Rechercher dans ce blog

mardi 29 septembre 2015

Les rendez-vous internet du Théâtre national de Munich

Crédit photographique: Wilfried Hösl
Cette saison l´Opéra et le Ballet d´Etat de Bavière nous invitent à suivre sept spectacles plus exceptionnels les uns que les autres  sur leur site http://www.staatsoper.de/tv.  Des rendez-vous à ne pas manquer.

23 octobre 2015
Richard Strauss
Ariadne auf Naxos

Direction musicale Kirill Petrenko
Mise en scène Robert Carsen
avec Amber Wagner, Brenda Rae, Alice Coote, Peter Seiffert u.a.

15 novembre 2015
Arrigo Boito
Mefistofele
(nouvelle mise en scène)
Direction musicale: Omer Meir Wellber
Mise en scène: Roland Schwab
Avec René Pape, Joseph Calleja, Kristine Opolais

12 décembre 2015
Sergei Prokofiev
L´oiseau de feu
(nouvelle mise en scène)
Direction musicale: Vladimir Jurowski
Mise en scène: Barrie Kosky
Avec Evgeny Nikitin, Evelyn Herlitzius, Elena Manistina

19 mars2016
Giuseppe Verdi
Un ballo in maschera
(nouvelle mise en scène)
Direction musicale: Zubin Mehta
Mise en scène: Johannes Erath
Avec Piotr Beczala, Simon Keenlyside, Anja Harteros

12 juin 2016
Marius Petipa / Ivan Liška
Le Corsaire

Direction musicale: Aivo Välja
Solistes et Ensemble du Bayerischen Staatsballett

26 juin 2016
Fromental Halévy
La Juive (Nouvelle mise en scène, première du Festival d´opéra)

Direction musicale: Bertrand de Billy
Mise en scène: Calixto Bieito
Avec Kristine Opolais, Roberto Alagna, John Osborn, Aleksandra Kurzak

31 juillet 2016
Richard Wagner
Die Meistersinger von Nürnberg (nouvelle mise en scène, Opernfestspiele)

Direction musicale: Kirill Petrenko
Mise en scène: David Bösch
Avec Wolfgang Koch, Christof Fischesser, Jonas Kaufmann, Sara Jakubiak

lundi 28 septembre 2015

Une oeuvre de Gabriele Münter entre pour la première fois dans les collections françaises


Drachenkampf (Le combat du dragon), une huile sur toile de l´artiste allemande Gabriele Munter (1877 - 1962) est entrée dans les collections du Centre Pompidou grâce au don de la Société Kandinsky. L´oeuvre de 78 x 100 cm a été réalisée par l´artiste en 1913.

Gabriele Münter (Berlin, 19 février 1877 - Murnau am Staffelsee, 19 mai 1962) est une peintre allemande du mouvement expressionniste. Elle est l'une des représentantes majeures de l'avant-garde munichoise du début du 20e siècle en tant que membre du mouvement artistique du Blaue Reiter (mouvement du Cavalier bleu).

Gabriele s´est installée à Munich en 1901, après un séjour de deux ans auxEetats-Unis. Ne pouvant pas entrer à l'Académie des Beaux-Arts, les femmes n´y étant alors pas encore admises,  elle fréquente une école de peinture pour femmes, tout en se rendant aux cours de peinture de la Phalange, l'école de Vassily Kandinsky. À l'été 1902, le peintre russe invite Gabriele à suivre ses cours d'été dans les Alpes, au sud de Munich, dans le village de Murnau am Staffelsee. Pendant ce séjour, une relation amoureuse s'établit entre le maître et son élève qui continue de suivre ses cours pendant un an, jusqu'à ce que Kandinsky ferme son école. Gabriele Münter et Vassily Kandinsky affichent alors leur liaison; ils vivent ensemble sans être mariés. La liaison sera interrompue par la guerre 14-18. Kandinsky de par sa nationalité russe est considéré en Allemagne comme ennemi de la patrie et doit quitter le pays. Il ne rompra formellement sa relation avec Gabriele Münter qu´en 1917, après l´avoir revue une dernière fois en Scandinavie.

