jeudi 28 avril 2016

Grande expo sur le bière en Bavière / Landesausstellung Bier in Bayern


L´expo régionale bavaroise annuelle s´ouvre demain au Couvent d´Aldersbach, près de Passau et peut se visiter jusqu´au 30 octobre 2016. Plus d´info en allemand sur le site de l´exposition.

Voici la présentation qu´en donne le site du tourisme bavarois:

"À l'occasion du 500e anniversaire du décret bavarois sur la pureté de la bière, l'exposition « Bière en Bavière » aura lieu dans le monastère d'Aldersbach dans l'arrondissement de Passau.

L'histoire culturelle de la boisson très particulière pour la Bavière sera présentée sur près de 1 400 m² de surface d'exposition. La bière, un mythe et une marque de fabrique de l'État libre qui continue de façonner l'image de la Bavière dans le monde entier. La culture des auberges, les brasseries du monastère, les brasseries de l'État et les monopoles de la bière constitueront des thèmes de discussion, tout comme les émeutes de la bière, les pionniers du brassage et les différentes facettes de consommation de la bière. Des récipients de grande qualité, des joyaux des confréries de brasseurs ou de célèbres peintures faisant référence à la bière seront également exposés. Dans la touraille, les projections et les installations multimédias modernes raconteront le travail quotidien de la vie d'antan effectué à l'aide de marmites de brasserie et d'autres équipements de brassage historiques et authentiques.

L'exposition aura lieu dans un cadre adapté : déjà au 13e siècle, la bière été brassée dans le monastère d'Aldersbach. Aujourd'hui, les visiteurs peuvent apprendre à connaître le processus de brassage dans une brasserie historique et dans la brasserie de démonstration moderne. L'ensemble du complexe du monastère entièrement conservé, qui en plus de la brasserie avec le Bräustüberl de Basse-Bavière comprend la célèbre église du couvent cistercienne « Mariä Himmelfahrt », est unique. L'église a été construite en 1720 par les frères Asam dans le style baroque et est l'une des plus belles églises Sainte-Marie de Bavière. Histoire, baroque, bière et brassage : ils sont tous réunis à Aldersbach."

mercredi 27 avril 2016

Le Musée Louis II à Herrenchiemsee présente pour la première fois un loden du Roi

Le Musée Louis II à Herrenchiemsee rouvrira ses portes le 1er mai après une fermeture de deux mois, au cours de laquelle une nouvelle climatisation a notamment été installée. 

Pour la première fois, le Musée exposera un manteau de bourgeois du Roi. Il s´agit d´un lourd manteau sombre fait de laine, de coton, de velours de soie et de soie, à la coupe très sobre. Le double boutonnage et le col de velours constituent ses seuls parements. Le manteau a été confectionné par Fritz Schulze, fournisseur de la Cour royale de Bavière, qui avait alors son magasin de confection pour dames et hommes dans la Maximilianstrasse à Munich.

Les photographies et les témoins oculaires nous apprennent que Louis II porta ce type de manteau aux environs des années 1880. Une des dernières photographies connues du Roi, datée de l´hiver 1886, nous le montre portant de ce type de manteau. 

Le manteau du Roi sera présenté en vis-à-vis de la broderie précieuse représentant Louis XIV offrant sa couronne à la Vierge Marie.

A voir à partir du premier mai à Herrenchiemsee au Ludwig II.-Museum, tous les jours de 9 à 18 heures. Site internet:  www.herrenchiemsee.de

dimanche 24 avril 2016

Falkenstein, le dernier rêve architectural de Louis II de Bavière

Esquisse de Christian Jank
Grand constructeur, le Roi Louis II de Bavière a fait construire plusieurs châteaux prestigieux qui font aujourd´hui l´orgueil et la richesse de la Bavière et ont largement contribué à sa légende: Linderhof, Neuschwanstein, la Schachenhaus et Herrenchiemsee. En dehors des constructions réalisées,  Louis II  avait  de nombreux projets qu’il ne put réaliser, notamment un palais byzantin qu´il voulait édifier dans le Granswangtal près de Linderhof et un palais chinois dans le Tyrol. En 1884, le roi avait conçu l’idée d’ériger un nouveau château dont le style devait se rapprocher de Neuschwanstein : Falkenstein. Pour ce faire il avait acheté en 1883, moyennant une modique somme de 500 marks, le terrain et les ruines du château de Falkenstein, le château en ruines le plus élevé d´Allemagne, situé à 1268 mètres d´altitude, tout près de Pfronten. Les difficultés financières et la mort empêchèrent le Roi de voir ce dernier grand rêve réalisé.



On peut effectuer une belle randonnée au départ de Füssen pour se rendre sur le sommet où le Roi avait projeté de réaliser un nouveau château de contes de fées, si l´on en croit la gouache que le décorateur Christian Jank avait peinte sur commande de Louis II. Si l´on visite le site où se trouvent encore les ruines d´un ancien château que Louis II projetait de faire détruire, on se rend compte que l´esquisse de Jank participe davantage d´un rêve similaire au château  de  Neuschwantsein que d´un édifice réalisable sur le sommet choisi. Le château esquissé par Jank est en effet beaucoup trop grand pour le site. C´est sans doute un projet de Max Schultze, le "Raubritterburg" qui aurait du être réalisé.

