samedi 29 novembre 2014

Kevin John Edusei dirigera l'Oratorio Elias de Mendelssohn les 17 et 18 décembre à Munich

Giovanni Piazzetta, le prophète Elie sur son char de feu, 1745
National gallery of art, Washington
Le mercredi 17 décembre à 20H à l' Herkulessaal de la Résidence. Prélude à 19H30.
Le jeudi 18 décembre à 20 heures au Prinzregententheater.

Elias de Felix Mendelssohn Bartholdy sous la direction musicale de Kevin John Edusei.

Le Maestro Kevin John Edusei, qui nous a récemment donné un excellent Requiem de Verdi, continue sur cette belle lancée et  nous offre l'occasion de découvrir le répertoire religieux pour grand orchestre solistes et choeur avec l'Elias de Mendelssohn.  Le rôle titre sera interprété par  Alejandro Marco-Buhrmester, un baryton germano-espagnol, un chanteur au coffre impressionnant, bien connu des festivaliers de Bayreuth. Il a fait des débuts remarqués l'an dernier à l'Opéra de Munich dans le rôle de Peter Besenbinder (Hansel et Gretel). On a également pu l'entendre cet été en Jupiter dans l'Amour de Danaé au Festival Strauss de Garmisch. A ses côtés, la délicieuse Sophia Brommer, une soprano vibrante lauréate du Concours de musique international ARD en 2012, qui fait les beaux soirs du Théâtre d'Augsbourg dont elle est l'un des fleurons. La jeune chnateuse munichoise Ursula Thurmair, spécialisée dans le chant d'oratorio et les Lieder, chantera la partie pour mezzo. Enfin, on entendra le ténor Attilio Glaser, lui aussi spécialiste de la musique religieuse, et que l'on a déjà pu écouter à plusieurs reprises à l'Opéra de Bavière. Aux côtés de ce plateau particulièrement soigné, l'oratorio sera interprété par l'Orchestre symphonique de Munich, le Kammerchor München et les célèbres petits chanteurs de Bad Tölz.

Elie enlevé sur un char de feu (Gravure de Gustave Doré)
Onze années après l'immense succès remporté par son Paulus, Felix Mendelssohn (1809-1847) compose en 1846 son dernier grand chef-d'œuvre, l'oratorio Elias. Le livret s'appuie sur le portrait que fait le récit biblique du prophète Élie, au premier livre des Rois, ainsi que sur d'autres textes bibliques (dont Esaïe et les Psaumes). Personnage haut en couleur, plein de fougue et de zèle, Élie progresse au fil de l'oratorio dans la connaissance de lui-même et de Dieu. Cette œuvre fut créée à l'invitation du directeur du Festival triennal de musique de Birmingham et jouée pour la première fois le 26 août 1846 dans sa version anglaise, sous le titre d'Elijah.  Le public lui fit aussitôt un accueil triomphal. L' ultime chef d'oeuvre de Mendelssohn oeuvre se caractérise par ses tempi très vivants, ses phrasés transparents et une rythmique à la clarté cristalline.

Le Münchner Symphoniker nous offre l'occasion de découvrir cette oeuvre majeure du répertoire romantique à Munich.

Programme 

Felix Mendelssohn Bartholdy: Elias op. 70
Sophia Brommer, Soprano
Ursula Thurmair, Mezzo-soprano
Attillo Glaser, Ténor
Alejandro Marco-Buhrmester, Baryton
Knabensoprane des Tölzer Knabenchors
Kammerchor München
Direction musicale de Kevin John Edusei
Münchner Symphoniker

Pour préparer le concert

Le site de l'ensemble vocal de Villars-sur-Glâne propose le texte allemand de l'oratorio et sa traduction.

Tickets

MünchenMusik und München Ticket

Visiter les marchés de Noël munichois en métro. Liste des marchés de Noël.

Le portail de la ville Muenchen.de a publié sur son facebook  un plan du métro munichois reprenant les prinicipaux marchés de Noël de la ville. Pratique! On peut en commander le pdf (pour une meilleure résolution) via la page facebook de Muenchen.de.


La liste complète des marchés de Noël munichois peut se consulter sur le site Muenchen.de





mercredi 26 novembre 2014

Neue Pinakothek: Courbet ou Daubigny? L'énigme de 'L'écluse à Optevoz'.

Expo COURBET> DAUBIGNY. L'énigme de 'L'écluse à Optevoz'. Une petite exposition fort intéressante se penche sur ce problème, et en  livre la solution.

Gustave Courbet
Schleuse im Tal von Optevoz, 1854

© Bayerische Staatsgemäldesammlungen, Neue Pinakothek München
Du 27/11/2014  au 03/09/2015 à la Neue Pinakothek de Munich

Sous la signature de Courbet (1819-1877), l'examen de la peinture à l'aide d'infra-rouges, a révélé la signature de Daubigny (1817-1878). On ne sait d'ailleurs pas si Courbet a jamais fréquenté la région d'Optevoz, située à quelques dizaines de kilomètres de Lyon,  alors que Daubigny a consacré plusieurs toiles à cette contrée, dont certains sont présentées dans le cadre de l'expo à la Neue Pinakothek. Les deux hommes sont presque exactement contemporains. 

Une peinture appartenant aux collections la Neue Pinakothek souligne la rapidité avec laquelle des faits bien établis peuvent se dissoudre dans la lumière de nouvelles recherches. 'L'écluse à Optevoz' a été acquise en 1910 comme un tableau de Gustave Courbet, et a longtemps été considéré comme un important exemple précoce  des célèbres paysages de l'artiste. Une restauration de la peinture a cependant révélé que  la signature de Courbet provenait d'un surpeint posthume .L'exposition dévoile l'histoire passionnante de cette peinture et met en lumière le contexte de sa création.

Enigme, mystère, enquête!

Un livre, publié par les éditions Hirmer, consacré à cette énigme, sort à l'occasion de cette exposition. Rédigé en allemand.


mardi 25 novembre 2014

Wiener Blut: l'opérette de Strauss fait valser le Theater-am-Gärtnerplatz

Ella Tyran (Demoiselle Franziska Cagliari), Jasmina Sakr (Pepi Pleininger),
Cornelia Horak(Gabriele Gräfin Zedlau)
Au départ, Wiener Blut (Sang viennois en français)  est  une célèbre valse viennoise que Johann Strauss fils a écrite en 1873. Elle a donné son nom à une opérette en trois actes, sur un livret de Victor Léon et Leo Stein, incorporant des compositions antérieures de Johann Strauss arrangées par Adolf Müller junior pour la scène. L'opérette fut  créée à Vienne au Wiener Carltheater le 26 octobre 1899.

Cette opérette abonde en quiproquos comiques et en jeux d'embrouilles amusants, et elle véhicule  le charme et l'esprit d'un grand nombre des  airs de danse composés par le célèbre roi de la valse. Le Theater-am-Gärtnerplatz nous la propose dans le bel écrin du théâtre Cuvilliés dans une mise en scène de Nicole Claudia Weber, avec Michael Brandstätter au pupitre. La metteure en scène commence à être bien connue à Munich, où elle a déjà réalisé L'homme de la Mancha, en collaboration avec Josef E. Köpplinger, ainsi que le Flaschengeist de Wilfried Hiller.  Les décors sont dus à Judith Leikauf et  Karl Fehringer, les costumes ont été conçus par Marie-Luise Walek. Chorégraphies de Cedric Lee Bradley.

