dimanche 5 février 2012

Théâtre: Les sardines grillées de Jean-Claude Danaud, en français à Munich


Comédie dramatique en un acte en langue française

avec
Arézou Saffari-Dürr
Anne-Marie Vercauteren

Mise en scène: Bernard Louvion

Du 15 au 18 février à 20H30 au Teamtheater München

Réservations téléphoniques:  089-260 43 33

Adresse: Am Einlass, 4,  Munich

Synopsis
Une rue, un banc. C'est le domaine de Victoire, inénarrable clocharde, qui a élu domicile depuis vingt ans devant la maison d'une vieille famille de la bourgeoisie bordelaise. Elle y rencontre Solange, vieille fille coincée, que la famille vient juste d'engager et qui ne connaît pas encore grand-chose de la vie.

Victoire, qui a le cœur sur la main, va tout mettre en œuvre pour faire l’éducation de Solange. Elles vont devenir des amies, puis des confidentes, puis de vraies intimes, presque des parentes. Cette rencontre explosive va permettre de découvrir deux femmes drôles, surprenantes et attachantes.

Cette pièce est une mise en abîme du quotidien : la rue, dans son ordinaire le plus banal, se métamorphose en une pièce où apparaissent des personnages que seule la magie de l’instant ou de l’instinct pousse à se découvrir.

Le tableau est sans indulgence. Le trait est vif, incisif, cinglant. Les répliques volent comme autant de scalpels et laissent les personnages et les situations dépouillés. Le propos, peu tendre envers les hommes, oscillant entre le drame et le rire, met en scène des personnages émouvants et pitoyables et repose aussi la question de la place de la femme dans la société.

samedi 4 février 2012

Au Theater-am-Gärtnerplatz: Hans Henning Paar fait exulter la danse dans des adieux déchirants

Augenblick, verweile
Τα Πάντα ῥεῖ, Tout passe (Héraclite)
Il ne reste plus que 69 représentations avant la fermeture du Theater-am-Gärtnerplatz qui entrera bientôt en travaux de rénovation complète pour de longs mois et jouera dans d'autres salles, notamment au Prinzregententheater. Le chamboulement sera complet, puisqu'à la fermeture du théâtre le plus populaire de Munich correspond la fin des mandats de l'Intendant (le directeur général) du théâtre et du Maître de ballet. La plupart des contrats  des chanteurs et des danseurs arrivent aussi à leur terme.

Hans Henning PaarHier soir, Hans Henning Paar présentait sa nouvelle création chorégraphique, Augenblick, verweile, qui sera aussi la dernière, avant son départ pour Münster où il prendra la direction artistique et chorégraphique du Théâtre de la Ville.

Le maître de ballet a placé sa nouvelle production sous le signe de l'impermanence. Augenblick, verweile doch , Du bist so schön, ce sont les mots du Faust de Goethe qui demande à l'instant de s'attarder pour qu'il puisse en jouir un moment encore. Ce que Lamartine reprendra dans Le lac:

Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices ! Suspendez votre cours : Laissez-nous savourer les rapides délices. Des plus beaux de nos jours ! (...) Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive, Hâtons-nous, jouissons ! L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ; Il coule, et nous passons !

Mais c'est sur un autre lac que la production navigue, celui des cygnes, celui de la musique de Tchaïkovsky qui a inspiré tant de chorégraphes et à laquelle Hans Henning Paar a lui aussi consacré plusieurs ballets: en 1998 il monte le Casse-noisettes et en 2007 Le lac des cygnes.  Pour le chorégraphe, grâce à la musique de Tchaïkovsky, nos corps peuvent faire l'expérience des mondes de nos sensations. Cela va de l'euphorie à l'épuisement, de la mélancolie et de l'extase jusqu'à la nostalgie et au désespoir.

Tchaïkovsky fut un compositeur itinérant, toujours sur le départ: un homme du voyage, de la quête et de la fuite, avec ce que cela entraîne de mal du pays et de solitude. Il trouva le salut dans sa passion pour la composition, une passion couplée à une discipline de travail stricte qui compensaient ses doutes constants et un sentiment profond d'insatisfaction.

