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dimanche 29 novembre 2015

Photographie: l´exposition GENESIS de Sebastião Salgado est à Munich!

Iguane marine des Galapagos.
Crédit photographique Sebastião Salgado/Amazonas images

L´exposition GENESIS de Sebastião Salgado peut se voir au KUNSTFOYER MÜNCHEN de la Versicherungskammer Bayern  jusqu´au 24 janvier 2016. 

Tous les jours de 9 à 19H , au 53 de la Maximilianstrasse. Fermé les 24, 25 et 31 décembre 2015.

Les photos présentées ont été publiées par les éditions TASCHEN dans un luxueux ouvrage grand format (portfolio) destiné aux collectionneurs et dans une édition à l´usage du grand public. Voici la présentation de l´auteur et du livre par l´éditeur:

À propos du photographe

Sebastião Salgado a commencé sa carrière de photographe professionnel à Paris en 1973 et a travaillé avec les agences de photographie Sygma, Gamma et Magnum Photos. En 1994, avec son épouse Lélia, il fonde Amazonas images qui le représente en exclusivité. Les projets photographiques de Salgado ont été l’objet de nombreux livres et expositions dont Sahel, L’Homme en détresse (1986), Autres Amériques(1986), La Main de l’homme (1993), Terra (1997), Exodes (2000), Les Enfants de l’exode (2000) et Africa (2007).

Iceberg dans l´Antartique entre l´ile Paulet et les iles Shetlands du Sud
Crédit photographique Sebastião Salgado/Amazonas images
Genesis

«Dans GENESIS, mon appareil photo a permis à la nature de me parler. Écouter fut pour moi un privilège.» — Sebastião Salgado

En 1970, à 26 ans, Sebastião Salgado se retrouve par hasard pour la première fois avec un appareil photo entre les mains. En regardant dans le viseur, il a une révélation: brusquement, la vie prend un sens. Dès lors — même s’il lui a fallu des années de travail acharné avant d’acquérir l’expérience nécessaire pour pouvoir vivre de son travail de photographe — l’appareil photo devient l’outil par lequel il interagit avec le monde. Salgado, qui a «toujours préféré la palette en clair-obscur des images en noir et blanc» prend quelques photos couleur à ses débuts, avant d’y renoncer définitivement.

Élevé dans une ferme au Brésil, Salgado éprouve un amour et un respect profonds pour la nature; il se montre aussi particulièrement sensible à la façon dont les êtres humains sont affectés par les conditions socio-économiques souvent accablantes dans lesquelles ils vivent. Des nombreuses œuvres que Salgado a réalisées au cours de son admirable carrière, trois projets de longue haleine se démarquent particulièrement: La Main de l’homme (1993) qui illustre le mode de vie bientôt révolu de travailleurs manuels du monde entier, Exodes (2000), témoignage sur l’émigration massive causée par la faim, les catastrophes naturelles, la dégradation de l’environnement et la pression démographique, etce nouvel opus, GENESIS, résultat d’une expédition épique de huit ans à la redécouverte des montagnes, déserts et océans, animaux et peuples qui ont jusqu’ici échappé à l’empreinte de la société moderne — les terres et la vie d’une planète encore préservée. «Près de 46% de la planète semblent encore comme au temps de la Genèse», fait remarquer Salgado. «Nous devons sauvegarder ce qui existe.» Le projet GENESIS, en lien avec l’Instituto Terra créé par Salgado cherchent à montrer la beauté de notre planète, à inverser les dommages qu’on lui a infligés et à la sauvegarder pour les générations futures.

Au cours de 30 voyages, à pied, en avion léger, en bateau, en canoë et même en ballon, par une chaleur extrême ou un froid polaire et dans des conditions parfois dangereuses, Salgado a réuni des images qui nous montrent la nature, les peuples indigènes et les animaux dans toute leur splendeur. Maîtrisant le monochrome avec un talent qui rivalise avec celui du virtuose Ansel Adams, Salgado fait entrer la photographie noir et blanc dans une autre dimension; les nuances de tons de ses œuvres, le contraste entre le clair et l’obscur, évoquent les tableaux de grands maîtres comme Rembrandt et Georges de la Tour.

Que découvre-t-on dans GENESIS? Les espèces animales et les volcans des Galápagos; les manchots, les lions de mer, les cormorans et les baleines de l’Antarctique et de l’Atlantique sud; les alligators et les jaguars du Brésil; les lions, les léopards et les éléphants d’Afrique; la tribu isolée des Zoé au fin fond de la jungle amazonienne; le peuple Korowaï vivant à l’âge de pierre en Papouasie occidentale; les éleveurs de bétail nomades Dinka du Soudan; les nomades nénètses et leurs troupeaux de rennes dans le cercle arctique; les communautés mentawai des îles à l’ouest de Sumatra; les icebergs de l’Antarctique; les volcans d’Afrique centrale et de la péninsule du Kamtchatka; les déserts du Sahara; le rio Negro et le rio Juruá en Amazonie; les failles du Grand Canyon; les glaciers de l'Alaska… Après s’être rendu là où personne n’était jamais allé, et avoir consacré tant de temps, d’énergie et de passion à la réalisation de cet ouvrage, Salgado considère GENESIS comme sa «lettre d’amour à la planète».

Contrairement à l’édition limitée, conçue comme un portfolio grand format zigzaguant autour de la planète, l’édition grand public présente une sélection différente de photographies organisées par zones géographiques en cinq chapitres: Aux confins du Sud, Sanctuaires, Afrique, Terres du Nord et Amazonie et Pantanal. Chacune à sa manière, l’édition d’art et l’édition grand public — toutes deux conçues et réalisées par Lélia Wanick Salgado — rendent hommage au projet GENESIS de Salgado, aussi grandiose qu’exceptionnel.


samedi 28 novembre 2015

Sisi ou Sissi, une tabatière lève le mystère


Faut-il dire Sisi dans la graphie germanique ou Sissi comme la surnomme notamment les films avec Romy Schneider pour désigner affectueusement l´Impératrice Elisabeth d´Autriche-Hongrie? Une tabatière récemment acquise par le Musée des Rois bavarois d´Hohenschangau lève cette incertitude.