Le Combat du dragon est une oeuvre inspirée d´une sculpture d´art populaire russe qui se trouvait alors en possession de Vassily Kandinsky. L´oeuvre fut notamment reproduite dans l´Almanach du Blaue Reiter, dont Kandinsky et Franz Marc  étaient les rédacteurs. Le combat de Saint Georges contre le dragon a été représenté à plusieurs reprises par les artistes du Blaue Reiter. Il symbolise leur combat avant-gardiste dans un environnement qui leur est hostile. L´oeuvre de Gabriele Münter retient l´attention par sa dynamique, son colorisme et son arrière-plan quasi abstrait. Elle vient heureusement compléter la collection de peintures du Blaue Reiter conservée au Centre Georges Pompidou à Paris.

dimanche 27 septembre 2015

La tombe de Fritz Wunderlich à Munich


Fritz Wunderlich  26.09.1930; † 17.09.1966

Le grand ténor allemand  Friedrich Karl Otto Wunderlich est né le 26 septembre1930 à Kusel et est décédé des suites d´un accident le 17 septembre 1966 à Heidelberg. Il aurait eu 85 ans hier. Il repose au Waldfriedhof de Munich, la ville où il s´était installé avec sa famille, après avoir vécu à Stuttgart.

Tombe Nr. 212-W-18 au Waldfriedhof de Munich

vendredi 18 septembre 2015

Concours de musique ARD: deuxième soirée des concerts des lauréats

Les lauréats du Concours ARD 2015. De gauche à droite: Lok Ping et Lok Ting Chau, Jonathan Reith, Piano Duo ShinPark, Guilhem Kusnierek, Duo Ani et Nia Sulkhanishvili, Eduardo Belmar, Emalie Savoy,Michael Buchanan, Sébastian Jacot, Alina Shalamova & Nikolay Shalamov Piano Duo, Francisco López Martín, Marion Lebegue et Sooyeon Lee.
La deuxième soirée de concert des lauréats du Concours musical international ARD 2015 a eu lieu hier soir au Prinzregententheater. Les lauréats étaient accompagnés par l´excellent Orchestre de chambre munichois (Münchner Kammerorchester) avec à sa tête la Konzertmeisterin Franziske Hölscher.

Comme lors de la première soirée, les lauréats ont réservé au public ravi d´incroyables délices musicales, avec, pour les oeuvres accompagnées par l´orchestre, un programme baroque et mozartien.
C´est ainsi qu´on a pu écouter le tromboniste francais Jonathan Reith dans le très allègre Concerto pour trombone et cordes de Johannn Georg Albrechtsberger. Un vrai ravissement, Jonathan Reith étant un maître accompli d´un instrument dont il tire des harmonies aussi précises que nuancées. Eduardo Belmar a ensuite fait pleurer les anges de joie dans son interprétation du Concerto pour flûte et cordes (Wq.168) de Carl Philippe Emmanuel Bach. Si Belmar apprécie la sécurité que donne la présence d´un chef d´orchestre, il chérit plus encore la liberté de pouvoir jouer avec un orchestre sans maestro au pupitre. Enfin, la délicieuse soprano coréenne Sooyeon Lee, adulée par le public qui lui a attribué son prix, a interprété le Rejoice gratly du Messie de Händel avec la joie pétillante et communicative de sa voix cristalline et ambrée comme une coupe de champagne pour enchaîner ensuite avec l´air menaçant et funeste de la Reine de la Nuit, O zittre nicht, mein lieber Sohn, qu´elle a chanté avec un colorature virtuose comme en se jouant des difficultés du morceau.

