mardi 3 juillet 2018

Opera incognita in München: Dido and Aeneas / The Rape of Lucretia im Müller'schen Volksbad 31.08 bis 15.09.


Opera Incognita widmet sich im Müller´schen Volksbad erstmals einem szenischen Doppelprojekt aus den beiden römischen Tragödien "Dido and Aeneas" von Henry Purcell und "The Rape of Lucretia" von Benjamin Britten und verzahnt nahezu bruchlos zwei in ihrer Stringenz radikale Musiktheaterwerke zu einem großen römischen Tableau:

"Dido and Aeneas" wird als Theateraufführung vor den versammelten Machthabern gegeben, während gleichzeitig Brittens Erzähler eine Dokumentation über die überwunden geglaubten Atavismen der römischen Kultur drehen.

Brittens intellektueller musikalischer Anspruch trifft auf die zupackende musikalische Anmut Purcells, seines kompositorischen Vorbilds.

Chor und Orchester Opera Incognita und das Solistenensemble agieren in der Damenschwimmhalle des Müller`schen Volksbads und präsentieren das Werk unter der Leitung von Ernst Bartmann und Andreas Wiedermann am 31. August, 01., 06., 07., 08., 13., 14., und 15. September, Beginn jeweils 19:30 Uhr.

Castellum Hohenschwangau. Un poème latin de Karl Heinrich Ulrichs et sa traduction en allemand, italien et français.



Castellum Hohenschwangau est le septième poème de Cupressi. Carmina in memoriam Ludovici II regis Bavariae, un petit recueil de poèmes rédigés en latin que son auteur Karl Heinrich Ulrichs publia à Berlin en 1887 en hommage et à la mémoire de Louis II de Bavière. 

"7. Castellum Hohenschwangau.

In penetrale tuum penetrant sceptrumque paternum
Extorquent tibi, Rex, manibus. Qui sceptra gerebat,
Qui modo cinctus erat diademate, cingit eundem
Nunc vigilum sepes. Tua corda fidelia cuncta
Eripuere tibi. Quo prostravere frementem!
Nescit septa pati sentitque latentia frena.
"Jam captivus ero ? Torquent mihi sub juga collum?
Me credunt, me, frena pati ? Docilem fore sperant?"
Frenduit in dentes, expalluit ingemuitque.
Tunc gemitus omnes quassato pectore claudit.
"Non erit ulla mihi, non erit ulla salus?"

DE 
Traduction allemande du Dr Wolfram Setz (historien, éditeur, traducteur et essayiste allemand), publiée dans Karl Heinrich Ulrichs, Matrosen-geschichten und Gedichte, Bibliothek rosa Winkel, Bd.18, Verlag rosa Winkel, Berlin, 1998. p. 145. Avec l'aimable autorisation du Dr Wofram Setz.

Castellum Hohenschwangau

In dein heilig Gemach dringen sie ein und das väterliche Szepter
entwinden Sie, König, deinen Händen. Der das Szepter geführt,
den eben noch schmückte das Diadem, ihn umringt nun
die Schar der Häscher. Von den treuen Herzen der Deinen
trennen sie dich. Schleudern zu Boden den Wütenden!
Er weiß, er wird’s nicht ertragen, spürt schon die drohenden Fessseln.
"Ich und gefangen? Man zwingt mich unter das ]och?
Ich und die Fesseln erdulden? Willig ihrem Befehl?"
Knirscht mit den Zähnen, erbleicht voller Seufzen,
und des Herzens Qualen umschließet die Frage
"Gibt es kein Heil, kein Heil auch für mich?"

IT
Traduction italienne de Madame Rosana Ceretti, professeure d'italien et de latin au Lycée scientifique de Brescia.

