jeudi 12 juillet 2012

Götterdämmerung-Nagano/Kriegenburg- Munich juillet 2012



Avec le Crépuscule des dieux, la saga wagnérienne aborde le monde des humains. Dans la mise en scène munichoise du Ring par Andreas Kriegenburg, ce changement de plan s'accompagne d'une transformation radicale, avec une césure marquante. Si dans les trois premières parties du Ring, les humains servaient de matériaux de construction pour les décors, avec leur chair broyée et ignorée dans le monde des dieux, ils rentrent pleinement en scène à présent, et les décors abandonnent les corps pour la modernité. Andreas Kriegenburg mobilise pour ce faire les allusions à l'actualité récente: Fukushima, la vie sexuelle tapageuse d'un ponte de la finance internationale, la crise de l'euro ou encore les moyens de communication contemporains et la dépendance irrépressible et frénétique au téléphone portable. On aimerait parfois que ce soit moins ostentatoire, mais Andreas Kriegenburg n'en a cure, on en prend plein la gueule, c'est très dérangeant, et à la fois extrêmement efficace. On ne pourra cependant reprocher à la mise en scène de tomber dans les seuls travers souvent dénoncés du Regietheater, parce que, même si d'évidence elle en utilise certains procédés, elle les transcende le plus souvent, et les appels à l'actualité sont surtout l'occasion de dégager une vision plus universelle, celle de la chute des empires, fussent-ils divins, des systèmes, fussent-ils monétaires intenationaux, celle des cycles toujours répétés, celle de la mort et de la résurrection, de l'éternel retour.

L'actualité s'impose dès la première scène: une série d'écrans de télévision diffusent des émissions d'information avec leur défilé de calamités. Ils forment l'encadrement d'un caisson de scène dans lequel des humains grisâtres prostrés et fatalistes sont passés aux compteurs geiger par les hommes d'une celulle de décontamination. Ils ne semblent pas s'apercevoir de la présence des trois Nornes, en longues robes blanches qui circulent parmi eux et les observent tout en tissant leur fil, dont elle les encercle, sans doute pour signaler que le temps de ces malheureuses créatures est sur le point de s'achever. La scène est de toute beauté, puissamment évocatrice, comme l'est le chant des Nornes, magnifique.

Changement de décor pour la cour du Roi des Burgondes, où on refait le monde en envisageant des manigances de politiques matrimoniale et financière. La luxure domine, des soubrettes sont séduites et contraintes à effecteur des fellations qui n'ont pas l'air de satisfaire ceux qui les reçoivent ou de servir d'objets à des jeux absurdes, ainsi de cette employée de maison assise par terre les jambes écartées, et dont le vagin sert de trou-cible pour un putting de golf. Le symbole géant de l'euro forme le corps d'un cheval à bascule, sur lequel viendra se balancer plus tard une Gudrune lascive. Une fois que Siegfried et Brünnhilde seront tombés dans les pièges tendus par la famille Gibichungen, les noces de Gudrun et Siegfried seront suivies d'un banquet organisé sur une gigantesque table ayant les formes du sigle de la monnaie unique. Et plus tard, la table-euro sera fragmentée, démantelée dans un monde en perdition. Les humains ne sont pas dans cette dernière partie beaucoup mieux lotis que dans les précédentes: ils sont ici avachis dans un monde intoxiqué. Le thème de l' intoxication est omniprésent: intoxication à l'atome dans la première scène, à l'alcool au moment des festins de noces, à l'assuétude des téléphones portables, tant dans leur usage téléphonique que dans les prises photographiques, intoxication idéologique enfin...

