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mardi 30 septembre 2014

L'Opéra bavarois (BSO) a été désigné 'Opéra de l'année 2014'!

Chaque année, le magazine  Opernwelt interroge cinquante critiques tant allemands qu'étrangers sur les performances des maisons d'opéra allemandes. Cette année, le Bayerische Staatsoper s'est vu décerner le titre d'„Opernhaus des Jahres“ 2014 (Maison d'opéra de l'année). Et ce n'est pas tout, aux côtés de ce titre envié,  l'Opéra bavarois s'est vu attribuer une véritable pluie de distinctions!


A tout seigneur, tout honneur, les critiques ont également désigné le directeur général de la musique de la Maison, Kirill Petrenko, comme chef d'orchestre de l'année. on a pu l'apprécier cette année dans trois premières, Die Frau ohne Schatten, La clemenza di Tito et Die Soldaten, et quatre opéras du répertoire, Tosca, Boris Godunow, Eugen Onegin et Der Rosenkavalier. Au cours de la nouvelle saison, il dirigera Lucia di Lammermoor, Lulu (premières) et donnera également  la reprise du Ring des Nibelungen, Die Frau ohne Schatten et Die Soldaten.

Opernwelt a aussi désigné l'opéra de  Bernd Alois Zimmermann, Die Soldaten, comme production de l'année (Mise en scène d' Andreas Kriegenburg, direction musicale de  Kirill Petrenko) L'opéra sera repris le 31 octobre 2014.

L'exceptionnel  Bayerisches Staatsorchester  (Orchestre d'Etat de Bavière) a quant à lui été récompensé du titre d'orchestre de l'année, ce qui avait déjà été le cas en 2012!

Hanna-Elisabeth Müller, membre depuis  2010 de l'Opernstudio et de l'ensemble du BSO depuis la saison 2012-2013 a été nommée Espoir de l'année 2014 ('Nachwuchssängerin, meilleure jeune chanteuse'). Elle fut la saison dernière Susanna, Gretel et Servilia.

Michael Volle, qui fit partie de l'ensemble de 2007 à 2011 et que l'on a entendu en Guillaume Tell la saison dernière a été désigné chanteur de l'année. 

Nikolaus Bachler, le Superintendant de l'Opéra de Bavière, s'est bien sûr réjoui et félicité de ces nombreuses distinctions, qui sont le fruit du travail soutenu, de la créativité et de l'engagement inconditionnel des membres de la Maison.

lundi 29 septembre 2014

Expositon Hans Op de Beeck à la Sammlung Goetz de Munich

Hans Op de Beeck/  Still Life 2010,  Aquarelle 102 x 220 cm
(c) Hans Op de Beeck / VG Bild-Kunst, Bonn 2014
Courtesy Sammlung Goetz, München
La Collection Goetz propose jusqu'au 15 novembre une rétrospective de l'oeuvre de l'artiste belge Hans Op de Beeck (né en 1969 à Turnhout). 

Hans Op de Beeck est un artiste visuel multi-disciplinaire, metteur en scène et décorateur de théâtre et d'opéra. Il a étudié les Beaux-Arts à l'Institut Saint-Luc à Bruxelles. Puis il a suivi un cours de troisième cycle à l'HISK (Anvers) et l'Académie nationale (Amsterdam). En 2002-2003, il a participé au Programme MoMA PS1 Studio à New York. 

Virtuose dans tous les genres artistiques, il crée des scénarios dans lesquels le spectateur est impliqué. Pour cette exposition, il a imaginé une mise en scène spécifique au site, à partir de ses oeuvres qui font partie de  l'inventaire de la Collection  Goetz. Il a enfilé ses oeuvres de pièce en pièce comme des perles sur un fil de manière à raconter une histoire.  Mais c'est une histoire au scénario délibérément ouvert, car Op de Beeck donne à ses créations un vaste champ d'associations, dans lequel le spectateur peut s'immerger avec ses propres expériences et ses souvenirs.

L'artiste qui  vit à Bruxelles est surtout connu pour ses créations d'environnements pleins d'atmosphère. . "J'aime le fait que les spectateurs de mon travail fassent des expériences physiques étranges, comme lorsque les proportions ne sont pas correctes," a-t-il dit dans une interview. L'imagerie de Hans Op de Beeck est calme et réservée et se réfère aux grandes questions de la vie. Il est tour à tour grave et ironique et pose des questions qu'il laisse volontairement sans réponses. L'artiste évoque par son travail  la mélancolie et l'absurdité tragi-comique de l'existence humaine dans notre époque post-moderne qui dans sa globalisation  annihile les distances, rend le temps abstrait et transforme profondément nos cadres de vie par le truchement des médias, de la technologie et de l'automatisation. 

Ingvild Goetz a rassemblé une collection des oeuvres de l'artiste dans l'ensemble et la diversité de ses moyens d'expression. Ainsi, l'exposition présente-t-elle un aperçu de ses créations artistiques des 15 dernières années:  installations vidéos des années 1990,  sculptures, oeuvres sur papier,  grandes installations environnementales  Un accent particulier est mis sur ses natures mortes et sur  ses intérieurs qu'il place en dialogue avec l'architecture de  la Collection Goetz, un espace qui avait à l'origine été  planifié comme un bâtiment muséal de collectionneur privé.