Pour la partie moderne et contemporaine sans orchestre, on a pu entendre la version pour deux pianos de la Rhapsodie espagnole de Maurice Ravel interprétée par les fabuleuses soeurs jumelles géorgiennes Ani et Nia Sukhanishvilli, qui nous ont donné le spectacle hallucinant et mystérieux d´une communication et d´une connivence quasi surnaturelles. Les deux soeurs qui semblent possédées par le génie de la musique donnent l´impression d´entrer dans une transe rituelle qui au fil de la composition s´accentue jusqu´à la frénésie du dernier mouvement. Un enchantement proche de l´ envoûtement. Cerise sur le gâteau, le cadeau inattendu des organisateurs du concours qui ont invité le tromboniste brésilien José Milton Vieira Leite Filho à se produire dans son extraodinaire interprétation de la non moins extraordinaire oeuvre contemporaine imposée composée pour le concours par le tromboniste Christian Muthspiel. Une oeuvre intitulée Is my shoe still blue, imprégnée de jazz, et qui explore les moindres possibilités de l instrument´, avec des effets étonnants et parfois détonants.

Une grande soirée musicale, donnée par d´exceptionnels lauréats tout à la joie de leur succès et un orchestre d´une qualité rare.

On peut encore ce soir suivre le troisième concert des lauréats à la radio (BR-Klassik) ou en video live stream via internet. Les enregistrements des trois concerts resteront de plus pour quelque temps accessibles en ligne.  Le troisième concert a lieu ce vendredi soir à la Herkulessaal de la Résidence.

Pour suivre les concerts via internet ou les réentendre à la demande, cliquer ici. 


Pour réserver en ligne, cliquer ici (places restantes).

jeudi 17 septembre 2015

Concours de musique ARD: les concerts des lauréats ont commencé

Les lauréats du Concours ARD 2015. De gauche à droite: Lok Ping et Lok Ting Chau, Jonathan Reith, Piano Duo ShinPark, Guilhem Kusnierek, Duo Ani et Nia Sulkhanishvili, Eduardo Belmar, Emalie Savoy,Michael Buchanan, Sébastian Jacot, Alina Shalamova & Nikolay Shalamov Piano Duo, Francisco López Martín, Marion Lebegue et Sooyeon Lee.
Après l´intense effort, place à la fête! Le Concours international de musique ARD vient de connaître une glorieuse 64ème édition, avec des candidats exceptionnels. Depuis hier soir, pour trois soirées, il nous propose de venir entendre les lauréats en concert. On peut aussi suivre les concerts des lauréats à la radio ou en video live stream via internet. Ces enregistrements resteront de plus pour quelque temps accessibles en ligne. Les deux premières soirées se déroulent au Prinzregententheater. Le troisième concert aura lieu ce vendredi soir à la Herkulessaal de la Résidence.

Hier soir on a pu entendre le flûtiste espagnol Francisco López Martín, la mezzo française Marion Lebegue, le duo pour piano Lok Ping & Lok Ting Chau, originaires de Hong Kong, le duo pour piano coréen  ShinPark, le tromboniste francais Guilhem Kusnierek et la soprano américaine Emalie Savoy, accompagnés par l´excellent orchestre munichois de radiodiffusion (Münchner Rundfunkorchester) placé sous la direction précise et attentive de Darell Ang. La modération de la soirée était assurée par 
Jerzy May, un présentateur à l´humour empreint de bonhomie toujours à l´affut de l´anecdote qui met en valeur la personnalité des lauréats.

