samedi 31 mars 2018

Presseauszug: Bekanntmachung der Eröffnung der königlichen Schlösser in 1887 und 1888

in Allgemeine Zeitung 26.04.1887

in Allgemeine Zeitung 16.05.1888

Text der Bekanntmachung

"Bekanntmachung.

Vom 25. Mai an sind die königlichen Schlösser Herrenchiemsee, Linderlhof und Hohenschwangau (Neuschwanstein)  bis auf weiteres jeden Tag mit Ausnahme des Freitag fürdten allgemeinen Besuch geöffnet.

Der Eintrittepreis beträgt für die Person:

a) in Herrenchiemsee Sonntag l M. 50 Pf.  Montag, Dienstag, Mittwoch und Samstag 3 M., Donnerstag 6 M.;
b) in Linderhof für das k. Schloß 3 M.,  für die Grotto 2 M., » für die Hündingshütte 1 M. Die elektrische Beleuchtung der Grotte findet nur bei Lösung von mindestens 12 Eintrittskarten statt.
c) in Hohenschwangau (Neuschwanstein): 3 M.

Die Abgabe der Karten erfolgt ausschließlich an den Kassen bei den einzelnen Schlössern.

Am 13. Juni sind die  Schlösser geschlossen.

Die Besichtigung des Schlosses Herrenchiemsee kann ausnahmsweise schon vom 1. Mai an gegen Lösung der entsprechenden Eintrittskarten durch die Gutverwaltung Herrenchiemsee gestattet werden.

München, den 20. April 1887

Die Administration des Vermögens Sr. Maj. des Königs Otto."

Le Roi Othon, un poème anti-allemand de Raoul Ponchon (1916)

Coupure de presse
Le journal, 16.11.1916

Gazette Rimée 

LE ROI OTHON

Y pensiez-vous à cet Othon
Qui fut roi de Bavière? 
Eh bien, il est mort, nous dit-on, 
La semaine dernière.

Il était d'ailleurs idiot,
Au printemps de son âge,
Il avait eu le ciboulot
Pris dans un engrenage.

Et jusqu'à sa mort en effet
Il vécut sans connaître
Du monde, que ce qu'il pouvait
Voir de sa fenêtre.

Sous l'oeil aigu de ses valets
Commis à sa démence,
Il végéta dans son palais
Sans nulle conscience.

Et son passe-temps favori
- Sa folie était douce -
Etait d'admirer son nombril,
De se têter le pouce;

Ou bien d'autres fois accroupi,
Cette pauvre ganache
Broutait les fleurs de son tapis
Se croyant une vache...

******
Donc ce monarque douloureux,
Séquestré dans son "home"
Etait beaucoup moins dangereux 
Que son cousin Guillaume.

On eût pu le laisser sortir
Et battre ailleurs sa flemme
Qu'on en aurait pas vu pâtir
Un autre que lui-même.

Tandis que ce fou furieux
De kaiser, la crapule!
Poursuit son rêve monstrueux
Et librement circule!

Lui qui sans pitié ni merci
Outrage la nature,
Qui fit verser jusques ici
Aux champs de la Culture,

Et çà, dans moins de trois printemps,
Plus de sang, ô misère!
Que ses peuples, en cinquante ans,
N'ont absorbé de bière;

Qu'il fallait enfermer d'abord,
Comme une malebête,
Il ne le sera qu'à sa mort!
Hélas! Trop tard, la fête!

Raoul Ponchon

Commentaire

Le Roi Othon Ier de Bavière meurt le 5 novembre 1916. La première guerre mondiale fait alors rage. La presse française fait alors preuve de patriotisme en s'acharnant contre l'ennemi allemand, entre autres contre le Kaiser Guillaume. Le roi dément Othon Ier de Bavière fait les frais des sentiments anti-allemands comme dans ce poème écrit par Raoul Ponchon, que publie le quotidien Le journal du 16 octobre 1916. A l'occasion de sa mort, le poète humoriste fait  du roi Othon la victime collatérale de sa vindicte contre Guillaume II.

A noter que Raoul Ponchon est l'auteur d'un quatrain humoristique célèbre:

Quand mon verre est vide,
Je le plains.
Quand mon verre est plein
Je le vide.

vendredi 30 mars 2018

Narcisse de Brachvogel, une des pièces préférées de Louis II. Charlotte Wolter en marquise de Pompadour.


Ernst von Possart en Narcisse

Article Narcisse dans le Grand dictionnaire universel du XIXe siècle de Pierre Larousse (édition 1866-1877)

Narcisse, drame allemand de Brachvogel (1857). Le héros du drame est Narcisse Rameau, le neveu du grand compositeur, qui a inspiré à Diderot une si originale étude [intitulée Le neveu de Rameau, ndlr ]. Brachvogel en a pris à sa fantaisie et sans tenir grand compte des faits précis que l'on connaît sur cet excentrique. Il suppose que Narcisse Rameau avait été le mari de Mme de Pompadour avant le mariage de celle-ci avec le marquis d'Etioles. Le parti de la reine, représenté par Mlle Doris Quinault, sa lectrice, profite de cette circonstance pour compromettre la favorite au moment où elle songe à se faire épouser par Louis XV et où la dispense à cet effet est déjà venue de Rome. Le duc de Choiseul, qui veut se venger des dédains de la Pompadour, conçoit le plan de ruiner toutes les espérances de la maîtresse du roi, en faisant réapparaîtra son premier mari. Le plan réussit, grâce à la haine de Narcisse contre celle qu'il a aimée et qu'il méprise; lui-même meurt après avoir accompli sa vengeance. Telle est la fable fort peu historique de cette pièce, dont le succès a été grand en Allemagne. Le caractère de Narcisse, que M. Brachvogel représente comme un philosophe ami des encyclopédistes, mais rejeté par le dédain de sa femme dans une vie de désordre et de désespoir, est dessiné à l'allemande, avec un certain soin. La pièce est écrite en entier, si ce n'est dans le style qui conviendrait à l'époque où l'action se passé, du moins avec chaleur et énergie. 




Compte-rendu du Narcisse de Brachvogel joué à Londres dans la Correspondance de Londres de la Revue Britannique de mars 1868. 

" [... ] je puis aujourd'hui vous dire à peu près ce que c'est que ce drame de Narcisse, qui remplit chaque soir la salle du Lyceum, en concurrence avec la comédie du Jeu, au théâtre du Prince de Galles.