Tilmann Unger (Balduin Graf Zedlau),
Cornelia Horak (Gabriele Gräfin Zedlau)
Distribution

Balduin Graf Zedlau                          Tilmann Unger
Gabriele Gräfin Zedlau                      Cornelia Horak 
Demoiselle Franziska Cagliari           Ella Tyran
Josef                                                   Daniel Prohaska
Pepi Pleininger                                   Jasmina Sakr
Fürst Ypsheim-Gindelbach                Hans Gröning 
Kagler                                                 Wolfgang Hübsch
Rôles divers                                        Harald Hofbauer 

L'orchestre, les choeurs et les figurants du Staatstheater am Gärtnerplatz.

Agenda

Première le 26 novembre au théâtre Cuvilliés
Les 29 et 30 novembre
Les 1er, 3, 5, 6, 7, 9, 12, 15 et 18 décembre

Quelques places restantes. Réservations via www.gaertnerplatztheater, par téléphone 0049/89 2185 1960 ou par email (tickets@gaertnerplatztheater.de).

Crédit photographique © Christian POGO Zach

Pour préparer sa soirée

A noter que cette opérette a fait l'objet d'un film tourné en 1942 avec Hans Moser dans le rôle principal. Le film est à présent dans le domaine public et peut être visionné sur archive.org.

Le trailer



lundi 24 novembre 2014

Belles randonnées: le Rotwand

Une randonnée de montagne au départ du Spitzingsee (lac de Spitzing), que l'on rejoint au départ de Munich en une heure de voitures ou en train et bus. Randonnée de niveau facile, accessible aux familles, la montée au Rotwand se fait par une route forestière  en faible pente (quelques centaines de mètres plus pentus). Prévoir de quatre à cinq heures pour la randonnée, selon la condition. Le chalet de montagne est ouvert toute l'année (restauration / logement sur réservation). Superbes panoramas alpins.

On peut aussi y monter en moutain bike. L'hiver, descente possible en traîneau (location au chalet).






Au départ du chalet, il n'y a plus que 20 minutes pour atteindre le sommet





Crédit photographique: Luc Roger 
Photos prises le 23 novembre 2014





















Photographie: expo Robert Frank à l'Académie des Beaux-Arts de Munich


Robert Frank. Books and Films, 1947 - 2014

Une exposition du travail du grand photographe qui a changé à jamais l'histoire de la photographie avec „The Americans“.

Du 22.11 au 21.12.14, tous les jours de 10 à 20 heures, au foyer de l'ancien bâtiment de  Académie des Beaux-Arts, Akademiestr. 2 | Munich

Un nouveau concept pour cette exposition: les photographies de l'artiste ont été imprimées sur du papier journal, elles sont collées au mur et seront détruites après l'expo. Pas de système d'alarme pour cette expo qui ne présente pas de coûteuses photographies à la gélatine argentique, pas de surveillance, mais de la lumière, de l'espace et de nombreux étudiants! Le vol n'est donc pas possible. Seule l'est la dégradation, mais alors on réimprimera.

Deux films sont projetés
"Pull My Daisy" (1959, 28 Min.) | "Me and My Brother" (1965-68, 85 Min.)

L'idée de l'expo, selon les mots mêmes de l'artiste, qui est l'inventeur de la 'Street photography': „Cheap, quick and dirty, that’s how I like it!“

L'entrée est bien sûr gratuite.


Biographie 
Il est le fils d'Hermann Frank, décorateur d'origine allemande, et de Régina Zucker née dans une famille d'industriels. Robert a un frère, Manfred. En 1946, la famille Frank obtient la nationalité suisse.

Ayant découvert la photographie dans sa douzième année, il entre, en 1941, en apprentissage chez Hermann Segesser : celui-ci lui fait découvrir Paul Klee.

Robert Frank devient un photographe majeur des années 1950 et 1960, mais aussi un cinéaste indépendant engagé. Il voyage auPérou en 1948. En 1954, il épouse Mary, et a avec elle deux enfants, Pablo et Andrea. Jusqu'en 1955, il expose souvent au musée d'art moderne de New York. Son œuvre la plus connue est son livre de photographies intitulé The Americans (Les Américains, 1958). Il adopte un point de vue ironique et extérieur sur la société américaine, et suit en 1955 et 1956 le trajet de la fameuse Route 66, parmi d'autres routes de l'ouest américain.

Robert Frank a contribué au mouvement Beat, pratiquant la traversée des États-Unis ; Jack Kerouac a été l'un de ses compagnons de route lors d'un voyage en Floride en 1958. En 1960, il met son appareil Leica de côté et se consacre davantage aux films : Pull My Daisy (1959, sur les Beats) et Cocksucker Blues (1972, sur les Rolling Stones), Keep Busy (1975), Life Dances On (1979), Energy and How to Get it (1981) et This Song for Jack (1983). En 1987 sort son film Candy Moutain un superbe road-movie, quintessence de la culture américaine qui a toujours passionné Robert Frank. L'histoire est simple : « Les guitares d'Elmore Silk, sont des raretés qu'on s'arrache à prix d'or. Julius, un jeune homme qui se rêve rock star, est envoyé sur les routes à la recherche du mystérieux luthier ». Ce film est tourné entre New York et Cap Breton en Nouvelle-Écosse. Le leader des Clash, Joe Strummer y tient un rôle ainsi que Tom Waits et l'actrice Bulle Ogier. Julius est joué par l'acteur Kevin J.O'Connor.

En 1969, il s'installe au bord de la mer avec une nouvelle compagne et s'éloigne de la photographie.

En 1975, il enseigne en Californie. C'est alors sa mère qui s'occupe des quelques photos qu'il fait. Elle meurt en 1983 ; il retourne dès lors à Zurich. Dans les moments libres que lui laissent ses films, il s'essaie à de nouvelles expériences avec la photographie.







samedi 22 novembre 2014

Munich: un pavement multicolore de mosaïques contre l'intolérance et l'exclusion des personnes LGBT

Crédit photographique: Ulla von Brandenburg

Huit artistes internationaux étaient en compétition pour le projet d'un mémorial LGBT qui doit servir de signe durable contre l'intolérance et l'exclusion. La décision est tombée cette semaine: le conseil communal de la ville de Munich a entériné ce jeudi le choix effectué par un jury et par le comité culturel de la ville, qui ont retenu le projet de l'artiste Ulla von Brandenburg, qui vit à Paris.

Il s'agissait d'aménager un monument à l'endroit où se trouvait autrefois un des plus célèbres lieux de rencontre des homosexuels munichois de l'entre les deux guerres, le Schwarzfischer (Pêcheur noir), un établissement situé non loin de la Sendligerstrasse. C'est là qu'eut lieu le 20 octobre 1934 la première grande rafle nazie contre les personnes homosexuelles, une rafle qui avait marqué le début des poursuites de la police, de la gestapo et du système judicaire nazi.  Il ne reste aujourd'hui plus rien du Schwarfischer qui se trouvait à l'angle d'Oberanger et de la Dultstrasse. Ulla von Brandenburg a proposé d'entourer le coin de l'immeuble d'angle  d'un pavement multicolore de 70 m2.  Elle utilisera des  plaques de pierre de couleurs de différentes tailles pour former le pavement du coin de rue. L'un d'entre elles sera taillée de manière à former un triangle rose, le signe que devaient porter les homosexuels dans les camps de concentration, une autre présentera un triangle noir, signe stigmatisant les lesbiennes, considérées comme socialement inadaptées (asociales).