Pour le palais burgonde, Harald Thor a construit un décor d'architecture contemporaine de verre et de métal: les écrans et le caisson du premier tableau ont fait place à l'atrium d'un espace public qui tient du shopping mall de luxe ou du ministère. Trois parois de vitrages derrière lesquels on aperçoit sur plusieurs étages des couloirs aux fonctions changeantes: tantôt y sont projetées les images de boutiques qui rappellent le luxe du quartier de l'opéra à Munich, tantôt y déambulent des employés affairés, qui deviennent aussi les témoins le plus souvent indifférents, mais à la fin horrifiés, des scènes qui se déroulent dans l'espace central. Un jeu de passerelles mobiles, sur lesquelles peuvent venir prendre place les chanteurs ou le choeur, relie les parois latérales. Le peuple burgonde sans âme en sombre costume militaire est uniformément aligné et répète les gestes de tous les fascismes. C'est là le monde sinistre dérisoire de Mammon, un monde tout aussi condamné à la disparition que celui des dieux, mais qui croit encore, mais en vain, à l'exercice de la puissance. Kriegenburg traite particulièrement bien le personnage de Gutrune dans son inconsistance psychique: une mariée illusoire et lascive qui veut croire à son amour factice et qui promène la traîne de son inutile robe blanche.

Pour la scène où Waltraute vient rejoindre sa soeur et l'enjoindre à renoncer à ses entrerpises, des figurants bâtiront un enclos de planche, retour momentané à la forme du caisson encadré du premier tableau. Le feu sacré qui entoure le rocher de Brünnhilde est projeté en fond de scène et, à rebours, pourra être vu comme la préfiguration de l'incendie final.

Waltraute et Brünnhilde
Puis c'est le retour au palais de verre pour le meurtre de Siegfried avec des tableaux scéniques puissants comme celui du choeur d'hommes qui vient entourer le cadavre ou encore la belle et lente procession du catafalque de Siegfried emporté en fond de scène à dos d'hommes, revenant ensuite sur scène. Le travail de la chorégraphe Zenta Haerter est ici comme dans les productions précédentes particulièrement réussi. L'équipe d'Andreas Kriegenburg, avec les lumières de Stefan Bollinger et les costumes d'Andrea Schraad, fournit un travail des plus remarquables.

Apothéose scénique dans l'incendie final qui embrase et détruit ce monde condamné à disparaître, mais où déjà pointe un nouveau cycle avec l'arrivée en scène de figurants vêtus de blanc. Les trois filles du Rhin se seront d'abord emparées de l'anneau lors d'une scène, qui fait pendant à celle des Nornes, où on les voit juchées sur les tables démantelées, repoussant avec dégoût du bout des pieds les corps avinés ce champagne de l'humanité pauvrement tragique des noceurs.

Après les crépitements des applaudissements et des hourras, le public sort d'un théâtre qui a pris feu, l'incendie s'est propagé à la façade du théâtre, on quitte l'opéra dans le crépitement des flammes et le fracas d'un effondrement. Une video installation géante et efficace qui rappelle qu'un monde est en train de disparaître .

Si, comme c'est la loi du genre, la mise en scène a entraîné une pléiade d'avis divergents qui vont de l'enchantement à la détestation, la direction musicale de Kent Nagano, le travail de l'orchestre et des choeurs font l'unanimité. Il ne se trouve plus personne pour contester la compétence wagnérienne du chef d'orchestre . On est captivé par la précision analytique de cette direction qui rend entièrement la richesse des sonorités et la palette des couleurs en maintenant tout au long de l'oeuvre la nécessaire tension dramatique, on est admiratif aussi devant son suivi attentif et prévenant des chanteurs. Le Ring vient couronner l'admirable travail de Nagano avec l'orchestre national bavarois, un travail qui se termine la saison prochaine, au regret de plus en plus marqué d'un public aujourd'hui tout acquis à son chef américain.