Vous rappelez-vous le bruit que fit, il y a un peu plus de quarante ans, le Neveu de Rameau, cet opuscule de Diderot, traduit du français en allemand par Gœthe, retraduit de l'allemand en français par M. de Saur et dont le manuscrit original fut tout à coup retrouvé dans les papiers d'une fille du philosophe? La version de Goethe avait popularisé, de l'autre côté du Rhin, ce cynique personnage que Diderot s'était donné pour interlocuteur dans cette thèse éloquente sur la musique et l'athéisme qu'ici Th. Carlyle estime le chef-d'œuvre de son auteur, un chef-d'œuvre supérieur à Jacques le Fataliste. Un dramaturge, M. Brachvogel, s'en est emparé pour en faire le héros de la pièce la plus antihistorique. Le neveu de Rameau, qu'il nomme Narcisse, arrive à Paris comme un vagabond déguenillé, amusant les uns par ses boutades bouffonnes, scandalisant les autres par ses diatribes d'un socialisme anticipé. Son cynisme cache un chagrin secret; il a été marié dans sa première jeunesse à une femme charmante dont il est toujours amoureux, quoiqu'elle l'ait abandonné parce qu'elle ne pouvait s'habituer à sa misère. Il ne sait ce qu'elle est devenue ; il ne l'excepte pas de ses satires contre le beau sexe en général, satires qui attaquent personnellement Mme la marquise de Pompadour. La marquise est la sultane favorite de Louis XV. Tel est son ascendant sur le cœur du roi, qu'une faction dirigée par M. de Choiseul a conçu le projet de la faire monter sur le trône à la place de la reine. La mort récente de M. d'Etioles a rendu la marquise veuve et on a négocié en cour de Rome une bulle de divorce qui débarrassera le monarque de Marie Leczinska.

Rien ne semble s'opposer à la réussite de cette intrigue ; aussi M. de Choiseul ne comprend pas pourquoi la marquise est soudain prise d'un scrupule, et, à son extrême surprise, il apprend d'elle qu'elle a aperçu sur le boulevard une figure étrange qui lui a rappelé qu'avant d'épouser M. d'Etioles, elle avait eu un premier mari. Telle est la ressemblance de l'homme qui lui est apparu avec ce premier mari, qu'elle doute que celui-ci soit mort. En tout cas, une pareille rencontre a réveillé en elle un amour qu'elle croyait éteint, et elle en parle avec une si tendre exaltation, qu'elle rend M. de Choiseul, qui l'aime aussi, plus jaloux de l'inconnu que du roi lui-même. La jalousie jette même M. de Choiseul dans la faction contraire à Mme de Pompadour. De cette faction fait partie Doris Quinault, une actrice qui est lectrice de la reine et à qui Narcisse a été présenté par Diderot. Doris lui confie un rôle dans une pièce qui doit être représentée à Versailles devant la cour — pièce composée exprès pour ouvrir les yeux au roi sur le scandale du mariage auquel on veut l'entraîner. — A peine Narcisse est-il entré en scène, que Mme de Pompadour le reconnaît, tout de bon cette fois, et Narcisse, de son côté, en la voyant, est tellement ému, qu'oubliant son rôle, il se précipite dans sa loge. C'est bien lui et c'est bien elle. Les deux époux s'embrassent comme s'ils n'avaient jamais cessé de s'adorer. On devine l'effet d'une pareille scène sur le roi et les courtisans. Mais, autre coup de théâtre : quand Narcisse découvre que sa femme retrouvée n'est autre que la fameuse concubine de Louis le Bien-Aimé, il s'indigne, la repousse, l'accable des reproches les plus outrageants et la marquise meurt de désespoir ou de honte.

Nouvelle péripétie. Quand il apprend qu'il est veuf tout de bon, Narcisse est saisi d'une espèce de remords comme celui qu'éprouve Othello après avoir étouffé Desdémone.

Pour arriver à ce dénoûment, l'auteur allemand a imaginé mainte autre scène plus ou moins invraisemblable, et Narcisse, ce mari sentimental comme celui de Misanthropie et Repentir, n'en est pas moins le cynique neveu de Rameau, qui ne nous fait grâce d'aucune des déclamations de Diderot ni de celles du dramaturge allemand. Tom Taylor, qui a arrangé le drame pour la scène anglaise, n'y a ajouté qu'une scène dans le boudoir de Mme de Pompadour, qui fait ainsi assister le public de Londres à sa toilette. Le succès prouve que ce publie de Londres, si prude quelquefois, est plus indulgent pour la déclamation germanique que pour la déclamation française. Traduit du français, Narcisse eût fait pousser des cris d'anathème. Herr Brachvogel est proclamé un autre Lessing, un autre Schiller, un autre Goethe. Mais, soyons juste, c'est l'artiste, c'est Herr Bandman qui est applaudi plutôt que Herr Brachvogel. Avec quelle souplesse d'organe il s'est fait un accent anglais! Quels élans de passion vraie dans l'expression de la douleur, de la colère, de l'indignation et des sentiments tendres! Quand il blasphème, il brave le ciel comme un titan classique ; quand il lance des traits d'ironie, il y a en lui toute la diablerie de Méphistophélès ; quand il fait le bouffon, il n'a rien de trivial dans son ironie. On comprend qu'il ait joué quatre cents fois Narcisse en Amérique. Je le comprends comme tout le monde, mais, justement, je ne voudrais pas qu'il le jouât quatre cents fois à Londres, car il me tarde de le voir dans une tragédie de Shakspeare. "


Charlotte Wolter

Narcisse à Munich 

La pièce fut montée à Munich avec Ernst von Possart et Klara Ziegler dans les rôles principaux. C'était une des pièces préférées du roi Louis II de Bavière, dont on connaît le goût pour le 18ème siècle français en général et l'engouement pour Madame de Pompadour en particulier. Le roi se fit représenter le Narcisse lors de représentations privées, notamment avec l'actrice Charlotte Wolter, une des plus grandes actrices allemandes de l'époque, dans le rôle de la Pompadour. Louis II  avait aussi désiré une représentation de la Theodora de Sardou avec Charlotte Wolter dans le rôle-tire. En reconnaissance des services rendus à l'art théâtral, Louis II lui fit remettre la médaille en or du  Ludwigsorden, un ordre créé par son grand-père le roi Louis Ier.

Dans son étude Louis II de Bavière, paru chez Perrin et Cie à Paris en 1900, Jacques Bainville évoque l'attrait de Louis II pour cette pièce dans les termes suivants:

" [...] Dans son répertoire spécial, ce sont les XVIIe et XVIIIe siècles français qui reviennent le plus fréquemment. Et là, plus le moindre choix dans dans les oeuvres. Tout est bon. L'Eventail de la Pompadour de Théaulon ot Clairville succède à la Jeunesse de Louis XIV de Dumas, et à un Voltaire d'un monsieur Le Klein. Ce sera ensuite la Duchesse de Chateauroux de Sophie Gay... On en trouverait ainsi des dizaines. Et le Roi ne se lassait pas. Il goûtait, par-dessus tout, dans ce genre, une pièce contemporaine do Brachvogel, Narcisse, qu'il se faisait jouer régulièrement plusieurs fois l'année, et à qui il donna une véritable popularité quelque temps durant. L'analyse de ce drame, bien inconnu chez, nous, montrera très exactement quelles étaient les préoccupations de Louis II au théâtre.