La tabatière en or avec garniture de diamants fut offerte par le roi Louis II de Bavière à son aimable tante au second degré à la Noel 1881 à l´occasion de son 44ème anniversaire. Elle représente le Roi et porte une inscription gravée sous le couvercle de la boite: 

Angebetete, aufrichtig geliebte Sisi! Niemand auf Erden ist mir so teuer als Du! Ludwig

(Sisi adorée, sincèrement aimée! Personne sur terre ne m´est aussi cher que toi! Louis)

Ce présent ne signifie sans doute pas que Sisi sniffait du tabac!

Source de l´info et des images: presse bavaroise dont l´article sur br.de

Le Corsaire, un grand ballet romantique français par le Ballet d´Etat de Bavière

Crédit photographique Charles Tandy

La  reconstitution de ballets au plus proche de l´original est une des spécialités du Bayerisches Staatsballett. C´est le cas de ce Corsaire, un grand ballet romantique sur des musiques d´Adolphe Adam, Léo Delibes, Cesare Pugni, Riccardo Drigo et du Prince von Oldenburg, un ballet dont la première, dans la version d´Henry Vernoy de Saint-Georges et de Joseph Mazilier, eut lieu à l´Opéra de Paris en 1856, et qui connut une heureuse postérité pour avoir été repris par Marius Petipa dés 1863 à Saint-Pétersbourg. Petipa en donna plusieurs versions dont la dernière remonte à 1899 au Théatre Mariinsky de Saint-Pétersbourg.

Crédit photographique  Wilfried Hösl

On doit la production de la première allemande de ce ballet au  directeur général du Bayerisches Statsballettallett, Ivan Liška, qui s´entoura d´une équipe constituée des meilleurs spécialistes, pour reconstituer le ballet dans l´esprit du travail de Petipa. C´est aux travaux de recherche de l´historienne de la musique et pianiste Maria Babanina que l´on doit la reconstruction de la musique pour la version munichoise du ballet. Babanina s´est attachée à reconstituer la musique originale, sans pour autant nuire aux intentions chorégraphiques de Marius Petipa, sur base notamment des partitions conservées à la Bibliothèque nationale de Paris. Elle a travaillé de concert avec Doug Fullingtgon, le spécialiste des notations Stepanov, dont la plupart des partitions sont  conservées à l´université de Harvard, qui a permis la reconstitution originale des chorégraphies de Marius Petipa. Le résultat de leurs travaux académiques a conduit à la version munichoise de 2007 que le Ballet bavarois reprend tout au long de cette saison.  Si l´on a aujourd´hui l´occasion de revoir sur scène l´histoire exotique des amours passionnées du corsaire Conrad et de Medora la belle Hellène ,-une histoire due au génie de Lord Byron-, c´est grâce au travail compétent, ardu et passionné de cette extraordinaire équipe de chercheurs, musiciens et chorégraphes. Le designer australien Roger Kirk a quant à lui été chargé d´apporter la beauté exotique orientaliste des décors et des costumes, avec des éléments empruntés à l´architecture islamique, comme ces grands arcs outrepassés brisés. A diverses reprises, pour les scènes maritimes, il place l´action derrière un immense oculus ovale qui reçoit la projection d´un ciel d´orage et où vient voguer le vaisseau du pirate. La scène complexe du jardin animé de l´acte III est particulièrement soignée, toute dans une palette de rose, avec des scènes animées par le concours charmant des enfants du ballet porteurs d´arcs fleuris d´un effet ravissant.

Lukáš Slavický et Daria Sukhorukova (photo Charles Tandy)

Ce ballet narratif traditionnel dans la grande tradition du 19ème siècle se décline selon une rigoureuse succession  de numéros dans lesquels excellent les danseurs et les danseuses du Bayerische Staatsballett. Ivan Liška a tenu à incarner lui-même Said Pacha, le sultan d´Andrinople amateur de parties d´échecs et de belles esclaves. Si la distribution peut varier d´une soirée à l´autre, on a pu hier soir apprécier les extraordinaires performances de  Lukáš Slavický (Conrad) et d´un Maxim Chashchegorov étourdissant en esclave Ali. Matej Urban a donné lui aussi un excellent Birbanto. Daria Sukhorukova, qui avait déjà ébloui l´an dernier dans la création munichoise de Paquita. incarne avec sa grâce altière et tous les raffinements de son art une somptueuse Medora, alors que Mai Kono ravit par sa délicatesse dans son interprétation de Gunara. Enfin, le très beau et très célèbre Pas de trois des Odalisques est interprété par Nicha Rodboon, Elisa Mestres et Alisa Scetinina.

Prochaines représentations du Corsaire les 9 avril (à 19H30) et 12 juin 2016 (en matinée et en soirée). Réservations en ligne: cliquer ici.
A noter que la soirée du 12 juin sera retransmise gratuitement en direct via internet (Staatsoper.TV)

mercredi 25 novembre 2015

Ballet: les Frankfurt diaries présentent une approche analytique du travail de William Forsythe.


