dimanche 18 février 2018

Quand la baronne Esperanza von Truchseß faisait livrer incognito des fleurs au roi Louis II

Faisant  suite  au récit de la mystérieuse femme voilée rédigé par Georg-Ludwig Schauenberg en deuxième page du quatrième numéro des Baierische Zeit-Dokumente,  l'auteur relate ensuite le constant fleurissement royal par la baronne Esperanza de Trüchseß-Wetzhausen. Il mentionne en suite l'épisode bien connu du 10 juin 1886 au cours duquel la baronne tenta de sauver le roi. Voici l'extrait, d'abord dans la coupure de presse originale, puis sa transposition en allemand contemporain, enfin  en français.


[DE] Diese Verschleierte Dame hatte übrigens sein Gegenstück in der Baronin Truchseß,  die ebenso im Banne der Schönheit des Königs lag und ihn nach ihrer Art verehrte: im Stillen, nur durch regelmäßige Uebersendung von Blumen ihrem König ihre Verehrung und Huldigung darbringend. Dabei beobachte sie strengste Diskretion, keine Zeile, kein Wort, war je eine Gabe beigefügt; es verging besonders während der Sommerzeiten kaum eine Woche, daß nicht ein Strauß der Lieblingsblumen Ludwigs, vor allem Lilien, bei ihm eintraf und zwarz immer dort, wo er gerade weilte. Er ließ sich dann den Strauß stets in sein Arbeitzimmer stellen, der ihm, dem Blumenfreund, gerade durchs die Feinfühligkeit der Anonymität, besondere Freude zu machen schien. Da dieses Spenden Jahre hindurch einliefen, kam er einmal an den Gedanken, der Spenderin nachforschen zu lassen. Der damit Beauftragte konnte aber seinem königlichen Herrn nur melden, daß eine Spur sich nicht auffinden ließ.

Daß der König doch ihrer immer wieder gedachte, bewies seine Bemerkung dem Fourier Hesselschzwerdt gegenüber, als eben wieder eine dutzende Spende in der Abgeschiedenheit des Linderhofs eintraf: "Sie muß ein sehr edles Herz haben; sie würde mich Verstehen."

Da kam die Stunde, in der die Baronin aus ihrem Inkognito heraugttrat. Die Veranlassung war heine sehr traurige, es war die Zeit da der König enthrohnt werden sollte. Sie hatte früher als Anderen von den· Vorbereitungen hiezu Kenntnis erhalten und bangte, dem König könnte ein Leid gechehen. So war sie in Neuschwanstein plötzlich angekommen und ihr gelungen, bis zum König selbst vorzudringen, wobei sie in hastiger Rede den König beschwor, zu fliehen. Der Monarch, zunächst überrascht, beruhigte die Dame und erklärte ihr nicht fliehen zu wollen und sagte (wie der Schloßverwalter Niggl erzählt), "Liebe Baronin, wollen Sie nicht gestatten, daß ich nach Ihrem Gemahl schicke, damit Sie unter seinem Schutze zurückkehren können".  Sie antwortete: "Ich verlasse Ew. Majejtät nicht"  Es gelang ihm, siezu veranlassen, sich in ein Nebenzimmer zurückzuziehen und gah dann Auftrag, sie wegzuleiten mit dem ausdrücklichen Befehlt: "Rücksichtsvoll in jeder Form und in möglichst milder Weise."

