samedi 20 octobre 2018
vendredi 19 octobre 2018
Les mésaventures d'un Français à Munich... en 1869
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| Catulle Mendès se plaint de la literie de son hôtel, mais l'adresse à deux pas du Théâtre de la Cour, n'était pas si mauvaise que cela... |
En 1869, Catulle Mendès, sa femme Judith Gautier et Villers de l'Isle-Adam arrivent un beau soir à Munich où ils vont séjourner pour trois semaines pour notamment assister à la création de l'Or du Rhin de Richard Wagner et y visiter l'Exposition internationale des arts décoratifs. Catulle Mendès publie ses notes de voyage dans le quotidien parisien Le National. Voici sa sixième note, dans laquelle il fait le récit de leur première journée munichoise:
VI LES PREMIERS INCONVÉNIENTS
La porte cria :
- Pan! pan !
Mal réveillé, mais vaguement traversé de l'idée que nous étions couché dans une chambre de la Maximilianstrasse, à Munich, et non dans notre petite maison de Neuilly, près Paris, nous répondîmes:
- Herein !
Beppy entra. Beppy, c'est la bonne. Elle nous apportait de la part de la police muniquoise [sic] une feuille de papier divisée en une foule de petits carrés et où il était nécessaire que nous inscrivions nos nom, prénoms et profession.
Non sans quelque courroux d'être réveillé avant le jour, - il n'était encore que midi -, nous nous saisîmes de la plume que Beppy nous offrait en même temps que la feuille de papier, et, levant nos genoux vers notre menton, nous nous disposâmes à obtempérer aux voeux de la loi.
Un jour, un de nos amis. arrivant le soir dans une auberge, fut prié de s'inscrire sur le registre des étrangers. Il prit la plume en souriant. Mais à peine avait-il tracé quelques syllabes qu'un violent patatras se fit entendre derrière lui : le garçon qui tenait l'encrier s'était évanoui sur un grand tas de chaises accumulées et se tenait parmi les barreaux enchevêtrés. Notre ami continuait de sourire: Il avait écrit sur le livre d'une délicate écriture de femme, ces simples mots : " Stéphane Mallarmé, bourreau. " On le mit à la porte.
- J'y comptais bien, nous disait-il en nous racontant cette folie; 1'odeur qui sortait de la cuisine ne m'avait pas plu.
Plus sincère que notre ami, nous n'hésitâmes pas a avouer humblement notre qualité d'homme de lettres, et, la chose faite, nous allons nous retourner du côté du mur et reprendre notre somme interrompu, lorsque Beppy s'écria :
- Mais, monsieur, vous oubliez le plus important !
Et elle nous montra quelques petits carrés que nous avions omis de remplir et au-dessus desquels on lisait les diverses interrogations que voici :
- Quel âge a le voyageur ?
- Quelle est sa religion?
- Est-il marié, célibataire ou veuf ?
- A-t-il encore des parents ?
- Quels sont l'âge, la profession, la religion et la fortune de ses pères et mères?
- A-t-il des frères et des sœurs? Sont-ils mariés, célibataires ou veufs ? Ont-ils des enfants? Quel est l'âge de ces enfants ? Etc., etc.
- Mademoiselle ! criâmes-nous en nous asseyant sur notre lit, laissez-nous dormir, et dites à la police un peu trop curieuse de votre patrie que nous comptons écrire nos mémoires dans quinze ou vingt ans, que nous ne manquerons pas de lui en faire envoyer un exemplaire sur beau papier, contre remboursement.
- Au moins, monsieur, dites quelle est votre religion, supplia Beppy, qui a de vilaines mains, mais de très jolis yeux.
- Nous sommes bouddhistes, répondîmes-nous avec une fureur mal apaisée par le regard de Beppy.
Elle prit sans doute notre réponse, qu'elle ne comprit pas, pour une grave injure, car elle s'éloigna d'un air blessé, et nous entendîmes avec satisfaction se refermer la porte de notre chambre.
Mais il était écrit que nous ne nous rendormirions pas encore. Notre ami Villiers de l'Isle-Adam fit irruption dans notre appartement et sa laissa choir sur une chaise, près de notre lit, avec un air de désolation profonde.
- Où sommes-nous? murmura-t-il lentement
- Mais, à Munich, selon toute apparence.
- Oui, mais qu'est-ce que c'est Munich?
- La capitale de la Bavière.
- Tu ne m'entends pas . Qu'y a-t-il de remarquable dans cette capitale?
- D'abord un jeune roi, beau comme le prince Charmant des contes de fées, farouche comme Hippolyte de la tragédie antique, qui aime son pays comme s'il n'en était pas le maître et qui a pour tous les arts une passion profonde et efficace.
- Soit! mais ensuite?