L'auteur a mis habilement à profit tous nos écrivains du XVIIIe siècle pour présenter un assez joli tableau de la société d'alors. Il s'est risqué à prendre pour personnage principal le propre Neveu de Rameau, sans craindre de manquer un peu de l'esprit et de la verve de Diderot. A cela se borne tout le mérite de la pièce qui est d'un romanesque outré, et où l'on traite l'histoire à la façon de Scribe... Narcisse Rameau a été autrefois le mari de Jeanne Poisson, qui l'a abandonné pour M. d'Etioles et celui-ci pour Louis XV. Et quand la Pompadour, déjà malade, mais voulant couronner sa vie en épousant le Roi, se retrouve, — grâce aux intrigues des amis de la Reine, — en face de Narcisse, elle meurt de surprise, de honte, et de douleur. Marie Leczinska ne sera donc pas répudiée. Cette intrigue n'est qu'un prétexte pour faire apparaître sur la scène tous les hommes célèbres du temps, depuis Choiseul et d'Holbach, jusqu'à Madame d'Epinay et Saint-Lambert. Louis II prenait à ce spectacle un plaisir infini. Narcisse paraissait à chaque instant sur le théâtre de la Résidence. Et dans le rôle de la Pompadour, Louis II voulut voir figurer successivement toutes les plus célèbres actrices d'Allemagne. [...]

Within royal palaces, les potins de la Marquise de Fontenoy: (1) le Roi Othon Ier de Bavière


Marquise de Fontenoy était un nom de plume de Marguerite Cunliffe-Owen (1859 - 1927), une écrivaine de romans historiques et  chroniqueuse de journal  qui publia également sous son nom de jeune fille, Comtesse du Planty. 

Fille du comte Jules du Planty de Sourdis, elle épousa Frederick Cunliffe-Owen. En 1885, après avoir perdu sa fortune européenne, le couple fit un nouveau départ aux États-Unis, Frédérick devenant finalement rédacteur étranger et plus tard rédacteur en chef du New York Tribune.

Marguerite Cunliffe-Owen a publié une série de biographies et de romans. Plusieurs de ses livres traitant des cours royales européennes ont été publiés anonymement ou sous un nom de plume, La Marquise de Fontenoy, qui était le nom qu'elle employait pour une colonne de journal, a dépeint la société aristocratique  avec une franchise sans concessions et parfois vipérine.


Parmi ses ouvrages, citons The Martyrdom of an Empress (1899), un livre consacré à l'impératrice Elisabeth d'Autriche, The Tribulations of a Princess (1901), Imperator Et Rex: William II of Germany (1904), The Trident and the Net (1905), Gray Mist (1906), Emerald and Ermine (1907), The Cradle of the Rose (1908), Snow-Fire: A Story of the Russian Court (1910) et Moonglade (1915).


En 1892, elle publiait à Boston, sous le pseudonyme de Marquise de Fontenoy, Within royal palaces. A brilliant and charmingly written inner life view of emperors, kings, queens, princes, and princesses ... Written from a personal knowledge of scenes behind the thrones, un ouvrage qui dresse le portrait des principales cours européennes de la fin du 19ème siècle. Un chapitre est consacré à la famille royale de Bavière. Voici, dans l'original, le début de ce chapitre qui relate la royauté d'Othon Ier de Bavière (pp. 399 à 403): 

" THE ROYAL FAMILY OF BAVARIA

The reigning King of Bavaria is Otto I, a man whose state of mental alienation is dark and terrible. He lives since his accession, as he had lived before, shut up in the small palace of Furstenreid, about two hours distant from Munich. Of late years his malady has taken the form of stupor, though there are still occasional outbreaks of violence. There was from the beginning no prospect of recovery or even of improvement in his case, although it was foreseen that his merely animal existence might continue for a long time. He occupies a suite of apartments on the ground floor, the doors of which, as well as the outside door leading into the garden, are always left open in the day-time, as a closed door immediately excites his fage. He seems suspicious of restraint, and his attendants conceal as much as pos- sible an appearance of authority over his movements. Once he broke all the front windows of his apartments, and since then the glass has been protected by wire ; and otherwise there is nothing to indicate that a lunatic inhabits the premises. The rooms are handsomely furnished, and everything that can amuse the patient is promptly supplied. 

The King is always dressed in black. His beard is very long and thick, and he will not allow it to be trimmed. He often washes his face and hands, but can seldom be persuaded to take a full bath. He is extremely fond of cigarettes, and smokes about thirty a day — enough in itself to make him crazy and keep him so ! Every time he lights a cigarette he burns a whole box of matches, and seems to enjoy the noise and flame. He often walks out in the park, but is very unwilling to drive out, probably because it annoys him to be looked at by people in the road. The sensational reports which appear occasionally in the papers concerning King Otto are, for the most part, false. The truth is, he has no marked desire for anything. His gaze is generally fixed on vacancy, and he does not appear to recognize even his servants, excepting an old woman who has charge of the silver. He has known her all his life ; she used to carry him in her arms when he was a baby, and it is touching to see how the last faint rays of his fading intelligence rest upon her alone. When he sees her he calls her name in a loud tone, and orders her to bring him a glass of beer or whatever he may happen to think of, but he soon forgets what he has said, and relapses into his usual state of apathy. 

Two of the most prominent physicians of Munich are in attendance on alternate weeks, and every Sunday the Director of the Insane Asylum visits the Palace to examine him and make the medical report. At rare intervals the King speaks coherently to his attendants, and it is said that soon after his accession to the throne he remarked to a lackey, " Henceforth, you must address me as your Majesty." But this story does not appear to be well founded, and it is certain that when Princess Theresa went from the death-bed of the Queen mother to apprise the son of his loss, he showed no signs of comprehension, and was unmoved by the grief of the Princess, whose tears were doubtless more for the living than for the dead.

