dimanche 20 décembre 2015

Louis I et Louis II de Bavière à Paris, deux rois en visite à l´exposition universelle de 1867

Les Visites souveraines. LES DEUX ROIS DE BAVIÈRE.  Un article de François Ducuing  publié dans L´exposition universelle de 1867 illustrée, volume 2, pp. 247 et 248


"Paris fait un accueil respectueux et sympathique aux deux rois de Bavière car ils sont deux, le grand-père et le petit-fils. Maximilien ler, le fils de l'un, le père de l'autre, était mort le l0 mars 1864. Le roi Louis er avait abdiqué en sa faveur, après un règne de vingt-trois ans. Pourquoi Louis ler avait-il abdiqué en 1848, lui qui avait été adoré jusque-là de son peuple reconnaissant, et dont la popularité s'est continuée après son abdication? Ah voilà il avait trop protégé les artistes, surtout Lola Montès. C'est à lui que Munich doit les principaux monuments qui l´embellissent, la Glypthotèque, la Pinathotèque. Il a même édifié près de Ratisbonne une sorte de panthéon mythologique nommé le Walhalla. Il n'y a pas de Médicis qui ait été plus amoureux des arts et des artistes que le roi Louis ler de Bavière; et, depuis François Ier, aucun roi n'a mieux cultivé les Muses. On lut doit un volume de poésies dont Frédéric de Prusse serait jaloux, s’il revenait la vie, et même un roman mythologique, Les compagnons de Walhalla, qu’un auteur de métier ne renierait pas. Le roi Louis er porte vertement et galamment ses quatre-vingt-un ans. S’il commis une faute dans sa vie, sa conduite en 1848 l’a noblement réparée. Avant et après son abdication, il n’y aura jamais, je le répète, de roi qui ait été plus avant que lui dans l’affection presque passionnée de tout un peuple. Moi-même, qui n’ai pas pour les rois plus de respect qu’il ne convient un descendant de la génération de 89, j’avoue qu’en voyant passer ce vieillard vénérable et souriant, j’aurais voulu lui baiser la main au passage. Le roi Louis ler aurait bien voulu que dans sa Bavière bien-aimée il n’y eût pas un homme ne sachant ni lire ni écrire. Que les années lui soient légères! Mais... les Jésuites lui survivront. Quant à Louis Il, le roi actuel de Bavière depuis 1864, il est tout jeune, vingt-deux ans peine, étant né le 25 août 1845. Il est de la même génération que la plupart des héritiers présomptifs que I’Exposition de 1867 a fait affluer vers Paris, le prince Oscar de Suède, le Czaréwitch, le prince Humbert, le roi de Portugal et le roi de Grèce. Son mariage va le rajeunir encore. Ce qui a distingué de tout temps la famille de Bavière, c’est l’amour des arts et aussi des parades militaires. Le jeune Louis Il n’a pas dégénéré à cet égard. C’est beau pour un roi d’être l’ami dévoué d’un artiste, fût-il Wagner Quant à l’amour des armes, le branlebas de la Prusse en Allemagne a mis l’an dernier la famille de Bavière en tentation et en péril aussi. Les Bavarois se sont héroïquement battus; et peut-être auraient—ils désiré se battre plus longtemps, si le roi l’avait permis et si le maréchal Bénédeck n’en avait autrement disposé. M’est avis que ce peut n’être que partie remise, à moins que le compositeur Wagner ne trouve un mode d'har monie tout nouveau. Le roi Louis ll est jeune, je le répète; il est destiné voir bien des choses, auxquelles nous désirons qu il soit préparé."






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