- Ensuite, il y a la Pinacothèque, qui est un joli monument plein de tableaux fort agréables, une bibliothèque à rendre jalouses les bibliothèques même de Paris et de Rome, et enfin, et surtout un théâtre on l'on joue les oeuvres de Richard Wagner.
- Tu le fais exprès. Est-ce que Munich n'est pas célèbre d'un pôle à l'autre par sa bière ?
- Sans doute.
- Eh bien ! il y a un instant, pris du désir de connaître enfin cette liqueur, je me suis dirigé vers un café.
- Sans moi ? égoïste!
- Je me suis assis dans l'allée d'une porte cochère, car les cafés à Munich occupent la place où apparaissent en France les loges de concierge, et j'ai demandé un verre de bière.
- Mais, comme tu ne parles pas l'allemand, on ne t'a pas compris.
- J'ai parlé allemand, dit Villiers de l'Isle-Adam avec un air de triomphe. Je m'étais préparé par de longues études à mon entrée dans la brasserie. J'ai su dire : " Geben sie mir ein Glas Bier! "
- En ce cas, on t'a apporté une vaste chope de cristal, munie d'un couvercle d'acier sur lequel est peint un myosotis, et remplie d'une liqueur d'or écumeuse de neige.
- On m'a apporté une tasse de café an lait.
- On t'avait mal entendu.
- C'est ce que je me suis dit. Je suis allé dans une autre brasserie. Même demande : " Ein Glass [sic] Bier, " , même réponse: Une tasse de café. Ah ! mon ami, c'en est fait de tous les rêves et de toutes les illusions ! Il n'y a pas de bière à Munich ! Nous éclatâmes de rire.
- Laisse-nous dormir pendant quelques heures; puis nous irons ensemble à la découverte d'une chope.
Trois heures plus tard, reposé autant qu'on peut l'être par un bon sommeil dans un mauvais lit, nous nous promenions à travers Munich.
München, comme on dit en allemand, est une grande ville aux rues spacieuses, aux maisons monumentales. Il y a de la raideur et de la froideur dans la disposition rectangulaire des édifices: mais un formidable soleil inonde et brûle les murs et les pavés. On dirait d'une cité calme du Nord tout à coup transportée par un signe magique dans les environs de la ligne équinoxale. Les personnes qui passent dans la rue semblent elles-mêmes douées d'une double nature: leur attitude est grave, presque morne, comme celle des gens de l'extrême septentrion, mais leur parole est vive et ardente comma la parole des Méridionaux. Les hommes sont en général vêtus de toile blanche et les femmes de mousseline; mais les hommes et les femmes portent presque tous sur le bras d'épais manteaux de fourrure. C'est que Munich, où l'on étouffe pendant l'après-midi, est glaciale le soir; et il semble, quand le crépuscule tombe, qu'on passe brusquement de la Terre-de-Feu au pays des Patagons.
D'ailleurs, une vraie capitale : le luxe, la vie, la joie abondent. Que la pauvreté fasse ici comme ailleurs une lugubre antithèse au bien-être apparent, c'est possible; mais elle se cache. Les visages des plus humbles sourient ; les blouses sont propres ; les plus petites maisons ont l'air confortable. Nous n'avons pas vu une seule fois le bout de l'oreille de la misère. ce renard qui dévore la poitrine de ces spartiates qu'on appelle les misérables.
Chemin faisant, nous avions dîné dans une Restauration, et, comme la nuit venait, nous entrâmes chaudement enveloppés de nos plus lourds paletots, dans un jardin où un orchestre, fort satisfaisant, ma foi, exécutait une romance sans paroles de Sébastien Bach. Rien de plus divertissant qu'un jardin de brasserie à Munich. Mille tables couvertes de nappes blanches sont inondées de lumière par des lanternes suspendues entre les branches des arbres. Des familles, graves à la fois et joyeuses, entourent de larges portions de veau rôti et d'énormes chopes de bière. Un murmure gai s'élève de tous les groupes, et l'on se dit : " Ces bons Allemands ! " Pas de garçons de café. Au lieu des vestes noires et des tabliers blancs qui attristent Paris, on voit aller, venir, courir autour des consommateurs de jolies filles aux bras nus (car les femmes sont fort jolies à Munich, surtout les femmes du peuple); elles rient, elles jasent, se moquent un peu, et le service ne va pas plus mal, et si, par hasard, la chope, en faisant son trajet rapide de la tonne à votre table, a laissé un peu de sa mousse blanche sur la main qui la porte, on se console en remarquant que ce n'est pas un gros pouce noir qui s'est fourré dans votre verre.
De temps en temps, on fait silence. C'est quand l'orchestre joue. Oh! que vous êtes loin, chansons sinistres de Thérésa (1)! que vous êtes loin air des Pompiers de Nanterre (2)! Les braves Muniquois entendent chaque soir des symphonies de Beethoven, des menuets de Mozart, des fragments des opéras de Wagner ; et ils ne s'en portent pas plus mal.