La métaphore est évidente: la troupe de danseurs du Theater-am-Gärtnerplatz connaît aujourd'hui des incertitudes similaires à celles que le compositeur a connues. Toute une troupe sur le départ, des danseurs et des danseuses qui ont réjoui le public bavarois pendant des années et qui va être disséminée, des liens tissés pendant des années qui vont se défaire. Reste l'amour de la danse, et l'envie de partager cette passion.

La dernière production d'Hans Henning Paar est celle du départ. Il produit un spectacle en douze tableaux qu'il a chorégraphés et mis en scène en association et en parfaite complicité avec ses danseurs. Il a veillé à ce que chaque tableau mette en valeur les extraodinaires talents de chacun des danseurs, de chacune des danseuses. Le premier tableau est statique. Les danseurs figurent le départ, chacun porte une valise sur le plateau qui tourne lentement, et longuement le message est distillé: un message de fin, d'adieu, de dispersion. En fond de scène, un grand lustre de théâtre a été descendu sur le sol, le théâtre va fermer, les artistes s'en vont. Le fil rouge des différents tableaux et des décors est le voyage: les videos défilent la gare qui s'éloigne, les paysages plats des plaines allemandes qui s'étendent vers le Nord du pays, les cables électriques que le voyageur voit de sa banquette lorsqu'il y est vautré et regarde le ciel qui se déroule. Les artistes sont les gens du voyage, des gens de passage. Avec des numéros extraordinaires: une valise, seule sur le plateau tournant, se met à bouger, en sort une main, puis un bras qui tâtent le monde extérieur, en sort une danseuse contorsionniste qui finira par retourner à sa valise pour s'y enfermer à nouveau; un danseur  porte une valise qui s'ouvre et laisse voir un écran qui donne l'image du paysage qui n'en finit pas de défiler; et l'exploit  de cette danseuse qui sort son chien en laisse mais se fait en fait promener par lui, la danseuse est si habile qu'on finit par croire que le petit chien de peluche est vivant, un exemple typique de l'humour du chorégraphe qui aime à en émailler ses créations.

Augenblick, verweileEt les spectateurs charmés par la magie du spectacle ont à la fois le coeur brisé. On revit des instants des créations antérieures de Hans Henning Paar, comme cette danse des cygnes avec des hommes en tutu, qui rappelent les fameux ballets du Trocadéro. Et ce moment extraodinaire où sur le torse sculpté d'un danseur, sur la plaque parfaite de ses abdominaux vient se projeter la video miniaturisée d'une danseuse en tutu qui semble reposer sur les mains ouvertes et protectrices du danseur, qui la soutiennent, comme la petite fée Clochette du monde de Peter Pan. C'est cette féérie qu'il va falloir quitter.

Mais si le spectacle dramatise le départ, les danseurs se surpassent dans la perfection de leur art, et Hans Henning Paar crée des enchaînements chorégraphiques avec un art consommé et unique. Son art est plus fluide que jamais et, malgré la détresse du départ et de la séparation, toute cette troupe fait éclater la joie de la Danse.

Cette dernière oeuvre du grand chorégraphe est parfaite d'un bout à l'autre du spectacle. Les spectateurs n'en pourront plus d'applaudir et de crier leurs vivats dans un hommage à ces hommes et à ces femmes qui les ont enchanté pendant de belles années.

Très applaudis aussi les musiciens de l'orchestre remarquablement dirigés par Andreas Kowalewitz ainsi que la contribution d' Elaine Ortiz Arandes qui a interprété avec brio et chaleur les quatre lieder du programme. Le pur esprit du Theater-am-Gärtnerplatz a de nouveau imprégné cette soirée, un esprit de corps fait d'une collaboration à l'unisson profondément partagée avec des spectateurs ravis d'avoir été conviés à cette Première, qui est aussi, hélas, une dernière.

A ne pas manquer!

Agenda et réservations

Les 11 et 14 février 2012
Les 2, 8, 29 et 31 mars 2012
Les 15 et 18 avril

Pour réserver, cliquer ici puis sur la date désirée et suivre la procédure

Une vision plutôt pessimiste du mariage

Une histoire glânée sur la toile...