On a à nouveau pour ce dernier acte du Ring un plateau équilibré dans l'excellence, avec entre autres un Wolfgang Koch très en forme en Alberich ou la puissante basse du Hagen d'Attila Jung. Malgré un talent vocal considérable, le Siegfried de Stephen Gould ne passe bien que si l'on ferme les yeux, il n'a pas le physique de l'emploi héroïque qu'il est supposé incarné. Les Filles du Rhin et les Nornes enchantent, la Waltraute de Michaele Schulster donne un duo remarquable dans la scène avec Brünnhilde et Anna Gabler joue et chante avec bonheur une Gutrune complètement déjantée. Mais cette cour des grands est totalement dominée par la voix impériale de Nina Stemme, puissante, précise, vibrante, avec l'intensité concentrée du travail de l'actrice. On est à la fois subjugé et stupéfié et on se demande comment une telle performance est possible, avec la même énergie, la même présence en scène d'un bout à l'autre de la plus longue des oeuvres du Ring. Une Brünnhilde fulgurante, définitive! La perfection de l'incarnation de la Brünnhilde de Nina Stemme soutenue et combinée au travail de Kent Nagano et de l'orchestre national de Bavière font de ce Crépuscule une soirée wagnérienne inoubliable.

 Live streaming le  15 juillet à 17 heures sur le site du Bayerische Staatsoper

Photos: Wilfried Hösl









Fight for global rights! L'affiche du Christopher street day munichois




dimanche 8 juillet 2012

Les carnets secrets de Louis II de Bavière

Présentation de l'éditeur

On assiste, dans ce journal intime, au combat pathétique d'un homme déchiré entre ses désirs naturels et les interdits d'une morale implacablement répressive. Sans doute l'atavisme des Wittelsbach joua-t-elle un rôle dans le délabrement progressif des facultés mentales du souverain. Mais, s'il finit par sombrer dans une sorte de démence, la lecture de ces pages nous donne à rectifier notre diagnostic. Louis II n'était pas fou : l'Allemagne de Bismarck broyait quiconque n'obéissait pas aux règles sexuelles codifiées dans les nouvelles lois de l'Empire, et Louis II, tout souverain qu'il était, fut brisé par l'effroyable machine. Cette édition des Carnets Secrets de Louis II de Bavière est la traduction intégrale du texte original publié en 1923. Elle est augmentée du rapport psychiatrique des médecins de Louis II et du rapport d'autopsie établis en juin 1886 ainsi que des notes et commentaires de l'édition allemande publiée par Nymphenburger en 1986.

Publié chez Grasset en 1987, traduction de l'édition allemande publiée en 1986 à l'occasion du centenaire de la mort du Roi.


Extraits de la préface de Dominique Fernandez

Que le destin de Louis II de Bavière fût pathétique, ce n’était un secret pour personne, avant même la parution en Allemagne de ses Carnets secrets, publiés pour la première fois en version intégrale à l’occasion du centenaire de sa mort, en 1986.

(…) Les Carnets secrets ne contiennent aucune allusion aux vicissitudes politiques. Il n’y est question que de la vie privée de Louis II, et d’un seul aspect de cette vie : la lutte, incessante, harassante, contre la masturbation et l’homosexualité. Voilà à coup sûr l’élément le plus pathétique de ce destin, mais qui serait difficilement compréhensible aujourd’hui si on ne se remettait en mémoire comment, il y a cent ans, et surtout en Allemagne, l’homosexualité était considérée. Pour le dire grosso modo, celui qui naissait « différent » ne se sentait pas seulement un hérétique du sexe – motif d’être glorieux, après tout – il s’estimait une erreur de la nature, un raté dans l’ordre du monde, moins que rien. En proie déjà au qui suis-je ? esthétique et politique, Louis II fut rongé par le doute, plus radical, du qui suis-je ? existentiel. Est-ce que j’existe seulement ? Y a-t-il une place pour moi dans l’univers ?