Nous nous assîmes devant une table et nous demandâmes qu'on nous servît du café. Quelque chose grouilla sous notre chaise, parmi nos jambes. C'était un chien que nous avions dérangé et qui grognait
Les chiens de Munich méritent une mention particulière. E remarquez que nous n'avons rien de commun avec ce voyageur, qui ayant rencontré une femme agrémentée d'une bosse, se hâta d'écrire sur son carnet : " Dans ce pays, toutes les femmes sont bossues: " Non, nous n'avons pas vu qu'un seul chien à Munich; nous en avons vu dix, et nous pouvons vous affirmer que nous n'en avions jamais vu de pareils. Leur race? Demandez-moi de quelle nature sont les habitants de Mercure ou de Neptune, mais ne me demandez pas demandez pas la race des chiens de Munich! La tête poilue. la corps rasé, Ils tiennent du lion, de l'antilope . de l'hippopotame et de la chauve-souris. Quant à leur face, elle est humaine et souverainement comique. Des moustaches, ils en ont comme vous et moi. Ils clignent l’œil d‘un air malin sous une touffe de sourcils hérissés: assis sur le derrière, ils regardent passer les personnes et se communiquent les uns aux autres de malicieuses réflexions.
J'en ai rencontré deux ou trois qui ressemblaient à s'y méprendre à deux ou trois des hommes les plus spirituels de Paris. Mais ce sont de braves bêtes. L'un d'eux, à qui j'offrais un morceau de sucre, l'accepta, mais alla le donner à un de ses camarades qui n'avait pas osé s'approcher de nous.
Cependant une grasse et belle personne nous avait servi deux verres de bière. Villiers de 1'Isle-Adam ne retint pas un mouvement de surprise. Sachant un peu d'allemand, nous intervînmes.
- Mademoiselle, nous vous avons demandé deux tasses de café, et non pas deux verres de bière.
- Il n'y a pas de café.
- Pardonnez-nous si nous insistons, mademoiselle, mais vous nous étonnez. Ce matin même, on a servi du café à notre ami. Seriez-vous assez bonne pour nous expliquer s'il existe quelque ordonnance de police ou quelque règle d'hygiène commandant de donner de la bière aux personnes qui demandent du café et réciproquement?
- Ah! je ne sais pas, dit-elle; le matin, on boit du café, et, le soir, On boit de la bière. Voilà.
Là-dessus la belle personne nous tourna le dos. Le matin, on boit du café, et le soir, on boit de la bière. C'était à prendre ou à laisser : nous prîmes. La bière était excellente.
(1) Désirée Emma Valladon, dite Thérésa, née à La Bazoche-Gouët (Eure-et-Loir) le 7 septembre 18372 et morte à Neufchâtel-en-Saosnois (Sarthe) le 14 mai 1913, est une chanteuse de cabaret française. Surnommée par certains « la muse de la voyoucratie » et « la diva du ruisseau » en raison de ses origines modestes, elle est considérée comme l'une des artistes à qui l'on doit la naissance de l'Industrie du spectacle en France.
(2) Chanson fort oubliée dont voici les paroles:
Les Pompiers de Nanterre
Je viens chanter, belles de France,
Un corps charmant, plein de vaillance,
C't'auguste corps, c'est les pompiers,
Qui d' Nanterre, est les brav's troupiers !
Ce corps-là, sacrebleu !
Bien qu'il éteign' les flammes,
Dans l' cœur des plus bell's fâmes
Tous les jours il met l' feu !
Quand ces beaux pompiers vont à l'exercice
Pleins d'un'nobl'ardeur, faut les admirer ;
Ils embrass'nt d'abord leur femm' et leur fisse,
Puis, sans murmurer, dans Nanterre ils vont manœuvrer.
Tzim la i la, tzim la i la , les beaux militaires,
Tzim la i la, tzim la i la , que ces pompiers-là !
Tzim la i la, tzim la i la , les beaux militaires,
Tzim la i la, tzim la i la , que ces pompiers-là !
Rien n'a jamais pu le corrompre :
N'aimant que la France ...et sa pompe ;
Les jours de r'vu', fier comme un roi,
Dedans les rangs, il marche droit.
Au retour, il s'permet
Le nectar...hygiénique :
Un pompier, ça s'explique
Doit avoir un plumet.
Jadis, faut-il croire nos pères ?
Les rois s'mariaient à des bergères !
D'même, le pompier, qu'est bien planté
Il peut prétendre aux dignités :
A preuve l'grand Gauthier
Qui vient, la s'main' dernière,
D'épouser l'héritière
D'Andouillet l' chertuitier
Comme un n'héros, dans l'incendie,
Risquant ses jours... même sa vie !
Pour extirper l'humanité
De la ...combustibilité.
