jeudi 22 mars 2012

Salzbourg commémore les victimes homosexuelles du nazisme en posant des pierres d'achoppement

Stolperstein im Asphalt zu Gedenken an die Opfer des Nazi-Terrors
'Pierre d'achoppement d'une victime du nazisme
La ville de Salzbourg en Autriche va à nouveau poser sur ses trottoirs des pierres d'achoppements sur lesquelles le public est invité sinon à trébucher du moins à se pencher et à réfléchir .Il s'agit de plaques métalliques en formes de pavés scellées dans le sol dans le but de commémorer la mémoire des victimes du national-socialisme. Les nouvelles 'pierres' sont principalement dédiées aux victimes homosexuelles et aux déserteurs. Elles seront posées la semaine prochaine.

La ville de Salzbourg a dédié cette semaine aux victimes homosexuelles du national-socialisme et au déserteurs autrichiens "de l'armée allemande hitlérienne». En leur honneur, ce que l'on appelle des pierres d'achoppement sont placées sur les trottoirs de la vieille ville. Il s'agit de plaques métalliques de dix centimètres sur dix, sur lesquelles sont gravés les noms, les adresses et les dates de décès des victimes gravés. A Salzbourg, 129 pierres d'achoppement ont été placées devant les maisons où ont habité les persécutés.
Affiche d'invitation à une soirée-débat  sur les
persécutions, la déportation et le meurtre
des homosexuels pendant la domination nazie
30 000 pierres  d'achoppement en Europe

Le projet vise à poser des 'pierres d'achoppement' contre l'oubli. Partout en Europe on devrait poser 30.000 de ces pierres. La ville de Salzbourg avait déjà par le passé placé des pierres commémorant des victimes persécutées pour leurs opinions politiques ou religieuses. Ce mois-ci sont inaugurées six autres pierres d'achoppement: cinq pour les victimes homosexuelles du national-socialisme et une pierre d'achoppement à  pour un déserteur.

L'historien Gerd Kerschbaumer rappelle que les homosexuels étaient fichés: «Il y avait des listes roses!". Selon lui, il est plus facile d'appréhender et de comprendre le phénomène des persécutions politiques que la chasse aux victimes homosexuelles ou aux déserteurs, victimes aussi de l'homophobie ambiante ou, pour les déserteurs,  du respect convenu pour le devoir civique ou patriotique.  Ce qui  explique le fait que ces victimes sont absentes de la plupart des publications. On ne s'en est pas préoccupé et comme  il n'y a généralement pas de dossiers judiciaires, ce qu'il pouvait y avoir de documents a été détruit parce que ces documents n'étaient pas considérés comme des archives.

L'historien suppose qu'il y avait un ficher rose à Salzbourg, comme c'était le cas d'autres villes où le fait est historiquement attesté. Comme Salzbourg était alors une petite ville où tout le monde connaissait ses voisins, on dénonçait d'abord, on espionnait ensuite.

Source principale de l'information et de la première photographie: traduction libre d'un texte publié sur le site de la télévision publique autrichienne. L'info sur la soirée-débat vient du site Thinkoutsideyourbox et du site de l'association LGBT Hosi Salzburg.


mercredi 21 mars 2012

Beware: stoppons la transphobie!



Voir la présentation et l'analyse sur YAGG.COM

Quand la Brigitte Bardot grecque jouait la Reine Amalia



En 1975 la télévision grecque (ERT) tournait un interminable feuilleton de 68 épisodes consacré à la première Reine de Grèce, la Reine Amalia, une Reine venue d'Allemagne et qui avait accédé au trône par son mariage avec le Roi Othon de Grèce, de la famille bavaroise des Wittelsbach. Curieux moment de l'histoire pour produire une série monarchiste: la Grèce a aboli la monarchie en 1973 et par la Constitution de 1975 instaura un régime de république parlementaire. Mais les Grecs n'ont jamais oublié leur première reine, et une prestigieuse avenue d'Athènes, qui part de la place Syntagma (place de la Constitution) porte toujours son nom.

