mardi 10 décembre 2019

dimanche 8 décembre 2019

Les portraits photographiques de Richard Wagner par Pierre Petit (1860 ? et 1861) et les dessins /gravure qu'il a inspirés

Pierre Petit (1831-1909). Photographe à Paris, associé à Trinquart (jusqu'en 1861) au 29 et 31 place Cadet, succursales à Bade vers 1861, à Marseille vers 1862. - Travaillait essentiellement sur les Expositions universelles et les portraits de ses contemporains dans l'atelier de Disdéri. - Créateur des éditions Yvon et de la carte postale moderne. - Actif de 1855 à 1880.

Une photo de Richard Wagner date de 1861, l'année du Tannhäuser parisien. Il la publia dans sa Galerie des hommes du jour, un ambitieux projet entamé en 1859. La Galerie des hommes du jour était composée de portraits accompagnés de notices biographiques de personnalités au centre de l’actualité des spectacles, de la culture et de la vie politique. Ce travail avait lancé sa notoriété.

Les photos de Richard Wagner dues à Pierre Petit inspiré au moins deux dessinateurs : un dessin de Dumont qui a été gravé sur bois par E. Morin pour le journal Le Monde illustré (février 1860, ce qui fait supposer que Pierre Petit avait déjà photographié Wagner en 1860) et un dessin d'Émile Vernier que nous avons trouvé dans une galerie de portraits dessinés et gravés d'après les meilleures photographies (une publication du Musée français de 1861), accompagné d'une esquisse biographique de 2 pages.



Portrait de Richard Wagner par Pierre Petit, 1861,
Épreuve photographique ovale sur papier albuminé,
avec la signature manuscrite Pierre Petit.
Vente Sotheby's 15 décembre 2010, Paris. n° de lot 172 (5 000 €).

Dessin de Dumont dans Le Monde illustré  de  février 1860
Dessin d'Emile Vernier - Musée français /
Galerie de portraits dessinés et gravés d'après les meilleures photographies




Caricature wagnérienne : un croquis de Cham en 1865


Page de croquis de Cham dans le Charivari du 29 octobre 1865


Un commentaire de Mme Monique Dautremer, musicologue, restitue le contexte de la création de ce dessin caricatural :

Du 4 au 11 octobre 1865 dans une entrevue à Biarritz Napoléon III signe avec Bismarck un pacte de neutralité dans lequel il soutient la Prusse contre l’Autriche.On sait ce qu’il en adviendra en 1870. A cette époque l’Allemagne prussienne est en train de s’armer dangereusement pour faire sa loi en Europe Continentale.

samedi 7 décembre 2019

L'histoire de ma passion pour la Fée blanche. Comment je suis tombé sous le charme de la comtesse Kalergis-Mouchanoff.

Marie Kalergis photographiée par Disdéri

C'est le moment des aveux.  Une grande dame blonde et nordique a fait ma conquête et ne le saura jamais. J'ai appris à la chérir puis à l'aimer, à apprécier sa maîtrise et son génie pianistiques, et j'ai pu pénétrer dans son intimité, faire en quelque sorte partie de ses proches car ses lettres sont arrivées jusqu'à moi. J'ai vu sous sa brillance adamantine couver la noire mélancolie et sourdre ces impatiences qui la mettaient toujours en mouvement et parcourir l'Europe de Pétersbourg à Paris et d'Amsterdam à Naples, toujours passant par Varsovie où elle était née ou par Baden-Baden où elle retrouvait ses amis et familiers du Gotha et les meilleurs musiciens, les plus grands compositeurs, quant elle n'était pas à Triebschen ou à Bayreuth, à visiter ses amis Richard et Cosima, ou à Weimar près de Liszt qu'elle appréciait autant qu'il chérissait son amitié.  Puis je l'ai suivie dans les épreuves de la maladie et ai aperçu la Camarde qui promenait son cul sur les remparts de Varsovie. Et lorsque cette faucheuse s'est emparée d'elle, alors que le grand pianiste von Bülow venait de lui jouer ces musiques de Chopin qu'elle avait tant aimées assis au piano installé dans une chambre adjacente à la chambre de l'agonisante, j'ai pleuré à gros sanglots. Douce et bonne amie que je ne rencontrerai jamais, je t'ai consacré mes recherches et ce livre qui va paraître dans le courant du mois de janvier, si la déesse de la Fortune le permet.