Pas besoin d'leur crier
Dans la bouillante lave :
Canarad', soyez brave
Comm' césar et...pompez !!!
C'est, à Nanterre, un vieil usage,
Bon an, mal an, une fill' sage
Doit, comm' rosièr's'fair' couronner,
Des fois...on n'en peut pas trouver :
Dans c'cas ,l'corps des pompiers,
Il peut se mettre en ligne,
Plus d'un... honneur insigne !
S'rait dign' d'être...rosier !
jeudi 18 octobre 2018
En travesti, une soirée en pantalons avec la mezzosoprano Anna Bonitatibus
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| Anna Bonitatibus, musiciens du Münchner Rundfunkorchester |
La question du genre dont on débat si souvent aujourd'hui est loin d'être une nouveauté dans le monde du théâtre puis de l'opéra. Comme le rappelait le présentateur de radio bavaroise Maximiliam Maier qui introduisait les différents arias du récital d'Anna Bonitatibus le rôle de Juliette fut joué par un homme lors de la première du Roméo et Juliette de Shakespeare. La mezzosoprano italienne Anna Bonitatibus, qui connut le lancement international de sa carrière grâce à son Cherubino a présenté hier soir au public munichois du Prinzregententheater une chrestomathie d'airs en pantalons, arborant au cours de la soirée pas moins de trois costumes: un ensemble pantalon blanc sur corset noir au lamé brillant, un smoking noir et une tenue de loubard gavroche , salopette et casquette sur baskets et chaussettes arc-en-ciel.
J'aime bien l'expression allemande Hosenrolle (rôle en pantalons) qui traduit ce que le français désigne sous le nom de rôle travesti. Ces rôles en pantalon sont souvent l'expression d'un jeu éblouissant sur les identités de genre et témoignent d'une grande tradition d'opéra: dans des rôles en pantalons, les chanteuses se transforment en personnages masculins et leur prêtent leur voix angélique. Anna Bonitatibus nous a au cours de la soirée présenté son interprétation extrêmement sensible d'arias écrits pour des voix de mezzo ou de contralto, accompagnée du Münchner Rundfunkorchester placé sous la direction de Corrado Rovaris Ce récital a fait l'objet d'un CD que la chanteuse et le chef ont signé après la représentation. L'enregistrement en avait été réalisé à lé´té 2016et comporte quinze arias dont Anna Bonitatibus présentait hier soir une sélection.
L'orchestre a entamé la soirée avec l'ouverture de Tancredi, à la suite de laquelle la mezzo italienne a interprété „Oh patria. ... Tu che accendi. ... Di tanti palpiti“ suivi d'un air moins connu extrait de l'opéra Maria de Rohan de Donizetti "Son leggero è ver d'amore". D'emblée on apprécie le choix d'Anna Bonitatibus qui privilégie à chaque instant l'intensité et la justesse de l'expression des affects. Le texte des arias toujours superbement articulé et projeté reçoit l'expression vibrante des émotions de la chanteuse qu'accompagnent son jeu subtil d'expressions faciales. Et on est emporté par le patriotisme de Tancredi ou la pugnacité d'Orphée dans „Qu'entends-je... Amour viens rendre a mon âme“ , ce rôle que Gluck conçut pour castrat et que Berlioz réécrivit pour mezzo.
Les modulations émotionnelles du „Gelido in ogni vena“ du Farnace de Vivaldi constituèrent un grand moment de la soirée. Anna Bonitatibus détaille dans la répétition des phrases musicales toute la palette des émotions du père devant le corps de son fils mort avec un art consommé du vibrato et une vérité telle que beaucoup sans doute n'ont pu retenir leurs larmes.
Le sourire, la tendresse et le rire ont succédé aux larmes avec l'arietta de Cherubino „Voi, che sapete“, pour lequel la chanteuse a revêtu son dernier costume de scène, puis avec l'air charmant „Toi, le coeur de la rose“ extrait de L'enfant et les sortilèges de Maurice Ravel, chanté comme l'air d'Orphée dans un français impeccable. Le récital se termine par un air plus contemporain de Victor Victoria.
Anna Bonitatibus portée aux anges par les applaudissements du public ravi d'avoir passé une si bonne et belle soirée l'a gratifié de deux encore: Io son Gian Burrasca, un air avec accompagnement de piano que reconnaîtront les Italien.ne,s qui ont in illo tempore suivi la minisérie télévisée ou lu l'oeuvre de Vamba, et, on s'y attendait car ce fut la carte de visite de la chanteuse, le grand air de Cherubino. Une soirée dont on sort le sourire aux lèvres et le coeur et les oreilles contents!
Timbre commémoratif émis à l'occasion du 150ème anniversaire de la naissance de Magnus Hirschfeld
Timbre émis par la poste allemande le 12 juillet pour commémorer le 150ème anniversaire de la naissance du sexologue Magnus Hirschfeld. Valeur faciale de 70 centimes.