Sources de ce texte: Sammlung Goetz et Wikipedia.

Jusqu'au 15 novembre à la Collection Goetz, un musée privé qui se visite uniquement sur rendez-vous (jeudi et vendredi et samedi). Horaire, adresse et réservations: cliquer ici.


jeudi 18 septembre 2014

Concours de musique international ARD 2014. Premier concert des lauréats.


L'édition 2014 du Concours international de musique ARD s'est clôturée dimanche dernier par la finale du concours de piano qui a consacré le talent du jeune Sud-Coréen Chi Ho Han, avec un public soulevé d'enthousiasme par son interprétation du quatrième concerto de Beethooven. On pourra encore le réentendre dans cette même oeuvre ce vendredi 19 septembre à la Herkulessaal de la Résidence, dans le cadre du troisème concert des lauréats.

Hier soir a eu lieu le premier de ces concerts dans la belle salle du Prinzregententheater, une soirée au cours de laquelle la présence française au concours a été particulièrement remarquée. 

La soirée s'est ouverte avec l'interprétation d'un quintette à vent d'Anton Reicha (1770-1836) par le quintette germano-luxembourgeois Acelga, un jeu honnête et sobre avec cependant parfois des stridences  à la flûte, récompensé par les applaudissements nourris d'un public chaleureux. Vint ensuite une sonate de Scarlatti jouée sans grand relief par le Sud-Coréen Kang-Um Kim, qui a donné ensuite avec davantage de brio Miroirs, cinq pièces pour piano, de Maurice Ravel, dont le jeune pianiste a su rendre avec une belle sensibilité les harmonies impressionistes. 

En fin de première partie, on eut le bonheur de vibrer au son du violoncelle de Bruno Philippe, qui a donné une lecture intense, pénétrante, totalement inspirée, de la sonate pour violoncelle et piano de Francis Poulenc. Tanguy de Williencourt, le meilleur ami du lauréat français, avait fait spécialement le voyage de Paris pour tenir la partie pour piano, qu'il a jouée avec une intelligence complice. Bruno Philippe se laisse posséder par la musique de Poulenc qu'il exalte corps et âme avec un jeu physique et exalté, tant dans l'expression de la gravité calme de la cavatine que dans l'animation réjouie du ballabile ou dans les belles allégresses du final. Bruno Philippe transcende la sonate de Poulenc, qui en sort grandie.

Une belle seconde partie s'ouvre avec le quintette français Klarthe qui a redonné le quintette à vent de George Onslow avec le même raffinement élégant que lors de la finale. Rappelons que le quintette Klarthe a remporté le prix d'interprétation de cette sonate dont il a su personnaliser les différents mouvements en leur donnant le relief qui leur est propre. Pour terminer la soirée, le percussioniste luxembourgeois Christoph Sietzen a exécuté avec un immense talent One Study One Summary de John Psathas. On a découvert cette année le jeu très physique, quasi athlétique des percussionistes, une discipline moins connue et qui a remporté un grand succès d'audience au Concours ARD de cette année  L'oeuvre de Psathas pour percussioniste solo est écrite en deux mouvements pour marimba (à cinq octaves), junk percussion (cela va de la poêle à frire au saladier) et digital audio. Sietzen excelle dans les deux parties, qu'il exécute avec quatre baguettes, deux dans chaque main, tant dans la partie plus contemplative  de One Summary que dans la partie plus dynamique de style toccata de One study, avec une dynamique de changements rapides et contrastés et de variations rythmiques.

Les concerts des lauréats se poursuivent ce soir au Prinzregententheater et demain soir à la salle Hercule de la Résidence. Ils sont retransmis en live à la radio (BR-Klassik) et en video live stream sur le site de BR-Klassik.

mardi 16 septembre 2014

Entretien avec le Quintette à vent KLARTHE, lauréat du Concours international de musique ARD 2014

Le Quintette à vent KLARTHE. Photo ARD.

Le Quintette à vent KLARTHE  vient de se distinguer lors de l'édition 2014 du Concours international de musique ARD en remportant plusieurs prix: le 3e Prix, le Prix spécial pour l'interprétation du quintette de Onslow (Palazzetto Bru Zane) et le Bayerischer Rundfunk Klassik Online Prize. Ses memebres ont bien voulu répondre aux questions de Munichandco une fois l'extrême tension du concours retombée. Les cinq musiciens se sont rencontrés alors qu'ils étudiaient au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris. Ils ont fondé en 2014 le Quintette Klarthe. Julien Chabod, qui dirige le quintette, est à la clarinette, Clément Dufour à la flûte, Marc Lachat au hautbois, Pierre Rémondière au cor et Guillaume Bidar au basson.

Munichandco: Julien Chabod, Clément Dufour, Marc Lachat, Pierre Rémondière, Guillaume Bidar, bonjour et merci d'avoir accepté de vous livrer à cette interview. Votre quintette à vent, le quintette Klarthe vient de participer avec succès au Concours international de musique ARD. Comment votre quintette s'est-il constitué?

