mardi 13 septembre 2011

Csárdásfürstin: ouverture de saison en demi teinte au Deutsches Theater

La perspective de retrouver une opérette au  Deutsches Theater était certes réjouissante, mais les quelques fleurs du théâtre d'opérette salzbourgeois invité n'ont malheureusement pas tenu la promesse des réjouissances annoncées. On s'est trouvé face à un orchestre d'une trentaine de musiciens à l'air fatigué qui manquait singulièrement de Schwung alors que la musique de Kalman demande la dynamique d'un tonus enjoué. Peut-être cela provient-il pour partie de la nécessaire sonorisation de la grande tente de Fröttmaning, où le Deutsches Theater présente provisoirement ses spectacles pendant la rénovation de sa salle de la rue Schwanthaler. L'électronique a sans doute contribué à neutraliser les sonorités.

La mise en scène a contribué à la fadeur du premier acte. Elle flatte le cliché facile et attendu. Le décor du premier acte semble avoir beaucoup vécu et fait son temps. Pour sauver la partie, il aurait fallu attribuer le rôle-titre de la princesse gitane à une cantatrice assurée qui aurait su conquérir le public. Mais Judith Bellai, qui est a certes une voix agréable et une présence en scène sympathique, n'a ni la superbe ni le prestige vocal nécessaire pour sauver la mise. pas grand chose non plus à attendre du côté des choréographies, plutôt banales, avec des danseurs qui manquent de virtuosité.

Curieusement, le spectacle prend corps à partir du deuxième acte et les spectateurs sortent de leur torpeur. La musique devient enfin enjouée, la mise en scène s'accélère et enfin l'on entend une grande voix d'opérette comme au bon vieux temps: l'arrivée en scène de Franziska Stanner dans le rôle de la belle-mère fait figure d'éblouissement. Une voix puissante et enjouée, avec ce qu'il faut d'accent roturier au personnage, et un extraordinaire sens des planches. On est enfin à l'opérette. On aime bien aussi le Comte Boni de Christian Bauer. Ajoutons à cela, pour ceux qui goûtent la linguistique allemande, l'accent autrichien et hongrois superbement bien simulés par les chanteurs. Et l'on sort finalement de la grande tente bleue avec l'impression d'avoir passé une bonne soirée.

Encore à l'affiche aujourd'hui et demain. Pour réserver en ligne, cliquer ici

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