Pendant la nuit de noces:


Lui: enfin! J'ai attendu ce moment si longtemps.
Elle: Voudras-tu jamais que je te quitte?
Lui: NON! Pas même en rêve!
Elle: Tu m'aimes?
Lui: Naturellement! Enormément!
Elle: M'as-tu jamais trompée?
Lui: NON! Pourquoi me poses-tu cette question?
Elle: Tu as envie de me faire l'amour?
Lui: Chaque fois que j'en aurai l'occasion!
Elle: Est-ce que tu me battras?
Lui: Tu es folle? Je ne suis pas un type comme ça!
Elle: est-ce que je peux te faire confiance?
Lui: Ma chérie...
Elle: Mon amour!


Après 25 ans de mariage, le même dialogue se lit de bas en haut.


P.S.: pour une version du mariage homo, remplacez Lui et Elle par Elle et Elle ou Lui et Lui

vendredi 3 février 2012

Berlin: un nouveau film pour le monument aux homosexuels déportés

Photomontage: Yagg

Berlin. En plein centre, à deux pas d'Unter den Linden, se trouve l'émouvant mémorial consacré aux victimes de l'holocauste. De l'autre côté de l'avenue  le mémorial en hommage aux homosexuel.le.s déporté.e.s sous le troisième reich, érigé en 2008. Un bloc de béton oblique, avec une fenêtre. Une plaque explicative en anglais et en allemand rappelle la criminilisation renforcée de l'homosexualité par les nazis (le paragraphe 175, qui est resté en vigueur jusqu'en 1969!): un simple baiser était criminel. Le public en s'approchant de la fenêtre pouvait voir un court-métrage projeté en boucle montrant un couples d' hommes s'embrassant.


Ce monument fait à nouveau l'actualité: Depuis le 26 janvier 2012, un nouveau court-métrage remplace le premier, il présente des gros plans  de nombreux couples s'embrassant, dont des couples de femmes, ce qui n'était pas le cas du premier film qui y avait été installé. On se rappellera que l'idée de présenter aussi un baiser lesbien avait fait polémique. Voir l'article que YAGG y a consacré fin mars 2010.

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Photo Luclebelge


La plaque rappelle aussi que pendant des années, les gays et les lesbiennes ont été exclus des cérémonies commémoratives en hommage aux victimes de la déportation, et la responsabilité particulière du peuple allemand, en raison de son histoire.

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Photo Luclebelge

Pour voir le nouveau film, cliquer sur l’image ci-dessous.


L’ancien film:




Si vous ne pouvez pas voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur Rätselfrage: Warum ist dieser Film bei Youtube nicht jugendfrei?

Pour plus d'infos en allemand, se rendre sur la page de la Fondation du mémorial aux Juifs d'Europe assassinés (Stiftung Denkmal für die ermorderten Juden Europas) (Film au centre de la page). L'ancien film est posté sur youtube: cliquer ici


Le courage de dire NON/ Der Mut NEIN zu sagen: August Landmesser


August Landmesser (né en 1910, porté disparu au combat en 1944) travailla au chantier naval  Blohm et Voss à Hambourg.

Cette photo a été prise  à Hamburg. Elle montre la foule assemblée à l'occasion du baptême d'un nouveau bateau.

A cette époque, August Landmesser avait déjà fait la douloureuse expérience du régime nazi. Il avait été condamné à deux ans de prison pour s'être fiancé avec  une femme juive, Irma Eckler, qui fut  détenue par la Gestapo à la prison Fuhlsbüttel en 1938.  Les deux filles nées de cette union, Ingrid et Irène, furent séparées: on permit à Ingrid de vivre avec sa grand-mère, tandis qu'Irène fut placée dans un orphelinat puis confiée à la garde de parents adoptifs. Auhgust Landmesser sortit de prison le 19 janvier 1941

Sur la photo, on voit clairement qu'August a croisé les bras et refuse le salut à Hitler. Il avait assisté à la cérémonie, et il est clair qu'il n'était pas disposé à tendre le bras.

On ne sait pas grand chose du destin de cet homme après le moment de cette prise de vue. On sait seulement que ses deux filles ont survécu. En 1991, l'une d'elles reconnut son père sur cette photo et un magazine la publia.

Deutsche Text

Stapellauf. Hamburg, in den Dreißiger Jahren des Zwanzigsten Jahrhunderts. Alle erheben ihren Arm zum »Hitler-Gruß«. Alle, bis auf einen: August Landmesser. Dieses Foto wurde in Hamburg aufgenommen, Es zeigt die Feier zur Einweihung eines neuen Schiffes.
August Landmesser hatte zu diesem Zeitpunkt bereits mit dem herrschenden Nazi-Regime schlimme Erfahrungen gemacht. Man verurteilte ihn zu einer 2 jährigen Haftstrafe, weil er eine jüdische Frau ehelichte und mit ihr zwei Töchter groß zog.

