lundi 30 avril 2018

Geigenbau Leonhardt, un maître luthier à Mittenwald. Reportage photographique en 15 photos.




La Lutherie Leonhardt nous a aimablement permis de visiter ses beaux ateliers, où nous avons été accueillis par Franz Zunterer, une jeune luthier originaire de Mittenwald et qui a fait ses classes à la célèbre école de lutherie de Mittenwald. 

Franz, dont la famille comportait déjà deux luthiers, était tout jeune fasciné par l'artisanat du bois. Il suivit ce beau penchant et réussit l'examen d'entrée de l'école de lutherie, qui comporte une  triple épreuve: il faut savoir jouer du violon, réaliser des dessins techniques et démontrer son habileté manuelle. Seuls douze élèves sont accueillis chaque année.

Les luthiers vivent sur leur savoir-faire et leur réputation. Les instrumentistes du monde entier viennent ici  essayer les différents instruments, du violon à la contrebasse, et faire leur choix de l'instrument qui va les accompagner dans leur carrière.

Pour plus d'informations, visitez les sites

Reportage photographique









Modèle réduit d'un atelier de lutherie








S'ils s'étaient rencontrés, Louis II de Bavière et Lew Vanderpoole auraient eu un sérieux problème de communication

Dans notre démontage des impostures littéraires du journaliste américain Lew Vanderpoole, il y un important problème que nous n'avions pas encore soulevé, celui de la communication entre le roi et le journaliste. Dans l'hypothèse où les deux hommes se seraient rencontrés, comment auraient-ils bien pu communiquer? Lew Vanderpoole ne parlait que l'anglais, et Louis II en dehors de l'allemand ne savait que le français. Or l'article que consacre Lew Vanderpoole à sa rencontre avec le roi de Bavière ne mentionne pas la présence d'un interprète, un fâcheux oubli du faussaire.

Encore nous faut-il pour confirmer ces affirmations des éléments de preuves, que nous avons pu trouver. 

Avant de lire notre post du jour, il serait utile que nos lecteurs et lectrices prennent connaissance des deux articles précédents consacrés à l'affaire Vanderpoole.

Posts précédents sur le sujet:

Louis II de Bavière ne savait pas l'anglais

Les premiers historiens de Louis II, dont Karl von Heigel en 1893, nous apprennent que le prince héritier Louis suivit à partir de 1856 et avec des professeurs privés le programme de cours des humanités classiques, tel que le dispensaient les "gymnases" (le correspondant des lycées français). Il y appris le latin, le grec, l'allemand, l'histoire, le français, les mathématiques. la religion, le dessin et l'histoire de l'art. Karl von Heigel affirme que le prince héritier était particulièrement doué pour le français, mais que ses performances en latin et en grec étaient plutôt médiocres. 

Karl von Heigel, qui côtoya le roi en tant que son traducteur ou librettiste pour  des pièces de théâtre aux sujets surtout français, souligne dans l'étude qu'il consacra au roi, -König Ludwig II. von Bayern, ein Beitrag zu seiner Lebensgeschichte (Stuttgart, 1893, 387 p.)-,   qu'il était fort dommage que Louis II ne sût pas l'anglais:


    " Von lebenden Fremdsprachen lernte der Kronprinz nur die französische. Daraus erklärt sich die Gleichgültigkeit König Ludwigs II für die englischen Geisteswerke. Allerdings hat uns die Schlegel'sche Übertragung Shakpeare wie einen der Unseren nahe gebracht; doch als der König Shakspeares Bekanntsschaft machte, war er bereits vom Zauber des Französischen, der Klarheit. dem Fluß dieser Sprache bestrickt. Da er Byron nur in mittelmäßigen Übersetzungen gelesen hatte, mochte er denn auch behaupten daß die leidenschaftliche Beredsamkeit Viktor Hugos bei keinen germanischen Dichter zu finden sei. Doch abgesehen von der schönen Literatur, abgesehen davon, daß mindestens 120 Millionen englisch sprechen, würde die Kenntnis des Englischen einem Prinzen von lebhafter Einbildung und kühnen Erwartungen besonders nützlich gewesen sein. weil sehr viele englische Bücher nicht oder ungenießbar übersetzt sind, die wichtige Beiträge zur Weltkenntnis zur Staatskunst bilden und ebensowohl ohne Grübelei, wie ohne Überschwang geschrieben sind.
   König Ludwig I.  sprach vier oder fünf lebende Sprachen und schwärmte namentlich für das Italienische, es berührt eigentümlich, daß der Enkel "die Vorlage von Dantes Göttlicher Komödie, aber nur in Übersetzung"  befiehlt [...]. " (Heigel, Op. cit., pp. 68 et 69)

Louis II ne savait pas l'anglais, aussi nous dit Karl von Heigel, le roi est-il passé à côté de la littérature anglophone et ne connut Shakespeare ou Byron que par le truchement de traductions, celle de Byron étant de piètre qualité. Heigel le déplore d'autant plus que le roi n'a ainsi pas eu accès à d'excellents ouvrages sur l'art de gouverner qui n'existaient qu'en anglais. Heigel compare Louis II à son grand-père Louis Ier qui pratiquait 4 ou 5 langues vivantes.

