vendredi 5 juin 2020

Le phaéton hippomobile du roi Louis II de Bavière (1886)



Parmi les véhicules du roi Louis II conservées au Marstall Museum* de Munich, on remarque cet élégant phaéton hippomobile de gala. Ce type de voiture apparu au 17e siècle possède deux banquettes parallèles aux essieux. La banquette du conducteur, à l'avant, confortable, est souvent en rotonde, et a une capote. Le siège arrière est réservé à un ou deux domestiques. Le phaéton, toujours mené par son propriétaire, était destiné aux sorties en ville ou à la campagne. Léger, attelé au moins de deux chevaux, haut sur roues, le phaéton était considéré comme un véhicule rapide, plutôt aristocratique, mais dangereux du fait de sa vitesse et de sa hauteur sur roues, qui le faisaient souvent verser.

Le nom du phaéton vient du personnage mythologique Phaéton, cocher du char du soleil. Dans la mythologie grecque, Phaéthon (en grec ancien Φαέθων / Phaéthôn, « le Brillant »), ou Phaéton, est considéré comme le fils du dieu Soleil (Hélios, Sol, Phoebus) et de l'Océanide Clymène. Il ne possède qu'une légende, celle de sa chute : ayant emprunté le char solaire de son père, il en perdit le contrôle et embrasa le ciel et la terre. Zeus le foudroya. La version la plus élaborée de la légende est celle que  propose l'auteur latin Ovide dans ses Métamorphoses.

Le phaéton de gala du roi Louis II est l'oeuvre du constructeur de véhicules et maître sellier Johann Michael Mayer, qui signa également un somptueux traîneau. 

* Le Marstall Museum, étape obligée passionnante du parcours ludwiguien, est situé dans l'aile extérieure gauche du château de Nymphenburg.

jeudi 4 juin 2020

Lied für König Ludwig : Wenn bei Schneesturm in der Nacht, jagt ein Schlitten durch den Wald...


"Wenn bei Schneesturm in der Nacht,
Blitze Berg und Tal erhellen,
man vom Donnerschlag erwacht,
schnauben Pferde, klingen Schellen,

jagt ein Schlitten durch den Wald;
goldner Prunk vergangener Zeiten.
Ludwigs einsame Gestalt
sehen wir vorübergleiten.

Wer hat ihn vom Königsthron
in den frühen Tod getrieben?
Wüßten wir’s, wem hilft das schon?
Was uns bleibt ist: Ihn zu lieben!"

(Lied für König Ludwig / Anonym)

mercredi 3 juin 2020

Des pivoines soyeuses et mousseuses se pavanent au jardin de Nymphe-en-bourg









Pétales de pivoine

Guillaume Apollinaire
Pétales de pivoine
Trois pétales de pivoine
Rouges comme une pivoine
Et ces pétales me font rêver
Ces pétales ce sont
Trois belles petites dames
À peau soyeuse et qui rougissent
De honte
D’être avec des petits soldats
Elles se promènent dans les bois
Et causent avec les sansonnets
Qui leur font cent sonnets
Elles montent en aéroplane
Sur de belles libellules électriques
Dont les élytres chatoient au soleil
Et les libellules qui sont
De petites diablesses
Font l’amour avec les pivoines
C’est un joli amour contre nature
Entre demoiselles et dames
Trois pétales dans la lettre
Trois pétales de pivoine.
Quand je fais pour toi mes poèmes quotidiens et variés
Lou je sais bien pourquoi je suis ici
À regarder fleurir l’obus à regarder venir la torpille aérienne
À écouter gauler les noix des véhémentes mitrailleuses
Je chante ici pour que tu chantes pour que tu danses
Pour que tu joues avec l’amour
Pour que tes mains fleurissent comme des roses
Et tes jambes comme des lys
Pour que ton sommeil soit doux
Aujourd’hui Lou je ne t’offre en bouquet poétique
Que les tristes fleurs d’acier
Que l’on désigne par leur mesure en millimètres
(Où le système métrique va-t-il se nicher)
On l’applique à la mort qui elle ne danse plus
Mais survit attentive au fond des hypogées
Mais trois pétales de pivoine
Sont venus comme de belles dames
En robe de satin grenat
Marquise
Quelle robe exquise
Comtesse
Les belles f…es
Baronne
Écoutez la Mort qui ronronne
Trois pétales de pivoine
Me sont venus de Paris
Courmelois, le 22 mai 1915
Guillaume Apollinaire, Poèmes à Lou

mardi 2 juin 2020

Le héron de Nymphe-en-bourg — Ein Reiher in Nymphenburg (Botanischer Garten)



Un jour, sur ses longs pieds, allait je ne sais où,
Le Héron au long bec emmanché d'un long cou.
Il côtoyait une rivière.
L'onde était transparente ainsi qu'aux plus beaux jours ...


Ma commère la Carpe y faisait mille tours
              Avec le Brochet son compère.
   Le Héron en eût fait aisément son profit :
   Tous approchaient du bord ; l’oiseau n’avait qu’à prendre.
              Mais il crut mieux faire d’attendre
              Qu’il eût un peu plus d’appétit :
   Il vivait de régime, et mangeait à ses heures.





Après quelques moments l’appétit vint : l’oiseau

S’approchant du bord vit sur l’eau
Des tanches qui sortaient du fond de ces demeures.
Le mets ne lui plut pas ; il s’attendait à mieux,
Et montrait un goût dédaigneux
Comme le rat du bon Horace.

" Moi des tanches ? dit-il, moi, Héron, que je fasse
Une si pauvre chère ? Et pour qui me prend-on ? "

La tanche rebutée , il trouva du goujon.

" Du goujon ! c’est bien là le dîner d’un Héron !
J’ouvrirais pour si peu le bec ! aux Dieux ne plaise ! "

Il l’ouvrit pour bien moins : tout alla de façon
Qu’il ne vit plus aucun poisson.
La faim le prit ; il fut tout heureux et tout aise
De rencontrer un limaçon.






Ne soyons pas si difficiles :
Les plus accommodants, ce sont les plus habiles ;
On hasarde de perdre en voulant trop gagner.
Gardez-vous de rien dédaigner,
Surtout quand vous avez à peu près votre compte.

Bien des gens y sont pris ; ce n’est pas aux hérons
Que je parle ; écoutez, humains, un autre conte. ;
Vous verrez que chez vous j’ai puisé ces leçons.




Une fable de La Fontaine

Crédit photos © Luc-Henri Roger

Un portrait un peu halluciné du roi Louis II croqué en 1867


im Wochenblatt für das christliche Volk, 24.11.1867

lundi 1 juin 2020

Werbungseite für Mittenwald - April 1928

in Das Bayerland, 1. April-Heft 1928

Vielen Dank @ Marcus Spangenberg

Un portrait de Wagner par Fiorentino (1866)

M. Wagner est un homme entre deux âges, assez grand de sa personne et assez maigre ; tout de noir habillé, cravate blanche : tenue de notaire dans l'exercice de ses fonctions. Sa physionomie est intelligente, son air un peu raide et empesé. Il a le front beau, noble, élevé, le bas du visage écrasé et vulgaire. On dirait que deux fées, l'une irritée, l'autre bonne, ont présidé à sa naissance. La fée de l'harmonie a caressé et embelli le front d'où devaient sortir tant de conceptions hardies et de pensées fortes ; la fée de la mélodie, prévoyant le mal que lui ferait cet enfant, s'est assise sur sa figure et lui a aplati le nez.

in Pier Angelo Fiorentino, Comédies et comédiens, Paris, Michel Lévy, 1867.