The reign of the mad King, unfortunately for the country and the people, promises to continue for sometime. The marvelous Wittelsbach strength, has enabled him to recover from the effects of the physical weakness which overcame him a short time ago. He may live for years in the semi-conscious state in which he is found a great part of the time. As a matter of course, he has the best medical care and attendance possible, and the physicians do all in their power to prolong his unhappy and miserable existence. No other course is possible, but his death would be a relief to the country and to Germany. Although, as I said above, he is unable to recognize his relatives, attendants, or friends, and remains for hours mo- tionless in his padded room, he has lucid intervals. Not a great while ago he suddenly recognized his attendants and became cognizant of his lofty position. A cavalier about the castle asked him if he did not wish to show himself to his subjects in Munich. 

" Gladly, gladly would I go to Munich," he replied, with a look of irrepressible sadness in his eyes, " but my people wish to see a well King, and I am sick. Yes, yes, yes, I am sick, and these terrible fancies will not leave me." 

Upon another occasion he demanded suddenly that his attendants take him to his capital. In order to avoid an attack of violent excitement probable in case of a refusal, a court carriage was summoned to the castle steps. The King, one of the physicians, and an attendant, clad in royal livery to avoid suspicion, entered the coach, which started on its journey. Looking out of the window, the King saw a meadow almost covered with variously-hued flowers. He expressed a desire to gather a bouquet to present to his mother, and the coachman stopped while he plucked the flowers. But the work was too tiring, and he returned to the carriage completely exhausted. He was taken back to the castle and placed in bed. When he awoke on the following morning his reason was again clouded, and he had entirely forgot the journey to Munich. 

The greatest difficulty which confronts the King's physicians is to persuade him to eat. At times the doctors take advantage of his weakness for cigarettes to urge him to take some food. Upon one occasion they placed a package of cigarettes on the table next to his plate. When the King entered the dining-room he rushed at once toward the cigarettes, but the attendant physician quickly threw a napkin over them, saying at the same time, "The cigarettes, Your Majesty, must follow the dinner." Keeping the tobacco in sight during the meal-time, the doctor induced the King to eat some nourishing food. He received his reward at the proper time. But such subterfuges are not always successful. Although the good Bavarians celebrate his natal day with becoming loyalty, they would one and all welcome his death as a deliverance to the country. Prince Leopold, the Regent, is popular, and his son promises to become one of the most enlightened monarchs who have sat upon South German thrones. [:::] "

jeudi 29 mars 2018

Opéra de Munich: en 1862, le prince héritier Louis n'était pas misanthrope (in The musical standard, Londres, juillet 1886)

Sophie Stehle (1842-1921)  en Marguerite.
Source de la photographie: Portrait Collection Friedrich Nicolas Manskopf,
 Library of the Johann Wolfgang Goethe-University,Frankfurt am Main.

En juillet 1886, quelques semaines après la mort tragique du roi de Bavière, toute la presse internationale évoquait la personnalité du roi défunt. La revue musicale londonienne The musical standard ne fait pas exception et relatait dans son édition du 17 juillet une charmante anecdocte évoquant la générosité du prince héritier Louis de Bavière, âgé alors de 16 ans. Le journaliste, désigné par ses seules initiales (E.P.) a tenu à souligner qu'adolescent, et contrairement à la réputation qu'il devait acquérir plus tard, le roi n'était pas du tout misanthrope et se montrait volontiers sociable et généreux. D'après la revue, le prince avait été rendre visite à Guillaume-Auguste-Louis-Maximilien-Frédéric duc de Brunswick, descendu dans un grand hôtel munichois.

On le voit, l'opéra de Munich affichait complet alors comme aujourd'hui. Il est certain que nombre d'amateurs contemporains qui n'ont pas eu la chance d'obtenir le précieux sésame leur ouvrant les portes de l'opéra aimeraient croiser un prince Louis dans leur hôtel munichois.



Transcription

"The following story, which reaches me from Germany, may interest our readers:

It was in June, 1862, and the theatres in Berlin had been closed on the previous day. I had taken my ticket from Berlin to Munich by the early express service, and on the way had the acquaintance of four fellow-travellers who, like myself, in course of conversation, proved them-selves to be musical enthusiasts and critics-for who else would take the long journey from Berlin to Munich in order to be present at the Royal Opera House, whith Gounods " Faust " was announced for the first time, with MdIle. Stehle as the prima donna?  We all resolved to put up at the same hotel, and arrived at Munich in the course of the afternoon. Anxious to secure our seats, we at once proceeded to the box office, where, however, we learned the vexatious news that the house had been sold out long ago. In a somewhat melancholy mood we repaired to our hotel, and began to consult, over a glass of beer, whether we were to drown our sorrow in the " Münchener Brauhaus" or in the " Allotria," when a young officer passed our table, kindly acknowledging the most respectful salutations of our landlord. " Who was the young lieutenant whom you saluted just now ?" asked one of our Party. " Well, that is our Crown Prince Ludwig, who is just calling on the Duke of Brunswick, who has put up at my hotel," proudly answered Mr. R.... We were just on the point of breaking up when we saw the young Prince quickly descending the staircase, and, noticing our party, he turned to the landlord, saying, in the most affable manner, " Well, then, your hotel is full of visitors, I presume. Are there many guests for the opera ? " '' Certainly, your Royal Highness; but few will be able to find a seat, the house being sold out since yesterday morning already," and, pointing over to us, our landlord resolutely continued, " Those gentlemen have come a long journey, all the way from Berlin, in fact, to hear the opera, and now they are, of course, greatly disappointed." " I am very sorry," said the Crown Prince jovially ; " please introduce the gentlemen to me." This done, the Crown Prince sat down at our table, quite sans façon and everyone of us was soon drawn into the conversation. " Musical enthusiasts coming all the way from Berlin, and unable to find a seat at in the Munich Opera House. That will never do. We must find a way to get over the difficulty," said the Prince, and, with these words, he opened his pocket-book, tore out a leaf, and having written a few words on it, he handed it to us, saying, " Produce this piece of paper at the cashier's office and he will show you into your seats soon enough." Before we could express our thanks the Prince had already greeted us politely and had disappeared. The good citizens of Munich, however, must have been puzzled as to who those strange-looking individuals were that occupied the royal box that night, for such had been the order given to us by the Prince, who at that time did not show the least signs of misanthropy. E. P." 

Source du texte: E P. , The late king Ludwig II. of Bavaria, in The musical standard, London Vol. 31, N° 1146, 17 juillet 1886, p. 44.

Guillaume de Brunswick (25 avril 1806– 18 octobre 1884).

S'il vivait aujourd'hui, une caricature wagnérienne de 1926 par Fred Knab

Wenn Sie heute lebten,
Wagner am mechanischen Klavier,
Zeichnung von Fred Knab
in Der wahre Jacob, Jg. 43, Heft 4, Seite 47

Une caricature wagnérienne de 1926 sur le thème "S'ils vivaient aujourd'hui" montre Wagner au piano électrique de la firme Eduard Meyer. Une affiche vante un jazz-band.

