jeudi 7 juin 2012

Nouveaux regards picturaux sur le Roi Louis II de Bavière



La figure du Roi Louis II de Bavière constitue toujours une source d'inspiration pour les artistes contemporains. La galerie munichoise Kunstbehandlung expose et propose à la vente des séries de peintures autour du thème du Kini. Kini, c'est ainsi que les Bavarois appellent affectueusement leur souverain favori. 

Deux artistes, Nikolaus Keller et Sophia Lube, posent un regard très gay sur le Roi, dont les préoccupations homoérotiques sont bien connues tant des historiens que du grand public. 

La galerie expose jusqu'au 23 juin  les oeuvres de Nikolaus Keller. Les oeuvres de Sophia Lube ont été exposées il y a peu, certaines sont encore disponibles sur catalogue.

Sophia Lube, 3 mal Gassi um dem Gärtnerplatz







Müllerstraße 40
80469 München
0049 89 2605399 
089 2605399 (depuis l'Allemagne)
kunstbehandlung.de

Kunstbehandlung est sur facebook

Koan shaolin dans une pub Pepsi


mercredi 6 juin 2012

Spencer Tunick's Ring



Spencer Tunick: NewcastleGateshead 5 (BALTIC Centre for Contemporary Art) 2005

Pour marquer d'une image forte l'ouverture de l'édition 2012 du Festival d'été de l'Opéra de Munich (Münchner Opernfestspiele 2012) qui aura lieu le week-end des 23 et 24 juin, le Bayerische Staatsoper a convié le célèbre artiste visuel Spencer Tunick à créer des installations inspirées par l'oeuvre maîtresse de Richard Wagner, le Ring, L'anneau des Nibelungen. La nouvelle installation sera bien sûr intitulée Der Ring. Il y aura plusieurs installations de l'artiste dans divers endroits de la ville de Munich.

Le matériau de base des installations de Spencer Tunick, c'est le corps humain dans sa nudité. L'artiste invite un grand nombre de volontaires à venir prendre la pose, après s'être dénudés, à l'endroit où il a imaginé son installation. Il donne ainsi à toute personne qui le souhaite l'occasion de faire partie d'une oeuvre d'art.

L'installation munichoise de Tunick s'inspirera aussi du travail d'Andreas Kriegenburg, qui a déjà mis en scène les trois premiers volets du Ring au cours de la saison 2011-2012 et dont la mise en scène du Crépuscule des dieux sera présentée en ouverture dufestival le 30 juin.  L'invitation lancée par l'opéra de Munich à Spencer Tunick est de bonne connivence puisque une des idées maîtresses des mises en scène de Kriegenburg est l'installation de décors faits de corps humains.

Les participants à l'installation se retrouvent à un moment et un endroit donnés pour s'y déshabiller. Tunick et son équipe organisent alors l'installation en disposant les corps dénudés. L'artiste prend ensuite des photos et tourne une video de l'installation qu'il a constituée. En remerciement de sa participation, chaque participant reçoit un tirage d'une photo en édition limitée.

Spencer Tunick a déclaré se réjouir de l'invitation que lui a lancée le Bayerische Staatsoper de venir travailler à Munich. Il se dit fasciné depuis longtemps par la revendication wagnérienne d'un théâtre total. Il travaillera à partir des images fortes des mises en scène d'Andreas Kriegenburg qui a créé au moyen du matériau humain un dragon, des flammes, le Ring lui-même.

Pratiquement

Si vous souhaitez participer: chaque participant doit s'inscrire avant le 22 juin à 23H30 sur le site du Bayerische Staatsoper à l'adresse www.staatsoper.de/Tunick. Il faut impérativement être âgé de 18 ans pour participer. Le jour de l'installation, seuls les participants sont admis sur le lieu de l'installation. Une semaine avant l'installation, les participants recevront un courriel de convocation. 


L'artiste 

Spencer Tunick est né à Middeltown, dans l'Etat de New York, il vit aujourd'hui dans la vallée de l'Hudson. Depuis 1992, il crée des installations dans des espaces publics. Des milliers de participants ont déjà répondu aux invitations de l'artiste. L'artiste travaille dans le monde entier et a déjà réalisé des installations en Belgique, au canada, au Brésil et aux Etats-Unis. L'artiste se dit fasciné par la beauté qui est la caractéristique de chaque être humain.

Source de l'information: Bayerische Staatsoper





Une pub queer pour la vodka Three Sixty

La burqa et la gay pride à Munich

Femmes en burqa devant l'hôtel Bayerische Hof
surprises en train de photographie la gay pride

En Allemagne, il est permis de porter la burqa. Il n'est pas rare de croiser dans les boutiques chics de Munich de riches saoudiennes en train de faire des emplettes complètement voilées. Elles sont généralement descendues dans les cinq étoiles de la capitale bavaroise. 

