mardi 30 juin 2015

Le château de Neuschwanstein reconstruit en briques de Lego

Photo Sat.1 Bayern
Souabe, originaire de Wehringen près d´Augsbourg, un passionné du Roi Louis II de Bavière, Robert Leimer, a reconstruit le château de Neuschwanstein en briques de Lego.  La seule préparation du projet lui a coûté environ 700 heures de travail, étalées sur une période de trois ans. La construction proprement dite fut ensuite plus rapide, quelques mois seulement. Il lui a fallu 25500 briques de Lego de différents formats et couleurs pour réaliser son modèle réduit. Le petit Neuschwanstein a coûté 2000 euros sans compter les heures de travail. La chaîne Sat.1 Bayern lui a consacré un reportage: cliquer ici pour le visionner.

lundi 29 juin 2015

Belles promenades bavaroises: la Mittenwalder Hütte

Une promenade avec un dénivelé d´environ 600 mètres. Le chalet de Mittenwald (Mittenwalder Hütte) est un chalet appartenant au Club alpin allemand (DAV-Deutsche Alpen Verein). Il se situe en surplomb de Mittenwald, à 1518 mètres d´altitude sur le mur du Karwendel. On peut se garer à la station du téléphérique Karwendelbahn. Il suffit alors de suivre les panneaux jaunes vers la Mittenwalder Hütte. On peut s´y restaurer et y dormir. En 2015, le chalet est ouvert jusqu´au 18 octobre. Plus de renseignements en allemand sur http://www.mittenwalder-huette.de/

Compter de 1H30 à 2H30 pour réaliser l´ascension, selon la condition physique. Chemin notamment caillouteux, de bonnes chaussures de montagne sont à conseiller. Pente souvent raide. A noter que pendant une grande partie de la montée, on entend le bruit de la route qui relie Garmisch à Innsbruck.

Avant la montée, un regard sur le mur du Karwendel

On traverse l´Isar, canalisé à Mittenwald






Vue sur la  vallée de l´Isar 


Mittenwalder Hütte





Frühschppen du 28 juin animée par le groupe de  musiciens "Kranzberg Blos"






Belles promenades: vues du Hoher Kranzberg à Mittenwald

Une des plus belles promenades de Mittenwald pour les points de vue qu´elle offre en cours de promenade et du sommet (1391 mètres) avec un panorama quasi à 360 degrés. On peut notamment voir les massifs du Wetterstein, du Karwendel et la vallée vers Krün et Wallgau. Pour les moins sportifs ou les moins valides, un télésiège mène jusqu´au chalet Sankt Ankton, il ne reste alors qu´une bonne centaine de mètres de dénivelé à gravir. A pied le dénivelé est de plus ou moins 450 mètres.

























Dactylhorize majalis, une espèce d´orchidée


dimanche 28 juin 2015

Troisième grand concert du Festival Richard Strauss avec Soile Isokoski

Alexander Liebreich
(c) Thomas Rabsch
En troisième et dernier concert avec grand orchestre au Festival Richard Strauss de Garmisch-Partenkirchen, on a pu entendre l´excellent Orchestre symphonique national de la radiodiffusion polonaise sous la direction d´Alexander Liebreich, avec la soprano finlandaise Soile Isokoski en artiste invitée. 

En première partie, Macbeth, une oeuvre que Strauss composa en la retravaillant et en en changeant l´instrumentation entre 1888 et 1891. Il en modifia notamment le final suite aux conseils d´Hans von Bülow. Il s´agit du premier poème symphonique du compositeur qui l´avait écrit peu après avoir assisté à une représentation du Macbeth de Shakespeare. Alexander Liebreich et l´Orchestre de la radio polonaise ont magnifiquement rendu la tension tragique et la fougue de l´oeuvre en nous faisant ressentir la progression vers folie meurtrière de Macbeth jusqu`au passage à l´acte avec un furioso superbe d´intensité.


Soile Isokoski
(c)Heikki Tuuli
Après ces déchaînements hallucinés, le programme conviera le public aux plus grandes des douceurs: six Lieder avec accompagnement d´orchestre interprétés par Soile Isokoski avec cette tendresse infinie qui la caractérise et une délicate palette de nuances pour transmettre par le chant les sentiments parentaux pour leur progéniture ou ceux de l´amante pour l´aimé. Das Rosenband, Wiegenlied, Meinem Kinde, Als mir dein Lied erklang, Morgen! et Cäcilie, chantés par la grande soprano straussienne à l´articulation parfaite, au chant radiant et lumineux et qui semble porteur de toute la tendresse de l´humanité. Soile Isokoski convoie la sérénité, la pureté des émotions et le bonheur contenus dans ces Lieder, parmi les plus beaux que le compositeur ait composés. Portée par les acclamations et les trépidations d´un public aux anges, elle lui offrira encore un Zueignung de la plus belle eau.