(…) Qu’un grand amour ait uni Louis à Richard Hornig, aucun doute là-dessus. Que cet amour ait causé au roi autant de tourment que de joie, ce n’est pas moins certain. L’homosexualité, même la masturbation, toute forme d’érotisme non procréateur faisait en ce temps-là l’objet d’une interdiction absolue. Le roi, trop faible pour se dégager des tabous de son époque, fut prisonnier toute sa vie d’un atroce sentiment de culpabilité, qui finit par le détruire. La plus grande partie des Carnets secrets consigne les péripéties d’une guerre sans merci contre l’instinct sexuel. Serments envers soi-même, ordres péremptoires adressés aux amants, invocation à des puissances tutélaires suppliées de le protéger d’une rechute ponctuent ce texte aux accents désespérés.

L’emploi du français [en italiques dans les extraits qui suivent] devait avoir une fonction propitiatoire magique : de même, pour beaucoup de fidèles, la latin confère aux prières de pénitence l’efficacité d’un talisman. (…) Symbole de cette interdiction et de cette lutte : la balustrade. Les touristes qui s’extasient devant ces rambardes tarabiscotées et dorées, qui isolent, dans les chambres à coucher de Linderhof et de Herrenchiemsee, le lit royal, soupçonnent-ils leur vrai rôle, beaucoup moins esthétique que moral ? Elles devaient préserver le roi de la tentation, dresser une barrière entre lui et ses amants, empêcher ceux-ci de parvenir jusqu’au lit.

(…) Malgré ces combats effroyables qui usaient ses énergies, le roi gardait l’esprit sain. L’incohérence, la ponctuation aberrante, l’orthographe capricieuse de la plupart de ces notes ne peuvent en aucun cas constituer des preuves à charge. Il s’agissait de carnets « secrets », griffonnés à la hâte, peut-être en cachette de l’entourage, en langage sténographique, et avec le ferme propos de ne jamais les montrer à personne. La dégradation de style qu’on observe au fil des années correspond à l’affaiblissement des résistances intérieures devant la formidable coalition des forces persécutrices. (…) Il est vrai que Louis II poussa quelquefois la plaisanterie un peu loin. Celui qui n’a jamais eu le droit de se montrer tendre peut facilement devenir cruel. On parle de valets battus, fouettés, marqués au fer rouge, ou précipités dans les oubliettes de Neushwanstein. La rumeur courut que le jeune laquais Rotheranger succomba à la suite de sévices exercés de la main même du roi.

Sexualité déclinante qui avait de plus en plus de mal à se satisfaire ? Marcel Proust, dans le bordel masculin où il rencontrait des prostitués, se faisait donner en spectacle, pour arriver à l’orgasme, des combats de rat affamés dont les cris, les morsures, le sang, l’agonie lui permettaient d’être heureux. Qu’un grand écrivain se passât ces fantaisies barbares, on ne voit là aucun symptôme d’aliénation. Justice soit rendue à Louis II, prophète désarmé, bouffon et martyr de l’homosexualité.

samedi 7 juillet 2012

Berg- Wozzeck- Nagano/Kriegenburg à Munich le 22 juillet


Le Bayerische Staatsoper a eu l'excellente idée de reprogrammer pour son Festival d'été l'incontournable mise en scène de Wozzeck conçue en 2008 par Andreas Kriegenburg. Kriegenburg est   le metteur en scène phare du festival puisque pas moins de 10 soirées présentent son travail: la première du Crépuscule des dieux, un Wozzeck, et deux cycles complets du Ring. L'année 2012 a déjà connu trois premières du Ring, le Crépuscule a ouvert le Festival le 30 juin. Si l'on ajoute à cela que ces dix soirées d'opéra sont dirigées par Kent Nagano, on peut mesurer le bonheur qu'il y a à se trouver à Munich pendant ce mois de juillet. La possibilité de voir d'affilée cinq opéras montés par Andreas Kriegenburg est unique, il s'agit là d'une opportunité qui aura à l'avenir peu de chance de se reproduire. 