Rouleau de notes pour piano électrique /
Notenrolle Selbstspielendes Klavier Pianola

mercredi 28 mars 2018

Belcanto: Maria Stuarda de Donizetti au Theater-am Gärtnerplatz

Matija Meić (Sir William Cecil), Nadja Stefanoff (Elisabetta)
© Christian POGO Zach

Gaetano Donizetti avait fort rapidement composé la partition de cet opéra inspiré de la pièce de  Friedrich von Schiller dont est tiré le livret de Giuseppe Bassari, un très jeune écrivaillon qui avait alors 17 ans, et qui écorne la rivalité politico-religieuse et la réalité historique du conflit qui oppose les deux cousines pour mettre surtout en scène la rivalité amoureuse supposée des deux reines qui convoitent toutes deux le beau Roberto, comte de Leicester. Elisabeth Ier ne tergiverse pas fort longtemps à faire exécuter son altière rivale, Marie Stuart. Cette focalisation donne surtout l'occasion d'une joute belcantiste entre les deux sopranos qui incarnent les deux reines. Le programme du Theater-am-Gärtnerplatz,  qui vient de donner la première de sa nouvelle production dans la mise en scène de Michael Sturminger, reproduit heureusement l'éclairage qu'a donné Stefan Zweig de la personnalité de la reine écossaise. 

La Renaissance anglaise est essentiellement évoquée par les très beaux costumes conçus par Andreas Donhauser et Renate Martin, qui ont également réalisé les décors. Si les matières sont contemporaines, elles  évoquent la richesse des tissus de la seconde moitié du 16ème siècle, et les formes s'inspirent de la mode élisabéthaine. Les hommes portent des pourpoints rembourrés et pourvus d’un col montant et d’une fraise, et des "galligaskins" , ces hauts de chausse courts et  bouffants ornés parfois d’un braguette ostentatoire. Les femmes ont des  corsages serrés en pointe et la taille très ajustée, avec des manches à crevés et des jupes maintenues dans une forme conique rigidifiée par le port du vertugadin. La fraise se porte sur un col montant. L’ensemble de la tenue est orné de broderies et de bijoux. Les manches sont terminées par des volants de dentelle. C'est pour les spectateurs un plaisir de voir ces silhouettes très architecturées. Les costumes d'Elisabeth sont  de loin les plus riches et les plus marquants, un magnifique travail des décorateurs sans doute en partie inspiré par les nombreux portraits de la reine par Nicolas Hilliard. Sa coiffure et son maquillage, un chef d'oeuvre du genre, soulignent l'extrême rigidité de son caractère.

Les décors sur plateau tournant sont par contre tout à fait contemporains. Sturminger et ses décorateurs ont conçu un palais de plexiglas dont les parois transparentes sont animées de motifs lumineux tracés au laser et qui se modifient selon l'endroit où se déroule l'action: géométriques pour le palais de Westminster, avec un grand escalier qui permet de structurer les grands ensembles et des lustres de cristal qui descendent des cintres, ils suggèrent des frondaisons pour le deuxième tableau du  parc de Fotheringay, près du château où Marie Stuart est retenue prisonnière et où arrive la chasse organisée par Elisabeth. Pour la scène de la prison, un hideux bunker noir en forme de parallélépipède rectangle surgit du sol. Pour la  scène finale de la décapitation de Marie Stuart, la reine écossaise tourne le dos au public et gravit les escaliers, cheminement mortel qui se termine par l'apparition en deux ex machina d'Elisabeth haineuse et triomphalement éclairée, une solution réussie à l'épineux problème du final.

Les choeurs au palais de Westminster

Le contraste des décors et des costumes focalise l'attention sur l'action: la gestuelle des personnages et leurs déplacements sur scène  ont été traités de manière conventionnelle. Sans doute le belcanto demande-t-il une présence frontale, face au public, et c'est ce qui est privilégié, mais on aurait pu espérer un travail d'expression corporelle plus en finesse qui sorte des clichés de la main sur le coeur ou des gestes conventionnels de la supplication, pour les partisans de Marie Stuart, et du refus pour la reine Elisabeth et ses sbires. Sans doute l'éparpillement du travail du metteur en scène, qui s'est aventuré à monter en parallèle une Tosca pour le festival de Salzbourg et la Maria Stuarda de Munich , n'est-il pas étranger à l'impression d'assister, surtout au premier acte, à un travail stéréotypé de théâtre de marionnettes, la mise en scène munichoise ayant été réalisée en partenariat avec Ricarda Regina Ludigkeit, qui a pris la relève en l'absence du concepteur. La deuxième partie, avec la montée en puissance de l'émotion et un plateau nettement plus peuplé, est heureusement plus captivante.

La distribution est cependant des plus réussies par la nature des voix des deux sopranos mises en opposition: Jennifer O'Loughlin donne avec son soprano lyrique une Marie Stuart toute en douceur et détaille au second acte les nuances de la douleur jusqu'à la transcendance du pardon, les beautés de et les finesses de son colorature compensant un certain manque de puissance; Nadja Stefanoff prête la force de la belle ligne de chant d'un soprano dramatique bien projeté au personnage d'Elisabeth, pour lequel elle compose un masque terrifiant. Le ténor roumain Lucian Krasznec a le physique musclé et une voix sonore de stentor qui convient fort bien pour jouer les fiers-à-bras, avec un jeu de scène qui manque toutefois de nuance et ne parvient pas à convaincre, mais la voix est ample, un peu sombre, avec des brillances, et le chant compense ce que le jeu ne dit pas. Les seconds rôles sont eux aussi bien occupés, avec la basse pleine de chaleur et d'humanité de Levente Páll en Talbot, un jeune chanteur dont la voix est dotée d'une belle étendue et qui peut aisément monter vers des registres plus élevés, et le baryton basse très prometteur de Matija Meić en Sir William Cecil, encore un peu engoncé dans un jeu de scène fort conventionnel, mais dont la voix est une des révélations de la soirée.

La direction musicale d'Anthony Bramall, après une ouverture pleine de séduction, pèche par un trop plein d'énergie, et n'hésite pas à certains moments à couvrir la voix des chanteuses, Elaine Ortiz Arandes (Anna Kennedy) en fait les frais au premier acte, et même Jennifer O'Loughlin peine parfois à passer l'orchestre. On aimerait trouver aux côtés des parties plus dramatiques davantage de souplesse, d'élégance et de légèreté italiennes. La belle performance des choeurs entraînés par Felix Meybier compte parmi les plus beaux musicaux d'une soirée généreusement applaudie.