Les compositeurs français étaient à l´honneur hier soir, avec le concerto pour flûte et orchestre d´André Jolivet exécuté avec une ferveur toute méridionale par Francisco López Martín, véritable coqueluche du public qui lui a également décerné son prix. Marion Lebègue, qui avait à nouveau revêtu sa somptueuse robe gitane rouge, a elle aussi donné un programme français avec la lettre de Charlotte du Werther de Massenet et, de Georges Bizet, son fougueux et sensuel "Près des remparts de Séville" dans lequel la mezzo angevine incarne une Carmen brûlant des démons de la passion. Programme français encore avec la Valse, le poème chorégraphique de Maurice Ravel, interprété par le duo coréen ShinPark avec les amusantes audaces scéniques d´un des pianistes qui, à plusieurs reprises, tape vigoureusement le clavier du poing pour la plus grande joie du public. La France toujours avec l´interprétation de la Fantaise Carmen pour deux pianos d´après Georges Bizet de Greg Anderson par les jumelles Lok Ping et Lok Ting, médaillées de bronze dans leur discipline qui fut véritabelemt le cru de l´année 2015, les concurrents étaient tellement exceptionnels que le jury a décerné quatre prix en désignant deux deuxièmes prix ex aequo!

La France encore avec le tromboniste Guilhem Kusnierek, qui a interprété une oeuvre très jazzy, allemande cette fois, le Capriccio pour trombone et sept instruments de  Bernhard Krol.

La soirée s´est terminée en apothéose avec la glamoureuse soprano américaine Emalie Savoy, qui a conquis le public avec sa voix puissante et une vibrante présence en scène, avec un grand air du Freischütz de Weber, "Wie nahte mir der Schlummer – Leise, leise fromme Weise".

Pour suivre les concerts via internet ou les réentendre à la demande, cliquer ici. 
Pour réserver en ligne, cliquer ici (places restantes).





mercredi 16 septembre 2015

Haute couture: la Kunsthalle de Munich accueille l´expo itinérante consacrée à Jean-Paul Gaultier

Peter Lindbergh
Jean Paul Gaultier & Nadja Auermann, Paris, 2015.
© Peter Lindbergh Studio, Paris / Gagosian Gallery
Double jubilé pour la  Kunsthalle de Munich fête à la fois ses trente ans d´existence et sa centième exposition. A cette occasion elle se transforme en podium de haute couture du 18 septembre 2015 au 14 février 2016 avec une exposition qui présente 160 créations d´un des plus grands créateurs de mode contemporain.

Munich après Paris où l´expo Jean-Paul Gaultier a attiré cet été plus de 400000 visiteurs et surtout visiteuses (80/100 de femmes contre 20/100 d´hommes). L´exposition itinérante a été réalisée par le Musée des Beaux-arts de Montréal et la collaboration de la Maison Jean Paul Gaultier de Paris. L´expo a été initiée en 2011 et mise en tournée par Nathalie Bondil, directrice et conservatrice en chef du Musée des Beaux-Arts de Montréal, et préparée par Thierry-Maxime Loriot, qui en est le commissaire (un commissaire d´autant plus compétent qu´il a commencé sa carrière comme mannequin!). Munich est la onzième étape de la tournée mondiale de cette exposition. 

L´exposition intitulée « From the catwalk to the sidewalk » n'est pas vraiment conçue comme une rétrospective de l´oeuvre du génial créateur français,  même si des créations de toutes les périodes de l´artiste sont présentées, mais  plutôt comme un spectacle,  une mise en scène qui nous plonge dans l'univers de Jean-Paul Gaultier et véhicule son message de tolérance et d´ouverture, un message novateur qui fait fi de tous les stéréotypes et de toutes les conventions. Elle retrace 40 ans de carrière du créateur au travers de 160 pièces avec, outre des vêtements typiques du prêt-à-porter qui ont contribué à révolutionner l´art de la mode,  des pièces de collection extraordinaires comme le corset arboré Madonna lors de sa tournée Blond ambition Tour ou encore  les costumes confectionnés pour le film Kika de Pedro Almodovar.

L´expo se décline en sept chapitres et commence par une salle qui rappelle le salon de beauté de la grand-mère du petit Jean-Paul qui y circulait fasciné par le charme désuet des corsets, une pièce d´habillement  qui devait devenir centrale dans ses créations. Les diverses salles mettent en scène ici le monde de la mer, avec des marins sensuels et des sirènes ou des nymphes auxquelles viennent se mêler, comme en contrepoint, des saintes et des madones, là celui de la jungle, plus loin le punk cancan, là encore un podium où des mannequins défilent, ou, en fin de parcours, une fabuleuse collection de robes de mariées. Oktoberfest oblige, on verra aussi des créations de vêtements bavarois
que Jean-Paul Gaultier a spécialement créés pour l´expo munichoise.

