mercredi 27 juillet 2016

Parsifal, un poème de Paul Verlaine

Parsifal

 Dedit et tristibus sanguinis poculum.*
(Saint-Thomas d’Aquin)
Sir Percivale
Whom Arthur and his Knighthood call’d the Pure
(Tennyson)

Parsifal a vaincu les Filles, leur gentil
Babil et la luxure amusante - et sa pente
Vers la Chair de garçon vierge que cela tente
D'aimer les seins légers et ce gentil babil;

Il a vaincu la Femme belle, au cœur subtil,
Étalant ses bras frais et sa gorge excitante;
Il a vaincu l'Enfer et rentre sous sa tente
Avec un lourd trophée à son bras puéril,

Avec la lance qui perça le Flanc suprême!
Il a guéri le roi, le voici roi lui-même,
Et prêtre du très saint Trésor essentiel.

En robe d'or il adore, gloire et symbole,
Le vase pur où resplendit le Sang réel.
- Et, ô ces voix d'enfants chantant dans la coupole!


Poème publié pour la première fois dans la Revue wagnérienne du 8 janvier 1886

*Dedit fragilibus corporis ferculum, dedit et tristibus sanguinis poculum,
dicens: Accipite quod trado vasculum; omnes ex eo bibite.
 Sa Chair sainte à la chair fragile par faiblesse, Son Sang au pauvre cœur qu’égare la tristesse;
Il leur dit: le calice est préparé pour vous, Venez y boire, venez tous.

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