La mise en place de ce monument n'est pas pour tout de suite. La ville va réaménager la Dultstrasse en zone piétonne à partir de 2016, et c'est à l'occasion de ces travaux que le mémorial sera installé.

Source: queer.de



Ulla von Brandenburg (née en 1974, vit et travaille à Paris) développe un travail polymorphe (installations, films, aquarelles, peintures murales, découpages…) dont la mise en scène s’élabore en fonction des espaces d’exposition. Maîtrisant parfaitement les codes de la scénographie, l’artiste sait toujours adapter ses oeuvres selon les contextes, créant des fictions oniriques, aptes à réveiller les spectres. Adepte de trompe-l’oeil, d’illusions et de mystères, l’artiste développe une imagerie chorégraphique inspirée par l’histoire de l’art, la Commedia dell’Arte et le théâtre.

Jouant avec les textures et les motifs, s’inspirant du romantisme allemand, réactivant la tradition des tableaux vivants, l’artiste analyse le monde actuel par le biais de références à l’Europe « fin de siècle » tout en s’inscrivant dans une contemporanéité fulgurante.

Voir aussi une interview de l'artiste datant de 2010 sur le site Paris-Art.




Munich loves you , un clip offficiel de la ville de Munich réalisé par Peter Refle



Munich vous aime. Munich loves you est un film officiel de la ville de Munich, capitale de la Bavière. Le clip de deux minutes aborde tous les aspects de la vie munichoise: la capitale européenne de la culture, la  ville cosmopolite internationale , la ville sportive et jeune, la ville traditionnelle et la ville moderne avec son  dynamisme économique. Munich loves you!  Munich vous aime est aussi le slogan de la ville. 

Ce clip est une production du réalisateur Peter Refle (Hochkant Film München), qu'il a conçue suite à une commande du Ministère du Travail et du Développement économique.  La musique est de Roberto di Gioia et Marsmobil. Le film a reçu plusieurs distinctions, dont  l'or au 14ème Festival ITVA 2006.

vendredi 21 novembre 2014

Münchner Symphoniker: John Kevin Edusei a dirigé le Requiem de Verdi au Gasteig

Kevin John Edusei
Salle quasi comble hier soir au au Gasteig pour l'oeuvre monumentale de Giuseppe Verdi, sa célèbre Messe de Requiem qui a été jouée pour la première fois il y a 140 ans, en 1874,  à la Scala de Milan. A la mort du poète Alessandro Manzoni, en 1873, Verdi, admirateur du poète Alessandro Manzoni, avait décidé d’écrire une grande messe de requiem à sa mémoire.

Le nouveau chef de l'Orchestre symphonique de Munich, Kevin John Edusei,  dirigeait un plateau impressionnant de quelques 200 artistes: son orchestre, quatre solistes et environ 125 choristes en provenance de deux choeurs munichois, le Münchner Motettenchor et le Münchner Konzertchor.

Le Choeur des motets de Munich a été fondé en 1960 par un groupe d'étudiants en musique de l'Université de Munich . Le Chœur compte aujourd'hui une bonne centaine de membres et fait partie des chœurs mixtes de concert les plus renommés et les plus ouverts à la nouveauté. Malgré son nom, son répertoire s'étend jusqu'au 20ème siècle. Le Münchner Konzertchor comporte quant à lui 80 choristes. Basé à Harlaching il se consacre tant à la musique profane qu'à la musique religieuse et s'est forgé une réputation des plus flatteuses. A noter que ces deux choeurs font régulièrement des auditions pour accueillir de nouveaux choristes en leurs seins.

Dans, le Requiem de Verdi, l’influence de l’opéra est omniprésente. En la personne de Kevin John Edusei, on a la chance d'avoir un chef rompu à la direction d'opéras, qu'il a dirigés notamment à Dresde, à Vienne, à Innsbruck ou à l'Opéra de Berne, où il occupe la fonction de premier chef invité. Kevin John Edusei a su déployer l'énergie que requiert le chef d'oeuvre de Verdi pour contrôler et coordonner cet énorme ensemble d'artistes dont il faut réussir à assembler les différentes composantes: savoir donner le départ des choeurs et des solistes, mener un orchestre en mutation vers l'unisson. L'oeuvre est complexe, et Kevin John Edusei a su la porter malgré des remplacements de dernière minute parmi les solistes. Si le Maestro est parvenu donner toute la majestueuse puissance des passages forte, on a cependant pu noter quelques faiblesses dans les cordes et les cuivres, avec des musiciensqui à certains moments semblaient jouer en ordre dispersé. 

Chez les solistes, Tareq Nazmi, une belle basse qui fait partie de la troupe du Bayerische Staatsoper, n'a malheureusement pas pu chanter. Il  été plus qu'honorablemernt remplacé par Wilhelm Schwinghammer, qui nous est venu de l'Opéra de Hambourg. Le ténor Yosep Kang, du Deutsche Oper de Berlin, a lui aussi fait défaut. C'est Zurab Zurabishvili qui a repris le rôle pour une prestation des plus inégales. Marjukka Tepponen et Gerhild Romberger ont servi les rôles féminins avec une grande sensibilté. Malgré ces deux désistements de dernière minute, on a eu droit à un concert de haut niveau, très apprécié et applaudi par le public munichois.

jeudi 20 novembre 2014

Une Manon Lescaut intemporelle au Bayerische Staatsoper avec un Jonas Kaufmann impérial

Au commencement était le Néon. La scène est encadrée d'un fin liseré lumineux blanc qui forme les bords d'un rectangle entièrement noir, comme l'image d'un faire-part aux couleurs inversées. Le blanc et le noir sont aussi les couleurs, ou l'absence de couleurs, utilisées pour la couverture du programme dont le cartonnage forme comme un fermoir.

Au commencement étaient le noir et le blanc, et ils se sont mélangés pour donner le gris et toutes les nuances de la grisaille. La société intemporelle et uniformisée dans laquelle le metteur en scène Hans Neuenfels place l'opéra de Puccini est grise comme l'ennui, gris les décors de Hans Meyer, gris les costumes d'Andrea Schmidt-Futterer. Une société sans âme aux plaisirs ternes, sans amour , sans passion, sans vie véritable et qui ne peut s'animer qu'au spectacle que donnent les rares humains emportés par des passions qui les dépassent. Une société prosaïque contrainte de chercher la transcendance dans un ailleurs, chez des êtres de chair et de sang, chez des êtres passionnés qu'elle va à la fois observer et admirer, puis juger et et stigmatiser jusqu'à la condamnation, l'enfermement et la déportation. La vraie vie est un spectacle nécessaire mais insupportable que l'on observe un moment pour mieux l'anéantir.