Lew Vanderpoole ne savait pas le français

THE SUN, New York, mercredi 21 septembre 1887 (page 1) annonce les circonstances de l'arrestation de Lew Vanderpoole pour motif d'escroquerie littéraire, une arrestation au cours de laquelle l'éditeur du Cosmopolitan exige de voir le manuscrit du roman de George Sand que Vanderpoole affirmait conserver chez lui et dont il avait prétendu avoir fait la traduction, vendue fort cher au Cosmopolitan, qui soupçonnait une escroquerie. L'éditeur arrive chez Vanderpoole accompagné d'un policier chargé de dresser un constat, mais Vanderpoole dit alors ne plus posséder le manuscrit, un certain L'Amoreaux le lui aurait repris. Voici la traduction du passage qui nous fait comprendre qu'en 1884 Vanderpoole ne savait pas le français:

Il nous affirma que "[...] Victor L'Amoreaux lui avait repris le manuscrit de ce roman, mais que, comme il était doté d'une mémoire phénoménale, il avait traduit le manuscrit de mémoire.  Nous lui  avons alors dit: "Eh bien Monsieur Vanderpoole. si c'est le cas, nous ne vous demanderons qu'une seule chose, c'est de nous répéter dans la version originale française le premier chapitre de Princess Nourmahal. Il nous répondit qu'il était trop agité pour faire ce que nous lui demandions. Je lui ai alors parlé en français: il a dit qu'il préférait parler en anglais. J'ai dit en français que j'avais cru  comprendre qu'il connaissait aussi bien le français et l'anglais. Il n'eut pas l'air de me comprendre. Nous lui avons demandé de traduire une page de français, ce qu'il refusa également. Je lui demandai s'il avait traduit aussi de mémoire l'essai intitulé Self-consciousness qui devait être publié dans le numéro d'octobre de la  North American Review.  Il répondit affirmativement, mais, étant interrogé à ce propos, il protesta que tous les récits et les articles qu'il avait publiés étaient traduits des manuscrits originaux de George Sand. [...]"

THE SUN, New york, le 16 octobre 1887 (Page 3) interviewe un journaliste de Chicago, M.W. Rooker,  qui a connu Vanderpoole en 1884 et dont le témoignage prouve bien que Vanderpoole est un menteur invétéré. Le journaliste avait travaillé avec Vanderpoole pour le compte d'un journal de Chicago, et Vanderpoole lui avait raconté qu'il venait de commencer de prendre des cours de français avec un Londonien qui travaillait pour les News. Vanderpoole pensait que des travaux de traduction littéraire rapporteraient beaucoup d'argent. Ensemble ils se rendirent dans une librairie dans laquelle Vanderpoole acheta un cours de français pour débutants.

„ [...] There was a cockney on the News who spoke several languages and Vanderpoole engaged him as a teacher of french. Vanderpoole said his wife spoke german and frequently did translating for publishers. Ho desired to learn french believing that an American translator, who had literary qualities and stood in with the newspapers could make a strike translating the French authors, all the works extant being lame. He hoped to learn enough French from the young Englishman to begin translating in six months. He said he was going to begin with George Sand. His French mother, he told me, was of a family which had inter-married with that of Charles Dickens. He had also travelled over the Continent and had met many of the personages under circumstances which begot intimacy and confidence. Vanderpoole told me some things about these distinguished people which he bad extracted from his French teacher. These incidents may appear in Vandorpoole's literature at any time.  

The impediment Vanderpoole had in his speech was very peculiar. He said he had had consumption so long that one lung was gone, and the other so badly affected that he ran out of wind in talking. He said he wanted to go back to New York to die among his friends. He and I went down to a bookstore on afternoon to get a French primer, required in his studies [...]"

Ces deux articles nous apprennent une seule et même chose: Vanderpoole ne savait le français ni en 1884 ni en 1887. L'histoire de sa mère française qui était en relations familiales avec Charles Dickens fait sans doute partie du chapelet de mensonges que Vanderpoole a débités à Rooker, à qui il a par ailleurs prétendu descendre d'une famille de Knickerbockers, un surnom que l'on donnait aux pionniers de la Nouvelle-Hollande. Mais, quoi qu'il en soit, preuve est par deux fois faite que Vanderpoole ne savait pas le français.

Conclusion: un sérieux problème de communication

Le roi n'a jamais accordé d'audience à Vanderpoole, et Vanderpoole n'a jamais mis les pieds en Bavière, nous l'avons déjà démontré dans nos articles précédents. L'article de Vanderpoole est un bel exemple d'imposture littéraire, une nouvelle fabriquée de toutes pièces et publiée peu après la mort du roi dans le seul but de se faire de l'argent facile.