Kriegenburg donne un Wozzeck d'une lisibilité extrême, avec une mise en scène toute au service de l'oeuvre. La scène est occupée par un caisson géant dans lequel se déroulera le drame: un caisson de la misère humaine avec ses murs nus suintants d'humidité, qui sera successivement salon de coiffure, maison de Marie ou cabinet médical. Le caisson géant est mobile, Kriegenburg le fait s'avancer vers l'avant-scène, il semble alors occuper alors tout l'espace scénique et l'action se concentre sur les protagonistes, ou le fait reculer avec de magnifiques effets de perspective qui le rapetissent et en rapetissent les occupants, la scène se remplit alors de la populace miséreuse ou de la piétaille militaire. Kriegenburg fait tomber une pluie incessante sur cette pauvre population qui patauge sur une scène inondée. Si les couleurs sont sinistres et misérables comme l'est l'esprit de l'oeuvre, un camaïeu de beiges et de bruns, tant pour le caisson que pour les costumes, le noir pour le monde extérieur, hors caisson, et des costumes noirs pour le peuple. Le metteur en scène met aussi particulièrement en relief le rôle de l'enfant, témoin le plus souvent muet de la misère familiale et sociale, et qui couvre les murs du caissons de graffitis de plus en plus déchirants, finissant par y traiter sa mère de putain.


Wozzeck qui a été monté en 1920 dans le sordide après-guerre allemand et qui reflétait bien la misère extrême de l'époque se rejoue aujourd'hui dans l'atmosphère pesante des crises contemporaines qui n'en finissent pas de générer des chômeurs dans une Europe qui manque cruellement de direction. Les horreurs évoquées dans l'opéra d'Alban Berg, le chômage, la mendicité, la pénurie, la folie qui s'installe et qui finit par devenir meurtrière, reçoivent à nouveau de sinistres échos dans des pays proches. Andreas Kriegenburg présente une population soumise et impuissante avec des images fortes, comme ces hommes portant autour des pancartes demandant du travail, comme ces hommes qui portent sur leurs dos une planche sur laquelle parade le tambour-major, ou plus loin, ces hommes à quatre pattes qui portent sur leurs dos tout un plancher sur lequel a pris place un orchestre. Un travail de mise en scène remarquable en tous points, qui installe une tension dramatique de plus en plus insoutenable, magnifiquement soutenu par  l'équipe de Kriegenburg pour les costumes et les maquillages, les mouvements chorégraphiés ou les lumières.

Le travail de Kriegenburg paraît avoir été effectué en parfaite complicité avec la direction d'orchestre de Kent Nagano. Ces deux hommes étaient faits pour se rencontrer. Kriegenburg donne à voir ce que Nagano donne à entendre. Il est rare d'assister à une production où l'on a l'impression d'être comme un enfant émerveillé que ses parents placent au milieu d'eux en lui prenant les mains pour lui faire découvrir de nouveaux horizons. C'est que pour beaucoup, la musique atonale reste un paysage à découvrir. Kriegenburg donne à comprendre les duretés de l'humaine condition, la soumission de l'homme par l'homme, l'exploitation, la misère et le chômage, Nagano nous entraîne dans l'univers sonore d'Alban Berg avec des talents d'initiateurs. Il nous fait sentir la tension et la concentration progressive de la musique, il nous en indique le parcours. Il dirige un plateau de chanteurs en bonne partie issus de la troupe du Bayerische Staatsoper, ce qui permet un travail complice qui contribue  à l'homogénéité de la production. Dans les rôles principaux, Simon Keenlyside et Waltraud Meier offrent la perspective d'une soirée exceptionnelle!

Distribution

Wozzeck Simon Keenlyside
Tambourmajor Roman Sadnik
Andres Kevin Conners
Hauptmann Wolfgang Schmidt
Doktor Clive Bayley
1. Handwerksbursche Christoph Stephinger
2. Handwerksbursche Francesco Petrozzi
Der Narr Kenneth Roberson
Marie Waltraud Meier
Margret Heike Grötzinge

Agenda

Le 22 juillet 
Cliquer ici pour la réservation en ligne

Photos: Wilfried Höschl

Ballet: Steps and times, ce soir au Théâtre national



Des oeuvres des chorégraphes Frederick Ashton et de Kenneth MacMillan sur des musiques d' Igor Strawinsky, Johannes Brahms, Johann Strauss et Gustav Mahler.