Partout on ae rend compte du rôle prépondérant de la photographie dans l´oeuvre de Gaultier et des relations privilégiées qu´il a entretenues avec nombre de photographes, Andy Warhol, Peter Lindbergh ou Pierre et Gilles pour ne citer qu´eux. Celui aussi du cinéma qui fascine l´artiste qui a collaboré à de nombreux films dont il a réalisé les costumes.

L´oeuvre de Jean-Paul Gaultier et profondément érotisée, il magnifie le corps de la femme en en soulignant et en en détaillant les attributs avec ses corsets aux seins coniques à lignes concentriques et pointus ou avec ses tissus imprimés de photographies de sexes féminins ou porteurs de pubis en relief. Une oeuvre au delà des tabous qui est également tout à fait ouverte à la diversité et qui brise les frontières que d´aucuns voudraient trouver au genre. Chantre du mariage gay auquel il a consacré une collection, Jean-Paul Gautier qui depuis toujours crée des corsets et des jupes pour hommes a conçu la première robe de marié pour homme. Il a aussi habillé Conchita Wurst, un artiste qui dispose d´un énorme charisme à l´aune de son talent  et qui  s´est créé une personnalité scénique unique.

L´exposition est dynamisée par l´animation de nombreux mannequins parlants et aux visages mobilisés par des projections vidéo d´une technique de pointe telle qu´elle parait leur donner la vie et dont les messages nous font pénétrer plus avant dans la vision du monde de Jean-Paul Gaultier, un des plus fascinants créateurs contemporains.

A ne pas manquer, un des grands événements de la collection automne-hiver des expos munichoises!

Jusqu´au 14 février 2016 à la Kunsthalle de Munich.




vendredi 11 septembre 2015

Demi-finale du Concours de chant ARD 2015: quatre finalistes et un scandale


Le Concours ARD 2015 a connu hier en fin d´après-midi une somptueuse demi-finale avec huit demi-finalistes d´exception. Le jury a retenu quatre finalistes féminines à l´issue de la compétition. Il s´agit de Suzanne Fischer (Grande-Bretagne), de la mezzo-soprano Marion Lebègue (France), de Sooyeon Lee (Corée du Sud) et d´Emalie Savoy (Etats-Unis). Des chanteurs accompagnés par le Münchner Rundfunkorchester (Orchestre munichois de radiodiffusion) dirigé avec rigueur et enthousiasme par Darrell Ang, un chef qui, comme l´orchestre, a eu le souci d´apporter le meilleur soutien aux candidats par une attention de tous les instants.

Les décisions du prestigieux jury présidé par Robert Holl ( et composé de Helen Donath, Konrad Jarnot, Thomas Moser, Gabriele Schnaut, Anja Silja et Stephen Varcoe) sont bien entendu pleinement justifiées. On se dit qu´elles ont pu être difficiles vu l´excellence du niveau général des candidats. On regrettera sans doute, -dura lex, sed lex-,  l´élimination des deux demi-finalistes masculins: le contre-ténor coréen Siman Chung, un jeune chanteur au timbre magnifique qui charme par ses beaux trémolos, la finesse et la fluidité de sa ligne vocale, la longue tenue des notes les plus aigues, une stature élancée et une belle prestance, et une expressivité magique dans le "Oh patria- Di tanti palpiti" du Tancrède de Rossini, et la basse allemande Sebastian Pilgrim dont on a à nouveau pu apprécier les qualités théâtrales, les jeux d´expression faciale, tant dans le comique ( son Osmin de l´Enlèvement au sérail) que dans le tragique dans l´air de Jacopo Fiesco extrait de Simon Boccanegra. 