D. Power (Edmondo), J. Kaufmann (Il cavaliere Renato Des Grieux)
et les choeurs du Bayerische Staatsoper
Les bourgeois, les étudiants, la populace du livret sont fondus dans une masse de personnages obèses revêtus de costumes d'un gris brillant qui moulent leurs formes disproportionnée. Ils arborent des chevelures frisées teintes d'un rouge orangé qui paraît le seul moyen d'apporter un peu de couleur dans leurs vies insipides. Ils se dandinent gentiment comme des télétubbies et s'étonnent des rares événements qui viennent pimenter leur sinistre quotidien, comme par exemple l'arrivée d'une diligence dont s'extrait une jeune femme particulièrement jolie que son frère est supposé mener au couvent. Des jeunes filles encore sportives à la beauté indifférenciée portent toutes des trainings gris. Leurs vestes à capuches les encagoulent complètement lorsqu'elles en ferment la tirette, ce qui les dépersonnalise encore davantage, dans une auto-citation de Neuenfels qui rappelle sous une forme cette fois totalement stylisée ses rats du Lohengrin de Bayreuth. C'est à cette sorte de rattes qu'Edmondo (Dean Power) peut adresser le madrigal qu'il prépare. Il porte une redingote à brandebourgs gris clair qui rappelle celui d'un Monsieur Loyal et une cravache à pommeau qui doit lui permettre de dompter les jeunes filles déjà soumises. Les jeux sado-masochistes et les prestations du sexe tarifé ne sont sans doute pas étrangères à ce monde sans substance propre en recherche de sources d'excitation. Les soldats enfin, s'ils sont armés d'arbalètes qu'ils ne pointent encore sur personne, portent des costumes gris dont la coupe rappelle les costumes du personnel navigant d'un vaisseau interstellaire.

Neuenfels souligne d'emblée l'esthétique terrifiante d'un amour passionnel sans issue. Manon et des Grieux sont vêtus de noir, comme s'ils portaient dès le départ leur destin tragique. Dans ce monde qui ignore la transcendance, la passion ne peut qu'être fatale. On n'échappe à la grisaille de l'existence qu'au prix de sa propre mort. 

Le travail du metteur en scène suit fidèlement le livret de l'opéra en lui apportant une dimension visionnaire. Son apport se nourrit de sa réflexion sur une série d'objets et de thèmes inhérents au récit dont il développe et approfondit la symbolique: la diligence, le miroir, le jeu de cartes, la mouche ou le fard qui soulignent la beauté et l'attrait d'un visage, la bourse, le madrigal ou les bijoux. Ainsi du miroir, pièce importante du deuxième acte:une coiffeuse présentée de profil sur la tablette de laquelle un miroir est posé, accessoire indispensable de la coquetterie, objet vaniteux où se reflète le vide intérieur, qui sert au contrôle et à l'amélioration de l'apparence. Il sert aussi à la confrontation: une cruelle Manon tourne violemment sa psyché vers le vieux Géronte pour lui rappeler son âge et son physique, un moment que Neuenfels accompagne d'un éclairage fulgurant reflété par le miroir qui renforce l'attaque de la jeune femme et opère la mise à nu impitoyable du vieux protecteur.

Le duo du deuxième acte, Jonas kaufmann et Kristine Opolais

La portée de chacun de ces objets a fait l'objet d'une réflexion du metteur en scène. Ils les présente tantôt d'une manière minimaliste et dépouillée, une table et deux chaises pour représenter l'auberge, quelques néons pour le soleil brûlant calcinant le désert de la Louisiane au dernier acte, tantôt avec un kitsch volontaire par lequel il dénonce l'inconsistance du luxe et des moyens d'y accéder: la diligence est tirée par huit hommes portant des plumets d'autruche sur la tête, comme ceux des chevaux de cirque, au deuxième acte, les étagères chromées de la chambre de Manon dégoulinent de bijoux argentés, des cartes à jouer de grande dimension et illuminées sont portées dans une espèce de ballet. Ce sont là les moyens inventés par le monde pour illusionner sa vacuité. Au deuxième acte, la chambre de Manon est placée sur un plateau réduit légèrement plus haut que la scène, que l'on peut interpréter comme une mise en abyme: le goût du luxe de la femme entretenue est théâtralisé, comme l'être superficiel d'un personnage dont la nature véritable est celle d'une âme passionnée. Neuenfels donne davantage à voir la Manon et le Renato Des Grieux plus tragiques de Puccini que ceux plus frivoles de l'Abbé Prévost chez qui ces personnages tombent dans une déchéance qui est la conséquence directe de leur goût du luxe et de l'argent facile et où le personnage Des Grieux n'est pas éloigné d'un proxénétisme complice. L'analyse d'Hans Neuenfels est ici impitoyable. On peut imaginer que cela n'a pas été et n'est pas du goût de tout le monde, et qu'il y a là un miroir tendu à un type de société qui consomme tout, y compris l'amour, dont elle croit qu'il s'achète comme tout le reste. Sous les regards complices et égrillards d'évêques en soutanes violettes portant barrettes et croix pectorales , des femmes en frac défilent menées par un maître de danse aux allures de loup-garou, un Géronte guetté sans doute par l'impuissance offre à Manon les services d'un jeune esclave gigolo qui rampe à ses genoux pour lui baiser les chevilles. 

Entre les actes, un texte vient s'imprimer sur écran noir, qui explique les épisodes que le livret ne couvre pas ou que la sobriété du décor ne permettrait pas de comprendre. Le livret comprend bien un intermezzo de ce type extrait du roman de l'Abbé Prévost, mais on ne voit pas vraiment où le metteur en scène veut en venir avec ces sortes de panneaux explicatifs d'un parcours que la plupart des spectateurs connaît sans doute fort bien.

M. Eiche (Lescaut), J. Kaufmann (Il cavaliere Renato Des Grieux),
K. Opolais (Manon Lescaut) et un figurant (soldat)
Après le kitsch du deuxième acte, le troisième acte propose un décor qui traduit en images contemporaines les indications du livret. Un escalier de fer mène à une passerelle qui conduit à une paroi qui semble avoir été trouée par le feu, les bords de l'ouverture gardant les traces d'un incendie. A droite de la scène, un grand volet métallique se lèvera pour laisser passer Manon. Des Grieux a soudoyé un des soldats pour revoir son aimée et essayer de l'enlever. Mais le plan échoue, des soldats armés d'arbalètes interviennent et pointent leurs arcs sur les amants, comme autant de Cupidons guerriers. Les fleurdelysées doivent répondre à l'appel de leur prénom et monter sur la passerelle pour traverser le trou noirci de la paroi, ce qu'on comprend bien être l'entrée dans le vaisseau qui les conduira en exil. Elles sont rendues anonymes par un bas de soie qui leur recouvre le visage, la seule Manon restant à visage découvert. L'image des arbalétriers est ambiguë, elle parle à la fois d'amour et de condamnation, une manière de justifier peut-être l'invraisemblable indulgence du capitaine dont le seul bon coeur est ému par les supplications du Chevalier, au point de lui permettre le passage.

Kristine Opolais, Jonas Kaufmann,
scène finale

A la fin était le Néon. La mise en scène du dernier acte est un poème de minimalisme stylisé. L'espace scénique est découpé par un liseré lumineux qui suit les arêtes d'un parallélépipède rectangle surplombé par des rangées de néons symbolisant le soleil ardent. En noir et blanc, toute l'attention se porte sur le couple et sur son long lamento d'amour et de mort. Le dénuement du décor renforce la focalisation et le jeu paroxystique des chanteurs.

A la fin était le Néon. Manon morte, Des Grieux à bout de force s'évanouit, un dernier accord et c'est l'obscurité.

