Septembre 1898. Photographie du wagon funéraire dans lequel le cercueil contenant le corps de la défunte impératrice assassinée à Genève fut transporté de Genève à Vienne. La photographie fut publiée par Das interessante Blatt.
samedi 8 décembre 2018
Elisabeth d'Autriche et Valérie en excursion avec la comtesse Trani
Avril 1883 . L'impératrice Elisabeth d'Autriche en excursion en compagnie de l'archiduchesse Valérie et de la comtesse Trani de Baden Baden.
vendredi 7 décembre 2018
Les maladies wagnériennes: Wagnériole, Wagnéromanie, Wagnéralgie et Wagnérite.
Ce petit pamphlet malicieux signé par le Dr Cuniculus est attribué au compositeur français Charles Lecocq (1832-1918). D'autres prétendent que c'est à Nuitter (Charles Truinet) que revient la paternité de l'opuscule.
Des maladies wagnériennes
Le mal wagnérien ou mal allemand (malus germanicus) a pris naissance en Allemagne [...]. D'abord stationnaire en ce pays, il n'a pas tardé à se répandre au dehors, et, à l'heure actuelle, le monde entier est menacé de ses ravages. Notre belle France n'a pas été épargnée, hélas, et le terrible fléau fait chaque jour, parmi nous, de nouvelles et nombreuses victimes.
On sait que les maladies wagnériennes ont pour cause l'usage abusif de la liqueur toxique inventée par R. Wagner, et connue vulgairement sous le nom de Wagnériane. Cependant, ce stupéfiant n'a pas toujours présenté les mêmes dangers qu'aujourd'hui, car ce n'est qu'après de longs tâtonnements et des expériences répétées que son inventeur est parvenu à lui donner ce degré de puissance extraordinaire dont les résultats sont si pernicieux et si redoutables. Il est certain que les premiers flacons de Wagnériane importés en France, sous les étiquettes Tannhauser et Lohengrin, étaient relativement inoffensifs et que l'on pouvait, sans grand risque, en faire une consommation journalière. Mais bientôt après, sont venus successivement l'élixir tétralogique, les capsules opiacés de Tristan, et enfin, le plus terrible de tous ces poisons, la Parsifaline, dont quelques gouttes suffisent parfois pour détraquer les cerveaux les mieux équilibrés.
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Les adultes et les vieillards des deux sexes sont seuls sujets aux maladies wagnériennes, et l'on n'a pas encore signalé tin seul cas de Wagnérie infantile. On a fait la remarque que les sourds en sont également garantis, ce qui donne à penser que l'oblitération du conduit auditif est le meilleur des préservatifs. Les personnes craintives et qui veulent à tout prix échapper aux atteintes du mal, doivent donc avoir recours à la surdité complète, qu'elles peuvent obtenir au moyen d'une opération chirurgicale des plus simples.
Les maladies wagnériennes se divisent en Wagnériole, Wagnéromanie, Wagnéralgie et Wagnérite.
La Wagnériole n'est le plus ordinairement qu'une indisposition légère qui disparaît facilement lorsqu'elle est prise à temps.
Celui qui écrit ces lignes a eu, il y a quelques années, une attaque de Wagnériole, heureusement asseçzbénigne ; un simple emplâtre au baume de Mozart, appliqué sur l'estomac, a suffi pour chasser le mal qui n'a jamais reparu depuis.
La Wagnéromanie est, en général, peu dangereuse ; les Wagnéromanes sont de moeurs douces et portés à la mélancolie. Mais rien d'anormal n'apparaît dans leur manière d'être, et aucun trouble ne se manifeste dans leurs fonctions. Néanmoins, il faut éviter de les contrarier dans leurs convictions, sans quoi leur cas peut s'aggraver et tourner à la Wagnéralgie.