Avec son spectacle Frankfurt diaries, les danseurs du Theater-am-Gärtnerplatz nous permettent d´approcher dans une nouvelle perspective le travail de William Forsythe, l´un des plus grands chorégraphes contemporains. Le spectacle comporte deux volets distincts mais qui en raison même de leur contenu sont joués d´un seul tenant. En première partie, les 'chroniques de Francfort', les Frankfurt diairies, présentent la réflexion chorégraphiée de cinq danseurs qui ont longtemps travaillé avec Forsythe et qui se sont réunis sous la houlette d´Antony Rizzi pour créer un spectacle qui approche leur travail avec le chorégraphe américain au cours des 18 années où il fut successivement directeur artistique puis directeur du Ballet de Francfort. Vient ensuite, en première munichoise,  la chorégraphie que William Forsythe créa en 2000, One flat thing-Reproduced, une oeuvre particulièrement emblématique du travail du chorégraphe dont les Frankfurt diairies détaille pour partie la genèse, et que les amateurs connaissent notamment par l´excellent tournage qu´en fit Thierry De Mey en 2006, un film actuellement accessible sur la toile.

Antony Rizzi longtemps l´assistant de Forsythe à Francfort. Dans les 'Chroniques de Francfort', avec ses comparses, il nous donne à voir comment Forsythe incitait ses danseurs à produire l´émergence de la danse, tant dans ses mouvements les plus  simples que dans ses compositions les plus complexes, à partir du néant qui précède le geste. Peut- une manière de traduire dans le langage de la danse la question philosophique de l´être et du néant. Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien? Et concrètement, comment le geste vient-il à se produire? Comment le laisser naître dans le jaillissement créateur. Un travail primal qui tient de la germination. Forsythe attache une important énorme à l´improvisation et, si l´on en croit la chorégraphie de Rizzi qui le met en scène, travaillait en accoucheur, accompagnant le travail de conception des danseurs de ses encouragements. Ainsi leur donne-t-il un thème ou un mot, une semence  que les danseurs laissent travailler en eux et dont va émerger le geste, simple d´abord, complexe ensuite, élaboré enfin dans le rapport à d´autres danseurs, en duo ou en groupes. La réflexion conceptuelle se poursuit dans le rapport aux objets. Ainsi du rapport à un objet simple et quasi linéaire comme une table que les corps des danseurs sont amenés à redécouvrir dans des interactions et des manipulations des plus diverses, qui réinventent l´objet et en démultiplient les utilisations. Le chorégraphe n´est plus simplement un créateur qui demande à ses danseurs de concrétiser sa vision mais le directeur d´un laboratoire de recherche qui comporte autant de chercheurs qu´il y a de danseurs. Le processus de création est commun et expérimental.



Et c´est dès lors en pleine continuité, sans qu´une transition se ressente, qu´on est conviés à la deuxième partie du spectacle, One Flat Thing, reproduced, qui est à la fois le prolongement et comme l´aboutissement du projet scénique des Franfurt diairies. Les vingt tables qui servent de support scénique à la chorégraphie font office de  chose plate, reproduite. Elle étaient déjà utilisées dans la première partie, et sont progressivement rassemblées en fond de salle, pour revenir en front de scène, propulsées d´abord avec fracas par les 14 danseurs puis impeccablement  alignées en quatre rangées de cinq tables. Un ordre parfait qui définit un espace exploratoire neutre et comme aseptisé que les regards échangés et les mouvements des corps, entre retenue et explosions, vont animer et rendre à première vue chaotique, mais plus profondément, organique, les corps fécondant la spatialité.

Le spectacle a dès la première remporté un énorme succès auprès d´un public où l´on aperçoit de nombreux professionnels du monde de la danse. La chorégraphie de Forsythe est portée par la troupe de danseurs du Theater-am-Gärtnerplatz avec un enthousiasme qui n´a d´égal que la qualité de leur travail, d´une précision millimétrée dans l´espace restreint et contraignant des alignements de tables. Une soirée qui permet d´approcher la substantifique moelle du travail de William Forsythe.

Prochaines représentations les 25, 26, 27 et 28 novembre, à 19H30, à la Reithalle de Munich. Places restantes! Cliquer ici pour réserver en ligne. 

A noter que la recette la soirée du 27 sera attribuée à la Münchner Aids-Hilfe (entraide munichoise pour les personnes atteintes du sida).

Crédit photographique: Marie-Laure Briane

samedi 21 novembre 2015

Attentats de Paris: les Munichois solidaires

Crédit photographique: Sueddeutsche Zeitung
Quelque 600 personnes se sont rassemblées ce jeudi soir sur la place de l´Odéon au centre de Munich pour se recueillir et manifester leur solidarité aux victimes des attentats de Paris et à la population français. Le rassemblement avait été organisé de manière conjointe par des associations franco-allemandes et le Consulat général de France à Munich. De nombreux Français et Françaises expatriés à Munich étaient présents sur la place. Le Consul général de France Jean-Claude Brunet, la Ministre bavaroise Beate Merk et le second bourgmestre de Munich Josef Schmid participaient au rassemblement, au cours duquel une minute de silence fut observée. La manifestation se termina par une Marseillaise vibrante. A noter qu´un service religieux de commémoration a également eu lieu à la Frauenkirche.

Toute la presse allemande rend compte de l´événement, notamment le Sueddeutsche Zeitung en ligne.

vendredi 20 novembre 2015

Journée portes ouvertes à La Buddha-Haus de Munich ce dimanche


La Budda-Haus de Munich est un centre de méditation où la méditation bouddhiste traditionnelle theravada est enseignée et pratiquée. La maison ouvre ses portes ce dimanche 22 novembre 2015 à partir de 15H30.