KLARTHE: Nous nous sommes formés en 2014, précisément pour participer au concours de Munich. On se connaît du CNSM de Paris ou nous avons fait nos études, à part Clément qui était à Lyon et qu'on connaît de différents concerts en orchestre et en musique de chambre.

Munichandco: Pourquoi avoir choisi le nom de Klarthe pour désigner votre quintette? 

KLARTHE: Trouver un nom est toujours une gageure pour un groupe. Klarthe est aussi une société de management d'artistes, un label de disques et une société d'éditions de partitions, fondée par Julien et Pierre. Ce nom ne signifie rien en particulier, c'est une marque. 

Munichandco: Pourquoi vous être présentés au Concours international de l'ARD, un concours qui dans son histoire a programmé les épreuves pour quintette à vents tous les 4 ou 5 ans? Dans votre discipline, quelle est l'importance de ce concours au niveau international? A quels autres concours peut-il être comparé?

KLARTHE: Le concours de quintette à vent a eu lieu la dernière fois en 2006. Nous avons décidé d'y participer parce que précisément c'est le concours le plus important pour quintette à vent, avec une visibilité internationale.

Munichandco: Quelle stimulation apporte la participation à ce type de concours? Relever ce type de défi nourrit-il votre travail de musiciens?

KLARTHE: Participer à un concours comme celui là est pour nous l'occasion de travailler de manière très poussée, encore plus qu'à l'ordinaire. Et cela fait aussi progresser à tous les niveaux, que ce soit instrumentalement, ou pour le jeu en groupe.

Munichandco: Quelles sont à votre avis selon vous les clés du succès dans votre discipline ? Quels sont les éléments qui font la réussite d'une interprétation d'une oeuvre pour quintette à vents? Quelle est l'originalité, la spécificité de votre quintette? Sur le plan musical, à quoi êtes-vous particulièrement attentifs dans leur interprétation ?

KLARTHE:  La grande difficulté du quintette à vent, et de la musique de chambre en général est déjà de trouver des partenaires compatibles. La cohésion est primordiale dans un groupe qui va devoir passer des semaines à répéter. Ensuite, il faut trouver le temps pour travailler ensemble; nous avons tous les cinq des emplois du temps bien remplis! 

Ensuite, le fait que le quintette soit composé de 5 instruments avec quatre modes d'émission différents est la difficulté spécifique de ce type de groupe. Il faut arriver a trouver un son commun avec cinq sons très différents. Dans notre cas, le fait d'avoir un basson français, est assurément un atout pour parvenir à ce résultat.

Munichandco: Contrairement à l'ensemble des autres demi-finalistes, vous avez choisi de jouer assis. Pourriez-vous expliquer ce choix ? Votre interprétation lumineuse et élégante dégageait une atmosphère de grande quiétude, le classicisme d'Onslow était particulièrement souligné. Le choix de la position assise y est-il corrélé ?

KLARTHE:

La position assise est pour nous un gage de stabilité physique, ça nous permet aussi d'éviter de perdre de l'énergie en étant debout. Les tours sont particulièrement longs et éprouvants, en jouant assis nous gardons un maximum d'énergie pour la musique. Je ne pense pas que cela influe sur nos choix musicaux, mais assurément cela nous permet de mieux nous concentrer sur ce que nous jouons

Par ailleurs, le fait de jouer assis permet aussi d'éviter de brouiller l'écoute du public en bougeant plus que de raison.

Munichandco: Quant à l'oeuvre imposée de Giya Kancheli, avez-vous rencontré des difficultés lors du déchiffrage de la partition? Dans quelle optique avez-vous préparé votre interprétation? Avez-vous eu le sentiment de participer à la création mondiale de l'oeuvre?

KLARTHE:

L'oeuvre imposée n'était pas très difficile en soi, et assez burlesque, articulée comme un pamphlet.

Nous l'avons préparée exactement comme les autres pièces, en utilisant au maximum le matériau à notre disposition pour essayer d'en faire quelque chose de personnel, propre au groupe


Munichandco: Pensez-vous que le fait d'avoir remporté plusieurs prix  du Concours ARD influencera votre carrière et les possibilités d'engagement en tant que solistes ou en quintette ?

KLARTHE: Indéniablement, un prix au concours de Munich est une carte de visite exceptionnelle pour diffuser le groupe le plus largement possible notamment grâce aux concerts directement liés au concours...

Munichandco: Vous programmez un CD qui devrait sortir en 2015 sous le label KLARTHE-Records. Quels compositeurs y interpréterez-vous ? Et pourquoi ce choix ?

KLARTHE: Pour le moment nous n'avons pas encore arrêté nos choix, mais sûrement autour des pièces du concours.

Munichandco: Julien Chabod, Clément Dufour, Marc Lachat, Pierre Rémondière, Guillaume Bidar, merci d'avoir consacré du temps, un bien particulièrement précieux en temps de concours, à répondre à ces quelques questions. Le public munichois aura encore le plaisir de pouvoir venir vous écouter cette semaine à l'occasion des Concerts des lauréats du Concours international de musique ARD 2014.