"Castello di Hohenschwangau

Nel tuo interno più recondito penetrano e strappano a te dalle mani, o re, lo scettro paterno.
Colui che sosteneva il regno, colui che era cinto del diadema, ora una schiera di sorveglianti imprigiona. Hanno rapito a te tutti i tuoi cuori fedeli.
Come ti hanno abbattuto, fremente!
Non sa sopportare le barriere e percepisce le catene nascoste. “Dunque sarò prigioniero?
Costringono il mio collo sotto il giogo?
Sperano che sarò docile? Batte i denti , impallidìsce e geme.
Infine tutti i gemiti racchiude nel petto tormentato: “Non ci sarà per me, non ci sarà per me alcuna salvezza?”

Apparat critique: le commentaire technique de la traductrice à propos de sa traduction:

La traduzione è questa: abbastanza fedele, tranne che alcuni tempi verbali in latino sono diversi perché il latini potevano usare presente storico e passato remoto molto ravvicinati, mentre in italiano non si può fare. Allora in un passaggio ho usato il presente e non il passato remoto. Per fortuna questo Ulrichs aveva una conoscenza di latino medio bassa

FR
Traduction française de Luc Roger (largement inspirée de la traduction italienne, grazie mille Professoressa)

"Château de Hohenschwangau

Ils ont pénétré dans ton intimité la plus secrète et t'ont arraché le sceptre paternel des mains, ô roi.
Celui qui soutenait le royaume, celui qui était ceint du diadème est à présent emprisonné par une foule de gardiens. Ils t'ont privé de tous les coeurs qui t'avaient juré fidélité.
De quelle manière ont-ils abattu ton corps frémissant!
Il ne peut pas supporter les barrières et perçoit les chaînes cachées.
"Alors je serai prisonnier? Est-ce qu'ils forcent mon cou à passer sous le joug? Espèrent-ils que je serai docile?"
 Il claque des dents, pâlit et gémit. Et tous ces gémissements secouent sa poitrine tourmentée:
 "N'y aura-t-il  pour moi...,  n'y aura-t-il vraiment  pas de salut pour moi?"

Le Théâtre national de Munich au temps de Louis II. Une photo d'époque.

Tel était "Das königliche Hof- und Nationaltheater" à l'époque de Louis II et de Richard Wagner. 

Remarquables: les chapiteaux corinthiens et le jardin d'hiver dont on aperçoit la verrière à gauche du théâtre. Il fut  construit en 1854 sous Maximilien II entre la Résidence et le théâtre. . 





Dessin de 1854, avant la transformation.
Une arcade reliait alors la Résidence au théâtre.


lundi 2 juillet 2018

L'Université technique de Munich fête son 150ème anniversaire


Le projet d'une école polytechnique remonte au début des années 1860, sous le règne de Maximilien II. En 1868, sous le règne de Louis II, elle ouvrit ses portes sous la dénomination d'Ecole polythechnique, avec statut d'université. En 1877, elle reçut le nom de Königlich Bayerische Technische Hochschule München (Ecole supérieure technique royale bavaroise de Munich).


"La Femme en bleu lisant une lettre" de Vermeer est à Munich jusqu'au 30 septembre

Johannes Vermeer, vers 1663, huile sur toile, 46.5 cm x 39 cm,
© Rijksmuseum, Amsterdam
Pour marquer la réouverture de toutes les galeries et de la collection de l'Alte Pinakothek, le public aura l'occasion unique de voir à Munich à partir de demain la célèbre «Femme en bleu lisant une lettre» du maître néerlandais Johannes Vermeer (1632-1675). La toile sera exposée pour une période limitée, du 3 juillet au 30 septembre 2018. 