En seconde partie, on reste dans la tendresse avec Aus Italien, une oeuvre descriptive du séjour italien que fit le jeune Strauss en 1886, alors qu´il n´avait que 21 ans, et qu´il composa dans une facture extrêmement classique. Il évoque la campagne italienne, les ruines de Rome et le charme de la plage de Sorrente pour, dans le dernier mouvement, reprendre le thème de la célèbre chanson Funiculi funiculà composée par Luigi Denza en 1880, et sur laquelle Strauss s´essaya à des variations plutôt réussies. Il lui en coûta des dédommagements car Denza le poursuivit pour plagiat. L´oeuvre n´atteint en rien la magnificence de cette autre composition descriptive qu´est la Symphonie alpestre, mais la précision de la direction d´orchestre d´Alexander Liebreich, un chef spécialiste de la musique moderne et contemporaine, nous fait ressentir ce qu´elle contient de qualités en germe. Et on sort de la soirée avec l´envie de découvrir davantage le travail de ce grand orchestre polonais qui a totalement emporté l´adhésion d´un public de festivaliers ravis et de rentrer chez soi réécouter des Lieder de Strauss dans la plus sensible des interprétations, celle de Soile Isokoski. 

vendredi 26 juin 2015

Le chevalier à la rose: le Festival Richard Strauss de Garmisch projette le film muet de Robert Wiene avec accompagnement d´orchestre


Les organisateurs du Festival Richard Strauss de Garmisch-Partenkirchen ont eu cette année la délicieuse et idée d´organiser la projection du film muet Der Rosenkavalier que Robert Wiene et Ludwig Nerz avaient tourné au départ d´ un scénario qu´Hugo von Hofmannstahl avait lui-même retravaillé à partir de son propre livret avec entre autres acteurs Huguette Duflos, Jaque Catelain et Michael Bohnen. Le film fut tourné dans les studios de Schönnenbrunn et à Vienne. En partie perdu (et notamment pour la dernière bobine des scènes finales), ce film muet avait connu un important travail de restauration et a été présenté à la télévision en 2006 par la chaine ARTE, à l´occasion du 80ème anniversaire de sa sortie en salles.


Comme lors de la première au Semperoper de Dresde en 1926 le film a été projeté avec la musique pour orchestre que Richard Strauss avait composée au départ de son opéra homonyme à l´usage de ce film, et qu´il avait d´ailleurs dirigée le 10 janvier 1926 lors de la première du film. La deuxième projection avait eu lieu à Londres, elle aussi accompagnée d´un orchestre dirigé par le compositeur.Par la suite, les projections cinématographiques eurent lieu avec un enregistrement sur disque, toujours dirigé par Richard Strauss. Une tournée du film avec un orchestre dirigé par le compositeur avait été programmée aux Etats-Unis, mais le projet tomba à l´eau car en 1927 parurent les premiers films du cinéma parlant, ce qui rendit l´orchestre superflu.


Pour la première fois dans l’histoire de la musique, un opéra avait été recomposé en une version instrumentale destinée à être exécutée pendant la projection du film. On est en 1926 à l´aube d´une nouvelle ère multimédiatique qui permettra la diffusion des opéras au plus grand public, un phénomène aujourd´hui coutumier qui élargit considérablement le public des grandes maisons d´opéra grâce á la diffusion dans les salles de cinéma ou à la télévision, et plus récemment encore, par voie d´internet. 


Ici à Garmisch, l´Orchestre symphonique de Münster est placé sous la direction de Fabrizio Ventura, un orchestre fondé en 1919 et qui a une tradition straussienne puisque Richard Strauss le dirigea comme chef invité. Le chef italien est un spécialiste de la musique d´opéra qu´il a dirigée dans de grandes Maisons, il est depuis 2007 le directeur général de la musique de la ville de Münster.


On a passé une soirée extraordinaire, drôle et émouvante au Festival de Garmisch. Extraordinaire d´abord par la grande qualité de l´interprétation musicale del´orchestre de Münster. Fabrizio Ventura attaque les tempi avec une vitesse et une vigueur étonnantes pour qui connaît les interprétations de l´oeuvre, mais cette vitesse et cette vivacité correspondent bien aux intentions de Richard Strauss comme en témoigne l’enregistrement gravé en avril 1926 par l’orchestre Tivoli de Londres sous la direction du compositeur. Ventura travaille avec un moniteur sous les yeux qui lui permet de coller la musique au film projeté sur des écrans placés de part et d´autre du grand orchestre. Le travail de synchronisation du chef et de l´orchestre est parfaitement maîtrisé. Drôle et émouvante parce que les codes sociaux et amoureux évoqués dans le film de 1926 nous sont devenus étrangers, d´autant plus qu´ils sont exprimés avec les moyens de la sémantique du cinéma muet, avec ses tableaux et ses mimiques lentes et appuyées, que le cinéma parlant allait bientôt balayer et rendre obsolètes. L´étiquette des cours autrichiennes nous semblent d´un autre âge et l´expression de l´émoi amoureux, des jeux de séduction par des regards appuyés et des mains qui osent à peiner se toucher, les langueurs et le désir qui s´enoncent par des attitudes proches de l´évanouissement, la sexualité partout présente mais jamais filmée, l´acte amoureux qui n´est suggéré que par un décolleté dérangé qu´une actrice rajuste, tout cela est à une telle distance que nous le percevons aujourd´hui comme comique et que ce qui émouvait alors nous fait aujourd´hui sourire avec tendresse quand ce n´est pas rire aux larmes.

A la fois, cette projection avec orchestre nous rapproche du temps de Richard Strauss et nous permet de mieux appréhender le monde dans lequel il a vécu et nous faire comprendre l´ intérêt qu´un librettiste et un compositeur pouvaient avoir pour le nouveau moyen de diffusion de leurs oeuvres qu´offrait le cinéma. Un beau moment festivalier!