La Wagnéralgie est presque toujours chronique et ses accès, dont la fréquence augmente avec le temps, sont parfois d'une violence extrême. Les calmants les plus efficaces sont les bains de sons consonants, le sirop d'accords parfaits, et l'eau pure de mélodie prise en lavements. On peut y ajouter des compresses d'eau de Godard sur les tempes, et des cataplasmes émollients de farine de Massenet sur l'abdomen. Lorsque le malade est à peu près rétabli, on le met au régime du macaroni Rossini, des pâtes Meyerbeer, et surtout de la délicieuse revalescière Gounod, dont l'effet est infaillible. Un verre de vin mousseux d'Auber après chaque repas lui redonne de la bonne humeur. Dans les cas graves, nous conseillons les frictions au baume de Bach et de Haëndel. Il est quelquefois nécessaire de faire quelques piqûres sous-cutanées avec le chlorate d'Offenbach. Si l'on parvient, par ce dernier moyen, à provoquer le rire, le malade est sauvé.
L'analyse chimique de la Wagnériane donne du bicarbonate de leit-motiv, de l'acétate de dissonance, des parcelles infinitésimales de mélodie, une forte dose d'huile essentielled'ennui, et une substance épaisse, trouble et indigeste que nous croyons être la poesis germanica.
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Le dépôt général de la Wagnériane est à Bayreuth, et les amateurs affirment même que c'est là seulement qu'on peut en ressentir tous les effets ; car il est reconnu que ce produit perd une partie de ses qualités en voyageant. Aussi est-on forcé, en France, pour en faciliter la consommation, de substituer à la poesis germanica l'affreuse teinture de Wilder, dont le goût est si détestable. Nous avons pu constater chez plusieurs malades, retour de Bayreuth, l'hébétude du regard, le trouble dans les idées et la démarche chancelante particulière aux intoxiqués ; nous en avons conclu que la plupart des cas de Wagnérite aiguë proviennent d'un séjour trop prolongé dans la ville allemande, pendant les grandes chaleurs.
On voit, par ce qui précède, à quel point la santé publique est compromise, aussi venons-nous de demander, en haut lieu, l'autorisation d'ouvrir une souscription publique, dont l'objet est la création, à Paris, d'un hospice des Wagnériens.
Nous osons espérer que le gouvernement,, et le public voudront bien nous venir en aidé dans l'accomplissement de notre oeuvre philanthropique et humanitaire.
DOCTEUR CUNICULUS.
jeudi 6 décembre 2018
" Les premiers amis français de Wagner " de Maxime Leroy, une critique d'Adolphe Jullien.
Le Journal des débats politiques et littéraires du 1er août 1926 publie dans sa Revue musicale un article d'Adolphe Jullien intitulé " Les premiers amis français de Richard Wagner " qui rend compte de la publication du livre éponyme que publia Maxime Leroy, le fils du journaliste wagnérien Léon Leroy, chez Albin Michel (1925).
REVUE MUSICALE
Les premiers amis français de Richard Wagner
En 1869, lorsque Pasdeloup, voulant poursuivre au théâtre la campagne qu'il menait ardemment dans ses concerts au profit de Wagner, se fut fait attribuer le privilège du Théâtre Lyrique, à la place du Châtelet, il voulut que tout le monde autour de lui, qui s'apprêtait à représenter Rienzi, fût imprégné de l'idée wagnérienne. Il choisit donc comme secrétaire un journaliste, qui avait été un des tout premiers partisans de Wagner en France, dix ans plus tôt, qui n'avait cessé depuis lors de suivre, où qu'il se manifestât, le mouvement wagnérien, et qui, jusqu'à la fin, aida de tout son pouvoir à la diffusion de la musique de Wagner, payant même de sa personne à ces réunions si curieuses, si attachantes, qu'organisait alors le wagnériste passionné Antoine Lascoux et que ceux qui étaient admis à les suivre avaient plaisamment dénommées : le Petit Bayreuth. Il s'appelait Léon Leroy.