Oublié jusqu'à la fin du 19ème siècle, le travail de Vermeer a été redécouvert par le journaliste et critique d'art français Théophile Thoré-Bürger et a par la suite connu une renaissance. Aujourd'hui, Vermeer est l'un des peintres les plus célèbres du baroque néerlandais, aux côtés de Rembrandt et de Frans Hals. Il doit sa célébrité à l'atmosphère particulière qui caractérise ses représentations de la vie domestique à l'époque de l'âge d'or néerlandais. Vermeer était capable, comme aucun autre peintre de son temps, de traiter un sujet visuel apparemment simple, tel la femme lisant une lettre, avec une profonde intensité. Ses compositions bien équilibrées sont réduites à quelques motifs essentiels, efficacement disposés et éclairés par une lumière naturelle et fraîche. Le choix des couleurs atteint une harmonie parfaite, dont la puissance s'est à peine atténuée au cours du temsp. Les phénomènes optiques, qui faisaient l'objet de recherches scientifiques à l'époque du peintre et qu'il adaptait selon ses propres règles, jouent souvent un rôle clé dans sa peinture.

Après une phase de rénovation et de modernisation de dix ans, le Rijksmuseum a rouvert ses portes en 2013 et est devenu depuis l'un des musées d'art les plus modernes et les plus visités d'Europe. Avec ses quatre Vermeer, il détient une collection unique du travail de Vermeer dont on ne connaît que 34 oeuvres, dont la célébrissime «Femme en bleu lisant une lettre», achevée en 1663. L'oeuvre peut être admirée au musée d'Amsterdam depuis 1885. Vincent van Gogh qui y avait vu le tableau, écrivait à son ami Émile Bernard: «Connais-tu un peintre nommé Vermeer? Il a peint une femme néerlandaise digne et belle, enceinte. Sa palette est composée de bleu, de jaune citron, de gris perle et de blanc. Bien sûr, dans les quelques tableaux que nous avons, on peut trouver toutes les couleurs d'une palette complète; mais il est vrai aussi que la combinaison du jaune citron, du bleu pâle et du gris clair est caractéristique de ce peintre.

Le tableau fit l'objet d'un travail de conservation-restauration en 2011, qui a révélé le secret de l'éclat intense et magique de ce fameux bleu, qui a traversé les siècles. Vermeer a utilisé tout son art pour obtenir le bleu flamboyant de la robe de la lectrice  de lettre: pour ce faire, il utilisa des pigments bleus extraits du précieux lapis-lazuli, une roche métamorphique en provenance du nord-est de l'Afghanistan, recouvert d'une base vert cuivre. Le public munichois a désormais l'occasion de découvrir par lui-même l'atmosphère unique et l'effet enchanteur du tableau, ainsi que d'autres chefs-d'œuvre bien connus dans la galerie des maîtres hollandais de l'Alte Pinakothek.

Une occasion unique, à ne pas manquer!

Alte Pinakothek de Munich
Tous les jours , sauf le lundi, de 10h00 à
 18h00, le mardi de 10h00 à 20h00
Le musée est fermé le lundi.
L'oeuvre de Vermeer peut y être admirée jusqu'au 30 septembre.

Source du texte: traduction partielle du texte de presse de l'Alte Pinakothek.

dimanche 1 juillet 2018

Les villas de Wagner sur le lac de Starnberg

Le roi Louis II loua la villa Pellet à Kempfenhausen de mai à octobre 1864
pour y installer Richard Wagner, qu'il pouvait ainsi recevoir chaque jour
en son château de Berg

Richard Wagner vécut à la villa Prestele de la fin mai à la mi juin 1867

Photographies de gravures présentées à l'exposition "Schloss Berg - Ludwigs II. heimliche Residenz. Der König und sein Paradies am Starnberger See", à Benediktbeuern.