En juillet de l'an dernier, j'ai surpris une jeune femme (jeune sans doute, du moins l'ai-je cru, au vu du grain de peau de ses mains qu'elle avait sans doute oublié de ganter) en burqa toute noire en train de mitrailler la gay pride de son appareil photographique. Les déclics de l'appareil étaient frénétiques. Pour ce faire, elle s'était cachée derrière un pilier du proche entrée de son luxueux hôtel. Le port de la burqa n'empêche ni le voyeurisme ni l'hyperexcitation... En portant la burqa, peut-être voit-on la vie des autres comme dans un peep show permanent? La femme semblait visiblement fascinée par son contraire: les amateurs de visibilité parfois très dénudés et parfois très colorés qui défilaient joyeusement sous ses yeux.

Jeunes femmes défilant
lors du Christopher street day munichois
  à visage découvert
Comme elle se permettait de nous photographier, nous qui défilions joyeusement sous le soleil de juillet, je me suis permis d'essayer de la photographier en retour, selon le principe de l'arroseuse arrosée, mais ma tentative s'est soldée par un échec, je ne pus la photographier que de dos. Dès qu'elle me vit, l'emburquée embusquée me colla aussitôt violemment la main sur l'objectif et chercha refuge dans son hôtel, refusant de répondre à mes questions. D'ailleurs les aurait-elle comprises, en anglais ou en allemand?

Le comportement de cette femme interpelle. La représentation de l'être humain, et, partant, la photographie, n'est-elle pas proscrite par la loi qu'elle semble vouloir proclamer par son accoutrement? Comment s'autorise-t-elle à dérober l'image d'autrui alors qu'elle interdit aux autres de contempler la sienne? Les voies de la burqa sont impénétrables...Au regard de la loi allemande, la jeune femme était dans la parfaite légalité: elle a le droit de photographier une manifestation publique, elle a le droit de refuser de se laisser photographier au nom de son droit à l'image. C'est sur le plan de la convivialité et de la réciprocité des échanges que cet incident pose question.

Crédit photographique: Luclebelge

Albrecht Dürer était un sodomite pour le moins bisexuel

Un des portraits de Dürer par Pirckheimer
Les temps ont bien changé, l'époque à laquelle les historiens de l'art et les conservateurs de musée taisaient pudiquement leurs découvertes, au nom de la morale publique ou de leurs convictions religieuses est désormais (souvent) révolue.

La bonne et belle  ville bavaroise  de Nüremberg a récemment inauguré dans les locaux du Musée national germanique une vaste exposition consacrée aux premières oeuvres du plus grand peintre allemand de la Renaissance, Albrecht Dürer (1471-1528). 

Le curateur de l'exposition l'historien d'art, Thomas Eser,  suggère que le mariage du peintre avec la patricienne Agnes Frey est resté infécond parce que le peintre était surtout attiré par de robustes lansquenets.* Il voit une preuve de la bisexualité de Dürer dans la phrase écrite  en grec que l'on peut lire sur un portrait de l'artiste dessiné vers 1503 par son ami peintre Willibald Pirckheimer (un dessin représenté page 295 du catalogue de l'exposition). La phrase écrite en grec transposée en caractères latins donne Arsenos ti psôli es ton prôkton, une phrase salace qui évoque la pénétration masculine (avec une bite dans le cul). Il est bien connu que la liberté d'expression même très intime entre amis était chose courante au seizième siècle. Ainsi Pirckhmeier écrivait-il à son ami depuis Venise d'éviter d'aller au lit avec sa femme, qu'il traitait de vieille corneille, sauf, ajoutait-il, s'il avait l'intention de la chevaucher à mort.  

On avait longtemps cru que la phrase en grec était postérieure au dessin et avait été ajoutée par une main malveillante, mais de récentes analyses chimiques  ont révélé que l'inscription a été comme le dessin effectuée à la mine d'argent. Mais on trouve aussi d'autres indices des intérêts masculins du grand peintre allemand. Ainsi la fameuse gravure sur bois Le bain des hommes qui représente des hommes se délassant dans une étuve, le sauna de l'époque, et dans laquelle on a depuis longtemps remarqué la présence d'un symbole phallique (voir la forme du robinet de la fontaine à gauche de l'épaule de l'homme représenté en avant-plan à gauche). 

Matthias Mende, un des plus éminents spécialistes de Dürer , affirme lui aussi qu'il est clair que Dürer a goûté aux expériences masculines.  donné une conférence à ce sujet en novembre 2011 à Nüremberg dont le titre posait clairement la question War Dürer bisexuell? Dürer était-il bisexuel?** Avec une réponse affirmative.

Exposition Der frühe Dürer, jusqu'au 2 septembre au Germanisches Nationalmuseum de Nüremberg. De 10 à 18 heures, fermé le lundi, nocturne le mercredi jusqu'à 21 heures.

*Voir, en allemand, son interview par le Bild Zeitung
**Voir à ce sujet l'article de Queer Culture Nürenberg
Le bain des hommes, gravure sur bois

mardi 5 juin 2012

Ludwigmania: les monuments à Louis II de Bavière




Un livre qui pourrait intéresser les aficionados du Roi Louis II de Bavière. Ce beau livre répertorie et documente les monuments érigés à la  mémoire de celui qu'on surnomme le  roi de conte de fées (Märchenkönig) et en raconte l'histoire. 

Récemment publié aux éditions Volk Verlag (avril 2011), 360 pages, 24,90 euros. Il se commande aisément en ligne.