vendredi 6 mai 2011

Un casting de rêve pour la reprise de l'Elisir d'amore: Anna Netrebko, Matthew Polenzani


Quant'è bella! Anna Netrebko, qui vient de remporter un énorme succès dans la magnifique production d'Anna Bolena à l'opéra de Vienne, vient enchanter Munich pour quelques soirées printanières. Elle interprétera l'Adina de l'Elisir d'amore aux côtés de Matthew Polenzani  qui ne manquera pas de remarquer la furtiva lacrima que la prima diva assolutissima laissera modestement perler au coin de son oeil langoureux. Belcore est confié à Fabio Maria Capitanucci, tandis que Dulcamara sera chanté par Alessandro Corbelli.  Last but not least, on sera attentif à la Giannetta de Tara Erraught, l'étoile montante de l'Opéra de Munich, qui vient de remporter deux succès coup sur coup dans le rôle titre de L'Enfant et les sortilèges puis en remplaçant au pied levé Kasarova dans Capuletti e Montecchi.

Une distribution de rêve dans une mise en scène qui donne elle aussi simplement envie de rêver, de s'enthousiasmer, de se laisser porter sur les vagues lyriques de la musique. Le travail de David Bösch est si beau qu'on a envie de venir le revoir. David Bösch a travaillé en parfaite intelligence avec Patrick Bannwart pour les décors, Falko Herold pour les costumes et Michael Bauer pour les lumières. Et ce travail nous introduit dans le monde d'une commedia dell'arte de Cocagne dans laquelle les méchants sont plus sympathiques que mauvais et où l'évidence de l'amour finit de triompher des puérilités de la coquetterie.

L'équipe de Bösch plante le décor d' un monde imaginaire qui réveille en nous les belles images des livres de l'enfance. Il y a au premier acte des couleurs à la Folon avec ces pastels délicieux des costumes paysans, des ciels avec des coeurs accrochés, un paysage rêvé devant lequel viendra s'exprimer la fraîcheur d'un amour plus coquet que coquin. David Bösch transforme les soldats de Belcore en parachutistes aux muscles surdimensionnés, des rambos de pacotille qui se meuvent comme des marionnettes articulées, tandis qu'il fait apparaître le 'docteur' Dulcamara, un charlatan de première, dans la sphère métallique d' un immense véhicule à roulette qui tient de l'hybride entre un Nautilus à la Jules Verne et une moissoneuse batteuse. Dans ce cadre qui invite à l'émerveillement, Bösch a demandé aux chanteurs de déployer leurs talents de comédien et de donner à leurs gestes toute l'emphase italienne de la Commedia dell'arte. Et ce pari est pleinement réussi.
La production est encore programmée en juillet pendant les Opernfestspiele.

Calendrier

Les 11, 14 et 17 Mai 2011
et, avec une autre distribution,
Les 28 et 30 juillet 2011
Le 30 décembre 2011
Les 3 et 7 janvier 2012
Renseignements et réservations: Bayerische Staatsoper

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