Prochaines représentations: les 2 et 13 avril, 6, 25 et 31 mai. Cliquer ici pour la billetterie.



Chromos wagnériens Chocolat Guérin-Boutron: Ernest van Dyck et Rose Caron dans Lohengrin




Le poème bilingue latin et allemand de Felix Dahn à la mémoire de Louis II de Bavière

Coupure de presse, Neue Illustrirte Zeitung, n°40, Vienne, 27 juin 1886


Transcription

I. 1870

Primus vocat Bajuvaros, 
Venatores, teli gnaros, 
Pulcher rex et juvenis: 
Memor foederis reccntis 
Et honoris priscae gentis 
Et Germani sanguinis

II. 1886

Primus et Imperatorem 
Vocat Galliae victorem
Antevertens aliis: 
O quam Hludovici nomen 
Gloriosi verum omen! 
Sonuit Versaliis.
Sors prostravit te crudelis, 
Eques! Noblis! Fidelis! - 
Sola sunt Solatia: 
Ingens gloria manebit 
Et in corde perfavebit 
Grata te Germania! -

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I. 1870

Du zuerst riefst Deine Scharen.
Flinke Jäger, schutzerfahren
Bayernfürst im Jugend schwung:
Treu dem neuen Bund und alten
folgt Dein deutsches Herz dem Walten
Edelster Begeisterung.

II. 1886

Und des Sieges Lorbeerreifer
Wölbtest Du zuerst dem Kaiser
Um die Schläfe kronengleich:
durch ganz Deutschland ging
ein Schallen :
Heil dem Bayer! Er vor Allen
Hat erfüllt den Traum vom Reich.

Grausem Los bist Du erlegen.
O Du königlicher Degen,
Edel, treu und ritterlich!
Doch Dein Ruhm wird nicht vergehen
Und in Deutschlands Herzen stehen
Wird ein ew'ger Dank für Dich!

mardi 27 mars 2018

Gregor Samarow, Gipfel und Abgrund, Zeitroman über König Ludwig II.

Einer der ersten Romane über König Ludwig II



Oskar Meding

(auch: Gregor Samarow, Detlev von Geyern, Walter Morgan, Kurt von Walfeld, Leo Warren)

Geboren am 11.4.1829 in Königsberg; gestorben am 11.7.1903 in Charlottenburg.

Der Sohn eines ostpreußischen Regierungspräsidenten studierte Jura und Volkswirtschaft in Königsberg, Heidelberg und Berlin. 1851 trat er in den preußischen Justizdienst, später in den Verwaltungsdienst ein. Unter der Regierung von Manteuffel war er u.a. mit dem Ausbau einer konservativen Publizistik beschäftigt. Wegen der liberalen Politik unter Prinzregent Wilhelm trat er 1859 in die Dienste Georgs V. von Hannover über. Dort wurde er 1863 Regierungsrat des Gesamtministeriums mit direktem Vortragsrecht beim König; er war vor allem mit Sonderaufgaben betraut, u.a. mit dem Aufbau einer Regierungspresse. Nach dem Scheitern der von ihm 1866 vertretenen Neutralitätspolitik begleitete er den König in den Feldzug und später ins Exil nach Hietzing. 1867-1870 vertrat er die welfischen Interessen politisch und publizistisch in Paris und vermittelte in Berlin Amnestie und Versorgung für die Offiziere der aufgelösten welfischen Legion. Als freier Schriftsteller lebte er 1873-1879 in Berlin, danach auf einem Schloß bei Hannover, nach seinem wirtschaftlichen Zusammenbruch ab 1900 in Charlottenburg. (Quelle: Projekt Gutenberg)


Auszüge aus dem Roman Gipfel und Abrund, Zeitroman über König Ludwig II., 1888






Seine Majestät der König Ludwig Il. sagten dem Herrn Hofrath Düfflipp:

"Sie wissen, daß ich mit Ihnen schon über die Idee sprach, auf den Felsen dort, der die Trümmer der Burg von Vorderschwangau trägt, in welcher die Hohenschwangauer einst gesessen haben, eine neue Burg aufzurichten."

" Die mir vorgelegten Pläne hatten nicht ganz meinen Beifall. Es muß etwas Besonderes da oben stehen. "

"Der Bau muß in sich vereinigen das alte Ritterthun! - die Sagen der Feenwelt und königlichen Herrlichkeit. Man muß es sehen weithin, daß auf der Spitze des Felsens ein König sitzt statt der Ritter, und doch darf keine schwerfällige Pracht den zauberischen Duft der Märchenwelt verscheuchen."

"Schon sehe ich’s leuchtend emporragen von hoher-, unnahbarer Felsenspitze, wie vom Schwanenflug davon getragen , hoch über allem niederen Erdenleben , und doch wieder so warm und treu umgeben von den alten Bergen, den Gütern der besten Kraft des Volkes - ein ächter und rechter Königsfitz luftig und leicht in die Wolken steigend, und wurzelnd im Felsengrunde des Vaterlandes.«

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Der gute Bauer fügte zu: "Seht lieb muß der liebe Gott das Bayerland haben , daß es ihm einen solchen Herrn gegeben hatl Es gibt ja große und mächtige Regenten, aber ob es noch so einen gibt wie unseren Herrn, möchte ich nicht glauben! 

So einen, zu dem man aufschaut, als blicke man in den lichten Himmel des lieben Herrgottes hinein, und der doch wieder so einfach und so fromm und treu vor uns steht, als ob er so ganz zu uns gehörte, und gar nichts anderes und mehr wäre als ein Bauer."

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Als von der Krankheit des Prinzen Otto gesprochen wurde, sagten feine Majestät der König Ludwig II.: 

"Ein Gruß - ein Wort - ein Blick - ein Ton von befreundeter Stimme - das ist die Arznei für den
kranken Geist."

L'oeuvre de Wagner dans les timbres-postes: Lohengrin, timbre autrichien de 1969



Le feuillet de 9 timbres fut émis en Autriche en 1869 pour marquer le 100ème anniversaire de l'opéra de Vienne (Wiener Staatsoper). Il comportait huit timbres ayant chacun une valeur faciale de 2 schillings. Les huit timbres représentent des scènes d'opéras classiques (Don Giovanni, Zauberflöte, Fidelio, Lohengrin, Don Carlos, Carmen, Rosenkavalier) et du ballet Schwanensee.