Le projet du Raubritterburg de Max Shultze
Burg Falkenstein, photo Haus der Bayerischen Geschichte
Les plans et les projets de décoration peuvent être aisément consultés, notamment dans l´étude d´Annemarie et Adolf Schröppel et Manfred Einsiedler*.  Mais ils durent rester dans leurs cartons, le vieux château ne fut pas entièrement détruit, une route fut tracée, on entama sa démolition sans l´achever,  et seules les canalisations d’eau ont pu être amenées.

Voici comment Guy de Pourtalès évoquait les projets de Louis et notamment celui de Falkenstein  dans son ouvrage Louis II de Bavière ou Hamlet-Roi, publié en 1928:

Seuls les humains échappaient à son imagination et lui faisaient peur. Les politiciens surtout, les démocrates, qu’il prenait tous pour des anarchistes. Mais pas les bêtes, pas la nature. Il était l’ami des orages, de l’hiver, de la neige, de la nuit. Ses cochers et ses postillons tremblaient souvent lorsqu’il fallait atteler le traîneau de gala à une heure du matin et s’élancer sur les routes dont les traces s’effaçaient sous les flocons frais. Il n’écoutait pas leurs craintes. Assis en plein vent dans le berceau d’or empanaché de plumes d’autruche, il ne les entendait pas gémir de froid sous leurs livrées Louis XV. Il s’en trouva qui pleurèrent de douleur tout haut. Hornig et Hesselschwerdt, les deux fidèles, suppléaient aux défaillants, ou chevauchaient en éclaireurs. Louis rêvait dans son paletot d’été. Il s’amusait de la lune. Il comptait les chouettes. Il tirait des plans pour un nouveau château : Falkenstein, le quatrième et dernier de sa Tétralogie. Falkenstein, nid du faucon. Cela s’élèverait tout en haut d’un rocher, mêlé à lui, faisant corps avec lui, symbole gris, carré, sourd, de la solitude. Quelle splendide matière à rêverie il allait fournir encore aux artistes ! Quelles musiques pour l’esprit ! Mais si son ministre lui refusait les crédits ? Car il faut toujours compter avec les imbéciles… Alors il mourrait, c’est bien simple. Il se tuerait. Et, de retour dans son cabinet à l’aube, il écrit au secrétaire d’État Bürkel : « Si je ne puis plus bâtir, alors je ne puis plus vivre. » Il s’agit de réagir contre de si sottes pensées. Reprenant aussitôt la plume, il s’apaise en donnant des ordres : – 104 – « J’entends qu’on me procure le plus tôt possible les dessins des traîneaux impériaux. » – « Envoyez-moi aussitôt des estampes montrant l’intérieur du château de Saint-Cloud. » – « La photographie de Braun, d’après l’eau-forte qui représente MarieAntoinette descendant de voiture devant l’hôtel de ville étant plus petite que l’original, le photographe Albert se rendra tout de suite à Paris, chez MM. de Goncourt, pour en tirer une épreuve nouvelle, de dimension authentique. »


Une randonnée au départ de Füssen

La randonnée peut s´effectuer au départ de Füssen en Allgäu, selon plusieurs itinéraires possibles. L´un d´entre eux vous mène vers le petit lac d’Alatsee, à travers bois. De là on rejoint les crêtes, d´où l´on peut admirer le paysage de la vallée de Füssen, avec un très joli point de vue sur le château d’Hohenschwangau où le Roi Louis II passa une partie de son enfance. Par le chemin des crêtes on parvient au château de Falkenstein.  En chemin on peut voir un buste du Roi. Compter quatre heures de marches pour un dénivelé de 650 mètres.

Le château de Falkenstein vu de l´est, photo wikipedia
Une vidéo mise en ligne sur youtube  fait défiler les vues que l´on peut voir depuis le château de Falkenstein: cliquer ici pour  la vidéo.


Le château de Falkenstein a inspiré un jeu de rôle steam-fantasy

Un jeu de role steam-fantasy, intitulé Château Falkenstein a été édité en francais par Descartes en 1995. Le jeu a été créé par Mike Pondsmith et édité dans la version originale par R. Talsorian Games  en 1994. Voici ce qu´en dit l´article Wiki en français:

"L'univers est une version fantastique de l'Europe victorienne, on peut donc y côtoyer Bismarck, Louis II de Bavière ou Jules Verne (promu ministre de la science par Napoléon III), mais aussi des héros de romans de l'époque comme Sherlock Holmes ou le capitaine Nemo. Comme dans la plupart des univers de jeu de rôle fantastique, on y trouve aussi des dragons, des fées et des nains et la magie y côtoie la science (style steampunk).