Marion Lebègue (France)
Les quatre concurrentes retenues pour la finale exclusivement féminine ont suscité un enthousiasme mérité. Suzanne Fischer a donné un "How beautiful it is" (Britten, The turn of the screw) remarquable de justesse émotionnelle avec un phrasé impeccable, sa Gilda dans "Caro nome" étant plutôt empreinte de retenue dans l´expression, avec plus de finesse que d´eclat. L´Américaine Emalie Savoy a une présence physique impressionnante qui n´a d´égale que la puissance de son organe: une soprano qui donne de beaux graves dans le "Vado, ma dove ? Oh Dei!", avec un sens aigu de la dramatisation. Elle a interprété ensuite l´Air des bijoux, exprimant avec pas mal d´enthousiasme l´émerveillement naïf de Marguerite. Son attaque ("Les grands Seigneurs...") ne brille pas par l´articulation et, si son français est généralement correct, on décèle ça et là une erreur de prononciation ("Hun miroir", donné avec un h aspiré incongru). Sooyeon Lee a charmé par sa voix délicatement filetée dans l´aigu et la drôlerie de son interprétation et le beau colorature de ses  "Oiseaux dans la charmille" . Enfin, dernière candidate à se produire, but not least!, la brillante prestation de la Française Marion Lebègue qui a littéralement brûlé les planches avec le périlleux exercice straussien du  "Sein wir wieder gut" extrait d´Ariadne auf Naxos, un air bourré d´embûches et que Marion Lebègue a chanté avec aplomb et maestria, avec notamment un "Dennoch, dennoch..." absolument fabuleux. Cette chanteuse a une présence en scène et un charisme époustouflants. Elle a choisi une tenue de gitane, une robe rouge magnifiquement brodée de noir, et une coiffure élaborée pour donner avec éclat un envoûtant "Près des remparts de Séville" digne de la cour des plus grandes. Voila une sérieuse candidate au premier prix, et, quel que soit le verdict du jury, une chanteuse dont aura un plaisir passionnant à suivre la carrière!

Ce beau tableau a cependant été entaché par le curieux morceau imposé, une composition commise par la compositeure Chaya Czernowim, intitulée Adiantum Capillus-Veneris, le nom latin d´une fougère. Une histoire de fougère donc, ces cheveux de Vénus n´étant autre que la capillaire de Montpellier: cette capillaire entre dans la composition d´un sirop aux vertus pectorales, et c´est bien ce qu´on a pu entendre, une espèce d´expectoration discrète. Point de musique, pas de chant, aucune parole, mais des respirations sifflées, des inspirations retenues. Madame Czernowin a introduit son oeuvre en nous annonçant qu´on n´entendrait là rien de dramatique ni de tragique, rien de semblable à ce qu´on connait, mais qu´il s´agirait d´un autre type d´expression, une étude sur la fragilité, un poème en musique écrit sur une ligne presque invisible, tout en intériorité.

Et effectivement il n´y eut pas de chant, mais des expirations soufflées dans un micro (sic!), des rétentions respiratoires, des sifflements, des bouches en cul-de-poule et autres exercices de néo-prayanama. Et ce qui devint invisible, c´est le public qui se mit à quitter la salle, dès que le premier chanteur, l´élégant contre-ténor coréen Siman Chung, se fut livré aux mimiques de l´exercice imposé. Heureusement, le morceau imposé était exécuté par les demi-finalistes en deuxième apparition sur scène. En seconde partie, avant que les quatre derniers chanteurs ne reviennent en scène pour le morceau imposé, la salle s´est, sans exagérer, tout simplement vidée aux deux tiers...