C'est l'actrice et chanteuse Aliki Vougiouklaki ( Αλίκη Βουγιουκλάκη 1933 - 1996) qui incarna la Reine allemande. Aliki fut une actrice très populaire en Grèce, on la surnomma la Brigitte Bardot grecque en raison de ses charmes et d'une certaine ressemblance avec l'actrice française. Elle joua dans de nombreux films musicaux. Elle tourna les épisodes du feuilleton télévisé Vassilissa Amalia en 1975-1976, une série dirigée par Kostas Karagiannis qui racontait la vie de la reine Amalia. Christos Politis incarnait le Roi Othon.

Il semble extrêmement difficile sinon impossible de se procurer une video de cette série télévisée. On trouve un petit reportage de 5 minutes sur le net, consacré au tournage de la série, ou encore un court extrait du feuilleton.

Pour voir une série de portraits de la Reine Amalia, cliquer ici.



 





Commentaires

Le commentaire de Serar

Cette femme avait une relation avec le roi Constantin II de Grece. Elle rêvait de devenir reine en imitant Grace Kelly mais heureusement la merveilleuse Anna-Maria a pris cette place! 
Sans aucun vrai talent elle a su monter les marches de la gloire et magnetiser les foules,surtout les petites filles qui essayaient de lui ressembler. 
Si vous voyez ces photos,vous verrez une poupée blonde sans aucune ressemblance avec la reine Amalia. 
J'avais vu cette série et je vous assure que c'etait un echec!!!

mardi 20 mars 2012

Le Danemark autorisera le mariage gay à l'Eglise

Marbre Eglise front.jpg
L'église de marbre à Copenhague,
Phoio Thue
Une nouvelle loi danoise devrait autoriser dès l'été 2012 le mariage des personnes du même sexe à l'Eglise. Le projet de loi a été déposé par le gouvernement de centre gauche et devait être discuté au parlement aujourd'hui.

Le Danemark est à nouveau à l'avant-garde du combat contre toutes les discriminations. On se souviendra que le plus petit des pays scandinaves avait été en 1989  le premier à autoriser les unions civiles des gays et des lesbiennes. La nouvelle loi autorisant le mariage à l'église et accordant l'égalité religieuse des droits entrera en vigueur le 15 juin, si, comme on peut l'espérer, elle est votée.

Helle Thorning-Schmid
La nouvelle loi est présentée par la Ministre-Présidente danoise Helle Thorning-Schmid, social-démocrate,   comme un droit naturel et juste. Nous verrons les premiers gays et lesbiennes se marier à l'Eglise luthérienne danoise dès l'été, a-t-elle affirmé  lors d'une conférence de presse Tous les membres de l'Eglise nationale danoise, appelée aussi Eglise évangélique-luthérienne auront alors le droit de se marier, que leur partenaire soit du même sexe ou du sexe opposé. Rappelons que 80 pour cent des 5,6 millions de Danois  membres de l'Eglise nationale.

Les prêtres auront cependant le droit de refuser de célébrer le mariage de personnes du même sexe. Le gouvernement veut ainsi respecter la libre décision de chaque citoyen, et  donc aussi celle des pasteurs.

Malgré l'opposition de certains pasteurs, L'Eglise nationale danoise proposait  déjà des cérémonies de bénédiction aux couples de même sexe, qui se déroulaient après l'office. Mais l'ouverture du mariage religieux constitue un saut quantique dans l'égalité des droits. Bientôt, les couples danois quels qu'ils soient seront totalement égaux devant la Loi et devant Dieu. Alleluiah! 

Source: le site du Parti social-démocrate danois (Socialdemokraterne)

Arielle Dombasle: le mariage, un droit pour tous!

 
La célèbre comédienne et chanteuse française Arielle Dombasle s'engage aux côtés d'Act up pour le mariage gay.  Voici ce qu'on peut lire sur le site de la diva latina en date du 19 mars:


Artiste aux mille et une facettes souvent extravagantes, la fantasque Arielle Dombasle s’engage avec un sérieux fascinant pour les plus nobles causes. La comédienne et chanteuse soutient le mariage homosexuel pour Act Up-Paris. L’association a demandé à Arielle Dombasle d’être celle par qui le mariage sera symbolisé dans une campagne de soutien en vue de l’approche de la présidentielle de 2012 et de l’engagement des candidats.