L'orchestre et les choeurs dirigés par Alain Altinoglu font un travail extraordinaire, tout simplement brillant. Altinoglu fait avec Manon Lescaut sa grande entrée à l'Opéra de Bavière. On le sait depuis juillet, Alain Altinoglu dirigera l'été prochain Lohengrin, dans la mise en scène d'Hans Neuenfels, à Bayreuth. A Munich, il dirige Manon avec un souci du détail, beaucoup de luminosité, le sens de la légèreté et du tragique, et beaucoup d'émotion et de tendresse, avec une vivacité et un enthousiasme vibrant qui, seul bémol, ne laisse pas toujours passer le chant. Le très beau plateau est bien sûr dominé par un Jonas Kaufmann impérial et transcendant, avec sa diction parfaite, des bronzes ténébreux magnifiques et, c'est à souligner, la pleine clarté des aigus, une communication émotionnelle à faire se damner une nonne. L'acteur égale le chanteur. Il forme à cet égard avec Kristine Opolais un duo scénique idéal pour incarner Manon et des Grieux. Kristine Opolais donne une Manon théâtralement des plus convaincantes, son duo du deuxième acte est d'une sensibilité magnifique, avec une voix qui gagne en puissance dans la seconde partie, elle donne le meilleur d'elle-même au dernier acte. Kristine Opolais a le physique du rôle, le style pour l'interpréter, un sens dramatique hors du commun. On a aussi particulièrement apprécié la brillante interprétation du rôle de Lescaut par Markus Eiche, comme d'ailleurs les qualités remarquables et homogènes des autres chanteurs de l'Ensemble du Bayerische Staatsoper.

Distribution

Direction musicale  Alain Altinoglu
Mise en scène Hans Neuenfels

Manon Lescaut Kristine Opolais

Lescaut Markus Eiche
Il cavaliere Renato Des Grieux Jonas Kaufmann
Geronte di Ravoir Roland Bracht
Edmondo Dean Power

Bayerisches Staatsorchester
Le Chœur de la Bayerische Staatsoper

Agenda

Les 24, 27 et 30 novembre
Le 4 et le 7 décembre  (toutes les représentations à guichets fermés)

Et pendant le Festival d'été: les 28 et 31 juillet 
Pour accéder aux modalités de réservation, cliquer ici.

Crédit photographique: Wilfried Hösl

mardi 18 novembre 2014

Elsa Benoit, une soprano française à Munich


La Soprano française Elsa Benoit (1987) a chanté en France, en Angleterre, en Islande, en Belgique et aux Pays-Bas, dans de prestigieuses salles telles que le Concertgebouw d’Amsterdam, St John Smith Square à Londres, Harpa à Reykjavik ou encore le Bayerische Staatsoper de Munich.

Elle débute sa formation par l’étude du piano et du chant. Puis, parallèlement à des études de musicologie, elle fait ses premiers pas en tant que choriste sur les scènes des Opéras de Rennes et de Nantes-Angers. Très rapidement, elle décide de partir à la découverte de nouveaux horizons et entre au Conservatoire Supérieur d’Amsterdam (2007).

Crédit photographique: Jolanda Mandiraci

Lors de sa formation à Amsterdam, Elsa suit les enseignements de Valérie Guillorit, Sasja Hunnego, Margreet Honing, Jeff Cohen, Ira Siff, Nathalie Doucet, Peter Nilsson et Bryan Masuda. Elle obtient en Juin 2011 le diplôme du Bachelor. Durant les saisons 2011/2012 et 2012/2013, Elsa est membre du Dutch National Opera Academy d’Amsterdam et obtient en Août 2013, son Master d’Opéra avec félicitations du jury.

En Novembre 2012, Elsa est lauréate de trois prix au Concours International de chant « Symphonies d’Automne » : le prix « Jeune talent », le prix du public ainsi que le prix de la mélodie et reçoit à cette occasion les encouragements chaleureux de personnalités du monde de l’opéra telles que Leontina Vaduva et Bernard Tetu. Elle remporte également le prix « Brane-Cantenac » lors du Concours International de chant « MACM » en Mars 2013.

Son répertoire comprend déjà de nombreux rôles tels que: Mirandolina (Martinù), Susanna et Barbarina (Le Nozze di Figaro, Mozart), Serpetta (La Finta Giardiniera, Mozart), Feu, Princesse etRossignol (L’Enfant et les Sortilèges, Ravel), Belinda et First Witch(Dido and Aeneas, Purcell), Sophie (Werther, Massenet), Vespetta(Pimpinone, Telemann). En Janvier 2013, elle est choisie pour interpréter le rôle de Zsuzska lors de la création de l’opéra Sinkingde Georgy Zsojanov. En musique sacrée, on a eu l’occasion d’entendre Elsa dans la Krönungsmesse et l’Exultate Jubilate de Mozart, le Gloria de Poulenc et le Magnificat de Bach.

Elsa a travaillé, entre autres, sous la direction musicale de Kent Nagano, Anthony Hermus, Ivor Bolton, Dan Ettinger, Richard Egarr, Constantin Trinks et Alexander Prior.

Pour les saisons 2013/2014 et 2014/2015 Elsa est membre de l’Opéra Studio du Bayerische Staatsoper de Munich. Elle y chantera le rôle de la Comtesse Adèle dans Le Comte Ory de Rossini en Avril et Juin 2015*.

Source de la présentation biographique: le site d'Elsa Benoit (reproduit avec son aimable autorisation)

*Réservations pour le Comte Ory: on peut dès à présent introduire une demande de réservation/ les réservations en ligne ou par téléphone débuteront le 12 février 2015. Pour plus d'infos, cliquer ici.

L'âme slave au coeur du deuxième Concert d'Académie de l'Orchestre d'Etat de Bavière: Dvořák et Rachmaninov

David Schultheiß
Photo Wilfried Hösl
Le Bayerisches Staatsorchester sous la direction de Gianandrea Noseda joue pour deux soirées le concerto pour violon de Dvořák et la deuxième symphonie de Rachmaninov, avec en soliste le premier violon de l'orchestre, le Konzertmeister David Schultheiß. Il y occupe cette fonction depuis 2009.

Ce n'est que la troisème fois de son histoire que le Bayerisches Staatsorchester interprète ce concerto de Dvořák, dont on entend plus fréquemment le concerto pour violoncelle. C'est à l'initiative de David Schultheiß que nous avons la chance de l'entendre cette semaine au Théâtre national. Le premier violon,  invité comme soliste par l'Académie musicale de l'orchestre, souhaitait interpréter une grande oeuvre romantique relativement peu jouée. Et si le choix de Schultheiß s'est porté sur Dvořák, c'est que sa formation l'a particulièrement rapproché de la musique tchèque. Son premier professeur de violon, qui onze années durant lui a enseigné le violon, était tchèque et l'a familiarisé avec la musique de son pays. Il suivit ensuite l'enseignement d'Edith Peinemann qui lui fit travailler ce concerto qu'elle a elle-même interprété et enregistré (chez Deutsche Grammophone). C'est la première fois que David Schultheiß l'interprète en public.

Et ce fut un grand moment musical. Le premier violon nous a offert une interprétation exceptionnellement inspirée, avec la complicité totale et le soutien univoque de son orchestre et deu Maestro Gianandrea Noseda qui a oeuvré à soutenir l'osmose magique qui était à l'oeuvre sur scène . David Schultheiß a joué le concerto de Dvořák avec une joie intériorisée et profonde, authentique et communicative. L'orchestre est familiarisé avec la musique du compositeur tchèque, dont il a récemment interprété Rusalka a de nombreuses reprises, en bénéficiant de la direction de Tomas Hanus, le  spécialiste inter pares de la musique tchèque. L'interprétation de l'orchestre a respecté l'esprit et la simplicité du compositeur qui, tout en rélaisant ses compositions avec le plus grand raffinement, avait toujours souhaité rester un simple musicien tchèque, proche des sources musicales populaires de son terroir natal. Une musique qui parle directement aux auditeurs et dont l'émotion touche directement le coeur et l'âme, avec une partie pour violon particulièrement bien composée, comme le souligne David Schultheiß  dans une interview récente où il rappelle que le compositeur s'était acquis la collaboration d'un des meilleurs violonistes de son époque, Joseph Joachim, durant le travail de composition du concerto.