Deux oeuvres exceptionnelles représentatives de leur temps et de leur genre. Les Scènes de Ballet ont été créées en 1948 par Frederick Ashton pour le Royal ballet. Jusqu'à la fin de sa vie, Ashton considéra cette production comme son véritable chef-d'œuvre. Un concentré de chorégraphie, 25 minutes de mouvements structurés dans l'espace conçus pour le rythme, la mélodie et l' harmonie de la musique douce-amère de Stravinsky. Une paire de danseurs solistes entourés de douze danseuses et de quatre danseurs. Une oeuvre d'une beauté suprême, sans compromis. Les décors et les costumes sont l'oeuvre d'André Beaurepaire, avec les danseuses en courts tutus modernes, avec des dessus aux décorations géométriques et des bijoux étincelants autour du cou et de la tête.

Le "Chant de la terre" de Kenneth MacMillans est une oeuvre plus récente datant de 1965. Le chorégraphe l'avait conçue pour le Royal Ballet, mais elle fut créée au ballet de Stuttgart sur les musiques aux profondeurs brillantes des dernières oeuvres de Gustav Mahler. Un travail dans lequel la danse reflète une réflexion profonde sur la mort, l'espoir et la vie.

Entre ces deux oeuvres majeures, deux miniatures d'Ashton: une évocation du temps d'Anna Pavlova sur des rythmes de valse et de son pendant moderne, dans le style d'Isadora Duncan, c'est-à-dire pieds nus, extatique, pathétique et profondément émotif. Ensuite un superbe pas de deux: "Voix de Printemps".

Une soirée prometteuse, un rêve d'Angleterre. 

Agenda

Ce 7 juillet au Théâtre National.

Pour réserver, cliquer ici, puis suivre la procédure

Expos "Transmen of the World" & "Untitled Pride"

Dans le cadre de la semaine de la gay pride munichoise (CSD), le café Regenbogen présente le travail photographique de deux artistes hors du commun qui ont parcouru le monde pour aller à la rencontre des hommes trans (transgenre, transman en anglais). Manuel Ricardo Garcia photographie les hommes trans dans les rues de leurs lieux de vie: une trentaine de portraits de personnes qui pour la plupart ont déjà fait réaliser leur transformation. Manuel nous les présente avec toute leur fierté masculine, leur force et aussi leur vulnérabilité. Anselm Skosgad est un artiste et journaliste qui s'intéresse notamment au récit des personnes transgenres tant sur le plan personnel que sur le plan médical. Il présente sa contribution sur le site www.untitledpride.com. Il faut aller découvrir ce site passionnant pour y découvrir ses textes, ses interviews, ses vidéos, films, etc. (site en anglais).

Voici le texte de présentation de l'expo en allemand, reproduit du site du Café Regenbogen:

6. bis 11. Juli 2012

Gemeinsame Ausstellung von
"Transmen of the World" & "Untitled Pride" 


Vernissage am Freitag, 6. Juli, 19 Uhr 

Es ist uns eine besondere Ehre und Freude die Ausstellung in einer Vernissage zusammen mit Dr. Hans-Georg Küppers, Kulturreferent der Landeshauptstadt München, zu eröffnen.
Im Rahmen des PrideWeek des Christopher Street Day vom 7.-15. Juli 2012 [www.csdmuenchen.de] beweisen zwei hervorragende Künstler zusammen in einer gemeinsamen Ausstellung getreu dem diesjährigen CSD-Motto, dass Toleranz grenzenlos ist und keine Berührungsängste kennt. Sie haben zusammen über den Tellerrand hinaus geblickt und Transmenschen auf der ganzen Welt besucht. Mit ihren Werken bringen sie die Welt nach München.