Précédemment marraine de la Gay Pride, l’audacieuse Arielle se dédouble pour manifester son appui à cette cause. Elle participe à un film créé par l’agence Les Ouvriers du Paradis et réalisé par l’artiste et photographe iranien Ali Mahdavi, à qui l’on doit, entre autres, en février 2012, les photographies de Zahia Dehar pour le magazine « Next » supplément de Libération.


« Un contrat par le pacs n’est pas un contrat de mariage, et les homosexuels en 2012 n’ont toujours pas acquis, en France, le droit de s’unir par les liens du mariage. Liens qui leur permettraient d’accéder symboliquement, métaphoriquement à un serment d’amour, de fidélité et de s’inscrire dans une logique à l’intérieur de la laïcité, à une série de droits (mort d’un des conjoints, adoption, etc.) », explique le communiqué d’Act Up-Paris.

« Le mariage, un droit pour tous », clame Arielle Dombasle pour parachever ce message


Merci, Madame!

Soirée MARRY ME ! Lundi 29 mars, dès 17h au Spyce.
Photo Act-up Paris
 

Opéra de Munich: Eugène Oneguine en live-streaming le 24 mars

Peter I. Tschaikowsky: Eugen Onegin. Michael VolleCe 24 mars, l'Opéra national de Bavière offre pour la quatrième fois la possibilité de suivre un opéra en live-streaming sur son site internet www.staatsoper.de. Après les retransmissions de Fidelio, de L’elisir d’amore et de Don Carlo, les amateurs d'opéra auront l'occasion de suivre Eugène Oneguine de Tchaïkovsky. 

Pour réceptionner ces retransmissions, il faut disposer d'une connection à large bande (p.ex. DSL) et de l'Adobe Flash Player version 9 (au minimum). Les videos sont diffusées en deux qualités: 600 ou 1000 kilobites (avec ajustement automatique).

Pour une présentation en français de la production d'Eugène Oneguine au Bayerische Staatsoper, cliquer ici.

Piotr I. Tchaikowsky
Eugène Oneguine
Samedi 24.03.2012 à 19 H
www.staatsoper.de

lundi 19 mars 2012

La Walkyrie de Munich trébuche avant même la chevauchée

La mise en scène de la première journée du Ring munichois ne tient pas les belles promesses du prologue. Andreas Kriegenburg commet quelques erreurs tactiques difficilement pardonnables au regard de la magnificence de la musique de Wagner subtilement intellectualisée par Kent Nagano et les performances d'un plateau de chanteurs remarquables sinon exceptionnels. Orchestrer un scandale de commande, extrêmement prévisible, et entacher une des plus belles pages musicales de Wagner ne mérite même pas les huées consenties par une petite partie du public.

Comme pour l'Or du Rhin, Kriegenburg utilise à nouveau le matériau humain des figurants comme autant de parties constitutives de ses décors dans une vision d'un monde wagnérien qui fait peu de cas de l'humanité. Les dieux sont en déshérence, soumis qu'ils sont au pouvoir d'un Anneau, au règne de l'Or maudit, les humains ne sont que de la chair malléable à souhait, une plastique de plasticine. Fort bien, cela apparaît dès l'ouverture: la musique est illustrée, ou réduite, c'est selon, par la pantomime  correctement chorégraphiée quoique très stéréotypée du combat de Siegmund qui repousse à plusieurs reprises les assauts d'une horde assassine au sein d'une vaste cage scénique sur les parois de laquelle est projetée une forêt dénudée: le monde sinistre, gris, chtonien de la glèbe dont se soulèvent à peine les combattants. Sans doute Kriegenburg cherche-t-il à installer une réflexion critique sur le pouvoir et la domination, la lecture en est plausible. Tous contre un, un contre tous, Siegmund en vainqueur épuisé. Une victoire de bande dessinée ou de film d'action tant elle est invraisemblable vu le nombre des assaillants.