Bravi, applaudissements et trépignements ont salué l'interprétation du concerto de Dvořák, avec pas moins de sept rappels qui ont salué le Konzertmeister, mais tout autant l'ensemble de l'orchestre et un chef tout au service de la musique qui s'est effacé pour laisser toute la gloire au premeir violon, l'exceptionnel David Schultheiß.

La deuxième partie du concert a permis d'apprécier encore davantage la direction d'orchestre de Gianandrea Noseda qui a mené  le Bayerisches Staatsorchester dans une interprétation magistrale et somptueuse de la Deuxième symphonie de Rachmaninov, dont il a mis en valeur les qualités dramatiques impressionnantes tout en en soulignant les côtés plus personnels et la sincérité émouvante.

Gianandrea Noseda apprécie particulièrement les oeuvres de Rachmaninov, desquelles il a déjà enregistrés plusieurs CDs , dont la deuxième symphonie avec l'orchestre philarmonique de la BBC (chez Chandos). C'est donc un spécialiste du compositeur russe que l'Académie musicale du  Bayerische Staatsorchester a invité. On a rarement vu chef à la gestuelle plus animée et expressive que celle Noseda qui fait littéralement jaillir les lignes et les mouvements de la composition. Avec lui, on a l'impression que les flots de la musique de Rachmaninov deviennent océaniques, il sait les libérer comme les contenir dans les moments plus poétiques,  pour les faire ensuite se déchaîner à nouveau. Noseda est tout au service de la musique  et sait mettre en valeur l'orchestre et chacun des musiciens, avec une qualité de modestie rare chez un  chef d'une telle dimension.

Gianandrea Noseda est aussi un grand directeur d'opéras. Le public français se souvient du mémorable Rigoletto de Robert Carsen au Festival d'Aix-en-Provence, que Noseda a dirigé. Il s'est déjà distingué dans la direction de grands opéras comme Salome, La traviata, Fidelio ou Tosca, et pour son Ballo in maschera et son Voyna i mir au Metropolitan Opera. C'est la première fois qu'il est invité au Théâtre national de Munich, et il n'est pas interdit de penser, et de souhaiter,  que ces deux soirées exceptionnelles soient  la porte ouverte à des engagements futurs pour des directions d'opéra.

Le Bayerisches Staatsorchester a de nouveau démontré, s'il le fallait, son exceptionnelle unisson et sa réceptivité à une nouvelle direction d'orchestre de qualité. Et c'est un pur bonheur et un immense cadeau de pouvoir venir l'écouter.

Prochaine représentation ce soir, quelques places restantes (cliquer sur Karten kaufen pour effectuer une réservation en ligne).

lundi 17 novembre 2014

Beaux calendriers 2015: le calendrier 'Selfies' de l'artiste peintre Robert C.Rore



La galerie Kunstbehandlung de Munich commercialise un calendrier 2015 présentant  les oeuvres de la série 'Selfies' du  peintre Robert C. Rore, qu'elles a exposées dans le courant cette année. D'autres calendriers sont également en vente, dont un très beau calendrier présentant des vues anciennes de Munich prises par le photographe Herbert Wendling.

En vente sur place, Müllerstrasse, 40,  ou par  commande en ligne.


Un nouveau départ pour le Münchner Symphoniker

Le Münchner Symphoniker fait son début de saison sous les meilleures auspices: un nouveau chef, un divan jaune et la violoniste Hyeyoon Park en artiste virtuose invitée.

Kevin John Edusei
Avec son Divan jaune, le  Münchner Symphoniker mise sur la communication

Kevin John Edusei vient de prendre ses fonctions comme nouveau Directeur musical de l'Orchestre symphonique de Munich. Homme de contact et de relation, il entreprend son public avec de nouvelles initiatives qu'il met en place de concert avec Annette Josef, l'Intendante de l'Orchestre. Ensemble ils conçoivent les programmes et déterminent la politique musicale de la maison, et c'est ensemble qu'ils ont décidé de faire précéder les concerts de ce qu'ils ont dénommé le Divan jaune (Gelbe Coach): un moment convivial avec le public pour présenter le concert qui va suivre. Sur la scène, un divan jaune, la couleur de marque de l'orchestre, où ils viennent s'installer pour un dialogue en toute décontraction sur les oeuvres qu'ils ont choisi de nous présenter, et pour inviter le public à collaborer au choix des programmes. A l'entracte et après la représentation, il pourra donner son avis sur des bulletins mis à sa disposition. L'atmosphère de ce premier divan jaune est bon enfant, souriante et relâchée, la conversation enjouée, intéressante sans devenir trop technique, et parsemée de saillies humoristiques. 

C'est ensuite un bonheur de voir Kevin John Edusei à l'oeuvre. Ce jeune chef allie charisme, finesse et élégance. Elancé,  vêtu d'une redingote ajustée qui souligne sa félinité athlétique, il entreprend son orchestre tant par sa gestuelle que par l'expressivité de son visage qui indique clairement les émotions musicales qu'il souhaite voir exprimée par son orchestre.

Des variations de Braunfels  et le concerto pour violon de Korngold

Le programme de la  première partie de la soirée est davantage axé sur la découverte d'oeuvres superbes mais moins connues du plus grand nombre, sans doute parce que ces deux compositeurs ont créé ces oeuvres en décalage avec l'esprit de leur temps.

Les Variations symphoniques sur une vieille chanson enfantine française (1909) de Braunfels (1882-1954) font partie des premières succès de ce compositeur originaire de Francfort. L'oeuvre se construit au départ des rythmes d'une chanson enfantine amusante, En passant dans un petit bois (Coucou), et, sans en avoir l'ampleur,  n'est pas éloignée de l'esprit des variations de Reger sur des thèmes de Beethoven ou de Mozart, un compositeur dont l'influence est ici patente. Kevin John Edusei mène le Münchner Symphoniker au meilleur de lui-même dans une interprétation aboutie de cette oeuvre aux opposition subtiles qui porte en elle la nostalgie du romantisme musical. La complicité de l'orchestre et de son nouveau chef est déjà manifeste dans l'exécution de cette oeuvre, et laisse présager un bel avenir au fil d'une collaboration que l'on espère complice et stimulante. A l'écoute de leur performance, on aimerait les entendre dans les Apparitions fantastiques du même compositeur, une oeuvre à l'instrumentation encore plus aboutie.

Hyeyoon Park
Korngold ensuite avec son concerto pour violon en ré majeur, opus 35 (1937–1945).  Korngold avait esquissé ce concerto dès 1937, mais ne l'avait achevé qu'en 1945. Il y effectue des emprunts intéressants à sa musique de films composée à Hollywood. Korngold disait de ce concerto qu'il l'avait composé « pour un Caruso du violon, plutôt que pour un Paganini ». Sans doute le public munichois a-t-il pu vivre la rare expérience d'entendre et Caruso et Paganini dans l'interprétation magistrale et perlée qu'en a donné la violoniste sud-coréenne Hyeyoon Park, une jeune violoniste âgée de 22 ans. Munich se souvient encore de cette musicienne  exceptionnelle qui avait remporté avec cette même oeuvre le Premier Prix du Concours de musique international ARD en 2009, ce qui en avait fait la plus jeune lauréate de l'histoire du Concours.