Le public munichois s´est montré discipliné et surtout respectueux du travail des concurrents. Il s´est abstenu de huer cette étrange contre-oeuvre. Seule une dame dans l´assistance s´est mise à rire tout haut de très bon coeur, un peu à la manière de l´enfant du conte d´Andersen, Les habits neufs de l´empereur, qui s´écrie en voyant passer son souverain dans le plus simple appareil: "Mais il n´a pas d´habit du tout!" Sans doute le fou-rire de la spectatrice signifiait-il "Mais ce n´est pas du chant!"!

Que l´on réserve ce type d´expérimentation à un festival de musique contemporaine, soit! Mais quand l´on pense un moment  à l´énorme masse de travail des jeunes chanteurs et chanteuses qui se préparent à un concours de chant des plus prestigieux, et qui traversent des continents pour venir s´y présenter, quand l´on songe à l´énorme talent qu´il faut pour accéder à la demi-finale, au tremplin que ce concours représente dans une carrière de chanteur, on comprend aisément qu´une grande partie du public ait marqué son désaccord en quittant dignement la salle.

Oublions cela, la célébration du chant continuera lors de la finale de demain, 12 septembre, qui sera aussi diffusée en video live stream sur le site de BR Klassik.












jeudi 10 septembre 2015

Concours ARD 2015: Michael Buchanan remporte le premier prix dans la catégorie trombone

Michael Buchanan, premier prix et prix du public
Triomphe de la jeunesse et du talent hier soir lors de la finale du 64e Concours international de musique ARD où tant le jury que le public ont couronné le jeune Anglais Michael Buchanan, né en 1993, qui a donné une interprétation du Concertino pour trombone et orchestre de Ferdinand David  (1810-1873) caractérisée à la fois par une extrême sensibilité et une technique magistrale. Le jeune trombone solo fait une carrière aussi précoce que brillante et irradie la scène d´un jeu empreint d´un grand charisme. Il l´a sans doute emporté de peu sur l´excellent Jonathan Reith (deuxième prix), premier trombone à l´Orchestre de Paris, qui nous a offert un jeu d´une grande richesse avec un sens profond de la nuance et donné une démonstration magistrale des possibilités de son instrument en détaillant une belle palette d´émotions, en sortant des tons chauds agrémentés de belles couleurs. Le troisième prix revient à Guilhem Kusnierek qui a ouvert la soirée avec un jeu d´une technique irréprochable mais plutôt froid dans son interprétation de ce concertino qui se caractérise pourtant par des changements rapides d´atmosphère, passant de la sérénité à l´orage, et dont le second mouvement avec sa 'Marcia funèbre' demande que l´on exprime avec délicatesse les nuances de la tristesse.

L´excellent Orchestre symphonique de la radiodiffusion bavaroise (Symphonieorchester des bayerischen Rundfunks) était placé sous la direction magistrale de Jun Märkl. 

Premier prix et prix du public: Michael Buchanan (Grande-Bretagne)
Deuxième prix: Jonathan Reith (France)
Troisième prix: Guilhem Kusnierek (France)

On pourra les réentendre lors des trois soirées des concerts des finalistes les 16, 17 et 18 septembre prochains. 

Pour accéder au site du Concours, cliquer ici.

mardi 8 septembre 2015

Le Bayerisches Staatsballett cherche de nouveaux danseurs/ danseuses. Audition le 1er novembre.


Le ballet d´Etat de Bavière organise une audition le 1er novembre 2015 pour des (grand.e.s) danseurs/danseuses disposant d´une excellente technique classique. Taille minimum requise: 1,65 pour les femmes, 1,80 pour les hommes.

Concours international de musique ARD 2015: deux trombonistes français et un anglais en finale ce 9 septembre 2015

La finale de la catégorie trombone aura lieu demain soir 9 septembre à 18 heures à la salle Herkules de la Résidence /Residenz/ Herkulessaal). Elle est également diffusée en direct en video live stream via le site de BR Klassik. Deux Français, Guikhem Kusnierek et Jonathan Reith, et un Anglais, Michael Buchanan sont en lice.