Magnus Hirschfeld, né le 14 mai 1868 à Kolberg, aujourd'hui Kołobrzeg, mort le 14 mai 1935 à Nice, est un médecin allemand, qui fut le premier à étudier la sexualité humaine sur des bases scientifiques et dans sa globalité. Il est l'un des pères fondateurs des mouvements de libération homosexuelle. Hirschfeld lutta contre la persécution des homosexuels allemands soumis au paragraphe 175. Il était le fondateur de l'Institut de sexologie à Berlin. (Source Wikipedia).
Le feuillet de 10 timbres mentionne la devise Per scientiam ad justitiam (La justice grâce à la connaissance), devise du Comité scientifique humanitaire que contribua à fonder Magnus Hirschfeld et dont un des objectifs était d'obtenir l'abrogation du paragraphe 175. Cette devise reflète la conviction de Hirschfeld qu'une meilleure compréhension de l'homosexualité mènera à la disparition de l'hostilité à son égard.
Grandes expositions: Florence et ses peintres de Giotto à Léonard de Vinci à l' Alte Pinakothek
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| Filippino Lippi - Portrait d'un jeune homme (vers 1485) © National Gallery of Art, Washington, Andrew W. Mellon Collection |
Les travaux de rénovation de l'espace d'exposition de l'Alte Pinakothek ont été récemment achevés. La pinacothèque munichoise y présente sa première exposition consacrée aux peintres florentins du 15ème siècle. Quelque 120 chefs-d'œuvre y sont présentés qui reflètent les innovations artistiques révolutionnaires du berceau de la Renaissance, avec une juxtaposition exemplaire de peintures, de sculptures et de dessins. Une sélection complète de superbes peintures sur panneaux, réalisée pour les églises et les palais du centre commercial toscan, transporte les visiteurs à l'époque des Médicis et retrace l'évolution de la peinture à l'époque moderne, depuis ses débuts, avec l'œuvre de Giotto, jusqu'à celle de Léonard de Vinci.
Les plus grands peintres florentins, dont Fra Angelico. , Filippo Lippi, Antonio Pollaiuolo, Andrea del Verrocchio, Domenico Ghirlandaio, Sandro Botticelli, Filippino Lippi, Léonard de Vinci, Lorenzo di Credi et Fra Bartolommeo sont représentés dans l'exposition. Les oeuvres proviennent tant des riches collections de la pinacothèque de la capitale bavaroise que de prêts internationaux en provenance, entre autres, de grandes collections de Florence, Londres, New York, Washington, Vienne et Berlin.
La présentation met l’accent sur le monde des idées et les méthodes de travail des artistes, qui, forts d'une nouvelle assurance, se sont plongés dans les profondeurs du monde réel à la recherche des lois de l'harmonie et de la beauté, dessinant d'après nature et étudiant avec passion les œuvres de l'Antiquité. Dans leur exploration ambitieuse, les peintres explorèrent les sujets, les formes et les techniques de leur travail et réalisèrent ainsi une variété de formes d'expression artistique jamais atteinte auparavant, non seulement dans les récits picturaux et les portraits laïques, mais aussi dans les oeuvres de dévotion ou dans les commandes à usage privé. L'exposition examine les défis spécifiques auxquels les artistes ont été confrontés en raison du nombre de puissants mécènes et d'ateliers en compétition. Elle s'intéresse aux lieux et aux fonctions auxquels les œuvres étaient initialement destinées et, à l'aide d'exemples éminents, montre la composition originale de plusieurs retables importants.
Les chefs-d'œuvre de la peinture florentine que le roi Louis Ier de Bavière a pu acquérir au cours des premières décennies du XIXe siècle définissent les points principaux de la présentation. Ces œuvres ont récemment fait l’objet d’un important projet de recherche sur l'importante collection de peintures florentines du Xe au XVIe siècles de l'Alte Pinakothek, qui comportait des analyses approfondies sur l’histoire de l’art et la science, ainsi que des travaux de restauration. Sur cette base, les résultats les plus récents de la recherche technologique sur les peintures et de deux projets de restauration de grande envergure sont également présentés dans le cadre de la présentation documentaire didactique. L'exposition donne ainsi un aperçu détaillé des méthodes de travail des peintres florentins et explique la relation étroite qui existe entre le changement technique et stylistique.
En outre, presque tous les autres tableaux de Florence appartenant aux collections de Munich - de la fin du Moyen Âge à la Haute Renaissance - seront exposés dans le musée, y compris de nombreuses œuvres longtemps cachées dans les dépôts, ce qui donne l'occasion d`'apprécier la collection dans son contexte historique. On pourra ainsi compléter la visite de l'exposition en parcourant les salles consacrées à la peinture florentine, dans un cadre lui aussi entièrement rénové.