Les concerts des lauréats 

Ces concerts auront lieu les 17, 18 et 19 septembre à Munich. La radio bavaroise BR-Klassik les diffuse également en livestream. Le Quintette KLARTHE y interprétera ce 17 avril le Quintette de Onslow, en deuxième partie du programme.

Pour contacter le quintette à vent KLARTHE

Julien Chabod | Directeur

La pub pro-diversité des biscottes Brandt



Au moment de partir au travail, le conducteur découvrir un paquet de biscottes Brandt spécial petit -déjeuner et un post-it qui dit 'Pour mon dormeur'!

Sympa et efficace!

lundi 15 septembre 2014

Une Première délirante pour We will rock you au Deutsches Theater

Brigitte Oelke en  Killer-Queen / Photo Hardy Müller
L'arrivée de l'opéra-rock We will rock you est sans conteste un des grands événements de la rentrée munichoise. Le public ne s'y est pas trompé lors de la première qui a joué à guichets fermés. Dès les premiers effets lumineux, dès les premiers accords, cela a commencé à rocker dans la salle, des mains se sont mises à taper la cadence, des bras se sont levés pour suivre la mesure, des chants se sont joints à la musique et aux  chanteurs, et cette ambiance électrisée, cette attention aiguisée se sont perpétués sans relâche tout au long du spectacle, tout le monde s'est levé pour les dernières chansons, on a connu là une des plus longues standing ovation qu'une comédie musicale ait jamais connue. Une houle d'énergie a parcouru l'échine du public du premier au dernier accord, rien que du bonheur.

Il faut dire que tous les ingrédients sont réunis pour assurer un spectacle de première qualité. La salle du Deutsches Theater d'abord, qui on le sait, a connu récemment une complète rénovation et s'est dotée des moyens scéniques des plus modernes et des plus sophistiqués. L'ingéniérie du son et des lumières donnent des résultats qui approchent la perfection au-delà de l'imaginable, à la hauteur de ce que peuvent attendre les concepteurs de ce fabuleux spectacle dont la mise en scène joue sur une osmose constante entre les effets visuels et les décors réels, résultat du travail successif de feu Mark Fisher et de Willie Williams, aujourd"hui responsable du design des lumières et des effets vidéos. La technologie lumineuse et sonore (design sonore de Bobby Aitken) a pour effet d'inclure le public dans l'action, lors de ce spectacle nous devenons tous des habitants de la planète Ipad, nous vivons et vibrons au rythme de la musique électronique de l'an 2300 tout en aspirant avec les Bohémiens au retour du paradis perdu de la musique de Queen. 

Les habitants d'Ipad /Photo Susanne Brill
Composé en 2002, We will rock you n'a pas pris une ride, et on peut s'attendre à ce que les représentations au Deutsches Theater vont drainer les foules. A Cologne, entre 2004 et 2008, plus de deux millions de visiteurs se sont déplacés pour voir ce spectacle déjà alors prémonitoire d'une société totalement informatisée où les gens sont conditionnés dès l'enfance à reproduire des attitudes de consommation et d'utilisation de produits informatiques standardisés qui nous bombardent de publicités assimilatrices qui imposent des modèles de vie et de loisirs : on ne peut porter que tels vêtements (superbes costumes de Tim Goodchild), aimer telles musiques et danser de telles façons (chorégraphie d'Arlene Philips), ce qui évoque nécessairement le contrôle total et global auquel nous sommes soumis (cfr entre autres les récentes affaires de la NSA et la non-protection des données). Sur la planète Ipad règne en maître Globalsoft, un empire informatique aux mains de la Killer Queen. De plus le spectacle est joué en mode bilingue (dialogues en allemand et chansons en anglais) avec un texte de base qui est constamment actualisé par des citations pleines d'humour, typiques du théâtre de régie, pour le mettre en phase avec l'actualité musicale allemande (citations de groupes ou de chanteurs comme Bap, Die Ärtze, Herbert Grönemayer, Nena, pour ne citer qu'eux.) La culture musicale populaire évolue à grande vitesse et les concepteurs du spectacle, Ben Elton („Blackadder“) et les deux vétérans du groupe Queen Brian May et Roger Taylor en tiennent constamment compte dans leurs adaptations. Mais que l'on parle allemand et que l'on comprenne l'humour des citations ou non, ce sont bien sûr les interprétations des 21 chansons de Queen qui animent le spectacle et entraînent l'exaltation du public enthousiaste.

