vocales, la démultiplication physique de l'orchestre étant encore accentuée par le recours aux hauts-parleurs. Andreas Kriegenburg fait un clin d'oeil aux années de composition de l'oeuvre en habillant les musiciens du jazz combo en costumes bleu électrique flashy années 60 et en les coiffant à la Beatles. Ce petit orchestre est placé dans le casier le plus à gauche du bras de la croix, les autres étant occupés par des filles à soldats qui attendent la clientèle dans leurs clapiers-boudoirs. Kirill Petrenko et l'impressionant orchestre rendent l'oeuvre de Zimmermann avec une précision qui laisse pantois. Le Maestro a un respect absolu de la parole et du chant et transforme l'orchestre en une conque sonore au sein de laquelle le chant peut s'élever dans tout son orient perlé. Kirill Petrenko a su relever le défi de cet opéra si difficile à exécuter (un Maestro comme Sawallisch avait dans un premier temps considéré l'opéra comme injouable) et mérite aujourd'hui le titre de Primo Maestro assolutissimo. Ce respect des chanteurs est d'autant plus important que Barbara Hannigan qui donne une Marie théâtralement et musicalement parfaite a une voix aussi sublime que subtile, qu'un orchestre non maîtrisé ne manquerait pas de couvrir. Barbara Hannigan porte une grande partie de la réussite de la soirée: un jeu théâtral remarquable tant dans l'expression de la légèreté de la femme amoureuse séduite que dans la désolation de la femme abandonnée, crucifiée de douleur, qui porte ce prénom marial bien choisi, avec des souffrances qui atteignent à l'incommensurable d'une pietà, une intensité de présence scénique rare, une voix au legato enfilé comme un collier de perles du plus bel orient, une compréhension rare de la musique contemporaine qui semble se jouer de ses difficultés au point de les rendre simples et naturelles avec sa belle voix légère de soprano lyrique, sans oublier son agileté et sa souplesse de danseuse qui sait se plier aux impératifs d'une mise en scène exigeante! Une prima donna contemporanea assolutissima. Toute la distribution est à l'aune de la direction musicale et de ce premier rôle si bien porté, avec un plateau de très grands chanteurs. Particulièrement remarquée, Okka von der Damerau incarne la soeur de Marie, Charlotte, avec une puissance dramatique de tout premier plan et de magnifiques variations d'octaves. Le rôle de Charlotte pourrait bien marquer un tournant décisif dans la carrière de cette grande chanteuse de la troupe munichoise. La mezzo wagnérienne qui s'est déjà vu décerner le Prix du Festival d'été munichois en 2013 pour ses prestations dans la saison atteint ici une dimension inégalée. Dans la deuxième partie du spectacle, Barbara Hannigan, Okka von der Damerau donnent avec Nicola Beller Carbone qui chante la Comtesse un admirable trio féminin d'une intense et poignante beauté.Face à l'horreur aux abominations d'une société déshumanisante qui manipule, torture et conduit au désespoir, au suicide et à la mort, la création artistique constitue une forme de résistance. Au moment où montent à nouveau les nationalismes et les droites extrêmes, la programmation réussie de manière si éclatante par le Bayerische Staatsoper arrive à point nommé. Puisse-t-elle contribuer à nous réveiller!
Prochaines représentations: les 31 octobre, 2 et 4 novembre 2014 au Théâtre national de Munich.
Crédit photographique: Wilfried Hösl / Bayerische Staatsoper
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