mardi 8 août 2017

Vu de France: le Festival de Bayreuth 1876 et ses machines à vapeur.

Karl Kliřc, Die Bayreuther Tonkunst Dampfmaschine,in Humoristische Blätter,  20.08.1876,
reproduit par John Grand-Carteret, in Richard Wagner en caricatures: 130 reproductions (Paris: Larousse), p. 111.

Voici ce qu'en écrivait le journal Le Ménestrel du 16 juillet 1876, pp. 4 et 5. Le troisième paragraphe est consacré aux machines à vapeur de Bayreuth.

"ÉTRANGER

On ne perd plus une minute à Bayreuth. Pendant que les ouvriers achèvent la décoration intérieure et installent les machines à vapeur annexées aux décors et les appareils d'éclairage, les artistes répètent avec un feu capable de faire monter encore le thermomètre. S'il faut en croire les on-dit, la répétition du Trésor du Rhin a fait une impression extraordinaire sur le petit nombre de privilégiés qui ont pu y assister. La scène finale, surtout à partir de l'orage rendu d'une façon si saisissante, si terrible et si naturelle, a émotionné tous les auditeurs. 

Le premier acte de la Walkyrie avec M. Niemann dans le rôle de Siegmund, -Mlle Scheffsky, remplaçant Mme Vogel dans celui de Sieglinde, a tenu sous le charme les exécutants et les assistants. L'orchestre, conduit par Hans Richter (les instruments à cordes dirigés par Wilhelmy), est d'une perfection incontestable. Il se trouve, comme on sait, placé plus bas que d'ordinaire, et cette innovation produit le meilleur résultat: la sonorité est merveilleuse et l'accompagnement le plus nourri et le plus riche ne couvre pas, grâce à cette nouvelle disposition de l'orchestre, la voix des chanteurs qui, sans peine et sans efforts, peuvent faire valoir toutes leurs qualités, même quand les instruments déchaînés versent des torrents d'harmonie.

Inutile  de dire que les décors sont féeriques et que le machiniste, M. Brandt, de Darmstadt, s'est réellement surpassée. Le Guide musical nous donne quelques détails curieux sur les machines à vapeur dont nous parlons dans la note précédente : « Pour produire les effets de scène, par exemple, simuler le brouillard qui se lève ou les nuages qui se fondent en pluie, etc., se trouvent à 50 mètres du théâtre deux machines à vapeur. La vapeur est de là conduite dans un grand réservoir d'où partent des ramifications qui aboutissent sous la scène. 12 tuyaux de caoutchouc permettent de transporter la vapeur là où la mise en scène en demande l'application. Pour en dégager l'eau, trois condensateurs sont établis dans les dessous. Pour le service des eaux une machine pneumatique, établie à 37 pieds sous la scène, puise l'eau dans un puits de 82 pieds de profondeur et la fait monter dans les réservoirs en fer qui se trouvent au haut des tours massives que l'on voit à l'extérieur du théâtre, soit à une hauteur de 130 pieds au-dessus de la scène. Les conduits qui servent à faire monter l'eau dans les réservoirs servent également pour l'amener dans les nombreux canaux qui sillonnent tout le théâtre : sur la scène il y a de la sorte 8 bouches pouvant en cas d'incendie fournir une quantité énorme d'eau. A chacune de  ces  bouches est adapté un tuyau mobile. Pendant les représentations 9 hommes de la Feuerwehr de Baireuth, autrement dits pompiers, seront de planton devant ces bouches. Les trois systèmes de conduite d'eau, de vapeur et de gaz d'éclairage comprennent en tout 5,000 mètres de tuyaux en fonte et en acier. Le tout a coûté 120,000 marcs, soit 150,000 francs. »

Toujours à propos des représentations de Bayreuth, le Signale nous, apporte une nouvelle assez grave et qui semble indiquer un refroidissement chez les adeptes de Wagner. On sait que la tétralogie de Nibelungen doit être donnée dans son entier trois fois de suite pour les trois séries de souscripteurs. S'il faut en croire notre confrère de Leipzig, on serait déterminé à renoncer à la troisième série et Wagner ne donnera son oeuvre que deux fois seulement.

Le Chroniqueur de Francfort nous apprend qu'à l'époque du festival de Richard Wagner à Bayreuth, on délivrera à Francfort sur le Mein des billets circulaires avec lesquels on pourra visiter les villes suivantes : Aschaffenbourg, Wùrzbourg, Nuremberg, Bamberg, Neumarkt, Bayreuth,  Ratisbonne, Munich, Ulm, Stuttgart, Bruchsal, Heidelberg, Darmstadt. Ces billets seront valables pendant un mois et coûteront 56 marcs, 90 pfennings (71 francs 10 centimes.)"


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire