vendredi 30 septembre 2016

Frantz, le nouveau film de François Ozon



Frantz est un film dramatique germano-français écrit et réalisé par François Ozon, sorti en 2016. Il est librement inspiré d'une pièce de Maurice Rostand, L'homme que j'ai tué, qui a elle même été reprise dans le scénario du film américain L'Homme que j'ai tué (Broken Lullaby, 1932) de Ernst Lubitsch.

Avec Pierre Niney, Paula Beer, Ernst Stötzner

Il était officiellement en compétition pour le prix Lion d'or à la Mostra de Venise 2016, où Paula Beer a remporté le Prix Marcello Mastroiani du meilleur espoir. 

Synopsis

Au lendemain de la guerre 14-18, dans une petite ville allemande, Anna se rend tous les jours sur la tombe de son fiancé, Frantz, mort sur le front en France. Mais ce jour-là, un jeune Français, Adrien, est venu se recueillir sur la tombe de son ami allemand. Cette présence à la suite de la défaite allemande va provoquer des réactions passionnelles dans la ville.

Frantz est actuellement en salle à Munich


Le Roi Louis II en carrosse dans le Hofgarten vers 1870

Une oeuvre de Franz von Seitz datée de 1870/1871 représentant le Roi Louis II en carrosse d´apparat dans le Hofgarten de la Résidence de Munich. Tableau exposé au Marstallmuseum du château de Nymphenburg.





Carrosse d´apparat de Louis II par, entre autres, Franz Paul Gmelch,
d´après un dessin du même Franz von Seitz en 1870/1871

Oktoberfest: le Münchner Kindl du jour prépare déjà son sapin de Noël (15)


Bavarian Gentians, a poem by D.H. Lawrence


Bavarian Gentians (1929) D. H. Lawrence


Not every man has gentians in his house
in Soft September, at slow, Sad Michaelmas.

Bavarian gentians, big and dark, only dark
darkening the daytime torch-like with the smoking blueness
of Pluto’s gloom,
ribbed and torch-like, with their blaze of darkness spread
blue
down flattening into points, flattened under the sweep of
white day
torch-flower of the blue-smoking darkness, Pluto’s dark-
blue daze,
black lamps from the halls of Dis, burning dark blue,
giving off darkness, blue darkness, as Demeter’s pale lamps
give off light,
lead me then, lead me the way.

Reach me a gentian, give me a torch!
let me guide myself with the blue, forked torch of a flower
down the darker and darker stairs, where blue is darkened on
blueness,
even where Persephone goes, just now, from the frosted
September
to the sightless realm where darkness is awake upon the dark
and Persephone herself is but a voice
or a darkness invisible enfolded in the deeper dark
of the arms Plutonic, and pierced with the passion of dense
gloom,
among the splendour of torches of darkness, shedding
darkness on the lost bride and her groom.



Deux analyses

Lawrence place son poème sous le signe de la dualité. Il commence par introduire l´image de la lumière avec la demande d'un flambeau pour descendre dans un monde souterrain sombre et qui le devient de plus  avec la progression. La mariée, Perséphone est la fille de la terre (la vie) et du jour, alors que son fiancé, Pluton représente la mort et la nuit.

Il répète cette image en particulier dans la seconde moitié du poème, où le lecteur est immergé  dans "l'obscurité" (dark, darkness) et "le bleu". Le thème de la vie et de la mort imagé par la lumière et l'obscurité  parcourt tout le poème en filigrane et devient tout à fait évident vers la fin. Le narrateur descend dans l'abîme de la mort, "dans les escaliers sombres"  jusqu'à ce qu'il atteigne finalement le «royaume aveugle où l'obscurité est mariée à l'obscurité".  En contraste, comme il se rapproche de la mort, il utilise une fleur, symbole de la vie, comme flambeau. Peut-être est-ce là le message de Lawrence qu'il y a une vie éternelle dans la mort elle-même.

Laurent fait allusion à Perséphone, une déesse qui a été enlevée par Pluton qui l'a forcée à rester dans son monde souterrain après qu´elle eut mangé des graines de grenade, la nourriture du défunt. Fait intéressant, Lawrence se réfère à Perséphone et à Déméter de la mythologie grecque, mais fait également référence à Pluton de la mythologie romaine. Sciemment? (librement traduit de Britiwiki, à l´article Bavarian gentians)

********

Dans « Gentianes de Bavière »,  Lawrence revoit la fable de la descente aux enfers de Perséphone au déclin de l’année comme le récit de la descente de l’individu dans le plus obscur de l’être. Il pénètre, curieusement,  dans le monde de l’oxymore, non pas dans la mort qui donne vie mais dans les ténèbres qui illuminent. Encore plus curieusement, l’union de Perséphone et Dis figure aussi la profondeur de l’acte d’amour, qui serait la voie, selon la sexologie de Lawrence, vers la révélation d’une sorte de nuit cosmique. (Extrait du texte Étude de la création littéraire en langue anglaise d professeur  Michael Edwards).


jeudi 29 septembre 2016

Brünnhilde dessinée par Hans Thoma



Un dessin de Hans Thoma paru dans le numéro 41 du périodique Jugend en 1900. Le deuxième numéro que ce périodique consacre à Wagner depuis sa création en 1896.

Jugend – Münchner illustrierte Wochenschrift für Kunst und Leben (Jeunesse : hebdomadaire munichois illustré d'art et de vie quotidienne) est une revue artistique et littéraire créée par Georg Hirth et publiée entre 1896 et 1940 à Munich.

Jugend est à l'origine de l'expression « Jugendstil », mouvement qui fut le pendant en Allemagne de l'Art nouveau, ce qui montre, parmi d'autres événements parallèles, l'influence de cette revue sur le monde artistique et littéraire de son époque, du moins en Allemagne.

Un dimanche à Herrenchiemsee en août 1887


En 1887, pour se rendre à Herrenchiemsee, on pouvait prendre le train de Munich à Prien, puis emprunter la Chiemsee-Bahn, un tronçon ferroviaire de 1,9 km qui relia dès cette même année la gare de Prien à Prien-Sock, lieu de l´embarcadère pour les îles. On s´embarquait ensuite sur un des vapeurs desservant l´île, comme le Ludwig Fessler ou le Luitpold (photo 2  et 3 ci-dessous). On aura peut-être emporté un guide comme celui qui figure sur les photos 4 et 6, consacré au "Versailles bavarois" en 1887.En allemand, des guides sont publiés dès 1886. On peut lire ce guide en ligne sur le site de la Bayerische Staatsbibliothek. Un guide en anglais a déjà également été publié à l'attention des visiteurs anglophones dès 1887 (photo 5).

Selon le dessin de couverture de l´Illustrirte Zeitung publié à Leipzig le 16 août 1887, quatorze mois après le décès du Roi Louis II de Bavière, la foule se presse nombreuse pour visiter le château d'Herrenchiemsee. Le dessin représente le public, bourgeois et gens du peuple confondus, admirant la chambre du défunt Roi Louis. Un gardien en uniforme et porteur d´un grand jeu de clés, donne des explications.

Si vous lisez  allemand en écriture gothique, vous trouverez en fin de post l'article publié en page 2 de l´Illustrirte Zeitung.


Chiemsee-Bahn 1887









Des châteaux de rêve? Les constructions de Louis II comme objets de tourisme et de publicité.Une expo au musée de Prien.



Cette intéressante petite exposition se tient au musée de la ville de Prien (Heimatmuseum) au bord du lac de Chiem. Elle rend compte de l´ouverture des châteaux du Roi Louis II de Bavière au public peu de temps après son décès. Des touristes affluèrent en nombre vers les "lieux saints", et depuis leur flux n´a cessé d´augmenter. Le curateur de l´exposition est l´historien de l´art Marcus Spangenberg qui s´est intéressé au développement des châteaux en tant que lieux d´attraction touristique et qu´objets de publicité. Il y présente sa collection personnelles de plus de 200 objets qui documentent tant l´engouement du public que celle des médias et des efforts du gouvernement bavarois pour promouvoir le tourisme thématique ayant la personne du Roi et de ses constructions pour objet. Une exposition essentiellement documentaire qui présente des photos anciennes, des articles de presse, des affiches touristiques ou des objets publicitaires ou des souvenirs destinés aux touristes.

Jusque au 23 octobre 2016 au Musée de la ville de Prien. Le musée est ouvert du mardi au dimanche de 14 à 17 heures.