Le caractère exceptionnel des oeuvres exposées se voit encore souligné par l'extraordinaire qualité de la présentation et de la mise en scène muséologique. Les salles d'exposition ont été architecturées sur des modèles stylisés de la Renaissance italienne. Structures et parois ont été peintes d'un bleu nuit mat combiné avec un éclairage de la meilleure technologie. L'effet en est superbe. A voir absolument!
L'exposition peut se visiter jusqu'au 27 janvier aux heures d'ouverture habituelles du musée (de 10 à 18 H, fermé le lundi), prolongées les mardis et mercredis jusqu’à 21h00 pour la durée de l'exposition.
Source: traduction libre de la présentation de l'Alte Pinakothek.
Site internet: cliquer ici.
mercredi 17 octobre 2018
Concert d'Académie: Kirill Petrenko et Patricia Kopatchinskaja triomphent dans le Concerto pour violon de Schönberg
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| Crédit photographique Wilfried Hösl |
Kirill Petrenko dirigeait hier soir le deuxième concert d’Académie de l'Orchestre d'Etat de Bavière avec un programme interprété à quatre reprises, pour trois soirées dans la capitale bavaroise et une en déplacement, au Centre culturel LAC (Lugano Arte e Cutura), ce mercredi 17 octobre.
C'était la première fois que le directeur général de la musique interprétait une œuvre d'Arnold Schönberg avec l'Orchestre de Bavière, le Concerto pour violon et orchestre op 36, le seul concerto pour violon que Schönberg ait composé, avec en soliste la violoniste Patricia Kopatchinskaja. La violoniste moldave, qui a déjà joué dans de nombreuses salles de concert renommées, - dont le Konzerthaus de Vienne, le London Wigmore Hall et le Concertgebouw à Amsterdam - , faisait sa grande entrée au Théâtre national de Munich.
Le concerto pour violon de Schönberg est connu pour être une des oeuvres les plus difficiles à interpréter même pour un violoniste virtuose avec la largeur de ses sauts, avec ses suites battantes de sons à produire "en flageolet", comme les claquements d'un drapeau au vent, sa dynamique rapide et la folie presque insensée de ses attaques doubles et multiples. Patricia Kopatchinskaja considère cette oeuvre comme "un défi tant pour les interprètes que pour les auditeurs" et indique que Schoenberg a besoin de "moins de compréhension intellectuelle, plus de ressenti, d'intuition et de fantaisie".
Cette première partie fut un ensorcellement avec l'entrée en scène d'abord de l'impressionnante cohorte de musiciens que nécessite cette oeuvre écrite pour très grand orchestre et l'apparition de la violoniste en longue robe aux cotonnades immaculées, une robe à l'architecture aussi complexe que la partition que la jeune femme portait comme en triomphe avec son violon à bout de bras levés au-dessus de sa tête. La blancheur de la robe tranche sur les fracs noirs impeccables des hommes et les ensembles noirs des dames et focalise d'emblée l'attention sur l'interprétation attendue de la soliste qui, ici plus qu'ailleurs, est au centre de l'oeuvre. C'est que la violoniste se prépare à un combat énorme à livrer avec l'oeuvre, un combat titanesque dont le prix n'est autre que le déploiement magique de l'univers schönberguien, et dont les armes sont à la fois une maîtrise virtuose absolue et l'entrée en transe de l'interprète, qui se transforme en démiurge, comme une jeune prêtresse vaudou dont la tâche surnaturelle est de créer un passage entre deux mondes. Cette musique qui pour la plupart des auditeurs est sans doute un choc et une épreuve se transforme en fascination: Patricia Kopatchinskaja est en constant dialogue avec son violon .qui semble animé d'une vie propre, avec le chef et l'orchestre, tout son corps vibre avec la musique, elle sautille, est prise de soubresauts, son visage très expressif et mobile exprime toute une palette d'émotions, avec des mines de lutin, de gamin coquin et malicieux sur le point de jouer un bon tour, de petit chef de bande qui stimule et apprécie les attaques de l'orchestre, elle est en transe, elle n'est plus de ce monde, on semble assister à la lutte de Joseph avec l'ange. Ce n'est plus seulement l'interprétation virtuosissime d'un concerto, c'est de la magie musicale, un événement énergétique immense dans lequel la violoniste entraîne l'orchestre et le public. C'est astral, c'est sidérant et une fois le dernier accord arraché aux cordes et à l'âme du violon, c'est un triomphe. Faut-il souligner que seuls les plus grands interprètes et les plus grands orchestres peuvent réussir à gagner un public entier à une oeuvre aussi difficile, et qu'il faut un chef aussi brillant et consommé que Kirill Petrenko pour relever les défis innombrables de la partition? Le public ne peut être initié à l'oeuvre que par la rencontre des excellences du chef, de l'interprète et de l'orchestre.