Guilhem Kusnierek est né en 1986 à Clermont-Ferrand. Il y étudie le trombone dans la classe d’Abel Thomas puis intègre en 2004 le Conservatoire National Supérieur de Musique de Lyon dans la classe de Michel Becquet, puis la classe de sacqueboute (trombone baroque) en 2005 dans la classe de Daniel Lassalle. Il remporte un troisième prix du concours international de Lieksa (Finlande) en 2008, puis un deuxième prix du concours international de Porcia (Italie) en 2011. A 20 ans, il est nommé trombone solo à l’Orchestre National de Montpellier, avant d’intégrer en 2010 la Deutsche Radio Philharmonie Saarbrücken Kaiserslautern en tant que trombone solo.


Né en 1988, Jonathan Reith a étudié au CNSMD de Lyon auprès de Michel Becquet. Il obtient son diplôme avec les honneurs en 2010. Pendant ses études, il est lauréat de la bourse AIDA, qui lui permet de faire ses premiers pas de musicien d’orchestre au sein de l’orchestre national du Capitole de Toulouse, le temps de quelques séries. En Juillet 2010 et 2011, il prend part à l’orchestre du festival Verbier, et se produit dans l’orchestre de chambre du même festival depuis 2012. Il a ainsi joué sous la baguette de chefs d’orchestre prestigieux tels que Valery Gergiev, Charles Dutoit, Daniel Harding ou Kurt Masur. En 2011, il obtient une mention spéciale au concours international du printemps de Prague. Il est actuellement co-soliste de l’orchestre national français, et devient trombone solo de l’orchestre de Paris en 2014. Jonathan Reith a également joué avec, entre autres, l’Orchestre National de Lyon, l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo et l’Orchestre Philharmonique de Séoul.

Le tout jeune Michael Buchanan (22 ans)est un trombone solo accompli qui a étudié sous l´égide de Ian Bousfield à Bern, qui fut longtemps trombone solo à l´orchestre philarmonique de Vienne. Michael Buchanan a joué en tant que soliste pendant trois années au sein  du National Youth Orchestra of Great britain, Il se produit fréquemment en récital. En 2014, année où il obtient son diplôme avec les meilleures mentions au Clare College de Cambridge, il intègre l´Orchestre de l´Opéra écossais.

Réservations au 089 / 5900 - 10 880 ou Online-Tickets 

lundi 7 septembre 2015

Concours de musique international de l´ARD 2015: les résultats des concurrents français après la première semaine

Le Piano Duo Armand-Chen interprète le Rondo D951 de Schubert
Photo Luc Roger
Cette année, le concours de l'ARD mettra en compétition des candidats dans les catégories trombone, flûte, duo de piano et chant. 625 musiciens ont déposé leur dossier de candidature, ce qui constitue un record dans les annales du concours. Les candidats proviennent de 56 pays différents. 232 solistes et pianistes duettistes d'entre eux ont été retenus lors de la pré-sélection et sont invités à concourir.

Le concours a commencé le 31 août. Voici les résultats actuels des concurrents français:
  • dans la catégorie trombone, deux candidats français sur les trois qui se présentaient, se sont qualifiés pour la finale. Il s´agit de Guilhem Kusnierek et de Jonathan Reith. Maxime Delattre a été éliminé dès le premier tour.
  • dans la catégorie chant, Marion Lebegue a passé le premier tour, Camille Schnoor a été éliminée.
  • dans la catégorie duo de pianos, la seule française en compétition, Delphine Armand, du Piano Duo Chen-Armand, s´est qualifiée avec sa partenaire taiwanaise Yun-Ho Chen pour la demi-finale.
  • dans la catégorie flûte, sur les cinq candidats français, quatre candidat.e.s se sont qualifiés pour la seconde éliminatoire: Mathilde Caldérini et Pantxoa Urtizberea , Clarissa Böck (Allemagne/France) et  Hélène Boulègue.  Anais Favre-Bulle n´a pas passé le premier tour.