mercredi 4 janvier 2012

Les passions masculines de Louis II de Bavière: Richard Hornig



Richard HORNIG fut l’écuyer (maître de cavalerie) du Roi Louis II de Bavière. Il est né dans le Mecklembourg en septembre 1841 et décéda le 2 août 1911 à Rohrenfeld, sur le Danube. Son père, Ehrenfried Hornig, était l’écuyer du Comte de Hahn. La famille était originaire de Pologne. Richard a fréquenté plusieurs écoles privées. Mais il était encore jeune lorsqu’il arriva à Munich où son père était entré en fonction aux écuries du roi Maximilien II, dont il allait par la suite devenir l’écuyer. Richard avait aussi un frère de 2 ans son cadet, Edward, qui devait faire une grande carrière dans l'armée. Edward était marié à une femme qui était apparentée au Comte Rambaldi, qui était propriétaire du château de Almannshausen sur le lac Starnberg.


Richard Hornig a rejoint l'armée en 1859 où il devint officier d’artillerie dans l'armée bavaroise. Dès 1862, il rejoignit comme élève le service des écuries royales, un service dans lequel il gravit en 9 ans tous les échelons pour devenir en 1871 écuyer principal. La responsabilité était importante, l'écuyer principal devait s'occuper de toute la cavalerie personnelle du Roi et des écuries qui comportaient quelques 500 chevaux, qui devaient être nourris, soignés et entraînés, ainsi que des attelages et des carosses royaux.

Le 11 Mai 1867 il entra pour la première fois au service personnel du Souverain, après l’ avoir accompagné en 1866 dans la visite que fit Louis iI aux provinces de Franconie bavaroise. Pendant dix-huit ans, Hornig accompagna le Roi dans toutes ses excursions et randonnées. Le Roi et Hornig visitèrent fréquemment les châteaux royaux, des chalets et des huttes de montagne, le plus souvent dans une voiture à quatre chevaux mais parfois aussi en hiver en traineau.


Richard Hornig avait de beaux yeux bleus et des cheveux blonds que dans sa jeunesse il portait ondulés. C’ était un excellent cavalier et un chasseur passionné. Il aimait la musique de Wagner, avait des nerfs d’acier et était doté d’une patience surhumaine.


Pendant les dix-huit années où il fut au service personnel du Souverain comme écuyer royal, il lui servit aussi de secrétaire particulier. Toute la correspondance royale lui était confiée: il avait ainsi à s’occuper de la correspondance avec les entreprises chargées de la construction des châteaux royaux, les rapports avec les artistes à qui l’on passait commande, ceux avec les Ministres, etc. Bientôt Hornig servit directement d'intermédiaire entre le Roi et ses Ministres, ce qui fut bien sûr vivement critiqué. Le roi demanda également à son écuyer de se charger d’entreprises qui n’avaient aucun rapport son travail d’écuyer principal. Ainsi l’envoya-t-il à deux reprises à Naples pour étudier la grotte bleue, parce que sa reproduction à Linderhof n’avait pas exactement le même bleu, il l’ envoya aussi à plusieurs reprises à Paris pour y chercher des vases rares, des bustes, et des tapis. Le Roi fit un périple en Allemagne et en France avec Richard Hornig, et pour garder l'incognito se fit passer pour le comte de Berg.  Cependant, Hornig tomba en disgrâce en 1885 parce que des travaux de construction des châteaux royaux n’avaient pas été effectués dans les délais prescrits. Son successeur fut Karl Hesselschwert.

En remerciement des services rendus, Louis II offrit à Richard Hornig une propriété sur le lac Starnberg. Plus tard, Richard Hornig acheta un hôtel à Kempten.

Le meilleur ami d’Hornig fut le Secrétaire d’Etat Friedrich Ziegler. Richard Hornig fut annobli 1900 par le Prince Régent Luitpoldt. Il devint ainsi Richard von Hornig. Richard est décédé le 2 Août 1911 à l'âge de 70 ans. Il a été incinéré à Ulm et enterré à Munich dans le vieux cimetière du Sud (Münchner Südfriedhof).

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Une passion masculine du Roi

L'aspect homoérotique de la relation du Roi à son écuyer, son aîné de 5 ans,  est avéré, notamment par ce que le Roi lui-même en a écrit à plusieurs reprises dans ses Carnets secrets, que le Roi rédigea en français. Toute sa vie, Louis II lutta contre son homosexualité et la pratique de la masturbation, un état et une pratique considérés à l'époque comme ignominieux. Il ne fait aucun doute que Louis II ait aimé Richard Hornig, mais il est certain aussi qu'il combattit cet amour, que son éducation comme l'esprit de l'époque, sans parler de la distance sociale, lui interdisaient d'accepter. En voici quelques exemples.
  • Le 6 mars 1872. Deux mois exactement avant qu’il y ait 5 ans que nous nous sommes connus en ce divin 6 mai 1867, pour ne plus jamais nous séparer, et ne plus jamais nous quitter jusqu’à la mort. Ecrit dans la hutte indienne .
  • Samedi le 28 juillet 1874 Fernstein pluie 6 heures là-bas, 3 ans (août excepté), nombre de lys, 10 ans depuis le spectacle de Versailles depuis que j’ai foulé pour la première fois le sol de France en juillet également.
    10 ans que j’ai donc vu Richard et fait sa connaissance. – ai frôlé la chute pour la dernière fois et définitivement ! – jour de St. Louis 77 expié par Versailles ! Rheims ! le souvenir de Louis XIV et de la Royauté absolue. –
  • Au nom et par l'ordre des saints lis royaux: dernière chute le 30 août; après cela plus possible avec personne, au plus avec Richard.
  • Ami adoré, chéri de mon âme
  • Un baiser saint et pur...une fois seulement
  • Vivet Rex et Richardus in aeternum. Perent malum in aeternum.
    Plus un baiser, plus d’émoi du tout, ni en paroles, ni par écrit, ni en actes
Extraits de Louis II de Bavière, Carnets secrets, Grasset, 1987

A noter que Louis II rencontra Hornig trois mois avant la date fixée pour le mariage avec Sophie. Un auteur estimé comme le Major Desmond Chapman-Huston estime que l'apparition de Hornig dans la vie de Louis contribua à ancrer le Souverain dans l'idée qu'il ne pourrait aimer les femmes.

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