Quel bon souvenir pour moi, soit dit en passant, que celui de cette première représentation de Rienzi, où, flânant devant le théâtre, à l'affût de quelque aubaine inattendue, je parvins à m'y glisser je ne sais plus trop comment, et à m'installer au fond du parterre, qui ne contenait guère que cinquante mauvaises places! Avec quelle joie ne vis-je pas le vibrant Pasdeloup paraître à la tête de l'orchestre et conduire, avec la même fougue qui nous entraînait aux Concerts Populaires, cette ouverture de Rienzi à laquelle il aurait été bien difficile, dès cette époque, de faire opposition, car, si elle n'eût été signée de Wagner, elle n'aurait dû nullement heurter les préférences accoutumées du public Quel succès remportèrent, au milieu d'un auditoire pourtant assez mal disposé en général, les délicieux airs du Messager de paix où brillait la voix si pure de Mlle Priola, alors à ses débuts, et qui, après avoir passé par l'Opéra-Comique, devait aller mourir bien tristement à Marseille. Quel écho fit résonner dans toute la salle l'enthousiaste appel aux armes : Santo Spirito, cavaliere, auquel l'organe claironnant du ténor Monjauze prêtait, comme a tout le rôle du tribun du reste, un éclat extraordinaire ! Avec quelle sûreté le mezzo-soprano bien timbré de Mlle Borghèse, l'ancienne créatrice de la Rose Friquet des Dragons de Villars, se faisait entendre dans le personnage d'Adrian o; quels solides appuis donnaient à d'autres rôles des artistes de qualité nouveaux venus, tels que le baryton Lutz, la basse Giraudet, le soprano dramatique Mlle Stemberg, qui n'était pas encore Mme Vaucorbeil, etc. ; de quelle ardeur Pasdeloup savait animer chanteurs et instrumentistes enfin, quel spectacle attachant fut d'ensemble cette représentation d'une œuvre aux trois quarts italienne que les uns exaltaient comme les autres la décriaient, de confiance, en raison du seul nom de l'auteur, et qui aurait dû, en bonne justice, rencontrer alors un accueil unanimement favorable ! Et cependant...
Léon Leroy, pour revenir à lui, avait, toute sa vie durant, réuni articles, papiers, correspondances, annoté maintes publications ayant trait au musicien qu'il admirait et même aimait du fond du cœur, malgré des refroidissements passagers, provenant surtout de l'humeur capricieuse et passablement égoïste de Wagner, et c'est de tous ces documents, contrôlés par d'autres, que le fils de Léon Leroy, M. Maxime Leroy, vient de tirer la matière d'un beau volume intitulé Les Premiers amis français de Wagner (chez AIbin Michel). Ce livre repose sur une idée très juste qui est, en fixant les débuts de la conquête de la France par Wagner, de réagir contre la tendance qu'on a à résumer dans un seul nom, celui de Baudelaire, l'effort et la gloire du wagnérisme naissant, alors que ce ne fut pas un homme seul, mais tout un milieu littéraire et artistique, qui accueillit Wagner avec enthousiasme, comme s'il l'eût attendu et se fût reconnu tout de suite en lui. Tout ne se réduit donc pas, en 1859 et 60, dit fort bien notre auteur, à un dialogue sublime entre Wagner et Baudelaire couronné par le magnifique article de celui-ci, inséré dans la Revue européenne au lendemain de Tannhaeuser, et on ne rendra à cet événement historique toute sa signification, avec ses dimensions vraies, qu'en réagissant contre cette simplification excessive et en faisant revivre, autour de la figure centrale du poète, celles des autres amis du grand musicien, dont les tout premiers, la plume à la main, furent le docteur Auguste de Gasperini et le journaliste Léon Leroy.
Qu'est-ce qu'écrivait fiévreusement Gasperini à M. Léon Leroy, de Marseille, en septembre 1859 ?