Klarastrasse, 4 à Munich (Métro Mailingerstrasse)

Voir la page internet de la Buddha-Haus 


mercredi 18 novembre 2015

Rassemblement de solidarité suite aux attentats. Ce jeudi soir à 18H30 Odeonsplatz / Gedenkkundgebung am Donnerstag 19. November um 18:30 auf dem Odeonsplatz


Auf deutsch

Wir, Französinnen und Franzosen aus München und Umgebung, stehen noch unter Schock nach den mörderischen und feigen Attentate in Paris am 13. November. Unsere Gedanken gehen in erster Linie an die Opfer, ihre Angehörigen und Freunde. Wir danken all unseren Mitbürgerinen und Mitbürgern besonders hier in München für den Ausdruck ihres Mitgefühls. Die Terroristen haben sich Orte des Zusammenlebens ausgesucht, wo Grenzen zwischen Kultur, Herkunft und Religion überwunden sind. Sie wollen uns spalten, wir werden sie nicht gewinnen lassen. „Nous sommes unis!“.

Um diese Entschlossenheit, gegen die terroristische Gewalt einig zu bekräftigen, organisieren wir eine Gedenkkundgebung am Donnerstag 19. November um 18:30 auf dem Odeonsplatz in München.

Unsere Solidarität geht auch an Beirut, Nairobi, Ankara, Suruç und an alle Länder wo Menschen Opfer dieser Gewalt gewesen sind.

Texte français

"Nous, Françaises et Français de Munich et des environs, sommes toujours sous le choc des attentats lâches et meurtriers du 13 novembre à Paris.

Nos pensées vont en premier lieu aux victimes, à leurs familles et leurs amis.

Nous remercions toutes les personnes, spécialement à Munich, qui ont exprimé leur compassion.

Les terroristes ont ciblé des lieux de vie, qui ont surmonté les frontières de religion, de culture et de nationalité.

Ils veulent nous diviser, mais nous ne les laisserons pas faire. « Nous sommes unis ! »

Nous organisons le jeudi 19 novembre un rassemblement de solidarité sur la Odeonsplatz à Munich à 18:30.

Notre solidarité s´exprime aussi envers Beyrouth et Nairobi, et les autres pays touchés par cette violence.

Conseillers consulaires: Thomas Grenot – Philippe Moreau – Bruno Pludermacher – Catherine Rioux

Pierre-Aimé Despalle – Membre du Conseil des Étrangers de la ville de Munich (Ausländerbeirat)
Benoît Blaser – Mitglied des Bezirksausschusses 2 (Ludwigsvorstadt-Isarvorstadt) der Landeshauptstadt München – Fraktionssprecher B’90/Die Grünen Rosa Liste

ADFM (Association démocratique des Français de Munich)
UFE Bayern
Europe Ecologie les Verts (EELV)
Front de Gauche – Europäische Linke
Les Républicains
Parti socialiste – Section de Munich

Invitation Facebook à partager : https://www.facebook.com/events/1042631365787416/"

vendredi 13 novembre 2015

Cendrillon à Neuschwanstein: l´opéra de Rossini revisité au Théâtre Cuvilliés

Une mise en scène aux couleurs de la Bavière: en bleu et blanc
Pour célébrer son cent cinquantième anniversaire, le Theater-am-Gärtnerplatz a commandé une nouvelle mise en scène de la Cenerentola de Rossini à la Kammersängerin Brigitte Fassbaender, qui y avait récemment produit un excellent Don Pasquale

La scène du Théâtre Cuvilliés étant fort petite, il faut trouver des solutions scéniques ingénieuses adaptées à l´exiguïté relative des lieux, un travail auquel s´est attelé Dietrich von Grebmer, qui travaille depuis de longues années avec la metteure en scène qui lui a également confié les nombreux costumes de la production. Une table et quatre chaise, un corps de cheminée et deux grandes armoires rococo forment le décor de la maison de Don Magnifico. Quand le rideau se lève, on aperçoit une Cendrillon recroquevillée parmi les cendres de la cheminée. Un guide entre en scène le parapluie levé, il fait visiter les lieux à une armée d´hommes vêtus à la Sherlock Holmes. Il s´agit d´Alidoro venu pousser une mission de reconnaissance. On voit ensuite Cendrillon se lever pour préparer la table du petit déjeuner. Les deux armoires rococo s´ouvrent et l´on y découvre Clorinda et Tisbé entourées d´un amoncellement de chiffons multicolores qui signalent leurs goûts vestimentaires des plus douteux. Plus tard on fera pivoter la cheminée et les deux armoires dont l´envers représente la salle de bains de Don Magnifico qui apparaît dans le plus simple appareil, les reins ceints d´une serviette de bain, en train de se raser et de faire ses ablutions.