L'entrée en scène de la violoniste est un ravissement: une jeune femme élancée s'avance dans une somptueuse robe bustier sirène noire et beige, une robe moulante qui souligne la cambrure de sa taille, la lourde chevelure noire retombe sur le cou en en soulignant la délicatesse, le bas de la robe en embout de trompette vient souligner la souplesse et l'élancement du corps qui s'en élève. La star du violon s'avance avec gentillesse et modestie, mais, dès la fin des applaudissements d'accueil,  le jeu de la séduction va  laisser place à la musique, et, dès les premières attaques du violon, la douceur de l'apparition quasi angélique de la jeune femme va s'estomper pour donner à voir et surtout à écouter une artiste extrêmement concentrée à la puissance inspirée, avec des moments tsiganes. Le corps tendre vibre et se tend comme un liane. Le jeu de la violoniste transcende l'oeuvre de Korngold et aspire l'orchestre qui dialogue avec le violon dans une parfaite unisson. Le concerto connaît un développement magique, avec un chef attentif à donner vie à une osmose rare. Lors de la création de l'oeuvre, un critique new yorkais avait fait un jeu de mots cruel sur le nom du compositeur en disant que que ce concerto était  « more corn than gold » ("plus de maïs que d'or"). L'artiste sud-coréenne, que ce concerto a contribué à révéler,  révèle à son tour, en l'habitant d'une manière adamantine, la beauté lumineuse de la musique de Korngold.

Aimez-vous Brahms?

Pour la deuxième partie du concert, Kevin John Edusei et Annette Josef ont choisi de faire jouer la quatrième symphonie de Brahms. Si Braunfels et Korngold sont quasi contemporains, le choix de présenter une symphonie romantique dans une même soirée tient davantage d'une intuition et d'un rapprochement thématiques. La musique de Braunfels comporte de nombreux éléments d'un romantisme tardif, et le dernier mouvement de la symphonie n°4 est composé sur le mode des variations. Ainsi la fin du concert rejoint-elle son entame.

L'oeuvre est d'une interprétation épineuse, avec des rapports de tempos qu'il faut ménager avec rigueur et cohérence, et des changements abrupts dont il faut savoir dégager l'expressivité. Kevin John Edusei mène ici l'orchestre avec subtilité dans les jeux de la tension/détente brahmsienne.

Après une première partie plus solaire, ces variations de Braunfels enlevées avec brio et l'apothéose du Korngold, il y avait de l'audace à emmener l'orchestre sur le parcours périlleux de la quatrième de Brahms. On perçoit en tout cas nettement que le Münchner Symphoniker a pris sous sa nouvelle direction un nouvel élan, dont on suivra avec intérêt le développement.

Plus d'infos et programme du Münchner Symphoniker: cliquer ici.

Prochain concert: le Requiem de Verdi ce jeudi 20 novembre au Gasteig.


jeudi 13 novembre 2014

Back to the past dans la lutte contre les discriminations: l'ARD, la première chaîne allemande fait un bond de vingt ans en arrière

Normal ou pas normal? 
Une semaine thématique consacrée à la tolérance...

La première chaîne allemande de radio-télévision, pour laquelle tout foyer est obligé de payer environ deux cents euros de redevance par an, qu'il en soit ou non l'utilisateur, un service public donc, a décidé de consacrer une semaine entière au thème de la tolérance, et notamment au thème de la tolérance vis-à-vis des personnes LGBT. 

Des affiches provocatrices fleurissent un peu partout et créent un énorme tollé que relayent déjà plusieurs parlementaires, dont Volker Beck. Le monde associatif LGBT est outré.  A l'heure des lois anti-discriminations, voila qu'un service public interroge son audience sur la question de la normalité de l'expression publique de l'affection entre des personnes du même sexe. Les personnes LGBT ne demandent pas à être ' tolérées', mais à ce que leurs droits soient respectés, et à ce que les services publics contribuent par leurs émissions, par l' information qu'ils diffusent au respect du droit et créer un climat non de 'tolérance', mais de pleine acceptation.

Cela buzze sur tous les réseaux sociaux Le tollé est tel que l'ARD a déjà dû réagir et défendre sa politique d'information.  En tout cas, s'il s'agissait de provoquer et de faire monter l'audimat, c'est réussi. Mais à quel prix?

Pour plus d'infos sur la semaine thématique de l'ARD, cliquer ici.



Concert de bienfaisance BMW le 6 décembre à Munich avec la participation de Jonas Kaufmann

Zubin Mehta
L'implantation munichoise du constructeur automobile BMW organise son concert de bienfaisance annuel de l'Avent le 6 décembre à l'église des Jésuites Saint-Michael à Munich. Il s'agit de la 19ème édition de cet événement caritatif prestigieux qui a pour but de collecter des fonds pour soutenir des projets à dimension sociale. Plus de renseignements et réservations via le site www.kultur.bmw-muenchen.de.

Le concert est placé sous la direction du Maestro Zubin Mehta, un chef bien connu et très apprécié du public munichois puisqu'il occupa la fonction de Directeur général de la musique à l'Opéra d'Etat de Bavière (BSO) pendant de nombreuses années. Le soir de la Saint Nicolas, il dirigera l'Orchestre d'Etat de Bavière, le choeur d'enfants du  Bayerische Staatsoper, avec le concours d'un des plus grands ténors de notre époque,  Jonas Kaufmann.

Au programme, la symphonie de Londres de Joseph Haydn, l' Ave Verum Corpus de Mozart, l'Ingemisco de la Messe de Requiem de Verdi,  l'Ave Maria de Gounod, Adeste Fideles de John Francis Wade et Minuit Chrétiens d'Adolphe Adam.

mercredi 12 novembre 2014

Ballet: la danseuse brésilienne Ivy Amista remporte le Prix Konztanze Vernon 2014

 ©Sascha Kletzsch
Ivy Amista, première soliste au Ballet d'Etat de Bavière, s'est vu décerner le 9 novembre de cette année le Prix Konstanze Vernon, un prix doté d'une somme de 10000 euros. C'est Monsieur Wolfgang Herzfeld,  le frère de Konstanze Vernon qui a remis le prix à la danseuse d'origine brésilienne. 

La grande danseuse Konstanze Vernon est décédée l'an dernier. Après la mort prématurée de Heinz Bosls à seulement 28 ans (1975), elle avait fondé la Fondation Heinz-Bosl (Heinz-Bosl-Stiftung / Munich Ballet Academy) en 1978. Vernon préside de 1988 à 1998 le Bayerisches Staatsballett, la compagnie de ballet indépendante née du Bayerische Staatsoper en tant que directrice fondatrice. Pour son travail elle est récompensée de plusieurs prix, dont le prestigieux Ordre bavarois du Mérite.

Le Prix Konstanze Vernon est attribué tous les deux ans par la Fondation Heinz-Bosl. Il vise à récompenser une personnalité de la danse qui se distingue au niveau international ou qui se trouve à l'aube d'une brillante carrière.

