samedi 15 octobre 2011

Le songe royal Louis II de Bavière de Philippe Le Guillou, billet d'humeur

Billet d'humeur (mais de très mauvaise humeur...)

Je viens d'achever avec un soulagement certain la lecture de Le songe royal Louis II de Bavière du prolifique Philippe Le Guillou. Le livre m'est plusieurs fois tombé des mains tant il m'a paru ennuyeux, même si je dois lui reconnaître des vertus soporifiques qui m'ont valu quelques bonnes heures de sommeil.

Amateur de la Bavière et de son histoire, j'espérais y trouver quelque renseignement nouveau sur la vie du Roi Louis II de Bavière, mais rien, pas le moindre petit morceau de mouche ou de vermisseau d'information nouvelle...Philippe Le Guillou semble être allé se promener quelques jours en Bavière, il a fait les châteaux de Louis II, y a médité quelques belles heures,  et a visité la crypte qui abrite le tombeau du Roi, ainsi que quelques abbayes sur le chemin des châteaux. Il s'est laissé inspirer par ce voyage pour rêvasser sur la vie du Roi. Plus qu'un songe royal, il s'agit des rêveries de l'écrivain sur ce qu'il a approché de la vie et des songes supposés du Roi.

Gallimard ne vend pas un produit frauduleux. L'éditeur annonce la couleur: sa collection L'un et l'autre a pour objectif de publier des récits de vies, mais telle que la mémoire les invente, que notre imagination les recrée, qu'une passion les anime. Tels sont les termes qui figurent sur la couverture de la collection. J'aurais dû me méfier davantage.

Pour ne rien arranger, je n'ai pas apprécié les délicatesses du style de Philippe Le Guillou, un style qui m'a paru ampoulé et  pseudo-poétique, avec des effets de manchette linguistiques, des figures faciles et poudre aux yeux. Jugez plutôt. Dans un chapitre consacré aux tendances homoérotiques de Louis II, voici comment l'auteur s'exprime:

Chez Ludwig, les amants ou les aimés sont comme les visiteurs miraculés qui instaurent le temps du sortilège. Surtout il faut la puissance d'ébranlement du sortilège pour contrer le verrou pétrificateur de la culpabilité et de l'inhibition. Un roi ne saurait aimer différemment. (p.101)

et encore: (...) quelques bruits suffisent pour que le roi quitte l'îlot de son onanisme imaginal. (p.103)

Ou plus loin, en évoquant une carte du lac de Chiemsee: Les îles sont marquées d'une lettre emblématique et chantournée: F et H. Fraueninsel et Herrenwörth. L'île des femmes et celle des hommes. Deux assignations de cadastre venues d'une taxinomie lointaine. (p.115)

Sans doute d'aucuns trouveront que cette langue emberlificotée et  intellectuellement chantournée est désuète et charmante. Je leur souhaite bonne lecture.

Référence
Le songe royal Louis II de Bavière par Philippe Le Guillou
Broché, paru le  1 février 1996, chez Gallimard (Editions) dans la collection l'un et l'autre, 172 pp. 
ISBN : 2-07-074033-1
EAN: 9782070740338




1 commentaire:

  1. Je ne l'ai pas lu; j'ai lu d'autres ouvrages très intéressants sur louis II.Ce bouquin là semble vraiment à fuir.....Fuyons !

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