Scaramouche et Galileo Figaro / Photo Nilz Böhme
Un plateau de chanteurs exceptionnels occupent la scène de l'opéra-rock. A tout seigneur, tout honneur, c'est d'abord à la fabuleuse interprétation de la Killer-Queen par Brigitte Oelke qu'il convient de célébrer. La chanteuse originaire de Suisse dispose d'un charisme époustouflant et une voix d'une puissance à la mesure de son personnage qui veut régner sans partage sur le monde. Son superbe organe vocal doté d'une belle projection est soutenu par un jeu de scène où Brigitte Oelke investit totalement le rôle de la Killer Queen avec l'expression de la puissance et  de la hargne haineuse qui animent le personnage. Si tous les autres chanteurs et chanteuses sont du plus haut niveau, Brigitte Oelke domine cependant toute la soirée. Les deux personnages principaux, Scaramouche et Galileo Figaro, sont interprétés par les talentueux Jeannine Michèle Wacker et Christopher Brose. Wacker interpète fort bien la nervosité de la jeune femme qui revendique l'égalité pour les femmes et refuse avec force tous les stéréotypes machistes. Issue de la prestigieuse American Musical and Dramatic Academy de New York, elle a aussi le corps rompu à la danse. Christopher Brose gagne en intensité et en force au long de la soirée et semble se jouer des difficultés d'interprétation de morceaux d'autant plus difficiles à interpréter que le public les connaît par coeur et les a dans l'oreille dans la version originale comme „I Want To Break Free“ et „Bohemian Rhapsody“. Pour cette dernière chanson, on a pu croire pour un moment que Freddy Mercury s'était réincarné sur scène. Signalons encore l'excellent viking Brit de Markus Neugebauer et la puissante Ozzy de Linda Holmgren.

L'orchestre rock dirigé par Jeff Frohner (direction musicale et keyboard) qui surplombe l'arrière-scène et que l'on ne voit qu'en fin de spectacle est lui aussi d'une qualité exceptionnelle donne un niveau musical rare dans le plus pur esprit Queen, un niveau soutenu par la supervision attentive de Brian May et de Roger Taylor. La salle vibre au son des 21 chansons de Queen, les puristes orthodoxes regretteront la traduction allemande de certaines d'entre elles, mais le public allemand n'en a cure, il apprécie et jouit des effets humoristiques de la production. Les corps se balancent, les bras se lèvent et les chants s'élèvent parfois à l'unisson d'un spectacle qui se veut une fête totale.

A voir et à revoir pendant trois mois au Deustches Theater de Munich.



Théâtre en français à Munich: Le prénom au Teamtheater München

Marion Bierry mettra en scène LE PRÉNOM au Teamtheater de Munich.

La Compagnie Antéros a le plaisir d’annoncer pour la rentrée 2014 sa quatrième production française:

LE PRÉNOM

comédie à succès de Mattieu Delaporte et d’Arnaud de la Patellière.

Alban, Anicet ou Aramis ? Mensonges et vérités des couples bourgeois se révèlent parfois dans le choix du prénom de la progéniture.

La comédie grinçante et jubilatoire sera mise en scène par Marion Bierry, connue du public parisien pour ses nombreuses mises en scène, notamment au Théâtre de Poche Montparnasse. En 2012, elle a signé la mise en scène du TARTUFFE de Molière au Théâtre de Paris, avec Claude Brasseur et Patrick Chesnais dans les rôles principaux. Sa mise en scène du LEGS de Marivaux, avec Bernard Menez et Valerie Vogt, est actuellement à l’affiche au Théâtre de Poche Montparnasse. 

A l’affiche du PRÉNOM :
Markus Fisher, Thierry Seroz, Marcus Morlinghaus, Cécile Bagieu et Marie Navarre.

Les représentations auront lieu du 08 octobre au 08 novembre 2014.

Tarif 20,00 €
Tarif réduit 13,00€

Réservations par téléphone 089-260 43 33 ou sur 

www.teamtheater.de (clic sur Newsletter/français)

Vous pouvez également suivre la Cie Antéros sur Facebook

A la rencontre du violoncelliste Bruno PHILIPPE, lauréat du Concours international de musique ARD 2014


Lauréat du Concours international de musique ARD 2014, le violoncelliste Bruno PHILIPPE y a remporté le troisième prix ainsi que le prix du public . Bruno PHILIPPE est né en 1993 à Perpignan, il a commencé à jouer du violoncelle à l'âge de cinq ans avec Marie-Madeleine Mille. Il a déjà remporté en novembre 2011 le Troisième Grand Prix ainsi que le Prix du meilleur récital au Concours international André Navarra.

Munichandco: Bruno Philippe, vous venez de vous qualifier pour la finale du Concours international de musique ARD dans la catégorie 'violoncelle', un concours pour lequel 69 candidats avaient été sélectionnés. Voudriez-vous évoquer votre parcours personnel? Vous avez commencé à pratiquer votre instrument dès l'enfance. Qu'est-ce qui attire un enfant vers la musique, et qu'est-ce qui vous a poussé à faire le choix du violoncelle ? Etes-vous issu d'une famille de musiciens ? Ensuite, quel fut votre parcours de formation?