„TransMen of the World“, Titel des gleichnamigen Buches, by Manuel Ricardo Garcia
"TransMen of the World" ist ein Fotoprojekt über TransMänner (Frau-zu-Mann Transsexuelle) und porträtiert die Männer in ihrer Heimat auf der Strasse. Manuel Ricardo Garcia besuchte weltweit 30 TransMänner - wenige vor, die meisten nach ihrer Transition (Geschlechtsangleichung). In diesen Moment-aufnahmen erfasst er ihre besondere Schönheit, ihren männlichen Stolz, ihre Stärke aber auch Ihre Verletzlichkeit. Viele der TransMänner leben auch heute noch, unter sehr unmenschlichen Umständen, in Ländern, in denen es keine Transbewegung gibt, (z.B. Iran, Türkei, Thailand, Malaysia). Manuel Garcia gewann 2011 mit einer Serie aus seinem Fotoprojekt einen zweiten Preis beim internationalen Photowettbewerb Pride Photo Award.
[ www.garcia-photography.com]



„Untitled Pride“ und www.untitledpride.com by Anselm Skogstad
Anselm Skogstad ist Künstler und Journalist, zuhause in New York und München. Er begleitet mit Einfühlungs- vermögen darstellend verschiedene gesellschaftliche Randgruppen. Mit seiner Arbeit “Untitled Pride” befasst er sich mit den persönlichen Lebensgeschichten transsexueller Menschen weltweit und der medizinischen Dimension dieses Themas. Er präsentiert sie unter anderem in www.untitledpride.com als Beitrag, Randgruppen in die Gesellschaft zu integrieren.
Spezieller Dank gilt dem Café Regenbogen für die Räumlichkeiten und selbstverständlich den Institutionen die uns dies ermöglicht haben:
Landeshauptstadt München, Direktorium, Koordinierungsstelle für gleichgeschlechtliche Lebensweisen München
Referat für Gesundheit und Umwelt, München
Kulturreferat der Landeshauptstadt München

[ www.untitledpride.com]

Die Ausstellung der beiden Künstler ist nicht nur während der
üblichen Öffnungszeiten des Café Regenbogen zu besichtigen,
sondern auch am Wochenende: am Samstag und Sonntag
öffnen wir extra von 14-18 Uhr. 
Der Eintritt ist kostenlos.
Café Regenbogen
Lindwurmstr. 71, U-Bahn Goetheplatz [Stadtplan]
Montag - Freitag: 11:30 - 14:00 Uhr
Dienstag - Freitag: 17:00 - 23:00 Uhr
 

vendredi 6 juillet 2012

Gruberova ressuscite La Straniera de Bellini à Munich

Hier soir, dans la salle philarmonique du Gasteig de Munich, Pietro Rizzo dirigeait la Straniera de Bellini en version concertante, avec, dans les rôles principaux, Edita Gruberova (Alaide), Sonia Ganassi (Isoletta), José Bros (Arturo) et Paolo Gavanelli (Valdeburgo). Un grand moment d'opéra, et cela à plus d'un titre: d'abord parce que, en première mondiale, Edita Gruberova faisait sa prise de rôle en interprétant le rôle d'Alaide, l'étrangère, ensuite parce que cet opéra, très rarement produit, n'avait plus été présenté à Munich depuis sa création dans la capitale bavaroise il y a 175 ans.