C’est au détour des études wagnériennes que j’ai fait la connaissance de Marie Kalergis. Elle était du nombre de ces quelques grandes dames qui avaient été des admiratrices inconditionnelles de la musique de Richard Wagner et qui l’avaient soutenu activement. Madame Kalergis faisait partie de cette couronne proche à l’instar de Jessie Laussot, Eliza Wille, Mathilde Wesendonck, la Princesse de Metternich, Malwida de Meysenbug, autant de personnalités fascinantes qu’il me tardait de découvrir. Mais, contrairement aux autres dames approchées dans de nombreux ouvrages, Madame Kalergis se faisait plutôt discrète dans la littérature wagnérienne d’expression française.

Mes premières consultations des archives de presse me firent découvrir les articles que publièrent Ernest Seillières en août 1910 dans la Revue des deux Mondes :  L’inspiratrice de la Symphonie en blanc majeur. Marie de Nesselrode, Comtesse Kalergis-Mouchanoff ainsi que l’article que Jacques-Gabriel Prod'homme publia en feuilleton dans Le Ménestrel des 1er, 8 et 15 août 1930 sous le titre Une grande dame cosmopolite et dilettante. La Comtesse Mouchanoff. Ces deux articles me furent utiles pour la réalisation de l’article de présentation de Marie Kalergis que je réalisai de concert avec le Dr Cyril Plante et que publia Nicolas Crapanne sur son site Le Musée virtuel Richard Wagner

Au cours des deux dernières années je me passionnai pour la réception française de l’œuvre de Wagner au cours de l’année 1869 : la création du premier Rienzi parisien monté par Jules Pasdeloup, les articles de Judith Gautier, alors épouse Mendès, qui présentaient lamême année l’œuvre de Wagner, l’impression en français de la nouvelle édition du Judaïsme dans la musique, puis en juillet et août les nombreux comptes-rendus dans la presse française de la création munichoise de l’Or du Rhin, un événement considérable dans l’histoire de la musique auquel je décidai de consacrer un ouvrage intitulé Les Voyageurs de l’Or du Rhin qui avait l’ambition de rendre compte de la réception en langue française des événements culturels munichois de l’été 1869. Le couple Mendès et leur ami Villiers de l’Isle-Adam partirent comme journalistes à Munich et décidèrent de faire un crochet par Lucerne où résidaient Richard Wagner et Cosima von Bülow. Ils firent la connaissance de Madame Mouchanoff qui les avait invités à la soirée munichoise qu’elle avait donnée à Munich. Judith Gautier évoquera cette rencontre dans ses souvenirs qu’elle publia bien plus tard dans le Troisième rang du collier. Les deux femmes eurent cet été-là un rôle similaire dans leurs tentatives respectives pour réconcilier Franz Liszt avec sa fille dans l’affaire de son divorce avec Hans von Bülow. Et les trois écrivains retrouvèrent madame Mouchanoff à Triebschen après le séjour munichois.

Il m’apparut comme indispensable de recueillir le sentiment de Marie Mouchanoff sur cette période et de me pencher sur sa correspondance avec sa fille, que Marie Lipsius (qui signait La Mara, son nom de plume) avait recueillie et publiée en 1907 (puis en 1911 pour une seconde édition). Ces livres, quasi introuvables sur le marché secondaire, se trouvaient heureusement dans les collections de la Bayerische Staatsbibliothek de Munich et étaient disponibles à la consultation. Je fus très vite séduit par ces lettres que Madame Mouchanoff avait rédigées en français et c’est lors de la rédaction de mes Voyageurs de l’Or du Rhin que l’idée me vint de les rééditer. J’en discutai avec des amis wagnériens, dont le Dr Pascal Bouteldja, le très dynamique Président du Cercle Richard Wagner Lyon, qui m’encouragèrent à me mettre à l’ouvrage. 