Auf dem Bild sieht man deutlich wie August die Arme verschränkt und den Hitler-Gruß verweigert. Zwar musste er wohl - aus nicht bekannten Gründen - an der Zeremonie teilnehmen, war aber nicht bereit den Arm zu strecken.

Was brachte diesen Mann, der Anfang der Dreißiger Jahre noch Mitglied der NSDAP geworden war, dazu, sich einer »einfachen Geste« zu verweigern? Courage und Klugheit... 

In 35 war der Fünfundzwanzigjährige mit der drei Jahre jüngeren Irma Eckler verlobt, die nach den "Nürnberger Gesetzen" als Jüdin galt. Deshalb war nun eine Heirat ausgeschlossen.

August und Irma hatten gemeinsam zwei Töchter. Die Töchter überlebten, ihre Eltern nicht.

Darüber berichtet eine der Töchter Irene Eckler. In ihrem Buch ( Irene Eckler: A Family Torn Apart by "Rassenschande", Schwetzingen 1998 ) erzählt sie die Geschichte ihrer Familie, die von den Nazis auseinandergerissen wurde, weil die Liebe zwischen ihren Eltern, August Landmesser und Irma Eckler, nach den »Nürnberger Gesetzen« als sogenannte »Rassenschande« unter Strafe stand.

jeudi 2 février 2012

Uncertain, schwuler Kurzfilm (OMU): Schwul, gemobbt, Selbstmord...



Homosexuelle Jugendliche haben ein deutlich höheres Suizidrisiko, als gleichaltrige heterosexuelle Jugendliche. Die Gründe dafür sind vielfältig und liegen häufig in der Unsicherheit während dem Coming-Out-Prozess und häufig in diskriminierenden und homophoben Reaktionen aus dem Umfeld der Jugendlichen. Gerade in Nordamerika gibt es eine erschreckende Serie von Suiziden von homosexuellen Jugendlichen – trotz aller Bemühungen und Kampagnen. Der schwule Kurzfilm “Uncertain” greift dieses Thema auf und, wie der Regisseur Luis Fernando Midence sagte, war der Suizid eines jungen 13-jährigen Teenagers der Anlass für ihn, den Film zu drehen.

Mehr lesen auf Thinkoutsideyourbox
und, auf english: The Trevor project


mercredi 1 février 2012

Munich est la ville avec la meilleure qualité de vie en Allemagne (MERCER)


Fichier:München Panorama.JPG
Photo David Kostner

Vienne reste la ville bénéficiant de la meilleure qualité de vie dans le monde, suivie de Zurich et d’Auckland. Munich arrive en quatrième position du classement de l'Institut Mercer, qui publie chaque année les résultats de son étude qui concerne 221 villes de notre planète. Cette quatrième place mondiale donne à Munich la première place parmi les villes allemandes de l'enquête.
Trois villes allemandes, Munich, Düsseldorf (rang 5) et Francfort (rang 7), se placent dans le top 10 du classement, tandis que Nuremberg décroche la 11ème place. Ces quatre villes occupent aussi ex aequo la 11ème place des villes les plus sécuritaires du monde, alors que des villes comme Berlin et Hambourg sont placées à la 36ème place, et Stuttgart à la 42ème place.

Et c'est Bagdad qui recueille la triste dernière position du classement, dans les deux catégories.

39 critères sont retenus pour la qualité de vie , selon le point de vue de travailleurs qui ont été envoyés en poste à l'étranger. Ces critères ciblent des aspects politiques, sociaux, économiques et environnementaux de l'existence au quotidien. Des facteurs comme la sécurité personnelle, les soins de santé, l'offre d'enseignement et de formation, les services et les transports publics sont pris en considération. En ce qui concerne la sécurité, ce sont des critères de stabilité, de taux de criminalité, de l'efficacité des poursuites pénales, qui sont retenus.

Munich l'emporte de peu sur d'autres villes allemandes, grâce surtout à l'offre exceptionnelle en matière de pratiques des sports et des loisirs, et à la grande qualité de l'habitat.