Ivy Amista (Hippolyta/Titania)
La lauréate du prix 2014, Ivy Amnista, est née à sa Sao Paolo où elle commença ses études à l'école de ballet Camilla. au Brésil, elle remporta une médaille d'or au IX Seminario Internacional de danca, suite à quoi elle décrocha une bourse d'études en 2001 qui lui permit deur venir terminer sa formation à Munich, au sein de l'Académie de ballet (Ballett-Akademie/Heinz-Bosl-Stiftung). Elle intégra le corps de ballet munichois lors de la saison 2001-2002. Elle y progressa rapidement: demi-soliste dès la saison 2004-2005, elle devint soliste lors de la saison 2007-2008. Elle devint première soliste au début de la saison actuelle. Nominée pour le Prix Konstanze Vernon, elle vint de le remporter ce 9 novembre.

Source des informations  et pour découvrir les rôles interprétés par Ivy Amista: cliquer ici.

lundi 10 novembre 2014

L' Aïda de Torsten Fischer, une mise en scène qui va au coeur du drame

Gaston Rivero (Radamès), Sergii Magera (Ramphis),
Holger Ohlmann (Pharaon),Monika Bohinec ( Amneris)
Le Theater-am-Gärtnerplatz reprend pour trois représentations la mise en scène pénétrante de Torsten Fischer dont la première, qui avait eu lieu en juin dernier, avait déchaîné l'enthousiasme du public et de la critique. La direction d'opéra est un art complexe que Josef Köpplinger, le Superintendant du Gärtnerplatztheater, maîtrise avec brio et succès, ce dont il donne une nouvelle fois la preuve avec cette Aïda. Le choix des metteurs en scène invités en constitue un pari difficile, que Köpplinger a remporté haut la main avec Torsten Fischer. 

Berlinois d'origine, Torsten Fischer a fait la plus grande partie de sa carrière dans le monde du théâtre à Brême et Cologne et également à Vienne, comme metteur en scène et directeur de théâtre. On lui doit également une vingtaine de mises en scène d'opéra, dont une Bohême à l'Opéra national du Rhin à Strasbourg. Sa mise en scène du Telemaco de Gluck au Theater-an-der-Wien en 2012 a été couronnée l'an dernier par l'attribution du Goldener Schikaneder de la meilleure mise en scène , un prix centré sur les productions de théâtre musical en Autriche.

A Munich, Fischer a monté une Aïda débarrassée de l'écueil du  kitsch orientaliste des pyramides et autres chameaux, une Aïda qui va au coeur du drame des personnages et privilégie la dimension humaine en réduisant autant que faire se peut les références à l'histoire. Le cadre est contemporain, Aïda est présenté comme un drame de l'amour en butte aux intérêts de la politique et de la guerre. 

Aïda (Sae Kyung Rim)
Pendant le prologue, une femme en burqa se tient devant un rideau d'avant-scène fait de papier blanc. Derrière elle des ombres chinoises essayent de l'agripper jsuqu'au moment où un bras déchire le rideau. Aïda, éthiopienne voilée et pudique,  convoitée pour sa beauté par des hommes lubriques, conquiert le coeur de Radamès qui la protège. Lors de la marche triomphale, le rideau de papier est déchiqueté par la projection du corps des vaincus que l'on humilie en les jettant à terre.

Le décor minimaliste et ingénieux, de froides  parois aux reflets d'acier évoquent la réclusion et la perte de liberté. Parfois une toile de fond reçoit la projection d'une écriture peut-être démotique. Le décor sert surtout de faire valoir aux personnages constamment mis en lumière, souvent présents en scène comme témoins muets de l'action ou pour évoquer la place qu'ils tiennent dans les préoccupations des protagonistes. Le Grand Prêtre Ramphis concentre le pouvoir, Fischer lui donne des allures de parrain aux lunettes noires. Face à lui, la faiblesse de Pharaon est accentuée par sa couronne ubuesque, élément de ridicule dans un monde triste en noir et blanc, avec les costumes sombres des hommes et la robe de mariée dont s'affuble Amnéris qui parade dans la folie de ses espérances amoureuses. Seul le rouge du sang qui recouvre le visage et le torse nu de Radamès vient colorer la grisaille angoissée des jeux de pouvoir et des fureurs guerrières.

Fischer excelle dans l'art des tableaux et des mouvements de scène. L'évocation visuelle des sentiments qui animent les protagonistes ou qui mobilisent les foules fait de sa mise en scène une oeuvre chorégraphée qui sollicite constamment l'attention de spectateurs captivés, avec une très belle rythmique des mouvements de foule, et pour certaines scènes, avec un sens du rituel antique. Il donne à voir, il concrétise ce que l'on entend, ce qui a pour résultat que l'on est rendu plus accessible à la musique et au chant, dont on comprend mieux un contenu que la plupart connaissent pourtant déjà fort bien. Fischer est  un révélateur, Sa mise en scène est au service de l'opéra qu'elle met en valeur en soulignant les déchirements internes des partenaires d'un couple impossible ou d'une amante infortunée.  Le metteur en scène berlinois trouve de plus des solutions ingénieuses à des problèmes récurrents de la mise en scène d'Aïda. Ainsi, dès la condamnation de Radamès, deux rideaux des scène descendent du cintre pour le séparer du Grand Prêtre et du choeur qui viennent de la condamner. Pour la scène finale, un grand grillage sur lequel se tient Amnéris à présent en robe de deuil descend sur les amants qui se préparent à leur mort exaltée et les confine dans un espace de plus en plus réduit, comme s'ils allaient y être écrasés. La visulisation de l'enfermement puis la de l'agonie et de la mort d'Aïda et de Radamès est ainsi pleinement réussie.

Les décors et les costumes d'Herbert Schäfer et de Vassilis Triantafillopoulos rencontrent l'atemporalité de la mise en scène et la focalisation dramaturgique sur la psychologie des personnages. Le remarquable  travail de mise en lumière de Wieland Muller-Haslinger y contribue par ses très beaux effets.

L'orchestre et les choeurs magnifiquement entraînés par Jörn Hinnerk Andresen sont à présent dirigés par Michael Brandstätter, qui a pris le relais de Mario Comin qui était au pupitre en juin dernier. Ils fournissent un travail de fort belle tenue qui leur vaut les acclamations nourries  un public enthousiaste et reconnaissant. Sae Kyung Rim donne une Aïda émouvante, avec un soprano puissant qui parvient à bien passer l'orchestre et les choeurs dans les ensembles, elle excelle dans l'expression dramatique. Si les nuances émotionnelles ne sont pas toujours présentes, on en pressent le potentiel chez cette chanteuse que la Scala a déjà retenu à plusieurs reprises pour des rôles secondaires. Le Radamès de Gaston Rivero passe en force, à l'aune de sa présence scénique. Monika Bohinec, plus à l'aise dans le grave que dans l'aigu, séduit par la conviction de son jeu théâtral.  La basse Sergii Magera  donne une belle ampleur au personnage de Ramphis, avec un bémol cependant pour le nonuple appel à Radamès au moment du jugement, qu'on imaginerait volontiers plus différencié. 

La palme de la soirée revient sans conteste à l'excellente mise en scène de Torsten Fischer, qu'on aimerait voir revenir pour d'autres productions sur les scènes munichoises.

Prochaines représentations au Prinzregententheater: les 10 et 12 novembre 2014, quelques places restantes. Vente des billets: cliquer ici

Crédit photographique: Christian POGO Zach