La scène finale dans la grotte de Linderhof
On annonce la venue prochaine du Prince qui cherche chaussure à son pied et, coup de théâtre, au moment où Dandini entre en scène travesti en prince, ce n´est autre que Louis II de Bavière soi-même qui se présente, ce qui ne manque pas d´amuser beaucoup le public bavarois qui continue de vouer un culte sans faille à son "Kini", - c´est ainsi que les Bavarois ont surnommé affectueusement leur roi de contes de fées. Peut-être est-ce parce que la construction du théâtre de la Gärtnerplatz fut autorisée en 1864 par le jeune Roi Louis II de Bavière qui venait d´accéder au trône et que le théâtre célèbre le 150e anniversaire de son ouverture que la metteure en scène a décidé de transposer l´action du conte dans les châteaux du Roi-bâtisseur. Dietrich von Grebmer a recopié à l´identique la tunique bleue sur pantalons blancs du Roi et son manteau d´hermine et coiffe Dandini d´une perruque reproduisant la célèbre coiffure aux cheveux ondulés. Une fois admis que le Prince n´est plus Don Ramiro de Salerne mais bien Louis II de Bavière, on entre dans un délire wittelsbachien qui va aller en s´amplifiant. La toile de fond de scène se lève pour laisser apparaître le château de Neuschwanstein. Pour les scènes au château du Prince, les murs sont ornés d´innombrables fleurs de lys, une des chimères de Louis II qui avait pris le Roi Soleil pour modèle. Lorsque dans les dernières scènes, Angelina revêt ses habits princiers, elle endosse une tenue et se coiffe d´un chapeau qui la transforme en Sissi, la cousine de Louis II qui allait devenir Archiduchesse d´Autriche-Hongrie. Et le final se déroule dans la célèbre grotte du château de Linderhof.  Louis-Ramiro II de Salerne-Bavière y apparaît dans la nacelle royale flottant sur les eaux de la grotte. Ne s´arrêtant pas en si bon chemin, la mise en scène foisonne de détails amusants: Clorinda et Tisbe sont affublées de tenues extravagantes aux couleurs criardes qui font que ces perruches ressemblent à des perroquets; en fin de partie, elles revêtiront des tenues de nonnes, mais, leur naturel de mangeuses d´hommes reprend  le dessus et les nonnes dévoileront bien vite des jambes dénudées pour séduire les gentilshommes de la Cour. Les choristes sont très sollicités pour faire de la figuration et changent constamment de costumes. Armée d´inspecteurs en début d´opéra, ils deviendront, entre autres, serviteurs du prince porteurs de gants bleus, a la couleur favorite de la production qui en décline tout le camaïeu, Bavière oblige, puis écoliers dans une classe reconstituée qui doivent servir de secrétaires à un Don Magnifico, promu grand sommelier, qui veut faire l´inventaire de la cave ou plus tard gentilshommes de la Cour.

L´orchestre et les choeurs, admirablement dirigés par Oleg Ptashnikov ( en alternance avec Michael Brandstätter), font pétiller la musique de Rossini dans l´écrin rococo du Théâtre Cuvillés. Un beau plateau sert la production de manière cependant parfois inégale. Si le moldave Alexandru Aghenie donne un Dandini puissant et convaincant, avec une voix superbement projetée et une personnalité dotée d´un grand charisme, le Don Ramiro de Miloš Bulajić peine à prendre ses marques en première partie, son ténor léger est souvent couvert par l´orchestre. Le chanteur, s´il manque de puissance, excelle cependant dans le colorature rossinien qu´il pratique avec beaucoup de finesse et donne une seconde partie d´opéra nettement plus séduisante. Luciano Di Pasquale a le physique de l´emploi pour camper avec un grand sens de la scène et beaucoup d´humour le personnage de Don Magnifico, dont il sait accentuer les ridicules. Holger Ohlmann donne un excellent Alidoro. Mercedes Arcuri et Dorothea Spilger font d´inénarrables Clorinda et Tisbe. Tamara Gura est une délicieuse Angelina, dont le chant gagne en assurance  pour culminer dans les prouesses vocales du "Nacqui all affanno".

On s´amuse beaucoup à ce spectacle au goût plébéien et bon enfant, tout à fait dans la tradition du Theater-am-Gärtnerplatz qui a depuis 150 ans vocation à servir de théâtre d´action populaire aux Munichois. C´est drôle, c´est d´un kitsch absolu, c´est déjanté, et totalement divertissant.

Prochaines représentations les 13, 14 et 15 novembre 2015. Il ne reste que quelques places d´écoute.

Crédit photographique Christian POGO Zack

Trailer

jeudi 12 novembre 2015

Opéra: la première mise en scène munichoise du Mefistofele de Boito remporte un énorme succès


Le Bayerische Staatsoper vibre au rythme endiablé de la musique d´Arrigo Boito, avec un Mefistofele qui est pour la première fois mis en scène à Munich. Il avait fallu attendre l´an 2000 pour que cette oeuvre majeure y soit interprétée en version concertante. Le Superintendant de l´opéra, Nicholaus Bachler, et ses collaborateurs réalisent un nouveau coup de maître en offrant au public du Théâtre national l´occasion d´assister à cet opéra qu´ils ont confié à des maîtres d´oeuvre inspirés et pour lequel ils ont convié un plateau exceptionnel.

Mefistofele est l´unique opéra achevé par l´auteur des livrets d´Otello et de Falstaff. Boito s´était inspiré librement des deux Faust de Goethe pour produire un livret original à partir des matériaux empruntés au sage de Weimar. En prenant la liberté de placer le diable au centre de son oeuvre, Boito déplace le point de vue en se servant du regard du diable pour relater son histoire. C´est cette même liberté qu´a exercée à Munich le metteur en scène Roland Schwab, notamment dans sa manière de représenter le quatrième acte.

