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mardi 6 novembre 2018

Munich 1869 - La rencontre des rois Louis II et Charles de Wurtemberg

Le roi Charles Ier de Wurtemberg et la reine Olga

Voici une communication diplomatique qu'écrivit le comte de Saint-Vallier, ministre à Stuttgart, au prince de la Tour d'Auvergne. Nous la trouvons dans un recueil de documents consacrés aux origines diplomatiques de la guerre de 1870-1871 (1)

LE COMTE DE SAINT-VALLIER, MINISTRE À STUTTGART, AU PRINCE DE LA TOUR D'AUVERGNE. (Orig. Wurtemberg, 89, n° 61.)

Stuttgart, 26 octobre 1869.

(Cabinet, 28 octobre; Dir. pol.. 30 octobre.)

Le Roi Charles de Wurtemberg vient, sur les instances du Roi de Bavière, de passer plusieurs jours à Munich, où il avait accompagné la Reine, qui se rend en Italie. Il y a été très bien reçu, et les journaux insistent sur l'intimité dans laquelle ont vécu les deux Rois (2).

A Munich comme à Stuttgart, cette entrevue cause une vive satisfaction; on désirait depuis longtemps voir s'établir des rapports personnels entre les Chefs des deux États voisins; les goûts de retraite du Roi Louis, la réserve timide du Roi Charles avaient fait échouer plusieurs projets de rencontre; on se réjouit d'autant plus de savoir que les Souverains se témoignent une sympathie qui amènera naturellement entre eux des relations plus faciles et plus fréquentes. M. de Varnbüler, que j'ai vu tout à l'heure, est très satisfait des nouvelles qu'il a reçues de Munich :

l'entrevue des deux Rois, l'intimité qui existe entre eux, constatée par le public, répétée par tous les journaux, lui paraissent de nature à exercer la plus heureuse influence, et à encourager les véritables patriotes qui souhaitent voir les Royaumes du Sud se renforcer par une étroite union et se mettre en mesure de présenter une résistance plus efficace aux desseins ambitieux d'une Puissance redoutée M.

[La Gazette d'Augsbourg elle-même, généralement très réservée, applaudit à l'entrevue de Munich, en exprimant l'espoir qu'elle rendra « plus étroites encore les relations amicales qui existent entre les deux Royaumes du Sud, lesquels ont aujourd'hui plus que jamais un intérêt vital à se tenir étroitement unis ».

«Au milieu de cette satisfactions, le Comte de Saint-Vallier note les inquiétudes qu'éveille la nouvelle organisation des circonscriptions électorales en Bavière (3). On peut craindre qu'elle ne modifie radicalement les résultats des élections, en annihilant les votes des campagnes, favorables à l'autonomie, au profit des villes, où sont en majorité les partisans de l'entrée de la Bavière dans la Confédération du Nord.]

(1) Les origines diplomatiques de la guerre de 1870-1871 : recueil de documents. Tome 25 / publié par le Ministère des Affaires étrangères, Paris, G. Ficker, 1910-1932.
(2) Cf. HOHENLOHE, Mémoires, t. II, p. 48.
(3) Cf. Saint-Vallier, 17 octobre.

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