mardi 4 janvier 2011

L'Elisir d'amore au National Theater de Munich

Oh la jolie production que voila! Il est des soirées dans la vie d'un amateur d'opéra où l'on a simplement envie de rêver, de s'enthousiasmer, de se laisser porter sur les vagues lyriques de la musique. La production du Bayerische Staatsoper dans la mise en scène de David Bösch offre tout cela. David Bösch a travaillé en parfaite intelligence avec Patrick Bannwart pour les décors, Falko Herold pour les costumes et Michael Bauer pour les lumières. Et ce travail nous introduit dans le monde d'une commedia dell'arte de Cocagne dans laquelle les méchants sont plus sympathiques que mauvais et où l'évidence de l'amour finit de triompher des puérilités de la coquetterie.

L'équipe de Bösch plante le décor d' un monde imaginaire qui réveille en nous les belles images des livres de l'enfance. Il y a au premier acte des couleurs à la Folon avec ces pastels délicieux des costumes paysans, des ciels avec des coeurs accrochés, un paysage rêvé devant lequel viendra s'exprimer la fraîcheur d'un amour plus coquet que coquin. David Bösch transforme les soldats de Belcore en parachutistes aux muscles surdimensionnés, des rambos de pacotille qui se meuvent comme des marionnettes articulées, tandis qu'il fait apparaître le 'docteur' Dulcamara, un charlatan de première, dans la sphère métallique d' un immense véhicule à roulette qui tient de l'hybride entre un Nautilus à la Jules Verne et une moissoneuse batteuse. Dans ce cadre qui invite à l'émerveillement, Bösch a demandé aux chanteurs de déployer leurs talents de comédien et de donner à leurs gestes toute l'emphase italienne de la Commedia dell'arte. Et ce pari est pleinement réussi.
On se sent comblés quant en plus, comme ce fut le cas hier soir, le rôle de Nemorino est confié au ténor maltais Joseph Calleja. Un timbre d'une clarté inouïe, certainement un des plus beaux ténors lyriques de notre temps. Au début du premier acte, il enchante dans Quant'è bella. En fin de seconde partie, c'est une théophanie dans Una furtiva lacrima. En plus ce grand homme au corps généreux et puissant a tout ce qu'il faut pour incarner le type même du paysan amoureux au coeur pur et à l'âme ingénue.

La production est encore programmée au mois de mai, puis en juillet pendant les Opernfestspiele, et on y reviendra volontiers pour y entendre Anna Netrebko interpréter le rôle d'Adina.

Calendrier

Les 11, 14 et 17 Mai 2011
Les 28 et 30 juillet 2011
Renseignements et réservations: Bayerische Staatsoper

Trailer

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