Patricia Kopatchinskaja donna deux encore, deux duos, dont un de Jörg Widmann, joyeusement exécutés avec deux musiciens de l'orchestre.
En deuxième partie du programme. Kirill Petrenko dirigeait la Symphonie n ° 2 en ré majeur op. 73 de Johannes Brahms, une oeuvre que le Maestro approfondit depuis plusieurs années. Elle avait lors de sa première le 30 décembre 1877 déchaîné une tempête d'enthousiasme au point que le troisième mouvement le délicieux troisième mouvement avait dû être répétée. C'est avec cette oeuvre que Brahms, dont on connaît les appréhensions à s'attaquer à ce genre, s'était également affirmé comme compositeur symphonique.
On ne sort pas intact d'une interprétation réussie du concerto de Schönberg. L'écoute de la symphonie de Brahms, toute innovative qu'elle soit, apporte comme un baume sur les déchirures de l'âme qu'a opérées le concerto; c'est, surtout dans les deux premiers mouvements, le calme après la tempête: on revient aux rivages dorés d'un monde connu, ceux du lac de Wörth (Wörthersee) aux bords duquel Brahms composa sa symphonie lors d'un séjour estival, une oeuvre à l'humeur plutôt joyeuse qui marie un sérieux méditatif à un humour subtil. Ce sont à peu près les mots du critique musical Eduard Hanslick, un propos qui colle bien aussi à l'interprétation magique et brillante de Kirill Petrenko qui restitue parfaitement les atmosphères de l'oeuvre. Ici comme ailleurs, Kirill Petrenko fait preuve d'une précision extrême dans sa direction d'orchestre, avec un respect tout aussi extrême de la partition: à la douceur et au calme de l'introduction va succéder plus d'intensité et une montée progressive de la dramatisation. Sa conduite du troisième mouvement nous restitue l'enchantement de la première viennoise de l'oeuvre avant les éclats jubilatoires du final. Le public fait un triomphe à ce chef qui reste toujours modeste aux applaudissements et met avant tout en avant le travail de son orchestre.
A noter que Kirill Petrenko qui reprend les rênes du Berliner Philarmoniker dirigera le concerto pour violon de Schönberg avec cet orchestre et Patricia Kopatchinskaja en mars prochain à la Philarmonie de Berlin, puis en déplacement le 15 avril à Baden Baden, avec en deuxième partie de programme la Cinquième symphonie de Tchaikovski.
mardi 16 octobre 2018
Cora Pearl et le roi Louis II de Bavière
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| Cora Pearl photographiée par Disdéri |
La célèbre courtisane Cora Pearl (née Emma Élizabeth Crouch à Londres en 1835 et décédée à Paris le 8 juillet 1886) aurait en 1867 tenté sans succès de séduire le roi de Bavière de passage à Paris.
Pour présenter cette intéressante personne, nous retranscrivons le portrait qu'en donnait à cette époque la revue Les Modes parisiennes et les paragraphes qu'y consacrent deux biographies françaises du roi de Bavière.
La revue Les Modes parisiennes dressait un portrait sans fard de la demi-mondaine dans son édition du 25 avril 1868.
" [...] Miss Cruch n'est point la première venue; mademoiselle Cora Pearl peut se flatter de figurer parmi les célébrités de notre dix-neuvième siècle. Paris actuel ne consentirait plus à vivre si cette étoile venait à filer ou à s‘éteindre.
Pour ceux qui, par impossible, ne connaîtraient pas miss Cruch, il faut le rappeler, c’est une petite Anglaise qui est fort originale, en ce sens qu’étant brune elle paraît être blonde. C’est elle qui a mis à la mode l'art de changer la chevelure couleur aile de corbeau en cheveux d‘or. Comment y est-elle parvenue? Avec le savoir d'une magicienne et une série de petits pinceaux. Le fait est que sous le rapport de la tignasse on la prendrait volontiers pour celle que le vieil Anacréon appelle "Cythérée la blonde". En ce qui concerne la figure, c‘est un masque assez incorrect : le nez gros, un peu évidé en bouchon de carafe, le front trop bombé, les lèvres grosses; mais l'œil, bien ouvert, a un charme satanique, et l'ensemble du visage est animé de la flamme qui passionne les sociétés vieillies. Quant au corps, il est d'une forme parfaite.
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| Cora Pearl en Cupidon |
On a été à même d'en juger un jour, l'an dernier, lorsque mademoiselle Cora Pearl, cédant au caprice de monter sur les planches d'un théâtre, joua aux Bouffes Parisiens le rôle de l‘Amour dans l'Orphée aux enfers de maître Jacques Offenbach.