" Vite, vite, une grande nouvelle ! En recevant ceci, laissez là tout ce que vous avez à faire et courez avenue Matignon, n° 4. Vous demanderez au concierge si Richard Wagner est chez lui et vous monterez. Il est à Paris pour quelque temps ; c'est vous que je charge de me représenter auprès du grand homme. A bientôt ! Laissez là cette lettre et courez ! L'auteur de l'ouverture de Tannhaeuser ! Ouvrez toutes les portes ! " Leroy n'y courut pas aussi vite que l'eût souhaité Gasperini, mais, enfin, il lui rendit compte de sa visite avenue Matignon : " Je vous dirai donc que j'ai trouvé, dans un appartement fortement doré, un homme doux et affable, vêtu d'une longue robe de chambre en velours vert foncé et doublée de satin violet (ne retrouvait-on pas, dès lors, en ces jours de médiocre fortune, le grand goût de Wagner pour les étoffes luxueuses et de couleurs très voyantes?). Wagner m'a parlé de son voyage en France et des motifs qui l'ont décidé à l'entreprendre. C'est ici, cher ami, que j'ai à vous apprendre une nouvelle qui va , j'espère, vous faire bondir de joie : Wagner se fixe à Paris !!! et pour trois ans au moins !!! "
Ce que furent, pour le grand musicien, ces trois années dont il espérait profit et gloire et qui commencèrent par les concerts tellement discutés du Théâtre Italien pour aboutir à la déroute de Tannhaeuser à l'Opéra, tout le monde, aujourd'hui, le sait et peut le déplorer, mais, ce qu'on ne saurait trop souligner, c'est de quelle élite intellectuelle et artistique le musicien novateur était dès lors entouré. Tous les mercredis, dans le quartier alors presque suburbain de l'Arc-de-Triomphe, il voyait arriver chez lui Emile Ollivier, qui venait d'épouser à Florence, en 1857, la fille aînée de Liszt et de Mme d'Agoult, Blandine, une jeune femme charmante et profondément artiste, ravie par la mort cinq ans après son mariage ; Frédéric Villot, conservateur des musées impériaux, auquel Wagner a dédié ses quatre poèmes d'opéras traduits en français ; Edmond Roche, qui lui avait fait une si flatteuse réception à la douane française ; Hector Berlioz, en souvenir de leurs relations en Allemagne, puis à Londres, et dont la violente hostilité allait bientôt se déchaîner ; Emile Perrin, alors directeur inoccupé, n'ayant plus l'Opéra-Comique et n'ayant pas encore l'Opéra ; Carvalho, directeur du Théâtre Lyrique (non pas de l'Opéra-Comique) et très porté vers les œuvres nouvelles ; un dessinateur et un avocat, de vingt-sept ans tous les deux : Gustave Doré, dans le plein de sa vogue, et Jules Ferry, amené là par Emile Ollivier; puis force écrivains : Baudelaire, Champfleury, Charles de Lorbac, les deux fidèles Léon Leroy et Gasperini, qui firent tous énormément pour la réputation de leur hôte en forçant l'attention du public, surpris par leurs cris de guerre et leurs articles enflammés.
Et M. Maxime Leroy, sans les nommer tous, fait très justement observer que, pour ces fervents adeptes de Wagner, que les oeuvres couramment entendues jusque là ne préparaient guère cependant à pareille secousse, ce fut comme une révélation presque surhumaine dont eux-mêmes se rendirent bien compte et qu'ils eurent la bonne foi de proclamer. C'est Gasperini qui reçoit le coup de foudre en entendant un fragment de Lohengrin aux Concerts de Bade, en 1857 ; c'est Leroy qui le ressent après une exécution de l'ouverture de Tannhaeuser aux Concerts Ste-Cécile, à Paris; c'est M. Edouard Schuré à l'audition de Tristan et Iseult ; Mme Judith Gautier, rien qu'en lisant au piano Le Vaisseau fantôme ; Baudelaire, aux Concerts du Théâtre Italien ; Reyer, en entendant Tannhaeuser à Bade, dès 1857 ; un autre critique enfin, qui, n'ayant guère que seize ans en 1861, n'avait pas pu entendre Tannhaeuser à Paris, courait le voir jouer dès qu'il fut représenté à Bruxelles en 1873, et s'écriait, lui aussi, dans son article : " Ce fut un envahissement de tout mon être et qui ne fit qu'augmenter pendant trois heures. " Si celui-là est encore de ce monde, c'est bien possible, après tout, puisqu'il n'aurait que quatre-vingt-un ans tandis que M. Schuré en a quatre-vingt-cinq, il serait assez curieux de demander à l'un et à l'autre, derniers survivants de ces temps héroïques, s'ils ont toujours la même fraîcheur d'impression, la même chaleur d'enthousiasme, la même ardeur combative qu'en leurs jeunes années. Et pourquoi pas ?
ADOLPHE JULLIEN.
mercredi 5 décembre 2018
Le castrum doloris de l'impératrice Elisabeth d'Autriche
Castrum doloris, catafalque de l'impératrice Elisabeth lors du Requiem dans la cathédrale Saint Stéphane de Vienne
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