L'oeuvre qui avait été créée en 1829 à la Scala de Milan avait connu un beau succès tant en Europe qu'en Amérique latine, mais disparaissait quasiment du répertoire dès 1840. Ces 160 dernières années, elle ne fut que rarement interprétée; l'oeuvre n'appartient pas au répertoire des grandes maisons d'opéra. Pour la discographie, il y eut quelques enregistrements (Londres en 1969 avec Montserrat Caballé, Venise en 1970 avec Renata Scotto et Trieste en 1990 avec Lucia Aliberti ) et surtout l'enregistrement par Opera rara en 2008 de l'oeuvre interprétée par le London Philarmonic orchestra sous la direction de David Parry avec Patrizia Ciofi (Alaide), Mark Stone (Valdeburgo), Dario Schmunck (Arturo) et Enkelejda Shkosa (Isoletta). La Straniera fut aussi interprétée en 2000 au Teatro Avenida de Buenos Aires et Zurich annonce une version scénique mise en scène par Christof Loy et dirigée par Fabio Luisi pour juin 2013, avec Edita Gruberova dans le rôle titre. La production de Zurich retiendra d'autant plus l'intérêt des amateurs de bel canto parce qu'elle sera mise en scène par un maître du genre: on se souvient à Munich de son très beau travail dans Roberto Devereux ou encore pour Lucrezia Borgia, deux oeuvres interprétées au Théâtre national avec excellence par Edita Gruberova.

En attendant Zurich, il reste trois soirées pour venir écouter la Straniera à Munich, et on peut encore acquérir un billet!

Pietro Rizzo dirigeait hier soir avec bonheur et assurance l'Orchestre d'opéra (Münchner Opernorchester, 57 musiciens) et les Choeurs d'opéra de Munich (Münchner Opernchor, 40 choristes). Mais ce sont surtout les performances des belcantistes qui ont captivé l'auditoire. Edita Gruberova fit entendre d'abord en voix off les exquises modulations vocales de la souffrance d'Alaide avant d'apparaître vêtue d'une ravissante robe de scène à demi traîne à bandes horizontales dont les couleurs allaient du beige clair au brun plus foncé (et d'entrée, du rosé au lie de vin par le jeu des lumières), avec les manches, le corsage et le bustier pailletés d'or. Surprenante d'intensité, brillante et admirable dans les aigus, un peu moins audible dans les basses qu'elle prononce plus dans un phrasé chanté qu'elle ne les chante, extraordinaire dans le Son all'ara du deuxième acte, la Diva a recueilli l'hommage prononcé de son public de fidèles qui n'auraient pour rien au monde manqué cette première. Sonia Ganassi portait quant à elle une robe noire avec une jupe de tulle mousseuse et une fine étole de voile noir transparent qui couvrait les bras et les épaules. Avec sa belle voix de mezzo soprano, certes plus modeste que celle de Gruberova, mais tellement expressive et puissante dans son rôle de femme délaissée, elle se montre très agile dans les vocalises. Les hommes, tous en frac, ont transporté l'enthousiasme du public: José Bros parvient à donner corps à Arturo, un rôle difficile tant la psychologie du personnage est difficile à démêler dans le livret de Romani, avec une voix de tête puissante, très sonore et vibrante, exaltée par moments. Paolo Gavanelli, avec son beau baryton grave ample, large et somptueux, triomphe dans la cantilène de Valdeburgo au second acte, que le public applaudit à tout rompre et qu'Edita Gruberova applaudit elle aussi sur la scène. Remarquable aussi la très belle neuvième scène du second acte, où sa belle voix grave rencontre pour un beau duo masculin le ténor haut porté d'Arturo. Signalons encore la remarquable prestation de Sung-Heon Ha dans le rôle du Prieur: la basse coréenne nous vient de la troupe du Théâtre national de Mannheim, une superbe puissance de timbre, une grande prestance dans l'attitude corporelle, certainement une carrière à suivre! Il s'impose dans les scènes successives du jugement de l'acte II, où interviennent en s'ajoutant progressivement tous les protagonistes (1 à 6).


Encore à l'affiche les 9, 12 et 16 juillet 

Cartes
: au 004918054818181 (numéro payant) ou en commandant par email à tickets@vitaevoce.com ou sur le site Münchentickets