mercredi 10 février 2016

Comédie musicale: A little night music de Stephen Sondheim dans une nouvelle mise en scène de Josef E. Köpplinger au Théâtre Cuvilliés

Daniel Prohaska (ComteMalcolm), Sigrid Hauser (Desirée Armfeldt),
Julia Klotz(Comtesse Malcolm) © Thomas Dashuber

C´est au départ d´une adaptation de  Sourires d'une nuit d'été (Sommarnattens leende) par Hugh Wheeler, un film suédois d'Ingmar Bergman, sorti en 1955 et qui, nominé pour la Palme d´Or à Cannes en 1956 y avait remporté le Prix de l´humour poétique, que Stephen Sondheim a composé  en 1972 sa comédie musicale A little night music, qui sortit ensuite en film en 1977, un film tourné par Harold Price avec une inoubliable Elisabeth Taylor dans le rôle de Désirée Armfeldt .  La comédie musicale avait été créée au  Shubert Theatre de Broadway le 25 février 1973. La comédie musicale, qui a remporté en 1974 le Tony award de la meilleure comédie musicale, est depuis restée célèbre essentiellement pour la chanson Send in the clowns, que d´innombrables chanteurs ont par la suite reprise et interprétée. Le titre de la comédie musicale est la traduction littérale de la Sérénade n° 13 pour violon en sol majeur  Eine kleine Nachtmusik de Mozart. Dans l´arrangement qu´en donne en ce mois de février le Gärtnerplatztheater au Théatre Cuvilliés de Munich, c´est le titre traduit en allemand du film de Bergman qui a été repris: Das Lächlen einer Sommernacht.

La nuit d´été suédoise adresse son sourire par trois fois: une première fois pour les jeunes, une deuxième fois pour les fous et une troisième fois pour les aînés. Tel est le secret que la vieille Madame Armfeldt dévoile à sa petite fille Fredrika. Et c´est aussi à une soirée souriante que nous convie la mise en scène du  Surintendant du Theater-am-Gärtnerplat, Josef E. Köpplinger. L´action aux moeurs très libérées de la comédie musicale se déroule en Suède, ce que rappelle le décor (de Rainer Sinell) d´un bois de bouleaux pour la partie de campagne du second acte ainsi que les coiffes fleuries des jeunes filles et des femmes, et, curieusement car telle n´est pas la tradition en Suède, aussi des hommes, une charmante coutume suédoise pour la célébration la fête de la Saint-Jean (costumes de Marie-Luise Walek). La mise en scène fait la part belle aux mises en abyme de la comédie musicale qui commence et se termine avec un groupe de cinq chanteurs et chanteuses qui chantent des chants d´amour ,et la pièce de théâtre dans le  théâtre du premier acte où l´avocat Egermann emmène sa jeune épouse et retrouve son ancienne maîtresse, l´actrice Désirée Armfeldt. Le décor du premier acte est essentiellement constitué d´un grand rideau rouge qui traverse en oblique la scène et qui s´ouvre et se ferme sans cesse pour marquer les changements de tableaux. Köpplinger souligne le tourbillon incessant et la valse des émotions qui agitent les protagonistes et organise les passages de scènes en faisant grand usage du plateau tournant. C´est tendre, drôle, animé et charmant.

Josef Köpplinger a fait appel au gratin de la comédie musicale germanophone pour interpréter les personnages de sa comédie musicale. Sigrid Hauser joue une Desirée Armfeldt sensuelle et gouailleuse, Erwin Windegger en avocat Fredrik Egerman et Daniel Prohaska en Comte Carl-Magnus Malcolm incarnent ses amants rivaux. Gisela Ehrensperger qui fut pendant quarante ans une des gloires de la troupe du Gärtnerplatztheater brûle les planches: elle donne une  Madame Armfeldt dont elle interprète avec un art consommé les diverses facettes, de l´ancienne cocotte à la dame impérieuse ou à la grand-mère attentive. La palme de la soirée revient à Julia Klotz, avec un jeu théâtral et un chant superbes en Comtesse Charlotte Malcolm. Enfin Christof Messner (Henrik Egerman) et Beate Krontner forment un délicieux couple de jeunes premiers. Un beau vaudeville des plus divertissant.

La soirée réserve de beaux moments musicaux avec des chansons comme Every day a little death ou Send in the clowns. Sans doute la partition se perd-t-elle un peu dans la première partie dans les méandres redondants de l´élégie, mais elle finit par prendre corps et rythme vers la fin du premier acte et se montre bien plus alerte au cours de la seconde partie. 

Au Théâtre Cuvilliés jusqu´au 14 février 2016 (les 11, 12 et 14 février, places restantes)

Vidéo de présentation (en allemand)

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