[FR] "La femme voilée trouvait par ailleurs son pendant en la baronne Truchsess qui était aussi tombée sous le charme de la beauté du roi et le vénérait en silence à sa manière, en lui faisant livrer régulièrement  des fleurs en signe d'hommage et de vénération.Mais en même temps, elle observait la discrétion la plus stricte: pas une  ligne, pas un mot n'accompagnaient ses cadeaux;  c'est surtout pendant la période estivale qu'il ne se passait pas une semaine sans qu'un bouquet de ses fleurs préférées, en particulier des lys, n'arrivât chez lui,  et toujours à l'endroit où il résidait. Il faisait alors placer le bouquet dans son bureau. Le don du bouquet lui était particulièrement agréable, lui qui aimait les fleurs, particulièrement en raison de la délicate attention de  l'anonymat. Comme ces livraisons se poursuivirent des années durant, il pensa à enquêter sur le donneur. Mais la personne chargée de l'enquête ne put qu'informer son royal maître qu'aucune trace ne pouvait être trouvée.

Le roi se posa à maintes reprises la question de savoir qui était la donatrice. Un jour, alors qu'une douzaine de livraisons avaient à nouveau été effectuées dans la solitude de  Linderhof, il dit au fourrier Hesselschzwerdt : « Elle doit avoir un très noble cœur, elle me comprendrait. »

Puis vint le moment où la baronne sortit de son incognito. L'occasion en fut très triste, ce fut le moment où le roi devait être détrôné. Elle en avait eu connaissance avant les autres, et craignait qu'on ne fît du mal au roi. Aussi était-elle arrivée subitement à Neuschwanstein et avait réussi à pénétrer chez le roi lui-même, pour l'inciter à fuir à la hâte. Le monarque, d'abord surpris, calma la dame et lui dit ne pas vouloir s'enfuir. Il lui dit alors (comme le rapporta l'intendant Niggl): « Chère baronne,  ne voulez-vous  pas me permettre d'envoyer chercher votre mari afin que vous puissiez rentrer chez vous sous sa protection?"  Elle répondit alors: « Je ne quitterai pas votre Majesté. »  Il parvint cependant à la faire se retirer dans une pièce voisine, puis donna l'ordre de l'éloigner en enjoignant expressément "toute forme de  prévenance  et une manière aussi douce que possible."

Der Chiemsee nach einer Photographie von Stufler (ca. 1887)




Quelle: Craemer, J. L.: Schloß Herrenwörth das bayerische Versailles in Wort und Bild, Eine gedrängte Geschichte des Königsschlosses mit sehr genauem Führer, Abbildungen Entwurf und Plänen des ganzen Schloßbaues dann 17 Portraits nebst den Biographien von hervorragenden Männern aus der Umgebung Königs Ludwig II, II. Aufl., München, 1887

samedi 17 février 2018

Ludwig II., Wahnsinn oder Verbrechen? von Erika Gathmann



Gathmann Erika, Wahnsinn oder Verbrechen? Hinter den Kulissen der Tragödie Ludwig II. v. Bayern, Pähl Verlag und Hohe Warte v. Bebenburg Verlag, 1952.

Folie ou crime? Derrière les coulisses de la tragédie de Louis II de Bavière.


Fais-moi un cygne! Une pièce montée de Johann Rottenhöfer pour un bal de la cour bavaroise



Je vous présente aujourd'hui cette pièce montée aux cygnes garnie de homards. Les quatre cygnes de la base et le cygne royal du faîte, très Wittelsbacher, sont réalisés en plâtre. Quatre homards sont intercalés entre les quatre cygnes. La pièce montée fut réalisée par le cuisinier de la cour Johann Rottenhöfer pour un bal de la cour à Munich.

Johann Rottenhöfer (* 1806 à Würzburg, † 1872) fut un célèbre intendant et cuisinier bavarois.Il publia plusieurs livres de cuisine qui ont fait référence.(1)

Johann Rottenhöfer a suivi une formation de cuisinier et a ensuite acquis une expérience culinaire supplémentaire lors de voyages en Grèce, en France, en Italie et à Malte. Il prit le soin de collecter de nombreuses recettes internationales. Après son retour de l'étranger, Rottenhöfer fut d'abord engagé comme chef de bouche, puis comme intendant des rois de Bavière, Maximilien II († 1864) et Louis II. La famille royale et ses invités étaient les seules personnes pour lesquelles Rottenhöfer cuisinait personnellement.

