mercredi 7 juin 2017

Lettres françaises de Richard Wagner, recueilies et présentées par Julien Tiersot en 1935




Wagner (Richard),  Lettres françaises de Richard Wagner, recueillies et publiées par Julien Tiersot. Paris, Grasset, in-8, 416 p.

Publié en 1935 aux editions Bernard Grasset à Paris, cet ouvrage comblait alors une lacune de la documentation wagnérienne et faisait connaître certains aspects pratiques de sa vie.L'introduction, qui résume brièvement l'oeuvre littéraire de Wagner, insiste sur les rapports de l'artiste avec la France, et montre le rôle qu'elle a joué dans l'évolution de sa carrière. Les lettres sont classées chronologiquement, bien commentées, et situées dans la vie du musicien par un auteur très au courant de sa biographie et de toutes les questions musicales. Deux parties sont particulièrement bien développées : le premier voyage à Paris, avec des détails sans doute inédits sur les rapports de Wagner et des musiciens qu'il y fréquente, et l'affaire du Tannhäuser. La correspondance avec Catulle Mendès et Judith Gautier fait l'objet d'un long chapitre. Enfin, beaucoup de lettres écrites à Liszt sont en français, et se trouvent recueillies dans ce livre.

Une recension contemporaine

Le 18 août 1935, les  Dimanches de la femme (le supplément de la "Mode du jour") présentait le recueil de Tiersot dans un article intitulé WAGNER EN FRANCE:

      AUTANT que son génie musical, les goûts de Wagner, ses idées, ses tendances attestent qu'il était essentiellement Allemand ; la preuve en est que l'Allemagne d'aujourd'hui le revendique comme un spécimen parfait de raciste. Pourtant son caractère instable le poussait sans cesse à changer d'horizon, aussi bien qu'il changeait d'amours. Dès que l'ennui ou l'intérêt l'y invitait, il partait. Et c'est ainsi qu'à plusieurs reprises, Wagner habita la France. Il 'travailla, il y lutta, il se créa des amitiés dans le monde musical et littéraire. Certaines influences françaises ne furent pas étrangères à l'éclosion de son oeuvre.
     A ce titre, les wagnériens fervents trouveront intérêt à lire les " Lettres françaises» de Richard Wagner, lettres écrites en français à des Français et que, pour la première lois. M. Julien Tiersot a pu recueillir et commenter dans un beau volume tout nourri d enseignements. (Bernard Grasset, éditeur.)
      C'est en 1838 que Wagner fit connaissance avec la France. Il venait de Londres avec sa première femme, Minna, et avait débarqué à Boulogne où le hasard lui avait fait rencontrer Meyerbeer. Celui-ci lui donna des lettres de recommandation, et le jeune compositeur, qui n'avait que vingt-cinq ans et n'était encore que l'auteur de Rienzi, crut qu'il allait conquérir facilement Paris. Il déchanta. La vie lui fut dure. Il lui fallut, pour ne pas mourir de faim, s'adonner à d obscurs travaux journalistiques, à de banals arrangements musicaux. Seulement, au cours de vacances passées à Meudon, il parvient à écrire en sept semaines la partition du Vaisseau fantôme.
      En 1842, Wagner retourna en Allemagne. En 1849, il revint chez nous ; ce fut pour poursuivre jusqu'à Bordeaux une jeune Américaine dont il était follement amoureux. Un moment, il pensa la suivre aux Etats-Unis ; puis il fut sur le point de s'établir à Avignon. Il se contenta de Montmorency, aux portes de Paris, ce qui lui permit de se lier avec Théophile Gautier, Gérard de Nerval, George Sand, Berlioz. C'est la belle époque où naît Lohengrin, Tannhauser, Les Maîtres chanteurs, où se prépare, dans le brûlant creuset de son cerveau, l'éclosion de la Tétralogie.
    Ecrire est bien, faire représenter ses oeuvres serait mieux pour l'impécunieux et prodigue compositeur. Il tente d'y réussir en France. Après de longues négociations, et sur l'ordre de Napoléon III qui s'intéresse à cette tentative, la direction de l'Opéra finit par monter, en 1859, le Tannhauser. On sait ce qu'il en advint. Après une première représentation coupée de ridicules manifestations d'un public incompréhensif et hs protestations de journalistes stupidement indignés, il fallut retirer la pièce.
      C'est toute cette période, si curieuse, de la vie de Wagner que l'on retrouve dans le livre de M. Tiersot. R. R.




Notre volume

Editions Bernard Grasset a Paris , tiré sur alfax Navarre.
Volume demi cuir , plat cartonnés , signet , dos a 10 nerfs , motifs et lettrage doré, plats souple d'origine conservés. Volume avec portrait de l'auteur en frontispice et sur le plat souple d'origine.
210 X 145 de 414 pages environ.

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