Le rideau est déjà levé et la scène est occupée lorsque les spectateurs rentrent dans la salle. De part et d´autre de la scène des structures métalliques courbes qui ressemblent aux échafaudages qui servent de soutènement aux tunnels lors de leur perçage se détachent sur un fond de scène et des coulisses noirs. La scène est enfumée, des gens sont affalés dans des fauteuils noirs, certains jouent avec les flammes de leurs briquets, un néon rouge trace les lettres du mot 'Open' pour nous inviter à pénétrer l´espace inconnu d´un club underground où l´on découvre des noctambules érotomanes avachis et des cuirettes ou de punkettes plus ou moins dénudées. Sur le devant de la scène un gramophone sur lequel Mefistofele, habillé comme un patron de bar glauque ou un proxénète en costume lilas, les mains gantées de cuir noir, vient poser un disque. La musique, le spectacle peuvent commencer. Des instruments de musique plus ou moins cassés ou déformés jonchent le sol. Les fauteuils sont ensuite repositionnés et tournés vers le fond de scène comme si les figurants allaient assister à une projection. Et, de fait, Mefistofele fait se dresser un écran qui était couché sur le sol. Alors que l´écran se dresse, des blocs de roches noires en tombent et viennent rouler sur le sol. Un vieux film en noir et blanc est projeté et représente un paradis michelangelesque peint sur une coupole d´eglise, puis des images de coupoles, un avion qui traverse le ciel, les immeubles qui longent Central park à New York vus d´en haut. Mefistofele regarde le film du ciel et rentre en conversation cynique avec Dieu. Les choeurs célestes louent le Seigneur depuis les coulisses. Par la  double mise en abyme du gramophone et de la projection cinématographique, Roland Schwab nous donne à voir le paradis vu de l´enfer, le paradis vu par la lorgnette méphistophélienne. Dès ce prologue, le pari de la production est gagné: les choeurs sont magnifiques, l´orchestre somptueux, les décors fascinants, on voit tout de suite que Roland Schwab a le sens des grands tableaux. Des caméras filment en direct la salle et le public qui viennent se projeter sur l´écran, et par ce truchement, cela y est, on est vraiment entrés en enfer. Faust entre alors en scène enchaîné par un collier, peut-être pour suggérer qu´il est l´esclave de ses sens. Des figurants le revêtent d´une chemise blanche sur laquelle ils écrivent en lettres de sang le mot REUE qui en allemand approche les notions de regret, de contrition, de repentance; à ce stade de la représentation sans doute s´agit-il pour Faust de regretter sa jeunesse perdue. Faust fait ensuite tomber l´écran céleste. Baisser de rideau.

Juste avant le début du premier acte, une phrase vient s´imprimer sur le rideau de scène: "Sag ja sag nein, getanzt muss seyn!"("Que tu le veuilles ou non, il faut danser"). Cette phrase on la retrouve sur les tableaux qui depuis le début du 17e siècle représentent la Danse de Mort. Ainsi, en Bavière, de la Füssener Totentanz. Pape, évêque, roi ou gueux, tous un jour la mort nous invitera à sa valse. Mais avant cela, c´est une fête populaire débridée et lascive où Mefistofele entraîne Faust et Wagner, et, -Munich oblige-, c´est à une Oktoberfest que Roland Schwab nous convie, avec ses Tracht et ses Dirndl (les costumes bavarois masculins et féminins), ses coeurs en biscuit au glaçage de sucre qui disent "i mog di " ("je t´aime" en bavarois), et son carrousel qui tourne illuminé en fond de scène, A nouveau ce sens du tableau vivant du metteur en scène!  Mefistofele fume un narguilé en avant scène avant  de se présenter ("Son lo spirito che tutto nega"). Le pacte est conclu. Mefistofele troque ensuite son costume contre une veste cuir et un casque de moto à cornes et prend place sur un roadster. Faust se met à l´arrière et ils partent devant un décor qui défile comme dans le tournage un film.

Nouveau message avant le deuxième acte: "Die Lustgarten des Herrn" ("Les jardins de plaisance du Seigneur"). Dans ces jardins, Faust rencontre une Marguerite habillée en robe de soirée. Une table élégante est dressée comme pour un souper aux chandelles. La couronne d´un arbre tout en fleurs roses descend du cintre pour une nouvelle composition visuelle brillamment orchestrée. Alors que Faust et Marguerite s´enamourent, Mefistofele, qui apprécie décidément l´érotisme SM, lutine avec une femme dans une scène délurée. Tout se déroule comme dans un rêve et bientôt un partie du plateau s´élève et les structures d´acier deviennent mobiles, et s´élèvent et se rabaissent en alternance. La table se renverse, des feux jaillissent tandis que des gens en habits de soirée (le choeur par cent!) portant des flambeaux viennent peupler le plateau pour célébrer la nuit de Walpurgis. Mefistofele trône sur une espèce de chaise roulante, Marguerite est déflorée dans une scène qui confine au viol le plus immonde. Des corps viennent s´agglutiner autour du trône, on apporte un chaudron pour le Prince du monde dont Mefistofele extrait la boule ensanglantée du  monde. Au sol des femmes enceintes sont prises de contorsion tandis que le photo géante d´un foetus est projetée. Faust croit reconnaître Marguerite dans une jeune fille enchaînée. mais Mefistofele dément. Des parties du plateau et les structures d´acier se meuvent au rythme de la musique dans une scène qui donne toute la dimension de ce spectacle dont Roland Schwab a fait une fête visuelle de tous les instants, un spectacle qui emprunte entre autres ses procédés au langage cinématographique des grandes productions avec de grandes scénes de masses. A la fin du deuxième acte, un panneau portant l´indication humoristique "Back in 35 minutes" nous rappelle à la réalité, tout ceci n´est que du spectacle.

En deuxième partie, le spectacle se fait plus intimiste avec un troisième acte qui met la figure de Marguerite en exergue sur une scène désolée où des numéros semblent indiquer comme dans un jeu de l´oie les étapes et les emplacements de son  parcours de misère. Là se trouvent les tombes fleuries de sa mère et un peu plus loin de son enfant, sur lesquelles brûlent des bougies rouges de cimetière. En avant-scène, comme pour indiquer la fin de partie, le signe OUT en lettres de néon rouge indique la sortie. Même de l´enfer on finit par être expulsé. Une bande de plastique blanche et rouge comme celle qui entoure les chantiers ou les zones dangereuses. indique que l´endroit est sinistré. Une pancarte interroge: "Warum? ("Pourquoi?"). Une poussette gît à terre, renversée, inutile à présent. Marguerite erre, hébétée, elle tient par la jambe un ours en peluche, tête en bas. Après un dernier duo avec Faust arrivé pour la sauver, elle entre dans la mort en disparaissant dans une fosse.