Le motif du cygne, royal ou non, très apprécié de Maximilien II et de Louis II, fut souvent utilisé dans les décors de table rottenhöferiens, comme on le voit sur les image qui suivent:




Pouding aux pistaches froid à l’Allemande.
(1) Plusieurs des livres du cuisinier ont été mis en ligne, comme par exemple ses Neue vollständige theoretisch-praktische Anweisung in der feinen Kochkunst mit besonderer Berücksichtigung der herrschaftlichen und bürgerlichen Küche.

Remerciements: merci à Heinz Beck pour nous avoir fait découvrir ce cuisinier!

vendredi 16 février 2018

Un jeu de mots de Richard Wagner lors des répétitions du Tannhäuser parisien

 Marie Constance Sasse [Sax, Saxe ou Sass] 
C'est le  Figaro du 7 mars 1861 qui rapporte dans ses Echos de Paris (en page 4) une petite saillie humoristique qu'il prête à Richard Wagner, et qui témoigne de son excellente maîtrise de la langue française.

"ÉCHOS DE PARIS

A l'une des dernières répétitions du Tannhäuser, un musicien, dont la physionomie et l'humeur folâtre sont celles d'un satyre banni de ses forêts, poursuivait d'une mimique éloquente 1a jolie mademoiselle Sax (1).

M. Richard Wagner passait par là. M. Wagner passe toujours par là quand il y a quelque calembour flottant dans l'air.

Il regarda d'un œil plein de malice l'entreprenant musicien chèvre-pieds, et, très content de lui-même, lui susurra ce petit jeu de mots:

-Ne touchez pas à Sax, ô Faune!"

(1) La jolie mademoiselle Sax est Marie Sax (1834-1907), une soprano d'origine belge dont le vrai nom est Marie Constance Sasse [Sax, Saxe ou Sass] (2) Wagner lui offrit de chanter Elisabeth dans la vision révisée de son Tannhäuser parisien de 1861. Niemann chantait le rôle-titre.  On le sait, ce ne fut pas un succès, mais le compositeur fut enchanté par la prestation de Marie Sax et alla jusqu'à lui offrir une copie de la partition, qu'il lui dédicaça en ces termes (3):

"A ma courageuse amie 
                 Mademoiselle Marie Saxe. 
L'Auteur
                                                               RICHARD WAGNER." 

La chanteuse écrit dans ses souvenirs : « Je considère comme une gloire d’avoir été choisie par lui pour personnifier une de ses nobles et symboliques figures ». (Souvenirs d’une artiste, Paris, Librairie Molière, 1902, 233 p.)

(2) M. Adolphe Sax contre mademoiselle Marie Sasse . —Tribunal civil de la Seine. — 13 avril 1866. Madame Castan, née Marie Sasse, artiste du Théâtre-Lyrique, avait cru pouvoir transformer son nom en celui de Sax, qui appartient à un facteur d'instruments de musique bien connu. Celui-ci réclama contre cette usurpation, et madame Castan pensa le satisfaire en ajoutant un e à son pseudonyme et en signant Saxe. Cette modification, faite après l'assignation, ne satisfit pas M. Sax et l'instance suivit son cours. Sax gagna son procès.

(3) cité par W.E. Haslam dans Style in singing, New York, G. Schirmer, 1911, p. 72)

Billet de Wagner à Marie Sasse: "Ma très sainte Elisabeth,..."
(Source: Gallica / BNF)





Richard Wagner. Coupure de presse janvier 1865

in Ueber Land und Meer, Jan.1865
Nach einer Photographie von Angerer

Wahn und Wahreit, Roman um König Ludwig II. von Bayern

Helena von Fortenbach, Wahn und Wahreit, Roman um König Ludwig II. von Bayern,M.A. Klieber Verlag, 1961, 388 Seiten