L'historique du jeu est basé sur le conflit entre la Prusse de Bismarck, notamment alliée aux grands industriels anglais, et la Bavière (surtout alliée à la France) de Louis/Ludwig II, qui sont tous deux les pions d'un conflit entre les fées de la cour sombre et celles de la cour lumineuse. Dans cet univers, Louis II n'est pas fou, c'est un monarque responsable et charismatique. Ceci en partie grâce à Auberon, le roi des fées. Le château Falkenstein lui, existe quand même et sert de point de ralliement aux « gentils ».

Dernière particularité de ce jeu, il ne se joue pas avec des dés, mais avec un jeu de cartes à jouer, les jeux de dés étant très mal vus à l'époque victorienne. Les personnages, très typés à la manière des romans d'alors, sont définis par des talents : Courage, Calcul, Tir, Relations... notés sur une échelle qui va de « Faible » à « Extraordinaire ». [...].

Plus d´infos par exemple dans l´article que le Eastenwest y consacre.

mercredi 20 avril 2016

Photographie: la marchande de bretzels par Philipp Kester

Philipp Kester, Breznverkäuferin im Hofbräuhaus,
© Münchner Stadtmuseum

Le photographe Philipp Kester est né en 1873 . Entre 1903 et 1905 il travailla comme photographe à New York, avant de vivre à Berlin, où il résida jusqu´en 1911. Entre 1911 et 1938, il vécut à Munich avant de repartir pour New York. Il décéda en 1958. 

Cette photographie d´une marchande de bretzels (Brezn en bavarois) peut actuellement se voir au Musée de la ville de Munich (Münchner Statdtmuseum) dans le cadre de l´exposition Bier macht München.

Plus d´infos en français sur l´exposition,  cliquer ici.


Dirk Halfbrodt et Ulrich Pohlmann ont publié en 2003 un ouvrage consacré au photographe: Philipp Kester - Fotojournalist: New York Berlin München 1903-1935. (ISBN 978-3-87584-959-0). L´ouvrage a été réalisé au départ des archives de Philipp Kester qui sont conservées au Musée de la ville de Munich.

lundi 18 avril 2016

Expo Bier macht München: la bière fait Munich ....et l´alcoolisme

L´exposition Bier macht München qui se tient actuellement au Musée de la ville de Munich n´oblitère pas la question de l´assuétude à l´alcool et aborde à diverses reprises le problème de l´ivrognerie et de l´alcoolisme. La dépendance à l´alcool est parfois traitée de manière ludique, comme dans la représentation des moinillons ivres ou dans des cartes postales caricaturales du début du 20ème siècle. Elle l´est aussi de manière scientifique avec la présentation du moulage d´un coeur au volume augmenté suite à la consommation d´alcool, ou avec ce panneau qui retrace l´historique de l´approche médicale de l´alcoolisme. On y voit également des affiches de campagnes de prévention de l´alcoolisme.

Les scènes d´ivrognerie sont souvent accompagnées de chats ou de singes. En allemand, ces animaux apparaissent dans des expressions figurées qui sont ici littéralement représentées: gueule de bois se dit en allemand Kater (Matou, chat), etre bourré, en état d´ivresse se dit Einen Affen sitzen haben (avoir un singe assis).





Retour de la Hofbräuhaus



La Theresienwiese où se tient l´Oktoberfest. En arrière-plan
la statue géante de la Bavaria.



Marionnettes d´ivrognes

Un Munichois au paradis, d´après la satire de Ludwig Thoma


Une mère fait boire son enfant dans un Biergarten
Campagnes de prévention de l´alcoolisme

Jusqu´au 19ème siècle, les ravages de l´alcoolisme n´étaient guère abordés. Consommer de la bière était considéré comme bon pour la santé et faisait partie de la diététique médicale. On vantait les qualités nutritives et fortifiantes de la bière. Boire de la bière faisait partie de la norme sociale.

Ce n´est que dans la seconde moitié du 19ème siècle que la médecine s´intéressa  aux ravages de l´alcool, mais là encore c´était davantage la consommation démesurée de spiritueux que celle de la bière qui focalisait l´attention des médecins. Ce sont les employeurs qui s´opposèrent en premier à la consommation quotidienne de bière. Souvent l´abus d´alcool conduisait au chômage. Les opposants à l´alcool s´organisèrent en ligues anti-alcooliques et se mirent eux aussi  à dénoncer la consommation quotidienne de bière, jusque là acceptée. Ce n´est qu´en 1968 que l´alcoolisme fut défini comme un trouble addictif en Allemagne. Aujourd´hui on prône une consommation modérée pendant les temps libres et la consommation excessive est socialement critiquée.

Le travailleur qui pense ne boit pas,
le travailleur qui boit ne pense pas.

Affiche annonçant une exposition itinérante contre l´alcoolisme


Rien ne peut nous stopper, à part trop d´alcool!
L´exposition Bier macht München se tient au Musée de la ville de Munich (Münchner Stadtmuseum) jusqu´au 8 janvier 2017.