Une publication de Marcus Spangenberg et Bernhard Lübbers accompagne l'exposition:

Marcus Spangenberg / Bernhard Lübbers, Traumschlösser? Die Bauten Ludwigs II. als Tourismus- und Werbeobjekte, Dr. Peter Morsbach Verlag, Regensburg 2015
ISBN: 978-3937527833
249 pages, 19,95 EUR




Oktoberfest: le Münchner Kindl du jour fait un tour de manège (14)


Timbre émis par les postes allemandes en 2010 à l´occasion du 200ème anniversaire de l'Oktoberfest.

mercredi 28 septembre 2016

Hohenschwangau: le comble du kitsch dans la collection de porcelaine de Nymphenburg

Dans les collections de porcelaine du château de Nymphenburg, présentées au premier étage du Marstallmuseum, on tombe nez à nez avec ces deux pots d´un goût très discutable, et que le conservateur du musée ne semble pas avoir attribué, du moins le visiteur ne trouve-t-il pas d' étiquette.

Deux pots à couvercles qui veulent imiter sans doute le château de Hohenschwangau, ici une tour à créneaux surmontée comme le château d´un grand cygne. Sur le pot du fond, on peut voir des scènes de bergers et de bergères en montagne. Le premier présente des châteaux et des paysages de la région de Hohenschwangau. Une des facettes représente le Marienbrücke, qui semble encore en bois, ce qui permet de supposer que les pots sont antérieurs à 1866, année où le pont fut reconstruit en métal par la maison Eisengießerei Klett & Comp (aujourd'hui MAN).





Hohenschwangau

Marienbrücke
Ruine de Falkenstein



Alpensee
Ehrenberg (Reutte)

Chiemsee: les portraits de Louis II au musée de Prien

Couvercle en étain pour une chope à bière


La dernière photo de Louis II

Portrait de Louis II par August Spieß, réalisé en 1884 au départ d´une photographie du Roi

Chiemsee: l'île aux Dames / Fraueninsel, un joli coin du paradis bavarois


L'île fait 300 m de large et 600 m de long pour une superficie totale de 15,5 ha. Sa population est de 250 habitants environ.

La pointe de l'île est occupée par un couvent de religieuses bénédictines fondé par le duc Tassilon III de Bavière en 782 ; c’est cette présence de religieuses qui lui a valu son nom d'île aux Dames. Reconstruit après les invasions hongroises, le couvent a connu son âge d'or du 11e au 15e siècle. Ses bâtiments ont été à nouveau reconstruits entre 1728 et 1732. Au moment de la sécularisation en 1803, il a perdu son statut de monastère, qui lui a été restitué en 1837 par le roi Louis Ier de Bavière.

Sainte Imrengarde

Dans l´église du monastère on vient prier Sainte Imrengarde, très vénérée dans le Chiemgau, et qui est réputée pour ses intercessions en faveur des malades, comme en témoignent les nombreux ex-votos exposés dans l´église. 

Irmengarde de Chiemsee, parfois orthographié Ermengarde, (en allemand : Selige Irmgard, ou Irmengard), née vers 831/833 à Ratisbonne et morte le 16 juillet 866, est la première abbesse de Frauenchiemsee, de 857 jusqu'à sa mort. Elle est déclarée bienheureuse. Membre de la dynastie carolingienne, elle la seconde fille du roi Louis II de Germanie et de sa femme Emma de Bavière.

Nées dans la cour du roi Louis, en Bavière, Irmengarde et ses sœurs sont destinées à la vie monastique. Elle est élevée dans l'abbaye bénédictine de Buchau enSouabe.
Vers 850, le roi Louis nomme Irmengarde abbesse du monastère de Frauenchiemsee, fondé en 782 par le dernier Agilolfinge, le duc Tassilon III de Bavière, qui a acquis depuis 788 le statut d'abbaye impériale. Sous la direction d'Irmengarde, les locaux vétustes sont restaurés et l'ancien chapitre de dames nobles est transformé en un couvent de religieuses bénédictines.

Irmengarde est vénérée dès le début du xie siècle, lorsque l'Abbé Gerhard transfère ses reliques à l'abbaye de Seeon en 1004. Son culte n'est cependant officiellement reconnu qu'en 1928 par le pape Pie XI, sur l'initiative du cardinal Michael von Faulhaber. Irmengarde est béatifiée le 17 juillet 1929.

Son jour de fête est le 16 juillet.


Reportage photographique

Pour la Fraueninsel on embarque à Prien ou à Gstadt



























Une spécialité de l´hôtel Zur Linde, un délice