Bruno Philippe: Tout d'abord, le simple fait d'avoir été sélectionné pour le concours était déjà une réussite en soit. Pouvoir participer à un concours international aujourd'hui est un grand luxe : les présélections sont très difficiles et de plus en plus de monde se présente. Ce concours est particulièrement difficile et éprouvant de par son format (4 tours, plus de trois heures de musique à apprendre!) et tous les candidats présents sont d'un niveau exceptionnel. Je suis tellement ravi d'avoir pu jouer tout mon programme, particulièrement le concerto de Dvorak (pour la première fois..!) avec un orchestre aussi merveilleux. J'ai commencé le violoncelle à 5 ans au conservatoire de Perpignan (sud de la France) dans la classe de M-M Mille et Y. Chiffoleau. Mes parents n'étaient pas musiciens mais très mélomanes. Ma grande sœur a demandé à commencer le violon et j'ai suivi ses traces en sollicitant mes parents pour débuter le violoncelle. J'ai ensuite à l'âge de 13 ans étudié au conservatoire régional de Paris pendant un an avec Raphael Pidoux avant d'intégrer le CNSMDP dans la classe de Jérôme Pernoo où je viens d'obtenir un Master.

Munichandco: Vous jouez depuis 2012 un violoncelle du célèbre luthier vannetais Franck Ravatin, prêté par le Mécénat Musical Société Générale. Pourriez-vous expliquer aux non initiés la relation que vous entretenez avec cet instrument, quelles en sont les qualités particulières ?



Bruno Philippe: Ce violoncelle moderne est exceptionnel. Aujourd'hui, les luthiers contemporains font un travail exceptionnel. Cependant, je joue maintenant (y compris pendant le concours) sur un instrument italien de 1694 probablement fabriqué par Matteo Goffriler. Je trouve ce violoncelle particulièrement agréable à jouer et il me rend heureux à chacun de mes concerts!

Munichandco: Pourquoi vous être présenté au Concours international de l'ARD? Dans votre discipline, quelle est l'importance de ce concours au niveau international? A quels autres concours peut-il être comparé?

Bruno Philippe: Quand on est un jeune musicien, un concours est un tremplin, un moyen de se "faire remarquer". C'est probablement comme tous les autres violoncellistes inscrits la raison pour laquelle j'ai voulu y participer. Ensuite, un concours, c'est aussi et surtout un moyen de se dépasser, de travailler en profondeur sur une longue période un programme très riche. L'ARD de Munich est à mon avis un des concours les plus réputés pour notre discipline. Nous n'en avons pas tellement finalement (moins que pour le violon ou le piano par exemple). On doit pouvoir le mettre au même rang que le concours Tchaikovsky de Moscou ou que le concours Rostropovich de Paris qui sont tous deux des concours en quatre tours.

Munichandco: Quelle stimulation apporte la participation à un tel concours? Relever ce type de défi nourrit-il votre travail de musicien?

Bruno Philippe: Participer à ce concours est un véritable défi ! La préparation est l'étape la plus importante du concours finalement. Ça peut sembler banal, mais que l'on gagne ou pas, si l'on s'est bien préparé, le travail finit toujours par porter ses fruits, ce n'est jamais une perte de temps. Mais ces "défis" sont des périodes très éprouvantes et je ne suis pas particulièrement un "mordu" de compétition. Comme je le disais précédemment, c'est un très bon moyen de se faire entendre et juger par des violoncellistes mondialement reconnus mais ce n'est pas une fin en soit. Je pense qu'il faudrait être capable de fournir le même travail avec ou sans concours. C'est assez idyllique mais je compte bien essayer d'y arriver !

Munichandco: Vous avez conquis le public tout au long du concours, et recueillez un énorme succès. A votre avis, quels sont les éléments qui suscitent un tel engouement ? Pourriez-vous tenter d'analyser les spécificités et les qualités de votre interprétation des oeuvres pour violoncelle? Quelles qualités vous efforcez-vous de développer ? Vous sentez-vous soutenu par le public munichois?

Bruno Philippe: Merci! Je pense que ce qui a pu séduire le public, c'est le fait que j'ai tenté d'envisager chaque tour comme un concert et non comme un concours. On ne joue pas que pour un jury et le jury lui-même est avant tout public lui aussi! Je ne pense pas être capable d'analyser mes "qualités d'interprétation du répertoire pour violoncelle" mais je suis très heureux de savoir que j'ai peut-être rendu le public aussi enthousiaste que moi. J'étais très stressé entre chaque passage mais au moment de jouer, j'éprouvais toujours un certain plaisir sur scène et je suis ravi que ça se soit ressenti! Le public munichois a été adorable avec moi et j'espère bien avoir la chance de rejouer souvent pour eux!

Munichandco:  Parmi les trois concertos imposés par le Concours ARD pour la finale ( des oeuvres d'Antonín Dvořák, Edward Elgar et Dimitri Chostakovitch), quel est le concerto que vous avez choisi d'interpréter et quelles sont les raisons de votre choix? A vos yeux, de quelles qualités un violoncelliste doit-il faire preuve pour interpréter ce concerto ? Quels sont vos choix d'interprétation ?


