samedi 4 mars 2017

Ludwig II., ein Gedicht von Karl Hecker / Louis II, un poème élégiaque de Karl Hecker [DE/FR]

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Ludwig II.


Ein König warst Du in der Träume Land,
Dem unermeßlichen, dem weltentrückten,
Doch des Geschickes finstre Mächte drückten
Ein irdisch’ Scepter früh in Deine Hand;

Und auf die Stirne Dir ein golden’ Band,
Ach, viel zu schwer der Schwärmerstirn! – Es bückten
Die Großen sich vor Dir; den Hochbeglückten
Pries Dich das Volk, das Deinen Thron umstand.

Ein kurzer Rausch von Freundschaft, Liebe, Macht
Liest Dich erkennen, daß sie alle trügen
Und daß der Erde Glück: ein eitler Tand;

Da suchtest Du in wilder Hochlandspracht
Die Einsamkeit und schriebst in Marmorzügen
Dein Traumbekenntniß an die Felsenwand.


Doch ach, so hoch ragt keine Felsenwand,
Daß sie der Erde Fesseln Dich entrücke,
Und schlügst Du über Wolken Deine Brücke,
Sie trägt Dich nicht in Deiner Träume Land.

Dein Sehnen war ein ferner Inselstrand
Im blauen Meer, fern von Verrath und Tücke,
Ein Zufluchtsort, so wähntest Du, dem Glücke,
Den viele suchten und den keiner fand.

Und als im Sehnsuchtsdrang, der nimmer ruht,
Vergebens Du gespäht von Pol zu Pol,
Schon von des Wahnsinns Nacht das Haupt umwunden,

Sprangst Du verzweifelnd selber in die Fluth:
Du königlicher Taucher fahre wohl,
Ludwig fahr wohl, Du hast den Strand gesunden!
Karl Hecker

in
Die Gartenlaube (1886, p. 632)


Traduction libre



Louis II

Tu étais Roi dans le pays des rêves
De l'incommensurable et de l'étrange,
Mais les forces obscures du Destin t'ont placé
Bien trop tôt un sceptre dans la main;

Et sur ton front un cercle d'or,
Ah! beaucoup trop lourd pour ton front exalté!l
Les Grands s'inclinaient devant toi et le peuple,
autour de ton trône, célébrait ton grand bonheur.

Mais la brève griserie de l'amitié, de l'amour et du pouvoir
Te fit prendre conscience de l'imposture
Et que le bonheur terrestre n'est qu'un vain bibelot.

Alors tu cherchas la solitude dans la splendeur des montagnes sauvages
Et tu écrivis ton rêve en traits marmoréens
Sur la paroi rocheuse

Hélas, aucune montagne n'était assez haute pour te libérer des chaînes terrestres
et même si tu jetas un pont par dessus les nuages
Il ne te conduisit pas au pays de tes rêves

Tu rêvais de la plage d'une île lointaine
Au milieu des flots bleus, loin des trahisons et des perfidies,
Un refuge, voila comment tu imaginais le bonheur,
Que beaucoup cherchent et que nul ne trouve.

Et quand en vain l'ardeur d'un désir insatiable
T'eut fait scruter le monde de pôle en pôle,
La tête déjà encerclée par la nuit de la folie,

Désespéré, tu te précipitas toi-même dans les flots.
Bon voyage à toi, royal Plongeur,
Tu as enfin atteint la Rive!

Karl Hecker

© traduction Luc Roger, tous droits réservés

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