Der Kleinbogenblock wurde herausgegeben im Jahre 1969. Er enthält 8 Briefmarken zu je 2 Schilling, mit Szenenbildern aus den Opern-Klassikern Don Giovanni, Zauberflöte, Fidelio, Lohengrin, Don Carlos, Carmen, Rosenkavalier und dem Ballett Schwanensee.



lundi 26 mars 2018

Prince Othon de Bavière


Marie Dahn-Hausmann, une actrice proche de la famille royale bavaroise

Marie Dahn-Hausmann vers 1860 (Collection privée)

L'actrice Marie Dahn-Hausmann est née le 17 juin 1829 à Vienne et décédée le 21 mars 1909 à Munich. Elle était la fille de l'acteur Ludwig Hausmann (1803–1876) et de Julie Weick (1810–1901, devenue Julie Hausmann en 1838). Ludwig Hausmann travailla au théâtre de la cour de Mannheim à partir de 1838. C'est là que Marie fit ses débuts en 1845, elle était alors âgée de 16 ans. 

Ses débuts munichois datent de 1848. Elle commença comme artiste invitée, puis fut engagée  dans la troupe du théâtre royal de la cour dès 1849. 

Le roi Louis Ier de Bavière, grand amateur de beaux-arts et de beautés féminines, poète à ses heures, invita Marie Dahn dans son nouveau palais Wittelsbach, dans lequel il résidait depuis le 20 mars 1848, date de son abdication. Il adressa plusieurs poèmes  à la jeune femme, dont cette poésie qu'il écrivit suite à la visite de l'actrice:

Liebliches Wesen, du zogest vereint mit mir in die Wohnung,
Hat die Schwelle auch gleich niemals dein Fuß noch berührt.
Der Gedanke an dich belebet, erheitert die Räume,
Da du geistig verweilst, bleibest beständig du da.
Ohne an dich auch, kann an dieselben niemals ich denken,
Da du die Kindlichkeit selbst, sanfte Gemütlichkeit bist.
Unwiderstehlich ziehet sie an, die Reinheit der Seele,
Unwiderstehlich darum ziehest, Maria, du an.
Nicht durch den Hauch der Jahre vermag dein Bild zu erbleichen,
Die von der Erde du mich schwingest zum Himmel hinan. (1)

Dans ce poème, le roi Louis Ier parle de l'empreinte qu'a laissé le passage de Marie Dahn dans son palais. Depuis son départ sa présence hante les pièces qu'elle a traversées et ne les quittera plus jamais. La pureté de son âme, son côté enfantin, sa présence chaleureuse exercent un attrait irrésistible, et le roi se sent transporté au septième ciel

En 1852, Marie épousa l'acteur Friedrich Dahn, de 18 ans son aîné. Le couple eut une petite fille, qui devint incurablement  folle en 1878 pendant son voyage de noces. A cette malheureuse occasion, le roi Louis II écrivit le 10 avril 1878 une lettre à Marie, que cite l'historien Gottfried von Böhm dans son ouvrage consacré au roi (2) et que nous reproduisons dans l'original allemand suivi d'une traduction libre:

„[...] Daß Sie in Ihrem großen Kummer an mich sich gewendet haben, vertrauensvoll Ihr tiefstes Leid mir klagen, hat mich mit wahrer Rührung erfüllt. Ihr Herz hat Sie nicht betrogen, Sie wußten es, daß das meine in Freuden, wie im Leid mit Ihnen fühlt. Stets in allen Lagen des Lebens können Sie sich auf mich verlassen. [....] Was ich nicht begreife, ist, daß gerade in den Tagen des Glücks und der Freude das entsetzliche Unglück über Ihr Kind hereingebrochen ist, da sonst eher Momente des Schmerzes und der Verzweiflung eine Umnachtung des Geistes zur Folge haben. .... Einen oder zwei Tage nach der Hochzeit erhielt ich einen Dankesbrief von Ihrer Tochter aus Innsbruck, der mich sehr erfreute; er war mit tiefer Gefühlsinnigkeit geschrieben, von wahrer Poesie durchweht ...“

"[...]Que vous vous soyez tournée vers moi dans votre grande tristesse, en me confiant avec confiance  votre plus profonde tristesse, m'a rempli d'une grande émotion. Votre cœur ne vous a pas trompé, vous saviez que le mien vibre avec le vôtre dans la joie, comme dans la peine. Vous pouvez toujours compter sur moi dans toutes les situations de la vie. [...] Ce que je ne comprends pas, c'est que c'est précisément dans les jours de bonheur et de joie que le terrible malheur de votre enfant a éclaté, car ce sont d'ordinaire la souffrance et le désespoir qui se traduisent par un dérangement de l'esprit. Un ou deux jours après le mariage, j'ai reçu une lettre de remerciements de votre fille d'Innsbruck, qui m'a beaucoup plu; elle l'avait écrite avec une grande sensibilité, imprégnée de vraie poésie [...]"

Mais si l'amitié de Louis II et de l'actrice est entrée dans l'histoire, c'est surtout en raison de la lettre que le roi lui avait adressée la nuit du 25 avril 1876, et qu'il avait écrite à deux heures du matin. Pour la comprendre, il faut savoir que Marie Dahn-Hausmann avait interprété à plusieurs reprises le rôle de Béatrice dans La fiancée de Messine de Schiller, l'auteur allemand de théâtre préféré de Louis II.  Une réplique de Béatrice extraite d'un long monologue où elle exprime ses sentiments et ses appréhensions avait inspiré une des phrases les plus célèbre du roi:

" Je ne les connais pas et je ne veux jamais les connaître, ceux qui se nomment auteurs de mes jours, s’ils doivent, mon bien-aimé, me séparer de toi. Je consens à rester pour moi une éternelle énigme ; j’en sais assez, je vis pour toi " (3) 

Le roi dans sa lettre parlait de sa relation complice à l'actrice comme d'une relation qui unit deux âmes-soeurs, il évoque leur "Seelenverwandschat",  l'affinité entre leurs âmes. C'est dans cette lettre que Louis II reprend les propos de la Béatrice de Schiller en se les attribuant : "Ein ewiges Räthsel will ich bleiben mir und anderen" ( "Je veux rester à jamais une énigme, pour les autres, et même pour moi.") (4)

Marie Dahn-Hausmann  en 1895
En 1895. le prince-régent Luitpold nomma Maria Dahn-Hausmann membre d'honneur des  théâtres de la cour à l'occasion des 50 ans de scène de l'actrice. Elle fit ses adieux à la scène en 1898 et, en 1899,  fut décorée de l'ordre de Louis ("Ehrenmünze Ludwigsordens"). L'actrice fut une grande interprète de pièces  célèbres de Schiller, Heyse, Lessing, Sophocle ou Shakespeare

Maria Dahn-Hausmann mourut en 1909 à Munich, où elle est enterrée aux côtés de son mari, décédé en 1889.