Bruno Philippe: J'ai choisi le concerto de Dvořák  parce que depuis  tout jeune, c'est mon Everest du répertoire pour violoncelle et orchestre. Cette œuvre absolument magnifique est un bijou d'orchestration et elle est particulièrement jouissive à jouer. C'était en plus l'occasion de jouer ce concerto pour la première fois et grâce à l'orchestre magique qui était à mes côtés, je m'en souviendrai toute ma vie. J'étais très ému durant ce concert de finale. Ce concerto est difficile (peut-être le plus dur avec Schumann à mon goût), d'une part techniquement mais il est aussi très long et il demande une implication physique de chaque instant. Dans mon travail, j'ai tenté de m'émanciper de la tradition qui pèse sur ce concerto et de revenir à la partition, au texte pour finalement mieux pouvoir m'en éloigner par la suite. Il me tarde déjà de pouvoir le rejouer!

Munichandco: Quant à l'oeuvre imposée de Tobias PM Schneid lors de la demi-finale, avez-vous rencontré des difficultés lors du déchiffrage de la partition? Dans quelle optique avez-vous préparé votre interprétation? Avez-vous eu le sentiment de participer à la création mondiale de l'oeuvre? Connaissiez-vous déjà l'oeuvre de ce compositeur avant le concours et, dans l'affirmatrive, aviez-vous déjà eu l'occasion d'en jouer ?

Bruno Philippe: J'ai eu beaucoup de mal (comme pas mal de candidats avec lesquels j'ai discuté) avec la pièce de Schneid. Je ne doute pas de sa qualité mais je pense cependant que dans le cadre d'un concours, celle-ci était trop dure et trop longue. Quand on a un programme de plus de trois heures, commencer une nouvelle pièce aussi difficile deux mois avant le début du concours est un peu déprimant..! Peut être que j'y reviendrai un jour si je rencontre le compositeur et qu'il m'en dit un peu plus sur sa pièce.

Munichandco: Si vous vous mettez un instant à la place du jury, quels sont selon vous les critères d'appréciation des membres d'un jury pour estimer l'interprétation d'une violoncelliste?

Bruno Philippe: (...) Je n'en ai aucune idée! Il y a beaucoup de critères propres à chacun qui doivent rentrer en compte mais je suppose qu'il doivent être sensibles au fait de se sentir autant public que juge. J'admire et je respecte chacun des membres du jury. Je suis très honoré qu'ils m'aient permis d'accéder à la finale et donné un prix.

Munichandco: Quelles pourraient être les répercussions de votre arrivée en finale du concours ARD 2014 sur votre carrière ?

Bruno Philippe: Je ne sais pas encore mais j'espère la possibilité de faire plus de concerts et de pouvoir ainsi transmettre ma passion pour la musique à plus de monde! Quoi qu'il advienne, ce fût une expérience incroyable et je tiens à remercier tous mes proches pour leur soutien, et également le public du concours pour m'avoir décerné leur prix qui est pour moi la plus belle récompense!

Munichandco: Merci, Bruno Philippe, d'avoir accepté et pris le temps de vous livrer à cet entretien. On aura encore l'occasion de venir vous écouter  cette semaine lors des concerts des lauréats qui auront lieu les 17,18 et 19 septembre à Munich, et qui sont par ailleurs retransmis en live à la radio (BR-Klassik) et en video-stream sur le site de BR-Klassik.

dimanche 14 septembre 2014

Run for life 2014: courir pour lutter contre le sida, ce dimanche 14 septembre à 12H au jardin anglais

Le Run for life 2014 munichois est la quatorzième édition de cette course dont les bénéfices vont à la lutte contre le sida. Elle a lieu ce dimanche 14 septembre 2014 avec un coup d'envoi donné à 14 heures. Le rassemblement a lieu  comme d'habitude au Jardin anglais (Englischer Garten). Le départ et l'arrivée ont lieu sur la terrasse située derrière la Haus der Kunst. 

Le Run for Life combine le plaisir de courir ensemble et celui de faire une bonne action. Pour pouvoir courir, on s'acquitte d'un droit de participation qui va tout entier et directement soutenir le travail de la Münchner Aids-Hilfe e.V. Et de plus, le Run for life est l'occasion de mettre l'accent sur l'indispensable prévention.

Programme

Le programme commence à 12 heures en musique, avec  stands d'infos et snacks.

A 13H30 les participants commencent l'échauffement et à 14H c'est le départ pour le parcours de 10 kms!  A 14H10 pour celui de 5,8 km. Il n'en coûte que 15 euros pour participer à la course en préinscription, et bien entendu tous les dons sont les bienvenus. On peut encore s'inscrire au départ en versant alors 20 euros. A l'heure actuelle on dénombre 1624 participants inscrits.

A 15 heures, show avec Patty Turner.

A 15H30 heures, a lieu la distribution des prix et la remise du chèque aux responsables de la Münchner Aids-Hilfe.*

Pour tout contact: Peter Becker de la Münchner Aids-Hilfe:
(089) 54 333-306, peter.becker@muenchner-aidshilfe.de


Dons

Versez vos dons sur le compte de la Münchner Aids-Hilfe:
Stadtsparkasse München
Konto 474742
Bankleitzahl 701 500 00

Source et plus d'infos en allemand sur http://www.runforlife.de/index.html
On y trouve un formulaire d'inscription!

mardi 9 septembre 2014

We will rock you pour trois mois au Deutsches Theater de Munich


C'eest sans conteste un des grands événements de la rentrée munichoise:  le Deutsches Theater, une des plus grandes scènes de la capitale bavaroise, accueille la célèbre comédie musicale basée sur des chansons de Queen. Le spectacle produit par Robert de Niro est présenté pour la première fois à Munich. On avait déjà pu le voir auparavant en Allemagne à Cologne, Berlin et Stuttgart.