Ce soir-là toute la jeunesse dorée était sous les armes, c'est-à-dire assise à l'orchestre, une lorgnette à la main. M. Henri de Pène a passé en revue ces beaux-fils et imprimé leurs noms, tous plus blasonnés les uns que les autres. Quel honneur pour les débris de la vieille noblesse d’accourir ainsi, afin de tomber en pâmoison devant le corps demi-nu d’une petite comédienne de hasard, la plus britannique et la plus maquillée qu’en eût jamais vue à Paris! Je suis l'Amour! chantait miss Crunch, en mêlant au poème un petit accent anglais fort mordant. - Et deux cents jeunes marquis, ducs et comtes étaient grisés d'enthousiasme, comme s'ils eussent coupé les lauriers de Bouvines ou vidé chacun un flacon de vin d'Aï après la bataille de Toulouse.
Un soir on siflla.
Revenant tout simplement à la vie aimable de Paris, loin des aspics du théâtre, mademoiselle Cora Pearl a repris ses belles allures. Je la vois, tu la vois, il la voit, nous la voyons, ils la voient. C’est elle qui excelle à conduire au bois, en côtoyant le lac, un attelage de petits cheveux couleur pain grillé , qui ont l‘air de levrettes lamartiniennes, tant ils sont légers. C'est elle qui porte, à l'instar de l'Uranie de Raphaël une couronne de diamants sur le front. C‘est elle qui commande des camées portant dans leur cadre des figures d'impératrice et d'hétaïres antiques, et ce merveilleux éventail qui vient de mettre en l’air les robins du palais de justice.
On a beaucoup parle depuis quelque temps de la parole de saints hommes et de leur autorité sur les rejetons des grandes familles : le P. Lacordaire, le P. Félix, le P. Hermann, le P. Hyacinthe, le P. Gratry
et vingt autres pères pleins d‘onction. Croyez que notre jeunesse en gants blancs se laisse encore mieux persuader par miss Crunch. [...] "
Jacques Bainville consacre un paragraphe à Cora Pearl au chapitre III de son Louis II de Bavière paru chez Flammarion en 1900.
" Des actrices, des aventurières de tous les étages, qui s’étaient juré de triompher du roi, ne furent pas plus heureuses. Louis II opposait à ces entreprises un dédaigneux noli me tangere. « Ne touchez pas à la Majesté », fut le mot dont il écarta un jour une dame indiscrète. Mais rien ne décourageait les prétendantes, et il en venait de partout. La célèbre Cora Pearl eut l’idée qu’elle pourrait jouer en Bavière un rôle au moins aussi brillant que celui de Lola Montez. Elle posa sa candidature avec portraits et documents à l’appui on ne lui fit même pas l’honneur d’une réponse. Cora Pearl eut pour consolation de se dire que d’autres porteurs de sceptre avaient été moins inaccessibles. "
Dans son Louis II de Bavière paru chez Lattès en 1987, Pierre Combescot se fait plus précis et donne les circonstances des envois de Cora Pearl au roi de Bavière. La courtisane aurait aperçu Louis II lors d'une représentation de la Vie parisienne aux Variétés en 1867, alors que le roi de Bavière est à Paris pour y visiter l'Exposition universelle:
"Mlle Cora Pearl, depuis que le roi est entré dans la salle, n'a pas détourné de lui son regard. Cette belle Anglaise est une des courtisanes les plus célèbres de Paris. Elle a longtemps appartenu au parc réservé du duc de Morny, demi-frère de l'empereur. Sous ses airs de langueur, elle a un redoutable appétit; la Bavière et son roi y pourvoiraient tout juste.
Intriguée par ce qu'on lui a rapporté de Louis II, elle s'est prise soudain d'une passion folle pour la Bavière et est prête à abandonner sa situation parisienne pour quelque chalet tyrolien si le roi le désire. Depuis quelques jours elle poursuit Louis II de ses assiduités, le bombardant de lettres et de billets, Bientôt, un peu déçue de cette froideur qu'elle pense teutonne et devant le peu d'empressement que met le roi à lui répondre, elle abandonnera. D'ailleurs les princes et les rois ne manquent pas en cette saison à Paris." (pp. 103 et 104).
Cora Pearl, qui publia ses Mémoires en 1886, n'y évoque pas, et pour cause, sa tentative infructueuse. Elle mourut peu après leur publication, un peu plus de trois semaines après la mort tragique du roi Louis II.
Remarque
Cora Pearl, comme d'autres cocottes de haut vol, se rendit à Baden-Baden en 1864 pour y prendre les eaux ou y assister aux courses hippiques. Certains spécialistes du roi Louis II mentionnent qu'on aurait pensé alors à la mettre dans les bras du jeune roi qui venait d'accéder au trône. Cela me paraît tout à fait invraisemblable que l'on ait tenté de jeter un jeune souverain auquel les plus grandes alliances étaient promises dans les bras d'une demi-mondaine de 10 ans son aînée. Ce qu'en disent Bainville ou Combescot me semble bien plus plausible.
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