Un plateau entier descend du cintre, porteur de Sieglinde et d'un frêne mort aux branches encombrées des dépouilles de cadavres desséchés. Le fond de scène est occupé par une morgue où de grises infirmières lavent les corps terreux et ensanglantés de guerriers morts au combat, des images et un vestimentaire de première guerre mondiale. De part et d'autre du frêne mortuaire, Sieglinde et Siegmund s'échangent des messages par actionnistes interposés: Sieglinde donne à boire à son hôte, et c'est une chaîne de jeunes femmes qui se constitue pour porter le verre d'eau d'un protagoniste à l'autre. Leurs mains recèlent une petite source lumineuse qui éclaire le verre d'eau, sans doute pour souligner la lueur d'espoir qui naît de cette rencontre, un premier germe d'amour et de vie qui s'insère dans la morne grisaille, terne et dévastée, de ce monde de mort. Plus tard, elles dresseront une table dont elles éclaireront aussi les mets de leurs mains lumineuses.Lorsque Hunding entre en scène, on le verra bientôt se saisir d'un morceau de pastèque sur la table du souper dont il extraira le jus qui en coule à long trait ensanglanté, pour montrer comment sa violence réduira rivaux ou opposants. D'une grossièreté sans nom, il s'essuyera brutalement les mains sur la robe de sa femme. Plus tard, dans la nuit, après le retour de Sieglinde qui vient retrouver Siegmund, les figurantes formeront un carré protecteur  au centre duquel les jumeaux pourront se reconnaître d'abord, s'avouer leur amour ensuite. Ce faisant, elles tournent pudiquement le dos aux protagonistes qu'elles éclairent à nouveau de leurs mains. Lorsqu'enfin Sieglinde donne son nom à Siegmund, la scène est baignée d'une lumière surnaturelle, travail de Stefan Bollinger dont il convient de souligner  la qualité des lumières. La première partie se termine par l'union incestueuse des jumeaux, mise en scène de manière plutôt explicite.


La deuxième partie montre Wotan en chef de bureau céleste: une scène quasi vide avec un large bureau et une grande peinture forestière pendue au mur. Deux douzaines de laquais en livrée participent du décor et à l'occasion se regroupent pour figurer des éléments de mobilier, écritoire ou sofa vivants, une manière pour le dieu suprême d'exprimer son absolutisme et ce qu'il lui reste de puissance. Wotan en dieu déchu s'alcoolise pour oublier sans doute la perte de son pouvoir qu'accentuent encore les revendications moralisatrices de Fricka. La rage haineuse qui anime ce couple se manifeste par deux fois par un verre qui éclate dans leurs mains tant ils le serrent fort.

Les plateaux montent ou descendent au gré des scènes. Sous le Walhalla, Andreas Kriegenburg réalise un très beau tableau pour la scène de la fuite de Sieglinde et de Siegmunde, un panoramique en format 16/9 avec à nouveau un très beau jeu d'éclairage qui accentue le tragique désespéré de la scène où les jumeaux traversent des champs de combattants morts pour des causes incertaines. Réussi aussi le combat de Hunding et de Siegmund qui se déroule hors scène et auquel on assiste par le jeu d'ombres chinoises, puis en direct par une nouvelle élévation d'une partie du plateau. Après sa victoire, Hunding se suicide en se tranchant la gorge sous le regard désemparé de Wotan.



La troisième partie doit s'ouvrir sur une des pages musicales les plus connues et les plus réussies de Richard Wagner, la fameuse chevauchée des Walkyries. En lieu et place de quoi on a droit à quelques minutes des piétinements de la piétaille des Wakyries: une vingtaine de figurantes aux longs cheveux dansent en tapant des pieds et en jouant avec violence de leurs chevelures alors que s'élèvent sur des pieux les corps empalés de combattants candidats au Walhalla. Visuellement le tableau est assez réussi, mais que vise donc le metteur en scène avec  l'interminable cacophonie des tapements de pieds, sinon le sacrilège? Si c'en était le but, il est atteint puisque des spectateurs commencent à se manifester pour demander que cela cesse et réclamer la musique, tandis que d'autres manifestent leur enthousiasme, comme aux jeux du cirque. Apocalypse now! Lorsque enfin Kent Nagano lève sa baguette, les premiers accords de la chevauchée s'élèvent dans le brouhaha des cris et des applaudissements. Mais non content d'avoir gâché la musique, Kriegenburg continue sa provocation: les Walkyries tiennent de longues rênes de cuir, chevauchée sans chevaux oblige,  dont elles fouettent le sol comme pour scander la musique qu'elles agrémentent de ce bruitage. L'idée du tableau visuel des héros empalés aurait pourtant pu emporter les suffrages, et le metteur en scène contrôle bien l'art du tableau, comme il le prouve une nouvelle fois un peu plus tard encore, lorsque les Walkyries se regroupent et font rempart de leurs corps pour cacher au regard de leur père leur soeur qu'il vient de condamner.