Mais le crime ne fut pas parfait, Vanderpoole a laissé sans le savoir des indices de son imposture dans  son article, dont le problème de communication linguistique que nous venons de soulever n'est pas le moindre. S'ils s'étaient rencontrés, Vanderpoole et le roi n'auraient pas pu communiquer car ils ne disposaient pas d'une langue de communication commune.



dimanche 29 avril 2018

C. Robert Holloway - My Letters from Ludwig: A Novel About King Ludwig II of Bavaria

My letters from Ludwig

While apprenticing backstage at Richard Wagners legendary Festival Theatre in Bayreuth, Germany, C. R. Holloway happens onto a handwritten note purporting to be from King Ludwig II. If real, its allegations are so slanderous, they would further stain Wagners and Ludwigs already sullied reputations, and outrage their descendents and admirers. Reluctant to inform anyone of his discovery, Holloway hides the note inside the lining of his luggage and, on returning home to Honolulu, stows it in a safety deposit box, hoping eventually to find time to verify its genesis and authenticity. Shortly, his Waikiki postman delivers a letter in which its writer demands the found note be destroyed immediately. Written in a hand identical to the original, it is signed by someone claiming to be Ludwig, himself! Soon, a series of revealing letters arrive from Ludwig in which he becomes increasingly more hostile toward Holloway and proportionately less self-recriminatory. Concurrent with the arrival of these letters, Holloways life takes a bizarre and disquieting turn that includes his phone being tapped, frequent nightmares and surprise visitors from Germany. All of which energizes his determination to return to Bavaria, surreptitiously investigate Ludwigs world and prowl his castles in search of the truth about the tortured life and mysterious death of The Mad King. While a paying guest of the Hohenlohes, a wealthy family of nobility in Munich, Holloway becomes involved with their nineteen-year-old son, Reiger, a strikingly handsome, moody, first year medical student. Their edgy relationship nearly gets the two of them killed. In the end, Holloways findings are sure to anger Wagnerian purists, infuriate Bavarian bureaucrats, startle keepers of Ludwigs flame and give tourists a new perspective while tramping through the Mad Kings Dream Castles.

About C. Robert Holloway

C. Robert's first novel, THE UNAUTHORIZED LETTERS OF OSCAR WILDE, won the coveted Hemingway Prize and a brace of laudatory reviews. MY LETTERS FROM LUDWIG, Holloway's second novel, published in 2004, received glowing notices in the USA and begrudging admiration from Bavarian bureaucrats. His screenplay, JEAN LAFITTE, PIRATE & PATRIOT, won the Blazing Quill and Gotham Film Festival Awards in 2008. While writing and editing DANCING TO TCHAIKOVSKY, the final novel in his trilogy about gay men of genius, he took time off to write WRETCHED EXCESS, nine inter-related stories which offer equal opportunity offense to a wide spectrum of American society. C. Robert worked as a designer in films, TV, Music Videos, Opera and Theatre. His production design for TWO SOLDIERS, the film based on a Faulkner short story, is acknowledged for helping it win the 2004 ACADEMY AWARD. Between design jobs, Holloway researches, writes and waits on Charlie, his cat, at his circa 1820s garçonnière in New Orleans' historic French Quarter and friend Richard Levine's Hollywood Hills aerie.


My letters from Ludwig,
Xlibris Corporation (27. September 2004), 228 p.
ISBN-10: 1413464734
ISBN-13: 978-1413464733

Fais-moi un cygne! Un jouet du prince héritier Louis à l'expo Mythos Bayern

Cygne de bois (7,2 X 4,5 X 7,7 cm), collection Jean-Louis Schlim

Fais-moi un cygne! Dessine-moi un mouton! C'est bien connu, les petits princes, comme tous les enfants du monde, font des demandes directes.

L'exposition Mythos Bayern qui ouvre ses portes ce mercredi 3 mai présente dans ses vitrines un petit trésor prêté par l'auteur collectionneur Jean-Louis Schlim: un petit cygne de bois coloré sculpté en 1860 par un sculpteur d'Oberammergau sur demande du prince héritier Louis, qui avait  alors 14 ou 15 ans.

Les princes Othon et Louis jouaient volontiers avec des jouets en bois, à l'époque presque tous artisanaux et fabriqués à la main. En 1860, lors de vacances familiales, les enfants eurent l'occasion d'observer un sculpteur sur bois d'Oberammergau en train de confectionner de petits soldats de bois, avec lesquels Othon adorait jouer, ce qui n'était pas le cas de Louis, qui demanda si le sculpteur pourrait lui faire un cygne, avec le paon un de ses oiseaux préférés. Le sculpteur s'exécuta promptement et offrit ce charmant petit cygne au jeune prince héritier.

Quelques mois plus tard, le 2 février 1861, Louis assistait à sa première représentation du Lohengrin
de Richard Wagner, un opéra qui met en scène le chevalier au cygne, et il en fut  marqué à jamais. 


Post précédent sur le sujet: Mythos Bayern, l'expo annuelle du Land de Bavière du 3 mai au 4 novembre au monastère d'Ettal
Fais-moi un cygne! Un jouet du prince héritier Louis à l'expo Mythos Bayern