Le rideau de scène du dernier acte reçoit l´inscription titre "Le vieux roi en exil". L´acte pendant lequel Faust rencontre Hélène de Troie se déroule dans une maison de soins pour personnes âgées ou dans un hôpital psychiatrique, c´est selon. Des archéologues y font des fouilles et dépoussièrent avec grand soin des fragments qu´ils extraient de la terre. Reliques de la Troie antique ou fragments de mémoires perdues? Faust atteint de démence sénile prend l´infirmière en chef pour Hélène de Troie. Roland Schwab donne ici une interprétation cohérente du texte du livret dans lequel Mefistofele avoue qu´il a transporté Faust dans un royaume de légende ("il regno delle favole"), ce que Faust finira par reconnaître dans l´épilogue salvateur ("l´ideal fu sogno"). Les délires de la démence sénile succèdent ainsi à la douleur de perdre Marguerite. Roland Schwab organise ainsi les deux actes de la deuxième partie dans une logique de la déchéance avant l´étonnante et très optimiste rédemption de l´épilogue. Dans le monde de Boito, nous serons tous sauvés, et il n´y a que Mefistofele pour rester désabusé et ne pas le comprendre.

Roland Schwab a réalisé une mise en scène serrée qui déroule l´action sans laisser de répit,  avec un sens fabuleux de la théâtralité et de la symbolique, des grands tableaux vivants magnifiquement réussis et une organisation intelligible des détails qui renforcent l´ensemble d´une production qui tient le public constamment en haleine. Une très grande mise en scène que l´on reverra avec grand plaisir.

Comme un bonheur ne vient jamais seul, à l´intelligence de la mise en scène viennent s´ajouter l´excellence de l´orchestre et des choeurs qui, entraînés par Sören Eckhoff, atteignent ici à une rare perfection d´unisson. Le chef israélien Omer Meir Wellber, qui fut l´assistant du Maestro Barenboim, donne une lecture inspirée de la somptueuse partition de Boito, qu´il laisse se développer dans toute sa splendeur. La direction d´orchestre est aussi précise et rythmée que la mise en scène. La magie du son s´unit à la magie de la scène pour une grande soirée d´opéra qui prend le public aux tripes.

René Pape fait ici une prise de rôle avec ce Mefistofele pour lequel il lui a fallu développer un jeu théâtral plutôt neuf et assoupli dans sa carrière de grande basse en se mettant dans la peau d´un diable cynique et retords, filou et goguenard comme un petit truand. Si on retrouve les qualités magnifiques des cavernes profondes de sa voix aux chaleurs ténébreuses  et s´il est à l´aise dans la technique du sifflement puissant qu´exige le rôle, il ne crève cependant pas l´écran. Avec ce premier Mefistofele, il n´atteint pas encore aux interprétations légendaires de grands prédécesseurs comme Boris Christoff ou Fédor Chaliapine. Face à lui, Joseph Calleja, qui ne brille pas par ses qualités d´acteur, développe toute la beauté de sa voix lumineuse et solaire avec ses chatoiements de couleurs dorées, une projection et un phrasé extraordinaires,  il donne un Faust vocalement si impressionnant qu´on en oublie son statisme scénique. Kristine Opolais joue avec une grande force théâtrale une Marguerite élégante qui semble issue de la meilleure société, et qui se transforme en deuxième partie en un être désespéré, hagard et hébété, folle d´avoir tué et sa mère et son fils, mais ce jeu scénique d´exception ne pallie pas les faiblesses dans l´aigu, trop crié dans la scène de folie du troisième acte. avec un soprano qui vacille et trébuche malgré de fort beaux graves. Les rôles secondaires sont superbement tenus avec le très beau Wagner d´Andrea Borghini, un des membres de la troupe de l´opéra, qui donne parfaitement la réplique, en pleine puissance, au Faust de Calleja, avec qui il forme une fort belle paire vocale, les qualités plus sombres de Borghini mettant en valeur la voix rayonnante de Calleja dans une belle harmonie. Un des grands bonheurs de la soirée est l´Elena de Karine Babajanyan, dont le sens dramaturgique n´a d´égal que la beauté de l´interprétation. Enfin Heike Grötzinger donne une interprétation des plus convaincantes de Marta. La soirée est ponctuée de délicieux moments comme le quatuor des deux couples amoureux, le superbe duo "Folletto" du deuxième acte, ou le duo final entre Faust et Marguerite, "Lontano, lontano".

Si à l´épilogue Mefistofele casse le disque qu´il avait placé sur son gramophone à l´ouverture, on aura plaisir à venir le réentendre à l´opéra de Munich.

Prochaine représentation le 15 novembre 2015. Cette représentation sera diffusée sur internet  à partir de 19H (Staatsoper TV), une occasion à ne pas manquer!
L´opéra sera également joué l´été prochain pendant le Festival les 21 et 24 juillet 2016 avec la même distribution.

Crédit photographique: Wilfried Hösl

jeudi 5 novembre 2015

Reprise du Werther de Massenet dans la mise en scène de Jürgen Rose au Bayerische Staatsoper.


Alors qu´une grande exposition rétrospective consacrée à Jürgen Rose vient de fermer ses portes au au Deutsches Theatermuseum de Munich,  le Bayerische Staatsoper nous offre l´occasion de revoir deux de ses productions, en novembre le Werther de Massenet qu´il avait monté en 2006 et, en décembre, la Flûte enchantée de Mozart. Comme souvent, le metteur en scène munichois d´adoption s´est chargé de toutes les composantes scéniques du spectacle, en concevant les moindres détails des décors, des costumes et des éclairages, avec pour effet une grande cohérence du propos théâtral. 