Il me parut indispensable de rassembler le plus de renseignements disponibles sur Madame Mouchanoff-Kalergis. C’est alors que j’eus l’heureuse surprise de découvrir une biographie qui lui fut consacrée en 1923, une monographie de grande qualité qui avait aussitôt obtenu un prix décerné par l’Académie française, mais qui était tombée dans l'oubli et qui, de même que pour les lettres publiées par La Mara,  n’était plus disponible à l’achat, sauf ici aussi pour de rares exemplaires sur le marché secondaire. Les deux ouvrages se complétaient merveilleusement bien, car le biographe avait réalisé un travail consciencieux d’historien en allant dépouiller les archives de la famille Nesselrode et en se penchant sur les livres de souvenirs et les mémoires de contemporains qui s’étaient intéressées à Madame Kalergis-Mouchanoff. 

Je décidai de réunir les deux ouvrages en un seul livre pour faire revivre la mémoire de cette grande dame et leur ai adjoint des textes (lettres, mémoires ou souvenirs) que des témoins de l'époque ont écrits à son sujet Le travail touche à sa fin, un exemplaire de travail  part à l'impression la semaine prochaine qui je martyriserai jusqu'à Noel. Les premiers exemplaires destinés aux happy few qui en feront l'acquisition sortiront de presse lorsque les Rois Mages s'en retourneront dans leur orient lointain.

L'aventure d'un escrivaillon tombé en amour d'une fée blanche qui lui a déjà procuré de grandes jouissances, celles que m'ont apporté des recherches aussi passionnantes et passionnées. 




Grandes expositions munichoises : de somptueux Gobelins modernes et contemporains à la Kunsthalle


Carton de Matisse
Pour la première fois en Allemagne, la Hypo-Kunsthalle de Munich  présente des tapisseries réalisées dans la Manufacture des Gobelins à Paris à partir de créations créées par les artistes les plus prestigieux des XXe et XXIe siècles, dont Henri Matisse, Pablo Picasso, Le Corbusier, Joan Miró et Louise Bourgeois. Avec d'innombrables tentures murales à grande échelle qui couvrent la période allant de la fin de la Première Guerre mondiale à nos jours, l'exposition révèle à quel point l'artisanat traditionnel du tissage de tapisseries est étonnamment moderne.

L'exposition TRADITION ET INNOVATION  présente un aspect pratiquement inconnu dans l'œuvre d'innombrables artistes modernes de renommée internationale: au départ de la  technique  séculaire du tissage, ils se sont intéressés à l'art de la tapisserie pour réinterpréter cette forme d'art en l'adaptant à leurs visions.

À la gloire du maréchal ....
Travaillant au départ de  des dessins d'artistes, la Manufacture des Gobelins, fondée sous le règne de Louis XIV (1638 - 1715), et d'autres ateliers français comme la Savonnerie ou Aubusson produisent non seulement des tapisseries, mais aussi des meubles et des tapis d'une qualité exceptionnelle, dont des exemples sont également exposés. Tous ces  chefs d'œuvre de l'art textile textiles ont été créés dans les manufactures en collaboration étroite étroitement avec les tisserands, dont l'art, inégalé à ce jour, combine la finesse artistique et un superbe savoir-faire. Les anciennes techniques de production et de teinture du fil, de tissage et de nouage sont pratiquement inchangées dans la fabrication des tapisseries. De la préparation du modèle de l'artiste à la tenture murale terminée, la création d'une tapisserie à grande échelle demande encore des milliers d'heures de travail.

Source du texte : traduction du texte de présentation de la Hypo-Kunsthalle par Luc-Henri Roger.

Jusqu'au 8 mars 2020.



Parcours photographique


Carton Sonia Delaunay
Carton Joan Miró
La danse de Salomé

Une commande de Goebbels au temps de l'occupation ...