jeudi 14 avril 2016

Jesus Christ Superstar par la troupe du West End au Deutsches Theater



Le Deutsches Theater a eu l'excellente idée de programmer un des meilleurs opéras rock des années 70 . Il présente jusqu´au 24 avril 2016 le célèbre opéra-rock révolutionnaire d'Andrew Lloyd Webber (pour la musique) et de Tim Rice (pour les paroles), une comédie musicale qui connaît depuis 43 ans un succès ininterrompu.

L'action de Jesus Christ Superstar se focalise sur les derniers jours de la vie de Jésus tels que les relate le Nouveau Testament. L'oeuvre était sortie sous la forme d'un album-concept en 1970 avant d'être portée sur scène à Broadway l'année suivante, puis au cinéma en 1973. Il s'agissait alors de l'oeuvre d'un jeune compositeur puisque Andrew Lloyd Webber n'avait que 22 ans au moment d'écrire son opéra-rock, un spectacle de chansons, de ballades folk, de sons contemporains, de chansons chorales, de musique rock et pop. Jesus Christ Superstar aborde la passion et la mort de Jésus sous de nouvelles perspectives et, partant, dépasse de loin en contenu les comédies musicales de simple divertissement. Les sept derniers jours de la vie de Jésus, abordés sous le point de vue de Judas Iscariote, sont démystifiés. Si à la fin on ne sait si Jésus ressuscitera, il se sera avant sa mort réconcilié avec celui qui l´a dénoncé et livré. De même, sur le plan musical, la composition Andrew LLoyd Weber et les textes de Rice, avec la puissance et la profondeur de leurs chansons soul, la sensibilité de leurs ballades, leurs morceaux rocks tonitruants et leurs choeurs impressionnants, ont fait de Jesus Christ Superstar une oeuvre magistrale et l´ont rendu légendaire.

A Broadway l´oeuvre connut 720 représentations, puis, dans le West End londonien, elle fut jouée pendant huit années consécutives, et elle s´exporta dans 22 pays. Le public munichois est en droit de se réjouir de pouvoir assister à une version londonienne de la  production qui est jouée en langue originale par des chanteurs de premier plan, dont le célébrissime Glenn Carter, un spécialiste du rôle du Christ, et qui donne un des meilleurs Jésus que cet opéra-rock ait connu. Son talent tant d´acteur que de chanteur est bouleversant. Il interprète un Jésus adulé par ses partisans qui font parfois penser à des groupies plus ou moins hippies, un Jésus qui devient une figure culte, à la fois craint et haï par ses opposants. Cet homme au charisme glorieux qui énonce un nouveau message de tolérance, de pardon et d´amour se transforme progressivement en un être souffrant dans ses chairs comme dans on esprit, torturé par les hommes et par le doute, et qui finit crucifié sur scène. Le jeu d´acteur de Glenn Carter atteint alors son paroxysme. Le metteur en scène de Bill Kenwright a opté pour une crucifixion qui n´oblitère aucun détail de cette mise à mort atroce et exige de l´acteur un  effort extrême pour longuement interpréter les souffrance indicibles de Jésus et sa terrible agonie.  La talentueuse Rebekah Lowings interprète une  Marie-Madeleine des plus parlante et séduit par son chant dans ses ballades pop bien connues comme „Everything’s Alright“ ou dans le fameux „I Don’t Know How to Love Him“. Tim Oxbrow est l´une des autres grandes découvertes de la soirée: il donne un Judas fracassant avec des titres rocks exaltés et fulminants comme  „Damned for all Times“ ou Heaven to their Minds“. Un chanteur brillant doté d´une énorme présence scénique.  Tom Gilling donne un excellent Roi Hérode outrageusement maquillé et qui apparaît en folle dégénérée, décadente et hideuse, un être égotiste et superficiel, à l´opposé exact du charisme de Jésus et de la tragédie de sa passion. Citons encore le Caiphe de Steve Fortune, un chanteur aux graves profonds et puissants ou le Pierre de Carl Lindquist, qui compose un personnage des plus humain, sanguin et vindicatif lorsque Jésus est arrêté, mais torturé par la peur lorsqu´il est confronté à propos de ses accointances avec le Christ. Le chef d´orchestre Tim Whiting, qui joue. simultanément à sa direction d´orchestre ,du key-board, et ses musiciens confirmés alternent magiquement les rythmes contrastés de la partition. Ils font rocker un public captivé qui a adoré la première et ont réservé à toute l´équipe de la belle production une standing ovation, accompagnée de cris enthousiastes et de bravi. Un spectacle à ne pas manquer!

Au Deutsches Theater jusqu´au 24 avril. Tickets disponibles. Pour réserver, cliquer ici

Crédit photographique: Pamela Raith

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