(1) Cité par Rolf Grashey, Die Familie Dahn und das Münchner Hofschauspiel, 1833-1899. Theatergeschichtliche Forschungen Band 42. Leopold Voss, Leipzig 1932, p.  98

(2) Gottfried von Böhm, Ludwig II. König von Bayern. Sein Leben und seine Zeit, Berlin 1922, deuxième édition augmentée de 1924. p. 436.

(3) Schiller, La fiancée de Messine, vers 1052 à 1055.

(4) 
Coupure photographique de Gottfried von Böhm, Op.cit., p. 438
Source principale: Wikipedia allemand à l'article Marie Dahn- Haussmann.

samedi 24 mars 2018

Lola Montez et son roi, à voir sur Arte dans la série Histoire / Les grands personnages

Portrait de Lola Montez, danseuse, courtisane et femme fatale du XIXe siècle, qui fit tourner la tête de bien des hommes, et notamment de Louis Ier de Bavière. Son destin a inspiré à Max Ophuls le film "Lola Montès", avec Martine Carol.

Peu de femmes de son époque ont pu se vanter d’avoir vécu une vie aussi trépidante que Lola Montès, ou Montez (1821-1861). Danseuse exotique d’origine irlandaise, élevée aux Indes avant de partir sillonner l’Europe au gré des rencontres, cette jeune et ténébreuse beauté (immortalisée en 1955 par Max Ophuls et Martine Carol) fit tourner les têtes de bien des hommes après un premier mariage ponctué d’infidélités. Mais son amant le plus célèbre fut sans conteste le fantasque souverain Louis Ier de Bavière. Leur liaison notoire accentua l’impopularité du roi, contraint d’abdiquer en 1848 en faveur de son fils aîné Maximilien.

Soif d'aventures

S’il la rendit célèbre, cet épisode n’est que l’une des nombreuses péripéties d'un parcours mouvementé – qui amena Lola Montès jusqu’à New York, où elle mourut à seulement 39 ans. Ce documentaire revient sur le destin d’une artiste sulfureuse et affirmée, bien décidée à s’octroyer une liberté de vie et de mœurs que l’on refusait alors aux femmes.

A la télé, ce soir sur ARTE (Allemagne), à 20H15


Source du texte et de la photo: Arte


16 pics of Mittenwald & Lautersee 24.03.18

















Le 9 janvier 1866, Minna Wagner écrivait à la presse pour défendre l'honneur de son mari.

Coupure de presse du 15 janvier 1866 du Pfälzische Volkszeitung

Plusieurs journaux bavarois publièrent autour du 15 janvier 1866 une déclaration de Minna Wagner qui, deux semaines avant sa mort (elle décède le 25 janvier), voulut encore laver l'honneur de son mari contre lequel la presse munichoise et viennoise s'était acharnée à la fin de l'année 1865. Certains journaux, dont le Münchner Weltboden, avaient déclaré que Minna, abandonnée par son mari, vivait de la charité publique à Dresde. Le 10 décembre 1865 le musicien avait dû quitter Munich dans la précipitation pour la Suisse. Minna, souffrante, avait encore eu la force de réagir le 9 janvier 1866, ce qui est d'autant plus honorable que les relations épistolaires entre Wagner et sa femme avaient pris fin et que Wagner avait demandé à Minna de ne plus lui écrire et de ne communiquer avec lui si besoin en était que par l'intermédaire du Docteur Pusinelli. 

Transcription du texte

"Die Frau des Richard Wagner ließ folgende Erklärung ergeben: ,,Veranlaßt durch in gewissen Münchener nnd Wiener Blättern kursirende Gerüchte erkläre ich hiermit der Wahreit getreu, daß ich bis jetzt von meinem abwesendcn Mannen Richard Wagner eine Sustentation erhielt, die mir eine sorgenfreie Existenz gewährt. Es gereicht mir zu besonderer Befriedigung durch diese meine Erktärung wenigstens eine der vielfachen Verläumdungen, die gegen meinen Mann gerichtet werden, znrn Schweigen bringen zu können.

Dresden, den 9. Januar 1866. Minna Wagner-geb. Planer."

Traduction libre

"L'épouse de Richard Wagner a fait la déclaration suivante: «Suite aux rumeurs qui circulent dans certains journaux de Munich et de Vienne, je déclare par la présente que la vérité est que j'ai reçu de mon mari Richard Wagner, en son absence, un e allocation qui m'a garanti une existence à l'abri du besoin m'a guidé dans une existence insouciante. Par cette déclaration je souhaite pouvoir faire taire certaines des nombreuses calomnies dirigées contre mon mari.

Dresde, le 9 janvier 1866. Minna Wagner"

Source du texte

La coupure de presse ci-dessus provient du Pfälzische Volkszeitung und Kaiserslauterer Wochenblatt (Pfälzische Volkszeitung) du 15.01.1866. Je relève le même communiqué dans les Neueste Nachrichten aus dem Gebiete der Politik du 13.01.1866, dans le Nürnberger Journal (Nürnberger Abendzeitung) du 14.01.1866, dans Der Fortschritt auf allen Gebieten des öffentlichen Lebens, publié à Nuremberg le 14.01.1866, dans l'Augsburger Anzeigeblatt 14.01.1866, et cette liste n'est sans doute pas exhaustive.


Friederike Meyer, très éphémère compagne de Wagner

En mars 1862, Wagner eut l'occasion de voir l'actrice Friederike Meyer sur scène à Francfort. Friederike était  la sœur de la chanteuse Marie-Luise Dustmann, qui allait devenir l'Isolde viennoise de Wagner. Dans une lettre, Wagner exprima son admiration pour son jeu, et peu de temps après, il  la rencontra en personne.

Friederike Meyer était alors l'amante de Guaita, le directeur du théâtre de Francfort, ce qui n'empêcha nullement Wagner de lui rendre visite et de l'inviter à le rejoindre. Le 15 novembre 1862, Wagner et Friederike Meyer se rendirent à Vienne, après que l'actrice eut rompu son engagement au théâtre de Francfort. Friederike ne craignait pas de se compromettre et de s'afficher ouvertement en compagnie  de Wagner. 

La relation de Wagner avec Friederike Meyer fut la cause d'une querelle avec sa soeur Luise Dustmann. Après que  Friederike eut  sans succès passé une audition  au Burgtheater de Vienne, elle quitta la capitale autrichienne. Elle écrivit plusieurs fois à Wagner pour qu'il la recontactât, mais ses lettres restèrent sans effet. Elle disparut alors de la vie du compositeur et se réconcilia avec Guaita.

Luise Dutsmann-Meyer, la soeur de Friederike, lithographie de Josef Kriehuber, 1860
Louise fut l'Isolde de Vienne en 1863, 67 répétitions d'un projet qui avorta.