mardi 7 février 2017

Louis II de Bavière et les femmes: Joséphine Schefsky (2), une nouvelle photographie et un nouveau ragot

Joséphine Schefsky, interprète de
Vor hundert Jahren en 1878, soit une
année avant sa disgrâce.
Pour une présentation de la cantatrice Joséphine Schefsky et de sa relation au Roi, voir notre premier: Louis II de Bavière et les femmes: la cantatrice Joséphine Schefsky.

La presse française lui consacra quelques entrefilets lors de son décès en 1912, et la plupart font mention de l'incident de la fausse chute dans le lac du jardin d'hiver du Roi, déjà longuement évoqué dans l'article précédent. En voici une autre version, particulièrement cruelle mais savoureuse, dans La Lanterne du 21 décembre 1912:

   Mlle Schefsky, la célèbre actrioe bavaroise qu'on vient d'enterrer, voulut poser à son royal ami, Louis II, la question suivante : « Que préfèrerais-tu ? Un rhume de cerveau ou ma mort? »
       Au cours d'une soirée donnée au jardin d'hiver du palais, elle devait surgir dans une nacelle, d'un massif planté au milieu d'un bassin, Pour éprouver l'amour de Louis II, elle fit brusquement chavirer l'esquif, pensant que le monarque, pour la sauver, n'hésiterait pas à transgresser le protocole et à se précipiter à l'eau.
     Mais Louis Il ne bougea pas. « Cette femme nage aussi mal qu'elle chante ! » se contenta-t-il d'observer. Et, comme on la repêchait, il quitta le concert et ne la revit jamais.
    Mlle Schefsky, qu'une malencontreuse coquetterie avait si mal inspirée, est morte oubliée et pauvre. Toute sa fortune était restée dans le bassin du jardin d'hiver.

Mais dès 1879, l'année où elle encourut la disgrâce royale, Le XIXe Siècle du 10 avril 1879 (p.4) rapportait le cancan suivant:

     Une des cantatrices du théâtre de la cour à Munich, Mlle Schefsky, vient d'encourir la disgrâce du roi Louis, et les cancans des bonnes petites camarades vont leur train.
    On dit tout bas que la chanteuse était d'une avidité insatiable : bien que se faisant de très jolis revenus, soit par ses appointements et par ses représentations au dehors, soit par la munificence royale, elle avait réussi à obtenir une pension sur le budget du théâtre. Non, contenta de cela, elle aurait encore cherché à se faire servir une autre pension sur la cassette particulière, et voyant ses demandes repoussées, elle aurait eu l'aplomb de se plaindre au souverain.
    C'est ainsi qu'on aurait fini par apprendre que Mlle Schefzky s'était fait remettre de fortes sommes sur la cassette du roi, sous le couvert de prétendues autorisations spéciales.
    On ajoute aussi que, toutes les fois que l'artiste chantait à la cour devant la souverain, elle exigeait du surintendant des cérémonies, en sus d'un superbe cachet, des quantités énormes de champagne et d'autres rafraîchissements, à tel point qu'un soir il y en eut, dit-on, pour 400 marks.
     Cinq cents francs de boissons en une fois, quel gosier altéré!

Tout ceci ne doit pas nous faire oublier que Joséphine Schefsky connut son heure de gloire en interprétant Sieglinde au premier Festival de Bayreuth en 1876.


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