Die Walküre: Thomas J. Mayer (Wotan), Katarina Dalayman (Brünnhilde)Vient un des plus beaux moments de l'opéra, la scène de la séparation du père avec la fille dans ce long dialogue où Wagner convoque toute la palette des émotions. C'est ce que Kriegenburg réussit de mieux: le minimalisme d'une scène vide, dépouillée, avec les attitudes sculptées de Brünnhilde et de Wotan éclairées avec tant d'intelligence scénique sur le plateau nu et efficace. Brünnhilde s'endort sur un simple rond de pierre qui s'élève pour figurer le rocher, et alors que Wotan en appelle à Loge, au dieu du feu, un serpent porté par des figurantes vient entourer le cercle et former une paroi protectrice et vivante pour veiller sur la guerrière endormie, le serpent s'enflamme dans cette musique joyeuse et apaisante qui évoque la danse des flammes, Brünnhilde peut reposer dans son cercle élevé et sacré.

C'est alors une ovation sans fin avec tout le toutim des acclamations, des applaudissements et des trépignements de pieds pour ce que la soirée a apporté de meilleur: la musique et le chant. Il est vrai qu'a été réuni un plateau exceptionnel de grandes voix wagnériennes. A tout seigneur tout honneur, Klaus Florian Vogt remporte un succès aussi immense que mérité tant pour un travail vocal qui confine au surnaturel que pour l'engagement et le charisme du travail scénique. Une voix fluide et légère, lyrique et héroïque, le chant clair et  lumineux, un travail de la plus grande maturité artistique. Vient ensuite la Sieglinde d'Anja Kampe qui exprime, après une entrée de rôle un peu neutre, avec une conviction de plus en plus poignante tant les douleurs blafardes de la femme battue et violentée que la passion amoureuse grandissante ou, après la révélation de sa fécondation, la détermination de sauver l'enfant à naître. La mezzo française Sophie Koch est quant à elle magistrale en Fricka qu'elle interprète avec une froideur cynique et revancharde, avec une voix puissante qui a la capacité de cingler dans l'aigu. Thomas J. Mayer livre avec son Wotan le travail le plus approfondi, et celui qui nécessite probablement le plus d'énergie et de constance dans la Walkyrie. Un chanteur au travail précis, pour lequel chaque syllabe compte, chaque consonne finale parfaitement prononcée, avec le goût et le sens de la textualisation. Avec Mayer, le monologue de la narration historique par Wotan de l'histoire de l'anneau devient un grand moment scénique. Katarina Dalayman avec son timbre métal parfois criard, à la puissance forcée, ne parvient pas à donner une Brünnhilde crédible face aux talents confirmés des autres chanteurs, et c'est d'autant plus dommageable que ce rôle qui devrait remplir une place centrale en devient presque secondaire. Dalayman donne cependant un dernier acte beaucoup plus sensible, plus nuancée dans ses plaintes et ses revendications filiales. Kent Nagano et l'orchestre donnent une lecture minutieuse de la partition. Ce grand chef d'orchestre sait dégager une intériorité et explorer les profondeurs et les intimités de la partition tout en exploitant la force et la fougue glorieuses et la puissance des vagues musicales. Un régal musical qui convainc autant l'esprit qu'il sait charmer le coeur, avec un sens extrêmement construit du rythme de la tension dramatique. 


La musique et le chant l'emportent en fin de compte sur une mise en scène dont on ne comprend pas la substance, mais au détriment de la tragédie d'un théâtre qui se voulait total. On sort  de la représentation davantage ébloui par la personnalité et la performance des chanteurs, de l'orchestre et  du chef d'orchestre que par la pièce dans laquelle ils étaient supposés jouer.


Prochaines représentations les 25 mars 2012, les 6 et 24 janvier 2013
Et, durant les festivals d'été 2012 et 2013, les 4 et  11 juillet 2012, et le 14 juillet 2013
Réservation: cliquer ici puis sur la date désirée et suivre la procédure


Photos: Wilfried Hösl