Le festival Richard Strauss à l'Abbaye d'Ettal: Prokofiev et Strauss

Ettal, capitale de la culture: l'expo "Mythos Bayern" y côtoie
le Festival Richard Strauss

Le choix de Prokofiev en première partie d'un concert à l'Abbaye d'Ettal n'a en fait rien de surprenant car le compositeur russe avait choisi de résider pour plusieurs mois en 1922 dans la petite cité alpine, - il avait alors 31 ans. Il arriva à Ettal en compagnie de sa mère convalescente en mars 1922, espérant que le bon air des montagnes bavaroises contribuerait à l'amélioration de sa santé chancelante. Il y loua la villa Christophorus, pensant que son séjour durerait un an. Il se prolongea en fait jusqu'à la fin de 1923. A Ettal il convola en justes noces en octobre 1923 avec la chanteuse Carolina Codina (1897-1989), une jeune chanteuse espagnole qu'il avait rencontrée à New York en 1918 et qui chantait à la scène sous le nom de Lina  LLubera,  le nom de jeune fille de sa grand-mère paternelle. C'est à Ettal qu'il composa l'essentiel de son célèbre opéra L'Ange de feu, qui ne fut pourtant joué qu'après sa mort.

Il se trouve par ailleurs que  Brno et son orchestre philarmonique, invité cette année à se produire au Festival Richard Strauss à l'Abbaye d'Ettal, ont eux aussi des affinités particulières avec le compositeur russe, car le Théâtre Mahen de cette ville connut la première  du ballet Roméo et Juliette de Prokofiev en 1938 (ce ballet était une commande passée par le Kirov de Leningrad en 1934, mais dont la partition fut rejetée à cause de sa complexité rythmique la rendant "indansable" aux dires des danseurs pétersbourgeois). C'est une des suites pour orchestre tirée du ballet qui était présentée hier soir en début de concert à Ettal, conclusion peut-être logique de  la double et heureuse conjonction de Prokofiev avec les villes d'Ettal et de Brno. 
Alexander Liebreich, le directeur du Festival, était au pupitre pour donner un large échantillon de cette œuvres inspirée aux rythmes extrêmement variés et qui commence par l'impressionnante et superbe "Danse des chevaliers", magnifiquement rendue par l'Orchestre de Brno, dont l'entente avec le chef était patente.

Crédit photographique: Sammy Hart

Le concerto pour violon opus 63 en sol mineur, le second concerto pour violon écrit par Sergueï Prokofiev, est contemporain de Roméo et Juliette puisqu'il fut composé en 1935. Il s'imposait comme un choix logique tant on y retrouve l'esprit du ballet. L'exécution de cette oeuvre demande un violoniste virtuose, tout trouvé en la délicieuse personne de Lisa Batiashvili, une violoniste spécialiste de Prokofiev dont la virtuosité n'a d'égale que l'exquise sensibilité et que le jeu profondément inspiré, qualités dont les effets se font sentir dès l'entame, une phrase méditative au violon seul, sans accompagnement, prélude à une partie virtuose. Remarquable aussi le dialogue avec la flûte de la seconde partie. Batiashvili se montrera tout aussi magistrale dans les accords violents et explosifs de la troisième partie et trouvera encore la force de donner aux applaudissements un encore où elle déploiera toutes les facettes de son excellence.

En seconde partie, Alexander Liebreich dirige avec la générosité attentive qui le caractérise le poème symphonique Also Sprach Zarathustra inspiré du poème philosophique éponyme de Nietzsche. Une oeuvre chérie du public straussien qui met en scène Zarathoustra, le surhomme antéchrist dans une abbaye! Il faut toute la tolérance des moines bénédictins, un ordre plus spirituel que dogmatique, pour accepter que cette musique soit jouée sur leur parvis. Le jeune Strauss (il n'a encore que 22 ans au moment de la composition de cette oeuvre magistrale) citait Nietzsche en exergue de sa partition: 

« La musique a trop longtemps rêvé ; nous voulons maintenant nous réveiller. Nous étions des somnambules ; nous voulons devenir des rêveurs éveillés et conscients. »

En donnant Also Sprach Zarathustra dirigé avec des soins quasi maternels sous le ciel étoilé de l'Abbaye d'Ettal, Alexander Liebreich nous invitait hier soir à une évasion spatiale éthérée, odysséenne, est-il besoin de le souligner? La musique des sphères à Ettal, un magnifique hommage au grand compositeur dans ce cadre de montagnes qui lui tenait tant à coeur!