Par nombre de ses options, Jürgen Rose prend l´exacte mesure du romantisme du personnage .en reflétant bien l´esprit du roman épistolaire de Goethe. Pendant l´ouverture, on a le loisir d´examiner le rideau d´avant-scène à l´allemande couvert des écrits de Werther qui s´organisent en cercles concentriques autour de la mention d`Ossian, le poète favori du jeune homme, et qui font mention des principaux thèmes du roman, la nature et l´amour mélancolique. Derrière le rideau on entrevoit par transparence Werther installé à un bureau, écrivant juché sur un rocher. Jürgen Rose fait un usage multiple du symbolisme du rocher, objet insolite au milieu d´une scène au décor évoquant la vie simple d´une bourgeoisie campagnarde: le rocher isole le héros romantique mélancolique et perpétuellement insatisfait qui s´y retire comme au sommet une tour d´ivoire ou préfigure une roche tarpéienne, un lieu d´auto-exécution. Peut-être aussi un rocher à la Sisyphe, représentation de la psyché d´un homme torturé, obsédé par une idée fixe qu´il pousse continuellement par devant soi sans parvenir à la faire aboutir et qui le conduira au suicide. Avec ce rocher central et incongru, Jürgen Rose met l´isolement de Werther au coeur de la mise en scène. Ce centre qui est aussi le lieu de l´écriture vient s´éclabousser en gribouillages sur les parois et le plafond d´un grand caisson de scène, qui dénotent l´univers mental du protagoniste. Le rocher est aussi le centre du plateau tournant support de la vie simple et tranquille d´une société vertueuse où l´on s´adonne à la répétition, en plein mois de juillet, des cantiques de Noël, à la célébration du bon vin ou aux festivités qui honorent le vieux couple du pasteur. Au symbolisme du rocher vient s´ajouter celui de l´utilisation des lumières, éclatantes ou assombries au gré des humeurs des personnages.

Cette conception globale aurait pu transmettre la substantifique moelle du propos goethien, avec un excellent travail d´interprétation thématique; elle achoppe cependant  sur un hiatus de taille , celui de la transposition de l´action dans les années 30 ou 40 du siècle dernier. L´impossibilté de concrétiser un amour en butte aux contraintes morales et sociales, qui à l´époque de la société du Sturm und Drang est historiquement compréhensible, et que l´on peut encore comprendre au temps de Massenet, où l´on a tout au moins encore la culture de ce qu´on a pu appeler la fièvre de  Werther ou, en France, des solitudes lamartiniennes, n´a pas passé le cap de la première guerre mondiale, qui a vu l´effondrement des valeurs traditionnelles. On est en droit de s´interroger sur l´opportunité de ce changement d´époque qui ne semble rien apporter au propos, mais au contraire le déforce par son inadéquation sociétale et qui diminue l´impact du travail dramatique. Peut-être Jürgen Rose, en situant l´action au 20 siècle, a-t-il voulu signifier l´intemporalité du drame de Werther, un drame qui nous semble tout au contraire entièrement inscrit dans un contexte socio-historique très précis.

Angela Brower (Charlotte) et le choeur d´enfants du BSO. 
La reprise de ce mois de novembre est confiée à la baguette d´Asher Fisch qui donne une interprétation mélodique inspirée de la musique de Massenet, en en  soulignant l´intensité dramatique. Le chef sait aussi apaiser l´orchestre pour ménager les chanteurs, notamment Angela Brower qui, pour sa prise de rôle, donne une Charlotte plutot insipide et sans corps, avec un soprano décevant, d´autant que le Werther de Matthew Polenzani (-dans la seconde distribution, lors des deux premières soirées le rôle-titre a été chanté Par Rolando Villazón-) est de toute beauté avec une pureté du son, un phrasé remarquable, une diction française impeccable, un legato d´une grande musicalité et des facilités dans l´aigu. Un rôle qui lui va comme un gant. Il donne un superbe "Rêve! Extase! Bonheur!" et son "Pourquoi me réveiller" est  d´abord délicatement nuancé pour se terminer en pleine puissance. En l´absence d´une Charlotte crédible, son véritable interlocuteur est alors Michael Nagy qui rend le personnage d´Albert plutôt sympathique avec la chaleur de son baryton élégant et séduisant. Hannah-Elisabeth Müller donne quant à elle une Sophie d´une naïveté ingénue et fort touchante. Enfin le choeur d´enfants de l´Opéra d´Etat de Bavière, un choeur auquel Massenet a donné une place centrale tout au long de l´opéra, apporte une note aussi charmante que sereine en opposition avec le désespoir morbide de Werther.

Crédit photographique Wilfried Hösl

mercredi 4 novembre 2015

Le Theater-am-Gärtnerplatz fête ses 150 ans et vous offre le Sekt!


Inauguré le 4 novembre 1865, le Théâtre de la Gärtnerplatz fête aujourd´hui son 150ème anniversaire. A cette occasion son direction général, Joseph E. Köpplinger, nous invite à venir déguster un verre de Sekt sur la Gärtnerplatz à 17 heures. Après quoi des animations évoquant l´histoire du théâtre nous seront présentées. 

Voir le site du théâtre pour plus d´infos en allemand.




Belles promenades bavaroises: le Lautersee en automne

























Crédit photographique Luc Roger

mardi 3 novembre 2015

L´humoriste Holger Edmaier en tournée: il sera à Munich le 13 novembre!


L´excellent chanteur cabaretiste Holger Edmaier est sur les startings blocks pour sa tournée hivernale, avec des numéros détonants comme ce pastiche de la célèbre chanson de Noel Stille Nacht sur la musique Atemlos d´Helene Fischer . Sa tournée commence le 13 novembre au "Theater und so fort" de Munich pour continuer à Stuttgart à la fin du mois. A ne pas manquer si l´on pratique bien la langue de Goethe!



Voir la page web de l´artiste ou sa page facebook

Pour réserver:
Theater ... und so fort
Kurfürstenstr. 8, München