vendredi 16 mai 2014

Une Rose von Stambul entraînante au Prinzregententheater

Plakatmotiv zu "Die Rose von Stambul" | Bild: Mit freundlicher Genehmigung des Musikverlags Josef Weinberger GmbH, Frankfurt a.M.

Ulf Schirmer, qui préside aussi aux destinées de l'Opéra de Leipzig, nous a offert avec son Orchestre munichois de radiodiffusion (Münchner Rundfunkorchester) et le Choeur de la radiodiffusion bavaroise (Chor des Bayerischen Rundfunks) une soirée des plus allègre et amusante. Avec un plateau très homogène, il nous a baladé dans l'atmosphère viennoise du début du vingtième siècle, avec sa représentation musicale d'un Orient à l'exotisme convenu qui ne résiste pas longtemps devant les rythmes de la valse ou même du two-step. Curieuse atmosphère où les protagonistes ne pensent qu'à la Carte du Tendre et où les belles Ottomanes lisent des romans européens et rêvent d'évasion et de liberté amoureuse, alors que la première de cette opérette a lieu au beau milieu de la guerre 14-18.

La distribution a été particulièrement soignée avec deux couples de chanteurs dont les voix s'harmonisent magnifiquement. Kristiane Kaiser, qui vient de triompher au Volksoper de Vienne en Rosalinde dans La Chauve-Souris, a prêté son soprano chaleureux capable aussi de belles couleurs sombres à l'ardente Kondja Gül pour répondre progressivement aux avances de l'ardent Achmed Bey chanté par Matthias Klink, un chanteur doté d'un beau timbre de ténor et d'une belle aisance scénique. Le second couple est plus léger et pétillant, avec des voix qui s'accordent bien dans la légèreté et l'aigu: la Midili Hanum tout à la fois ingénue, pétillante et frivole de Magdalena Hinterdobler rencontre avec vivacité le très amusant Fridolin d'Andreas Winkler, qui, alors qu'il vient de se travestir pour pénétrer dans le sérail où il vient enlever sa bien-aimée, se présente en jouant du fausset sous le pseudonyme de Conchita, une noble dame wurstienne, eurovision oblige. A signaler encore l'excellente Bül-Bül de la mezzo Eleonora Vacchi et le baryton sonore de Christof Hartkopf, qui incarne le père de Kondja, son Excellence Kamek Pascha, une excellence d'une complaisance inouïe pour un noble ottoman si l'on songe aux discours moralisateurs prêchés par les politiciens qui président aux destinées de la Turquie contemporaine.

On s'est beaucoup amusé lors de cette représentation. Le public ravi a accordé une large ovation aux chanteurs, aux choeurs et à l'orchestre. Comme le concert a fait l'objet d'une captation, on peut espérer la sortie prochaine d'un cd.

On peut encore écouter le podcast du concert jusqu'au 18 mai sur BR-Klassik

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