La comédie a été écrite par l'auteur et comédien anglais Ben Elton avec les membres restants du groupe Queen, Brian May et Roger Taylor. We Will Rock You a été pour la première fois jouée en 2002 au Dominion Theatre de Londres en Angleterre. La comédie musicale a ensuite fait le tour du monde, des Etats-Unis au Japon, notamment sur les scènes françaises, espagnoles, russes ou australiennes.


L'action rappelle le Big Brother de 2014 de George Orwell ou le Meilleur des mondes d'Aldous Huxley. Elle se situe dans un future lointain, vers les années 2300. L'ensemble des habitants de la terre est alors programmé sur un modèle unique: tous regardent les mêmes films et écoutent la même musique générée par ordinateur, portent les mêmes vêtements et émettent les mêmes opinions. Toute créativité est retirée aux enfants dès leur plus jeune âge, plus personne n’est en mesure de créer d'œuvre musicale originale. La musique électronique remplace les instruments et les compositeurs. Un méga-concern mondial,  Globalsoft,  dirigé par la Killer Queen et son complice, le commandant de sa police secrète, le sinistre Khashoggi, contrôle l'ensemble de la population. Le régime est totalitaire, ceux qui osent s'opposer au conformisme imposé par Globalsoft sont enlevés et sont soumis à un lavage de cerveau. Cependant, un petit groupe de marginaux lutte pour reconstituer la liberté de la pensée, de la mode, et surtout de la musique live. Galileo Figaro, Scaramouche et MacGuffin tentent de sauver la planète et de renverser l’ordre établi de la Killer Queen.

Trois heures de spectacle (y compris 20 minutes d'entracte) en allemand pour les dialogues et en anglais pour les chansons, comportant une trentaine de chansons.

A voir au Deutsches Theater de Munich du 9 septembre au 13 décembre 2014.

Réservations: cliquer ici.

dimanche 7 septembre 2014

Le 'Deutsche Eiche' fête ses 150 ans. Bon anniversaire!


L'établissement 'Deutsche Eiche' ('Le chêne allemand') fut construit en 1864, tout au début du règne du Roi Louis II de Bavière. Son nom lui fut probablement attribué suite à la constitution de l'empire allemand en 1870/71. C'est depuis les années 1950  que l'établissement "Deusche Eiche" passe pour le rendez-vous favori de la scène homosexuelle et artistique et de tous ceux qui considérent que  cette scène contribue à enrichir la société.

Lorsqu'on demandait à Ella Reichenbach, la tenancière de l'époque, si c'était vrai que son établissement était uniquement fréquenté par des homosexuels, elle répondait que pas du tout, que sa clientèle était composée à 90 pour cent d'artistes et que les 10 pour cent restants c'étaient des hommes que leurs femmes avaient déçus. 

Le plus célèbre des artistes qui fréquentèrent assidûment le 'Deutsche Eiche' est sans conteste Freddy Mercury, ce dont les propriétaires actuels s'enorgueillissent encore. Le cinéaste Rainer Maria Fassbinder compta également au nombre des habitués.

Les nouveaux propriétaires entamèrent en 1995 une rénovation toute en douceur. Les bâtiments du fond abritent à présent le plus beau sauna gay de Bavière. Les aspects écologiques sont partout pris en considération: ainsi la chaleur perdue des frigidaires sert-elle à la préparation de l'eau chaude sanitaire,  et l'eau résiduelle des douches est recyclée pour alimenter les chasses d'eaux des toilettes.

Au printemps 1998, le restaurant fut refait à neuf. La cuisine fut agrandie et aménagée afin de répondre aux derniers standards techniques. 

Depuis 2005, les chambres ont été rénovées et modernisées avec soin. Ces efforts furent couronnés par l'attribution de 3 étoiles de classe supérieure pour hôtels design.

Les propriétaires actuels sont très engagés dans la lutte contre toutes les discriminations. On  se rappellera notamment qu'il y a quelques années, en 2006, ils avaient fait défiler un char déguisé en papamobile lors de la gay pride munichoise, avec un sosie du pape Benoît XVI dûment maquillé et portant un préservatif au bout des doigts. L'église avait porté plainte, mais avait vu sa plainte rejetée. Il fallut trois ans et demi à la Cour allemande pour rendre son jugement, qui sonna la cloche de la liberté: il est interdit d'interdire.

A noter que le Deutsche Eiche est aussi un des hauts-lieux du mardi-gras munichois, le  Fasching.

Pour en savoir davantage sur le Deutsche Eiche, y faire une réservation, consulter ses menus, voir sa page en français.